Introduction

Comme au mois d'avril, je continue mon périple littéraire et pour le mois de mai, j'ai finalement pris le temps de lire 3 livres complets dont voici mes impressions...

"Chroniques martiennes" de Ray Bradbury

Ah, les fameuses "chroniques". Je les ai déjà lues il y a plus de vingt ans et j'en suis toujours fan même si, avec le temps, certaines certitudes s'envolent et laissent place à la fiction pure.

Pour résumer de manière trop sommaire, les chroniques martiennes racontent une histoire de la conquête de la planète Mars par les terriens du début de leurs simples tentatives à la fin probable de l'humanité. Mais, cette période se révèle finalement relativement courte, à peine une centaine d'années.

Le récit a été écrit dans les années 50 et, malheureusement pour tout ce qui a trait à la science-fiction, parfois, on part plus dans la fiction que dans la science. C'est le cas des chroniques qui présentent la planète Mars comme une planète habitée d'êtres de métal ou de fluides d'énergie (alors que ça fait quelques années qu'on sait que ce n'est pas le cas). Mais, on pardonne volontiers à Bradbury cet écart car cela donne une vision plus romantique aux récits, plus en accord avec la conquête du territoire des natifs américains par les colons anglais, hollandais et français.

Car, en effet, au bout de quelques années, les martiens disparaissent, leur milieu transformé et détruit par les êtres humains qui y établissent un ensemble de colonies qui devient par la suite une deuxième terre, pas encore formée complètement à l'image de leur planète d'origine.

Les premières tentatives se concluent par des échecs car les martiens font tout pour que les premiers terriens ratent leur arrivée. Certains dégomment les fusées à coup de canons, d'autres essayent les manipulations mentales, à plusieurs reprises. Mais finalement, les humains ont le dessus et finissent par s'installer pour de bon.

Bradbury mentionne ensuite les flots des migrations d'origine terrienne vers Mars, en mode pionnier: les terriens partent à l'aventure et quittent une planète Terre condamnée aux vices, aux problèmes, à l'absence de rêves.

On voit bien que le récit a été rédigé dans les années 50, un peu avant la médiatisation du racisme envers les afros-américains. En effet, l'auteur narre une grande vague d'émigration des états du Sud des USA de la part des populations noires qui, en cette seconde moitié du 21 siècle (dans l'histoire) vit encore dans les mêmes conditions pré-droits civiques. A moins que ce ne soit un effet de style ?

La fin des chroniques est quand même intéressant: après des vagues continues de départ, une guerre importante car elle est visible depuis la planète Mars finit par éclater sur Terre. Après cet épisode, Mars connaît alors un reflux de ses habitants humains vers la Terre car des messages de cette dernière leur intimait l'ordre de revenir.

S'en suit l'histoire d'un type perdu, le dernier habitant de Mars qui cherche tant bien que mal l'âme soeur, qui croit la trouver en la présence de la dernière femme mais qui, au final, comme tout homme de la Terre, finit par se barrer en courant... Mais, finalement, la Terre finit par mourir et quelques pionniers en réchappent et reviennent s'installer sur Mars.

Dans tous les cas, l'ensemble des histoires forment un recueil assez solide, assez cohérent. La structure chronologique se tient bien et renforce l'impression de sérieux du récit, même si la fiction dépasse ici fortement la science. Mais Ray Bradbury n'a jamais prétendu le contraire: pour lui, les chroniques martiennes sont de la fantasy et non de la science-fiction.

A l'heure des robots qui vivent réellement sur Mars depuis quelques années; au moment ou des peuples de la Terre souhaitent s'installer sur Mars, je vous conseille de relire les "Chroniques martiennes": ça vous donnera quelques idées pour la suite et, dans tous les cas, cela vous fera passer un moment agréable.

"Un dimanche tant bien que mal" de Ray Bradubury

Dans mon élan sur les chroniques martiennes, je me suis posé sur un petit recueil de nouvelles de Ray Bradbury, intitulé "Un dimanche tant bien que mal".

Dans l'ensemble, ce n'est pas vraiment de la science-fiction mais plus du "surnaturel". De nombreuses questions et sujets sont abordés dans cet ensemble finalement assez bien posé.

On y trouve l'abord de thèmes variés qui vont de la mort à l'homosexualité en passant par le retour à l'enfance...

Ici encore, il s'agit plus de fantasy que de science-fiction. Dans l'ensemble, on passe un bon moment à lire ces nouvelles: ça ne mange pas de pain; ça occupe quelques voyages en train ou quelques soirées plutôt que s'abrutir devant la télé, Youtube ou 9Gag.

"Get Everything Done and Still have time to Play" de Mark Foster

J'ai déjà lu "Do it Tomorrow" de Mark Foster, comme je l'avais déjà indiqué pour le mois de mars et j'applique cette méthode depuis maintenant 5 mois avec succès, je dois le dire.

Pour rappel, Mark Foster est un coach professionnel et travaille sur les méthodes de gestion du temps et du travail. Après avoir été impressionné (et toujours d'ailleurs) par Do It Tomorrow, je me suis dit qu'il fallait sans doute voir ce que l'auteur avait déjà proposé auparavant. De fait, Get Everything Done a été écrit en 2000. Néanmoins, cela peut toujours être intéressant de voir ce qu'écrivait Mark Foster à l'époque.

Aussi, je me suis plus concentré sur son propos que sur la méthode. En effet, "Do it tomorrow" est une méthode plus récente et plus aboutie, à l'aune de l'expérience professionnelle de l'auteur (c'est d'ailleurs indiqué dans la préface du livre).

Que retenir de "Get everything done" ?

D'abord, je ne sais pas pourquoi, mais lire un livre sur les méthodes de gestion du temps est quelquechose qui rassure profondément. Sans doute le fait de voir que tout problème a une solution, de pouvoir compter sur une aide, un ensemble de techniques ?

Pour commencer, Mark Foster rappelle à quel point sa vie était un enfer, avant qu'il décide d'y mettre de l'ordre et de travailler sur les techniques de gestion du temps. Déjà, un bon point: il nous parle de son expérience vécue et pas d'un hypothétique bullshit cas de derrière les fagots.

Il fait ensuite le point sur les méthodes de gestion du temps et relève, avec pertinence, leurs défauts et comment y remédier. Il nous l'explique sous la forme d'une fable, ce qui permet de relativiser un peu les éléments techniques.

Par la suite, il dessine un ensemble de techniques qui permettent de répondre aux problèmes courant de la gestion du temps, notamment le besoin de fixer son attention de manière régulière et suffisante, de lutter contre la résistance à l'action et la procrastination, de disposer d'un système de gestion simple et robuste mais qui permet de gérer les interruptions et les urgences.

Dans l'ensemble, on retrouve les mêmes thèmes que dans Do It Tomorrow, preuve que les problèmes sont bien identifiés. Mais le système présenté par Get Everything Done est un peu moins bien élaboré que la méthode Do It Tomorrow, dans le sens où la méthode n'est pas vraiment systémisée.

Dans l'ensemble, Get Everything Done est assez direct: le style est simple et sobre, particulièrement explicite et luttant contre l'ambiguité. Par ailleurs, il est toujours abondamment illustré d'exemples rencontrés dans la vie courante et bien expliqués. On y trouve également de nombreux exercices à pratiquer.

Dans la dernière partie du livre, Mark Foster présente une théorie simple mais sans doute juste: nous résistons le plus à ce qui est le plus important pour nous (parce que, forcément, l'enjeu est important) et, justement, en plus d'être un signe de ce que nous devrions traiter en premier, c'est principalement ce sur quoi il faut se concentrer si on souhaite vraiment gérer son temps correctement. C'est plutôt un bon principe même si, dans la pratique, il faut savoir gérer cette résistance. C'est là l'enjeu de toute méthode de gestion du temps qui se veut efficace et robuste.

Attention, comme d'habitude, Get Eveything Done n'est pas une méthode qui va vous permettre de venir à bout de n'importe quelle charge de travail. Car, si vous avez chroniquement trop de travail, aucune méthode ne permettra de le gérer. Vous devrez, quoiqu'il arrive, faire des coupes et vous focaliser sur ce qui compte vraiment pour vous. Le plus simple sera d'utiliser les précieux conseils de ce livre.

Pour ma part, je souhaite conserver la méthode Do It Tomorrow car elle est rodée chez moi. Mais Get Everything Done donne de bons conseils qui viennent étoffer la méthode précédente, notamment, sur la résistance à l'action. Dans tous les cas, je vous recommande vivement de vous imprégner de ces éléments, ces exemples, cet ensemble, il ne peut que en sortir du bon. Libre à vous de l'adapter à vos besoins.

Conclusions

Pour ce cinquième mois, le challenge est toujours relevé, je tiens toujours la barre de lire au moins un livre par mois. Pour le mois prochain, je vais continuer avec Mark Foster et tenter quelquechose de plus scientifique.

Posted lun. 29 mai 2017 21:12:27 Tags:

Introduction

Comme au mois de mars, je continue mon périple littéraire et pour le mois d'avril, j'ai finalement pris le temps de lire 2 livres complets dont voici mes impressions...

"Passer par le Nord" d'Isabelle Autissier et Erik Orsenna

Pour résumer ce livre publié en 2014 (donc assez récent), je dirai qu'il s'agit d'une approche synthétique et généraliste de l'évaluation de ce que représente les différentes routes maritimes de l'Arctique aujourd'hui, ainsi que leur probable avenir.

Isabelle Autissier et Erik Orsenna essayent d'abord de nous faire vivre une partie de leur voyage dans l'arctique, à travers les différents lieux qu'ils ont visité en bateau, en commençant de la Norvège pour se terminer dans le détroit de Béring.

Cette introduction nous permet de nous remettre en perspective la géographie des lieux qui reste souvent méconnue, même dans ses grandes lignes. Connaissez-vous les îles situées au nord de la Sibérie, à l'Est du Svalbard ? Pour ma part, je n'avais qu'une vague notion d'où était située la Terre François-Joseph ou encore qu'il y avait des îles de Nouvelle-Sibérie. Et pourtant, j'ai lu Jean Malaurie ! Le livre nous trace également leur histoire, de leur découverte à nos jours et c'est très instructif.

Après cette présentation, vient le sujet du livre, dans ses détails sur la mise en place d'une route maritime dans le Nord. On y apprend qu'elle existe déjà en fait, et ce, depuis les années 60, organisée par l'URSS et ses brise-glaces nucléaires (dont l'un d'entre eux a vraisemblablement perdu un réacteur défaillant en pleine mer dans les années 60). J'ai également compris qu'en ce moment, à cause du réchauffement climatique, l'accès à l'Arctique devient plus facile et cela a un impact économique majeur pour les régions isolées comme la Sibérie. En effet, la volonté nationale russe est de ré-équipper et ré-ensemencer en hommes ces territoires tombés dans l'oubli de la chute du communisme dans le début des années 1990. Des voies sont ouvertes, des flottes sont recréées, des villes repoussent, des mines s'agrandissent, une vraie Telegraph Road.

L'autre route qui intéresse aussi le camp d'en face est celle du passage du Nord-Ouest, point d'intérêt de l'ancien gouvernement canadien et de son ex-premier ministre si buté et si centré sur la connerie économique avec son plan Grand Nord. Le foisonnement y est moins intense que du côté russe à cause principalement des effets moindres du réchauffement climatique sur cette partie du globe, où la route n'est pas encore ouverte mais les appétits économiques sont complètement ouverts, eux.

Par la suite, les auteurs s'intéressent à la vie animale si particulière de ces milieux à la fois pauvres car les conditions y sont difficiles mais également foisonnants grâce à certaines singularités dans les alternances de courants chauds comme le Gulf Stream et par le rôle finalement protecteur de la glace. Mais dieu, qu'il doit être difficile pour un être animal qui a des milliers d'années d'adaptation au froid, de se retrouver dans un monde qui se réchauffe si vite qu'une seule génération d'êtres humains est capable de le ressentir à l'aune de leur courte existence...

La conclusion semble assez sombre quoique malheureusement réaliste. L'histoire se répète: certains hommes se révèlent suffisamment cupides et assoiffés de ressources naturelles qu'ils pourront transformer à loisirs en monnaie sonnante et trébuchante pour mieux satisfaire leurs besoins non vitaux. Peu importe les risques sur les autres humains qu'ils soient les esclaves travailleurs des systèmes d'exploitation ou les autochtones des lieux, sachant exploiter l'harmonie si rare de nos jours entre le milieu géographique et la culture humaine; peu importe la pression sur le reste de la Nature, la résiliente flore et la robuste faune qui paraissent si fragiles en face de cette forme de prédation implacable; seul le fric compte !

D'une manière générale, le livre est assez facile à lire, parfois même attirant. Mais la réalité qu'il dépeint fait froid dans le dos. On finit par se rendre compte qu'il n'existera bientôt plus de lieux vraiment préservés de l'action néfaste de l'être humain sur cette planète et c'est vraiment dommage que cette conquête soit aussi exhaustive.

"La billebaude" de Henri Vincenot

Mon histoire avec ce livre commence il y a près de 30 ans. Il était tout simplement dans la bibliothèque de mes grands-parents et il avait une couverture assez intéressante pour un enfant: il y avait une représentation d'animaux sauvages dessinés avec des couleurs vives. J'avais à l'époque demandé à ma grand-mère si je pouvais le lire mais elle m'avait répondu que ce n'était pas un livre de mon âge. Le titre imprononçable pour un enfant mais si intriguant ne pouvait que rester ancré dans un recoin de ma mémoire.

Et il y est resté pendant plus de trente années, jusqu'à ce que je retombe dessus, un peu par hasard. Mais cette fois, j'ai considéré que ce devait être un livre plus de mon âge et je me suis lancé dans l'aventure. Et j'ai été extraordinairement surpris.

J'ai eu un grand moment de doute lors de la lecture du premier chapitre. En effet, je lisais bien que le sujet était orienté autour de la chasse, sujet qui ne m'intéresse guère (je n'ai jamais eu la fibre ni l'éthique à ça, comme nombre de mes contemporains). Mais après m'être accroché un peu, j'ai vraiment apprécié les écrits d'Henri Vincenot.

Pour faire le résumé, Vincenot est un auteur "franco-français" dont le sujet principal d'écriture est la ruralité dans son aspect transversal et comme modèle de société. La Billebaude est un terme qui qualifie le mode de chasse dans le patois bourguignon. Dans ce livre, Henri Vincenot nous compte une partie de sa vie d'enfant à jeune adulte dans la France rurale de l'époque (de 1927 aux environs de 1936). Il y dépeint sa réalité de l'époque, dans toute son intimité d'enfant, dans le modèle familial de ce moment. Publié en 1978, "La Billebaude" était un best-seller des années 80 et voilà sans doute pourquoi, avec le sujet, l'époque qui correspondait en tout point à celle que mes propres grands-parents ont connue, ce livre s'est retrouvé sur leur bibliothèque.

L'histoire raconte l'évolution de la vie d'Henri Vincenot, enfant dans un village assez reculé, situé en Bourgogne dans les années 30. Il y vit avec son grand père (le père Tremblot), sa grand-mère, sa mère (son père étant, un grand classique, décédé pendant la guerre de 1914) et nombre de ses aieux. Son grand-père est compagnon bourrelier (la personne qui s'occupait de gérer tout ce qui était en cuir à l'époque, notamment, les colliers de travaux des chevaux) mais c'est aussi et surtout un fin chasseur et, bien entendu, il fait partager cette passion à son petit-fils qui apprécie vraiment cette activité et qu'il nous décrit avec force de détails. Vincenot raconte, en plus des épisodes de chasse, l'organisation de la société rurale de l'époque et nous livre, au passage, de courtes analyses de comparaison entre la période de publication du livre (la fin des années 1970) et celle de l'époque de son enfance.

A lire ce livre en 2017, avec pratiquement un siècle de recul, on peut aborder l'oeuvre sous une forme de documentaire du passé, un reportage de l'intérieur, un témoignage d'intérêt. Malgré moi, c'est comme ça que je l'ai abordé et cette étude s'est finalement révélée d'un grand intérêt. Sans en prendre conscience, ce livre m'a permis de faire l'analyse du fonctionnement de notre société actuelle avec le regard des anciens et j'avoue que cet exercice est vraiment passionnant.

Car même si l'époque est assez ancienne (près de 90 années nous sépare), on retrouve un très grand nombre de similitudes par rapport aux problèmes actuels qui tend à nous montrer que, finalement, l'Histoire ne semble qu'être une répétition infinie d'étapes toutes identiques mais dont le souvenir s'efface génération après génération. Car c'est bien de cela qu'il s'agit...

Commençons par parler du cercle familial. Ce dernier est extrèmement large à l'époque. Dans la famille de Vincenot, les personnes âgées ont toutes un grand âge. Il vit avec la majorité de ses arrières-grands-parents qui approchent tous les 90 ans. Ce qui tend à montrer, sans généraliser, que l'espérance de vie dans les villages de l'époque était sans doute d'un très bon niveau et que ce n'est pas une "invention" si moderne que ça. Bien entendu, ces "vieux" étaient tous capables d'avoir une activité physique minimale, ce qui leur permettait de compter au sein de la famille, d'avoir une vraie place, de faire partie du système et d'avoir un rôle véritable et pour lequel on peut avoir de la reconnaissance. Car les aieux n'étaient tout simplement pas mis en maison de retraite comme aujourd'hui, à dépérir et à s'ennuyer. Ils s'occupaient des enfants et des menus travaux mais sans eux la vie aurait été bien plus complexe. Dans ce monde, pas de nounous, pas de baby-sitter, pas besoin de payer des gens pour garder des enfants et pas besoin de payer des retraites et des maisons de retraite. L'avis de Vincenot semble se prononcer plutôt en faveur de cet ancien système qui lui semblait plus avantageux et avec lequel je suis sans doute d'accord. Moins de solitude, moins de remise au rebut de la société, moins de gérontophobie dans la société, c'est sans doute mieux que maintenant même si tout le monde n'a pas la chance d'avoir une santé de bourguignon de l'époque. Car cette santé est bien relative puisque Vincenot nous parle d'une jeune femme de l'époque qui se meurt à petit feu (la petite Kiaire) de la tuberculose ou d'une pneumonie.

Sur le sujet de la santé, il y a un élément qui m'a frappé, c'est la connaissance par les personnes de l'époque d'un très grand nombre de plantes destinées à soigner. C'était à la fois un élément culturel important et une discipline à part qui semble s'être perdue, au moins pour le commun des mortels (par rapport au docteur en pharmacie). En effet, il semble que les femmes de l'époque se transmettaient des ensembles de recettes à base de nombreuses plantes dont la culture et la récolte faisait partie du processus de vie courante, au même titre que les cultures de céréales, la gestion des fumures, les opérations liées à l'élevage. C'est quelque-chose qui a disparu aujourd'hui: à part l'acide salicylique du saule, plus personne à part les spécialistes n'a de connaissance sur les propriétés des plantes. Le fait d'avoir arrêté de les cultiver ou de les ramasser est également un indicateur de cette disparition. Il y avait à mon avis, une véritable discipline qui s'est effacée avec le temps et c'est bien dommage.

Toujours sur le sujet de la santé, quand on lit la description des menus des repas de l'époque, on a l'impression que tout le monde devait être obèse. Franchement, plusieurs plats principaux qui se terminent avec une omelette en supplément, le tout accompagné d'une bonne dose de crème (maison et utilisée même pour les repas maigres), sans compter les desserts, on doit facilement taper dans les plus de 3000kCal par repas ! En plus les produits de l'époque étaient sans doute d'une meilleure qualité nutrionnelle qu'ajourd'hui et le gras était vu dans ce qu'il y avait de meilleur (c'est bon le gras !). Néanmoins, je veux bien croire que l'obésité n'était sans doute pas un fléau à l'époque. Qu'est-ce-qui peut expliquer la différence ? Sans doute l'activité physique je dirais. A l'époque, il y a avait peu de métiers de bureau qui imposaient de poser ses fesses sur une chaise pendant plus de huit heures par jour. Il fallait se bouger physiquement et pas qu'un peu. C'est mon facteur d'explications.

Un des autres passages qui m'a marqué est l'histoire du monument aux morts. De nos jours, quelle commune n'a pas son monument aux morts ? Ces élévations sont tellement courantes pour nous que nous avons cessé de nous interroger sur leur origine. Vincenot raconte qu'en 1927, il n'y avait pas de monument aux morts dans son village et que les gens n'en voulaient simplement pas. Près de 10 ans après la fin de la guerre, ça peut faire beaucoup. Les habitants finissent enfin par se décider à implanter le monument, non pas en raison de leur patriotisme mais simplement parce que tous les autres villages sont déjà équipés et qu'on ne sait pas si on aura droit à la subvention lors de la prochaine loi de finance ! Qui aurait cru qu'un village profond de la Bourgogne n'ait cure de cet ensemble symbolique d'une époque ?

Mais même si Henri Vincenot, dans une sorte d'esprit vieille France ne fait pas vraiment de politique, je retiens néanmoins certains éléments qui sont véritablement emprunts de sens et d'une vision qui mérite analyse, dans ces premières décénnies du 21ème siècle. Cette analyse concerne l'emploi en France, sujet essentiel de l'entre-deux tours de cette élection présidentielle de 2017 (et aussi de celles des 30 dernières années).

Car dans les années 30, en Bourgogne du moins, et dans le village de Vincenot particulièrement, c'est le plein emploi ! Tout le monde a une activité rémunérée, personne n'est au chômage ! Ça peut paraître invraisemblable de considérer que dans un milieu rural assez fermé, il n'y ait pas au moins un seul problème de manque d'activité mais c'est bien le cas. Vincenot cite le seul cas de pauvreté qu'il connaît et qui est celui d'une famille trop nombreuse (une dizaine d'enfant dans un couple, ça laisse des traces). Selon Vincenot, la cause de cette pauvreté est bien directement liée au nombre d'enfants. Néanmoins, ce plein emploi est bien particulier: tout le monde est, à quelques exceptions près, agriculteur. Et c'est là une différence de société importante. Par ce moyen, chacun dispose d'un moyen de subsistance digne de ce nom, personne n'est obligé de faire la manche, de vivre de l'assistance publique ou de la charité. Personne ne crève la faim, tout le monde a un toît pour s'abriter, tout le monde a une activité qui empêche de s'ennuyer et tout le monde a un rôle reconnu dans la société.

Mais effectivement, comparer avec l'année 2017 serait un trop gros décalage temporel. Car le niveau de vie était sans doute beaucoup plus faible que l'actuel: pas de high-tech, beaucoup d'activité manuelle, beaucoup de travail physique, très peu de dépenses, une économie plutôt informelle, pas souterraine mais en tout cas, pas du tout axée sur le grand capital. Et tout le monde semble s'accomoder de ce modèle assez simple, robuste, résilient qui offre une place à chacun. C'est vrai que pour ma part, mon jugement biaisé d'ingénieur agricole a tôt fait de trouver dans ce modèle rural quelque-chose de rassurant: avec la terre, tout va bien. L'agriculture permet de s'affranchir de l'asservissement de l'homme par l'homme et contribue a forger la liberté. C'est un point de vue qui peut paraître subjectif et dépassé en 2017 mais force est de constater qu'il y a moins d'un siècle, c'était la norme et ce, depuis au moins la dernière réforme agraire de partage des terres agricoles. Et dire qu'aujourd'hui, le secteur agricole est continuellement en crise depuis les années 80 ! Je ne dis pas que la solution est le retour à la terre mais, dans tous les cas, il constitue un modèle éprouvé, sans doute adapté à certains membres de notre société; aussi ne faut-il pas le rejeter d'un trait en le qualifiant de vision passéiste.

Un autre point d'intérêt politique est la vision du monde sur le progrès. En 2017, cela reste toujours une question: de plus en plus de métiers disparaissent et de moins en moins d'humains ont un emploi. On a l'impression que c'est quelquechose d'assez récent, compte tenu des dernières années qui ont connues un sacré effort de robotisation et d'automatisation de l'activité, particulièrement dans l'industrie et dans les services. Mais, dans les années 1930, ça l'était déjà. En effet, comme je l'ai décrit plus haut, la France des années 30 est fortement rurale mais c'est également au cours de ces années que le monde agricole commence à se moderniser fortement, notamment avec l'arrivée des premières faucheuses et des moisonneuses (lieuses aussi), à cheval ou à cheval vapeur. Cela a une conséquence assez importante sur l'emploi agricole: là où il faut 10 faucheurs pour faucher un hectare de prairie, un seul conducteur de faucheuse fait le même travail en moins de temps grâce à une faucheuse automatique. De fait, et assez rapidement, les ouvriers agricoles qui étaient légion à l'époque, se retrouvent sans travail et sont obligés de fuir dans les villes où, à cette époque là, certes il y avait plus de travail que maintenant grâce à une industrie plus en forme respectivement que celle de 2017, mais où les conditions de subsistances étaient bien plus rudes, surtout à la suite de la crise de 1929.

J'ai aussi été touché par la vision de ces disparitions et cette prise de conscience des travailleurs de l'époque: ils voyaient bien que leur métier disparaissait, que leur art allait s'arrêter pour être remplacé par un travail automatique, standardisé et cela les frappaient, les rendaient tristes, nostalgiques, moins confiants dans l'avenir qu'auparavant et surtout, sans espoir de transmettre leur vision du monde par leur activité artisanale. Dès les années 30, ils avaient déjà conscience que tout cela allait s'arrêter un jour et qu'apparaîtrait alors des problèmes insoupsonnables à l'époque. Et encore, pouvaient-ils se reposer sur leur modèle robuste d'économie agricole de subsistance... ce qui n'est plus le cas de nos jours. Je finis par croire que finalement, toutes les générations depuis la révolution industrielle ont connu, de leur vivant, la fin de leur époque de travail, de leur modèle, sans cesse remplacé par un autre mais qui a toujours besoin de moins en moins d'êtres humains pour fonctionner. Difficile de continuer l'adage moyen de subsistance=emploi dans ces conditions...

Enfin, ce qui m'a beaucoup frappé, reste la promesse de Vincenot de revenir au pays. En effet, au cours de ses promenades dans les territoires aux alentours de son village d'enfance, il tombe sur un lieu isolé: un ancien hameau, abandonné depuis quelques années , qui le frappe par la beauté de son isolation. Il fait la promesse d'y revenir un jour...

Car Henri Vincenot doit partir, quitter le village qu'il a décrit comme une espèce de jardin d'Eden pour rentrer dans ce siècle de modernité, juste entrecoupé par une deuxième guerre mondiale, en étant poussé à devenir ingénieur, le type planqué dans un bureau qui "modernise" à tout va mais ne sait rien faire de ses dix doigts. Il finira par intégrer l'école HEC à Paris et à s'éloigner des lieux de son enfance.

Mais la beauté de l'histoire se termine par son retour, dans le dit hameau, toujours abandonné, qu'il rachète grâce à ses économies, bien plus tard, pour y vivre.

Qui n'est jamais tombé sur un endroit enchanteur en se disant qu'il y vivrait bien un jour ? Ça m'est déjà personnellement arrivé plusieurs fois mais pour l'instant, je n'ai jamais concrétisé. Pour combien de personnes, cela reste un rêve, qui finit par se faner à force de torpeur d'un quotidien fade qui consumme toute lumière d'espoir ? Pour combien d'âmes cela devient une fuite, une douceur imaginée, où le pas à franchir n'arrive pas à dépasser le stade de la conclusion d'une analyse de risques qui dit que ça ne vaut pas le coup, que c'est trop complexe ? Un jour forcément, je n'aurai plus le choix, il faudra bien que je respecte cette promesse. Sinon, j'aurai vraiment gaché une partie de mon temps...

Voilà, je pourrais passer encore plus de temps à parler de "La Billebaude" et, en guise de conclusion, je dirais que j'ai été vraiment transporté par cette oeuvre. Le sujet principal de la chasse n'a pas vraiment d'intérêt pour moi, même si après la lecture, je conçois que son exercice était fondammentalement différent de celui de maintenant. Reste toute l'ambiance de l'époque, le sentiment d'une enfance assez paradisiaque dans un monde plus simple, plus résilient, plus accueillant, plus maîtrisé. A moins que ce ne soit l'âge qui veuille ça et que ma grand-mère avait finalement raison...

Conclusions

Pour ce quatrième mois, le challenge est toujours relevé, je tiens toujours la barre de lire au moins un livre par mois. Pour le mois prochain, je vais revenir à davantage de SF: il n'y a que ça de vrai dans un monde dominé par l'être humain ! J'ai aussi encore quelques ouvrages sur les méthodes de productivité à ingérer.

Posted lun. 01 mai 2017 19:18:27 Tags:

Introduction

Dans mes résolutions de 2017, il y a marqué "Écouter l'intégralité d'un artiste musical par mois"... Pour avril ce sera Pink Floyd.

Un groupe ultra-connu... mais en fait pas tant que ça ! Mon approche de Pink Floyd est assez sommaire: mon père avait un album du groupe, un de leur plus fameux: "Wish you were here" de 1975. Quand j'étais gamin, personne ne l'écoutais. Ce n'est que bien plus tard, dans la fin de mon adolescence, que j'ai pris le courage de mettre le 33 tours dans la chaîne hifi pour écouter, alors que tout le monde était parti. Et quelle révélation: j'ai complètement adoré.

L'autre moment où j'ai reconnu le groupe a été lors de la publication de son dernier album (de l'époque, c'est à dire en 1994): The Division Bell. La chanson phare passait en boucle sur les stations de radio: High Hopes. Je l'ai écouté en boucle, tout en lisant quelques romans de Stephen King (Cimetière dans mes souvenirs).

Avec le temps, j'ai laissé pourrir le contenu et je n'ai pas poussé plus loin l'aventure. Avec "la révolution" du MP3, j'ai juste récupéré ce que je connaissais du groupe, c'est-à-dire l'album Wish you were here mais c'est tout.

Pour le mois d'avril, j'ai donc décidé d'aller à l'étude complète du groupe et voici mes conclusions.

Origine et membres du groupe

Bon, je ne vais pas vous refaire la page wikipedia du groupe, ça n'a pas d'intérêt. Juste pour faire un résumé simple, il faut d'abord retenir qu'il s'agit d'un groupe britannique (et oui, s'il y a bien un truc que les british font bien, c'est la musique et surtout le rock), fondé en 1965 et qui lance sa carrière studio en 1967.

Les membres originels sont, pour les citer rapidement:

  • Syd Barrett: fondateur qui arrête au bout de deux albums à cause de trop de drogues (pour faire archi-simple). Il arrête rapidement la musique.
  • David Gilmour: le gratteux du groupe qui finit par chanter et composer.
  • Nick Mason: le batteur
  • Roger Waters: le bassiste et grateux et surtout chanteur/compositeur
  • Richard Wright: le piano-man, chanteur/compositeur.

Par ailleurs, Pink Floyd ne veut pas dire Flamand Rose (qui serait Pink Flamingo), contrairement à ce que bien des personnes m'ont raconté.

A l'origine, Pink Floyd fait du rock psychédélique. C'est l'époque qui veut ça (les Doors sont sur les rails aussi). Mais leur style musical a complètement été modifié au cours des différentes années qui ont suivi leur prolifique carrière qui commence en 1967 pour se terminer en 2014 avec pas moins de 16 albums studios.

Mon analyse de l'oeuvre du groupe

Bon allez, disons-le, j'avais de grandes attentes sur Pink Floyd. Je me disais qu'avec les deux albums que j'avais entrevus, il y aurait forcément des pépites que j'avais ratées, que j'allais, comme le mois dernier avec Sigur Ros, tomber sur des monuments...

...Mais avec un tel parti pris, difficile de retomber sur la réalité finalement assez triste. Dans tous les cas, j'ai été sacrément déçu et voici pourquoi et dans l'ordre chronologique, comme à mon habitude.

Le premier album du groupe, "The Piper At the Gates of Dawn" de 1967 se présentait pourtant assez bien avec sa première piste, certes très psychédélique mais aussi tournée vers l'espace, un peu à la David Bowie. Mais le reste de l'album est clairement à jeter: c'est un mélange de Beatles, de Beach Boys mais qui auraient pris de la mauvaise drogue. C'est lent, assez mou, trop cru, trop répétitif, trop d'instruments, trop de sons discordant, trop de LSD vraisemblablement. Certaines pistes sont clairement à vomir comme "Take Up Thy Stethoscope And Walk" ou encore "Interstellar Overdrive" qui est ennuyeuse au possible (seule l'intro de guitare a un intérêt, 30 secondes sur 9 minutes d'exploitable). Bref, j'ai eu du mal; clairement l'album a vraiment mal vieilli et je n'arrive pas à retrouver l'effet "mythique son d'avant".

Pas grave, voyons ce qu'il y a sur la suite: en 1968 sort "A Saucerful of Secrets". Même topo que l'album précédent: la première piste est potable mais le reste est aussi à jeter. Le titre éponyme de l'album est à proscrire: ce n'est pas de la musique mais du son discordant sans réelle mélodie, un peu au hasard. Sans doute plein d'effets pour l'époque mais simplement passé de mode et sans harmonie aucune. Bref, aucun intérêt pour le deuxième album. Les intros sont assez soignées mais le corps de la chanson est vraiment à la ramasse.

Bon, il paraît que Syd Barret n'a fait que deux albums, peut-être qu'une fois qu'il se sera barré, ce sera mieux ! En fait, pas vraiment. En 1969, l'album "More" se fait sans Syd Barret mais finalement pas pour le meilleur. Il est pourtant plus varié dans ses sonorités car on y retrouve de la ballade/folk (avec Crying Song), du métal (avec The Nile Song). Mais ça se gate dès Up The Khyber qui est encore inécoutable sans prendre un grosse dose de LSD. Il paraît que l'album est une BO d'un film. Bof, moi ça ne passe toujours pas.

Prenant mon courage à deux mains, je saute vers l'album qui suit et qui sort en 1969 aussi et qui est nommé "Ummagumma". Mais mon analyse est la même que pour les autres albums: la première piste est potable "Sysyphus part one"; les intros des morceaux sont correctes mais ça ne passe toujours pas bordel ! C'est trop psychédélique, trop expérimental, trop sans cohérence, sans forme, trop liquide. Toujours en train de vomir.

Pourtant les choses s'améliorent très légèrement pour l'album qui suit. Sorti en 1970 (on est à plus de un album par an mais franchement, pourquoi faire ?), "Atom Heart Mother" semble commencer à forger un peu plus le caractère propre du groupe. La première piste éveille un peu plus la curiosité. On y retrouve le style de guitare, de basse, de clavier qui fait la signature du groupe. Mais encore une fois, trop de psyché/psycho et d'expérimental: le morceau dure 24 minutes ce qui est trop. A la fin (enfin, au bout de 15 minutes), on en a marre, ça devient insupportable et c'est vraiment dommage car tout commençait bien. Néanmoins, dans les pistes d'après, le renouveau du groupe apparaît enfin. Par exemple, j'ai assez apprécié la piste 3 intitulée Summer'68. Ça reste bien psychédélique mais, au moins, il y a une cohérence musicale et bien que déroutant, ça s'écoute assez bien. En dehors de cette piste, fuyez !

Allez, je me dis qu'on va enfin s'améliorer avec l'album qui suit (on en est déjà au 6ème en moins de 5 ans) en 1971: Meddle. Bon, on reprend les mêmes et on recommence. Comme d'habitude, la première piste est pas mal: One of these days commence à ressembler à du Pink Floyd. Une bonne intro et ça tient bien sur la durée du morceau. De la gratte élec, du piano, du bon rythme avec juste une pointe d'effets de synthés, ça passe vraiment bien. Mais le reste de l'album est beaucoup trop calme, trop folk. La dernière piste intitulée "Echoes" est d'intérêt mais, comme pour Atom Heart Mother, elle est bien trop longue (près de 24 minutes) et elle finit par s'essoufler. Comme quoi, le progressif c'est bien mais on peut aussi se brûler les ailes. C'est pas trop mauvais comme album mais ce n'est vraiment pas ce à quoi je m'attendais. Passons au suivant... on ne sait jamais.

Avec "Obscured by clouds" de 1972, on se dit qu'à force de travail, ça va finir par payer. C'est un peu le cas mais en fait, pas vraiment. On retrouve encore une fois un peu plus la signature du groupe mais l'ensemble forme un moment assez peu concret. Ce n'est pas encore ça... Sauf avec une seule piste qui vaut vraiment le détour selon moi. Il s'agit de Mudmen, la piste n°6. Très bonne intro, très bon son, très bon solo de gratte au milieu sans trop de guimauve; complètement progressif mais aussi complètement dans le progrès. C'est à peu près le seul élément de qualité du disque. Le reste est pas mal mais, je ne sais pas, ça n'arrive pas à marquer mon cerveau.

Enfin, en 1973, après 7 albums de mauvais à moyen (enfin, selon mon analyse car à l'époque, les disques se vendent assez bien, Pink Floyd étant même n°1 en France avec son dernier album), sort "The Dark Side of The Moon". Et là, on est vraiment dans du vrai Pink Floyd. Dès la première piste, que je ne connaissais pas, je retrouve mes petits. C'est mélodieux, c'est progressif mais abordable, c'est très musical mais la voix de Gilmour plus grave vient bien nous égayer. Du très bon. Trois morceaux crèvent l'album: la première piste (Speak to Me/Breathe), la quatrième (The great gig in the sky) et l'ultra-connue "Money". Enfin, je découvre un album de Pink Floyd pour lequel je ne suis pas déçu !

En 1975 sort "Wish you were here" qui est une vraie tuerie comparé au reste des productions du groupe. Déjà, la jacquette du 33 tours vaut son pesant de cacahuètes avec deux gars en train de se serrer la main alors que l'un d'entre eux prend feux. Pour le contenu musical, il n'y a, selon moi, que des hits:

  • Shine on you crazy diamond est d'une beauté stupédiante. C'est un univers étrange mais j'arrive à l'écouter d'une traite avec un plaisir infini malgré ses presques 14 minutes.
  • Welcome to the machine est un titre qui me parle beaucoup, moi qui ne suit qu'un geek qui utilise des machines tous les jours. C'est progressif, avec des sons bizarres mais qui s'organisent bien et surtout la mélodie qui fait peur, qui inquiète me laisse toujours penser que l'homme doit rester maître et possesseur de la machine, et non l'inverse.
  • Have a cigar, s'écoute avec un réel plaisir. Moi ça me fait penser à un voyage dans le temps. Et j'adore ça.
  • Wish you were here: la piste ultime de Pink Floyd. Tout est bon, de l'intro de radio avec le solo de gratte qui sifflote au rythme. Les paroles sont tout bonnement géniales et vous pouvez les chanter en karaoké sans aucun problème. Pas mal pour chanter dans la rue, de bon matin pendant que tout le monde va travailler dans le matin gris..
  • La fin de Shine on you crazy diamond avec son intro de gratte électrique interminable mais vraiment bien pensée est vraiment une conclusion qui s'impose.

Bon, je ne pourrais jamais avoir d'avis objectif sur cet album. Il reste, sans consteste, le meilleur du groupe; un monument à lui seul. Un truc qui ne pourra jamais vieillir (contrairement aux productions antérieures du groupe).

Forcément, après ça, l'album suivant est retombé trop bas. Je ne parlerai donc pas de "Animals", sorti en 1977 qui n'a rien de charmant. Passons directement à The Wall, sorti en 1979 qui s'étale sur deux albums. Un peu moins bon que Wish you were here mais bien meilleur que Animals. Quelques morceaux qui en font la synthèse:

  • "In the Flesh?", l'intro des intros.
  • "Another Brick in the Wall, part 1".
  • The happiest day of our lives suivi de son naturel
  • "Another Brick in the Wall, part 2", le truc le plus connu de l'album.
  • "Hey You" sur le deuxième album, vraiment très bon.

Pour la suite, le groupe fait une petite pause: il ne produit rien avant 1983. En cause, la fin des bonnes relations dans le groupe avec la fin du lead de Roger Waters. Dénommé "The Final Cut", il aurait pu être le dernier album du groupe, tellement il change du reste. On entre dans la décénnie 80 et ça se ressent dans le son. L'album est plus calme, moins progressif. Il n'y a majoritairement que la voix de Roger Waters (que j'aime moins). Du saxo, du synthé, du piano brut, on est plus dans la pop que dans le son habituel de Pink Floyd. L'ensemble s'écoute assez bien mais il n'y a rien de perçant, qui sorte de l'ordinaire. Il n'y a guère que "Not now John" qui sorte du lot monotone de l'album.

En 1987, le groupe n'est plus le même. Roger Waters l'a dissout en 1985. Mais David Gilmour le relance en 1986 et il gagne le droit de ressortir un album avec le nom du groupe. C'est ce qu'il fait avec "A Momentary Lapse of Reason" qui sort en 1987. Roger Waters ne participe pas à l'album et c'est sans doute pas plus mal. Il sonne mieux Pink Floyd que jamais et il a su clairement s'adapter aux codes des années 1980 sans trahir tout le reste, toutes ces années de forge musicale qui ont fait le groupe. Le meilleur morceau de l'album reste sans doute "Learning to Fly", un classique ultra-connu et vraiment très bon. Ce qui me laisse retenir que la meilleure voix de Pink Floyd est sans doute celle de Gilmour.

Enfin, en 1994 sort "The Division Bell", toujours sans Roger Waters et qui laisse les voix toujours à Gilmour. J'aime beaucoup cet album qui est sorti quand j'étais encore ado et que j'ai pu entendre à la radio et qui était vraiment très bon. Je ne peux forcément pas être objectif mais je dirais qu'il constitue pour moi le deuxième meilleur album du groupe après "Wish you were here". La première piste, est, comme toujours pour le groupe et ce depuis 1967, une excellente introduction (on ne peut pas leur retirer ça). Quasiment toutes les pistes de l'album sont bonnes. Si je devais en extraire le top, voici ce que je prendrais:

  • "A Great Day For Freedom": piano, gilmour, complainte, mélancolie: excellent.
  • "Coming back to life": pour vivre dans l'espace.
  • "Keep Talking": avec son robot monocorde, progressif, fidèle.
  • "High Hopes": la meilleure de toutes après Wish you were here.

Pour terminer, en 2014, sort "The Endless River" qui sera le dernier album du groupe car deux des membres originels du groupe sont morts (Syd Barret et Richard Wright) et Roger Waters ne fait plus parti du groupe. Cet album est basé sur des enregistrements de "The Division Bell" et de productions antérieures. Bon, il s'écoute pas trop mal, à la suite de "The Division Bell" notamment. C'est un album assez moyen qui sent un peu trop les années 90. Moi, j'aurai arrêté en 1994. Franchement, sans The Endless River, ça l'aurait aussi bien fait ! Néanmoins, ce n'est pas un mauvais album et ça s'écoute assez bien quand même...

Ce que je retiens de Pink Floyd

Mon analyse, forcément simpliste, c'est que le rock psychédélique de Pink Floyd a vraiment mal vécu. Les efforts des années 60 et 70 sont vraiment dépassés. Seuls restent les morceaux impérissables du milieu des années 70. Après le groupe part en sucette et finit par revivre sur un pari de David Gilmour, mais pour un album et demi (celui de "The Division Bell" et un demi "A Momentary Lapse of Reason".

Vu le nombre d'albums, il ne faut pas se voiler la face, il reste quand même de nombreux morceaux dignes d'intérêt, de quoi occuper quelques heures d'écoute. Mais ce n'était pas vraiment ce à quoi je pouvais m'attendre. Parfois, quand on commence avec l'album de l'apogée d'un groupe, on ne peut qu'être déçu quand on regarde l'intégralité de la production. C'est sans doute ce qui m'est arrivé.

Conclusions

Pour ce mois, ce fut un peu la déception. Même en laissant sa chance au produit, pendant un vrai mois complet, je n'ai pas du tout accroché aux premiers albums du groupe. Seuls quelques morceaux remontaient de temps en temps mais, c'est moins d'un par album et d'ailleurs, sans aller jamais très loin dans la notation (1 à 2 étoiles sur 5). J'ai même été jusqu'à vouloir mettre des notes négatives tellement certains morceaux me posaient un problème lors de l'écoute.

Ce que j'ai gardé se résume finalement à ce que je connaissais assez bien. S'il faut retenir un seul album, ce sera "Wish you were here". On peut y ajouter "The Dark side of the Moon" et sans doute "The Division Bell" ainsi que quelques pistes de "The Wall". En dehors de ça, on peut pratiquement tout jeter... C'est dur, brut mais c'est mon expérience.

Espérons que pour le mois prochain, ce sera mieux !

Posted lun. 01 mai 2017 16:40:23 Tags:

Introduction

Dans mes résolutions de 2017, il y a marqué "Écouter l'intégralité d'un artiste musical par mois"... Pour mars ce sera Sigur Rós !

Ce groupe "post-rock" islandais est véritablement atypique dans le paysage musical actuel. C'est un des rares groupes encore en activité que je peux écouter sur la durée sans me lasser aucunement.

Ma première rencontre avec le groupe date de 2008 au Main Square Festival d'Arras où ils faisaient la première partie d'un autre groupe de rock bien connu nommé "Radiohead". Lors de leur arrivée sur scène, j'avais été assez surpris par la ferveur des "fidèles". Ils avaient l'air assez engagés autour de nous et c'était assez surprenant pour le néophyte que j'étais. Certains spectateurs étaient clairement venus pour Sigur Ros et non pour Radiohead, autrement plus connu à l'époque (et encore aujourd'hui d'ailleurs).

Ensuite, lorsque le groupe a commencé à jouer, j'ai clairement compris pourquoi cet enthousiasme: tout était atypique ! D'abord, les types étaient sapés comme des papes. On aurait dit des elfes, élégants, avec un uniforme d'apparat militaire, en longueur, avec des plumes d'indiens et des broches lumineuses. Déroutant mais très élégant, très stylé, à part, comme un cran au dessus de la mélée.

Dès les premières notes, Jonsi, le chanteur, a sorti son archet et a commencé à faire vibrer les cordes de sa gratte avec. Je n'avais jamais vu ça avant et j'ai trouvé le son produit vraiment innovant. Dès lors mon intérêt était franchement motivé et le reste de la qualité musicale de leur production a suffit à m'emporter définitivement: j'étais pris dans les mailles du filet du groupe, pour sans doute, ne jamais en sortir; dans tous les cas, en étant transformé pour longtemps.

Voilà mon premier contact avec Sigur Ros, une véritable expérience de vie... Néanmoins, pendant de nombreuses, années, je me suis contenté d'un seul de leur album (Ágætis byrjun). En ce mois de mars, j'ai réparé cette erreur en prenant le temps d'écouter l'intégralité de leur oeuvre. Voici mes sentiments sur le sujet avec une revue complète de leur production, par ordre chronologique...

Von (1997)

Clairement, le premier album de Sigur Ros aurait sans doute pu faire que je n'accroche jamais au groupe. Concrètement, rien ne m'attire dedans, c'est trop brut, trop mécanique, trop lourd. Ça fait très musique d'ascenceur, électronique pure, par effets de bruits plutôt que par mélodie.

J'ai eu beau forcer son écoute pendant quelques jours, je n'ai jamais pu m'en satisfaire. Heureusement, j'ai découvert le groupe sur leur second album.

"Ágætis byrjun" (1999)

Voilà le premier album de Sigur Ros que vous pouvez écouter sans trop de danger ! La vraie naissance du groupe se situe sur cet album. On y trouve tout ce qui fait la marque du groupe depuis près de 20 ans maintenant:

  • Une mélodie marquée, qui approche les canons de la musique classique.
  • Une sonorité avec un soupçon, juste ce qu'il faut de musique électronique.
  • De la guitare électrique à l'archet qui transcende complètement les autres instruments.
  • La voix de fausset de Jonsi, dans les tonalités sur-aigues, à la manière d'un elfe chantant.
  • Du Volonska: dans la majorité des albums, Jonsi chante dans une langue imaginaire, dont les sonorités et le rythme sont relativement proches de l'islandais.
  • Des morceaux qui occupent facilement 5 à 10 minutes.
  • Et sans doute ce qui donne tout l'intérêt à la musique: une mélancolie profonde, latente, qui force la douceur.

Une bonne musique d'autiste en somme ! Elle peut très bien s'adapter aux passages "grandioses" d'un documentaire sur un paysage extraordinaire. On a l'impression que la force de la Nature, si présente en Islande irrigue l'oeuvre de Sigur Ros.

Bon, j'ai tellement écouté l'album qu'il est usé à la corde. Il n'y a pratiquement que des hits dessus. Si je devais sortir les trois pistes principales, je retiendrais les suivantes:

  • Svefn-g-englar.
  • Viðrar Vel Til Loftárása.
  • Olsen Olsen.

"Untitled" aka "()" (2002)

Toujours dans le non-conformisme, un album sans titre sort en 2002. S'il est toujours dans la mouvance de l'album précédent, dans les grandes lignes, il apporte néanmoins une touche de nouveautés.

Concrètement, avec "()" Sigur Ros marque un peu plus son style tout en le confirmant. C'est un album quasi-excellent et si "Ágætis byrjun" est un bon début, "()" est un poil devant: une continuité mais supérieure.

La piste d'introduction (la n°1 vu qu'elle n'a pas de titre non plus) est vraiment excellente. C'est, selon moi, la meilleure de l'album. Mélangeant une mélodie rythmée par un piano brut, elle s'adresse en douceur aux auditeurs en distillant des notes d'espoir, de mélancolie, comme souvent avec Sigur Ros. Elle se termine par une explosion mesurée d'un chant qui monte dans les aigus, comme pour rejoindre les cieux. Très bon !

La piste n°2 (c'est son titre) repose sur plus de douceur et plus de tristesse encore. Elle vient tout simplement à une place d'intérêt. D'une manère générale, il est bon d'écouter un album de Sigur Ros dans l'ordre des pistes. Je trouve que l'ensemble forme un mélange assez équilibré et qui a un sens véritable.

La piste n°3 s'adresse plus à un parcours physique dans la nature. On y retrouve le piano brut ininterrompu. Toute la piste n'est qu'un crescendo où le volume semble suivre une progression à un seul facteur. Une bonne expérimentation.

La piste n°4 reprend moins les codes de la mélancolie pour se tourner vers davantage de rythme, plus profond, plus grave; des airs plus "pop" même si la petite voix sur-aigue électronique vient jouer par fois les troubles fêtes.

On passe ensuite à la piste n°6 qui reste une des meilleures pistes de l'album. Elle reprend les codes de la piste n°4 mais dans un mode encore plus désepéré. L'ensemble est vraiment accrocheur.

Les autres pistes de l'album ne sont pas mauvaises du tout même si je les qualifie d'un cran en dessous des autres.

Dans l'ensemble, "()" est un très bon album de Sigur Ros; bien équilibré, avec pratiquement uniquement des hits.

"Takk..." (2005)

On pourrait se dire qu'avec l'album précédent, Sigur Ros allait avoir du mal à faire mieux et bien, en fait, ce n'est pas le cas. "Takk..." est sans doute le meilleur album du groupe, du moins, si j'en crois les notes que j'ai attribuées aux pistes. Seule la piste n°1 qui est une pure introduction, courte et uniquement destinée à mettre en piste l'album est trop neutre pour accrocher. Pour le reste, rien à redire, on est proche de la perfection.

Dans cet album, Sigur Ros améliore encore son art et ses mélodies continuent vers une progression incontestable.

La piste n°2, intitulée "Glósóli" ouvre magistralement l'album. Elle semble chantée par des elfes (qui accompagnent Jonsi bien sûr). La sonorité est riche avec de nombreux instruments assez variés dont la fameuse guitare à archet. Elle suit une progression crescendo, sans trop rentrer dans la mélancolie.

La piste n°3 est la meilleure de la production actuelle de Sigur Ros, à mon sens. "Hoppípolla" est tout simpelement parfaite. On a du rythme, une mélodie de piano brut, du son composite, de la joie, de l'action, de la douceur. Tout est admirablement bien orchestré, chaleureux, reposant, agréable et dépaysant. Cette musique exprime tout simplement ce qu'est la joie de vivre.

La piste n°4, intitulée "Með blóðnasir" est simplement la suite de la précédente, un peu en négatif de "Hoppípolla"; il est donc, selon mon avis, plus difficile de l'écouter directement. Elle reste néanmoins très bonne.

"Sæglópur", la piste n°6 est la deuxième meilleure piste de l'album. Elle est plus dans les sonorités graves, comme inquiétantes et elle est plus rythmée par les percussions que les autres pistes.

La piste suivante, "Mílanó", reprend plus les codes de la mélancolie et de la joie de vivre, avec plus de douceur et d'onctuosité que "Sæglópur". C'est la troisième meilleure piste de l'album et je vous la recommande chaudement. Le final y est vraiment la description de ce qu'on peut appeler une apothéose.

Voilà ce que je retiendrai de cet album: de l'excellence.

"Með suð í eyrum við spilum endalaust" (2008)

J'ai eu un peu plus de mal avec cet album. Ici, Sigur Ros fait moins dans le tragique, moins dans la mélancolie et met davantage l'accent sur la convivialité, la joie simple, l'action; avec un rythme plus marqué qu'auparavant. Du coup, le style s'en trouve modifié.

"Með suð í eyrum við spilum endalaust" s'en trouve donc un peu moins accessible: il faut l'écouter plusieurs fois pour que la mélodie finisse par accrocher convenablement l'esprit.

Le premier morceau (Gobbledigook) est typiquement une introduction vive et rythmée du reste de l'album... C'était la piste d'introduction du Main Square Festival d'ailleurs ! ...Qui se poursuit avec "Inní mér syngur vitleysingur", une des meilleurs pistes de l'album, bien rythmée mais assez mélodique et entraînante.

Pour le reste, je relève "Við spilum endalaust", qui reprend plus les "cannons" de Sigur Ros: mélodie variée mais calme, qui respire la joie de vivre; le tout ponctué d'un rythme plus marqué que sur les précédents albums.

La piste suivante, intitulée "Festival" est probablement la meilleure de l'album. Elle aurait pu être située sur "Takk..." et elle constitue sans doute la piste la plus Sigur Rossienne de cette composition. On y retrouve les ingrédients spécifiques du style du groupe. D'abord, la piste est la plus longue de l'album, près de 10 minutes. Elle est introduite par un morceau si solennel qu'il aurait pu être composé pour une cérémonie d'enterrement (mais elle reste d'une beauté époustouflante). Pendant près de 4 minutes, Jonsi clame tout en aigus une forme de mélancolie empreinte de douceur et d'un respect profond. Mais à la fin de cette douce introduction retentissent la batterie et la basse dans un rythme appuyé: on reste dans le style de l'album quand bien même. Mais cette fois, le rythme reste au service du solennel car la musique du début se poursuit tout en récupérant une sonorité qui va crescendo, comme la majorité des productions de Sigur Ros. Comme une ouverture vers l'au-delà, la fin du morceau se transforme en une explosion de sonorité quasi-divine. Une excellente interprétation du passage vers la mort.

Évidemment, après un tel morceau, difficile de faire mieux. Les autres pistes restent néanmoins intéressantes car elles sont moins marquées par le nouveau concept de l'album. J'en garde trois:

  • "Með suð í eyrum".
  • "Fljótavík".
  • "All Right", dans un ton très mélancolique.

Au final l'album reste quand même très bon. Il cherche à innover sans dénaturer le style du groupe et je trouve qu'il s'en sort vraiment très bien. C'est juste qu'il faut s'accorder plus de temps pour en profiter vraiment.

Valtari (2012)

Quand j'écoute Valtari, j'ai l'impression de me retrouver dans les Shetlands, comme en 2011. La musique est à la hauteur du paysage: gris avec le ciel de pluie, vert avec l'herbe à proximité de la côte, brun avec la bruyère des tourbières, bleu-blanc avec la mer et ses vagues.

Et comme sur la pochette de l'album, au milieu de la houle, le bateau de Valtari apparaît au loin à l'horizon, au dessus de l'horizon, en lévitation à 5 mètres du sol...

C'est donc un très bon album malgré le fait qu'il soit le dernier composé avec Sven Keirnson, un membre du groupe qui a décidé de quitter ce dernier à l'issue de la sortie du disque. Selon moi, il est pratiquement au niveau de "Takk..." et reste très accessible aux habitués des premiers albums.

Je trouve qu'il est plus solennel, quasi religieux sur certains morceaux. On replonge dans les fondements de Sigur Ros. Ici, les morceaux sont tous très longs, très marqués.

L'introduction est vraiment très bonne: "Ég Anda". Le meilleur moyen de l'écouter est sans doute d'aller dans les Shetlands, de se lever de (très) bonne heure en été, de croiser les doigts pour avoir du beau temps et se mettre face au lever du soleil. Quand j'écoute cette piste, j'ai l'impression d'y être pour de bon.

D'une manière générale, l'album reste plus doux que "Með suð í eyrum við spilum endalaust" et c'est repérable directement dans la seconde piste (un très bon morceau lui aussi). "Ekki Múkk" est une invitation à la tendresse, une bonne musique de chats avec des relents autistes.

La piste qui suit est proche de l'excellence. Elle est aussi religieuse que "Festival" de l'album précédente et elle lui ressemble fortement. "Varúð" commence tout en douceur, tout en cantique pour se terminer sur un rythme marqué, saturé par l'archet de la guitare de Jonsi avec les voix enfantines des coeurs qui montent vers le ciel. Un excellent morceau pour aller courir dans la montagne, à la faveur de la découverte d'une paroi abrupte qui fait face au randonneur.

Pour rester dans le même registre, la piste n°5 "Dauðalogn" est de la même nature. Des moines irlandais pourraient l'entonner lors d'une messe coincée entre plage de sable blanc et falaises de granit, face à l'océan atlantique. Quelle cérémonie, quelle transcendance, quel génie ! Et encore, je ne vous parle pas de la fin du morceau qui part comme un cantique de choeurs à voix nues. C'est la meilleure piste de l'album, sans discussion possible...

La dernière piste que j'ai relevé sur l'album s'intitule "Varðeldur" et c'est une des musiques les plus tristes et les plus mélancoliques de Sigur Ros. Elle s'inscrit bien dans le registre de l'album. Elle colle bien avec un début de journée pluvieuse, dans l'aube grisée.

Les deux autres pistes sont très bien aussi, quoiqu'un poil plus "autiste" avec des sons plus tranchés et plus en répétition. J'aime moins mais je l'écoute quand même avec intérêt.

L'album est franchement une réussite. Il reste sans doute plus doux, plus triste, plus transcendant. On peut facilement l'écouter dans n'importe quelle situation et découvrir alors des scènes d'anthologie, dignes des meilleurs films. Couplé à un paysage marin, c'est sans doute le meilleur moyen de découvrir et d'apprécier "Valtari".

D'ailleurs, Valtari a servi à une expérience cinématographique. Sigur Ros a demandé à un bataillon de cinéastes de réaliser des courts-métrages avec comme musique de fond les pistes de Valtari. Vous pouvez retrouver certaines de ces compositions sur Internet et je vous invite à les découvrir car elles permettent de donner une illustration possible du monde offert par Sigur Ros, au delà de la musique.

Kveikur (2013)

Kveikur est à peu près dans la même lignée que "Með suð í eyrum við spilum endalaust"; rythmé, plus rentre-dedans, mais avec un zeste de douceur supplémentaire. Je le trouve bien plus accessible que l'album de 2008 d'ailleurs.

Dès la piste n°1, le ton est donné: avec "Brennisteinn", on a l'impression de se retrouver au coeur d'une tempête en pleine mer, en plein coeur de la tourmente. La mélodie est donc bien rythmée, un poil solennelle et pleine d'action.

La piste n°2 poursuit ce nouveau rythme, ces nouvelles sonorités avec plus de triangles et de percussions. Jonsi a également une voix plus posée, plus grave.

La piste qui suit, "Isjaki" donne tellement la pêche qu'elle fait partie des morceaux de musique que j'écoute pour m'échauffer lors de mes entraînements de course à pied. Il y a suffisamment de rythme et d'effet d'émulation qui en ressort.

"Stormur" est la meilleure piste de l'album. Elle démarre assez lentement, sans un niveau sonore trop intense. Puis elle enchaîne par un rythme appuyé avec une mélodie bien appuyée par quelques coeurs lors des refrains. Bon rythme, bonne musique, bon tempo. Une bonne recette.

Le titre éponyme de l'album "Kveikur" est également très bon, quoiqu'un poil plus en dessous des autres pistes sus-mentionnées.

Le dernier morceau que je relève est la piste n°8 intitulée "Bláprádur". Elle s'approche de "Stormur" tout en possédant sa propre mélodie. Mais les recettes sont proches.

Dans l'ensemble, l'album Kveikur tient ses promesses: du rythme mais en composition avec tout ce qui fait la personnalité du groupe Sigur Ros. Une évolution toujours en douceur qui passe bien.

Les 10 meilleures pistes de Sigur Ros

En guise de fin, voici ce que j'estime être les dix meilleures pistes des productions du groupe Sigur Ros:

  1. "Hoppípolla", piste 3 de l'album "Takk...".
  2. "Untitled (Vaka)", piste 1 de l'album "()".
  3. "Svefn-g-englar", piste 2 de l'album "Ágætis byrjun".
  4. "Viðrar Vel Til Loftárása", piste 7 de l'album "Ágætis byrjun".
  5. "Stormur", piste 5 de l'album "Kveikur".
  6. "Glósóli", piste 2 de l'album "Takk...".
  7. "Sæglópur", piste 6 de l'album "Takk...".
  8. "Dauðalogn", piste 5 de l'album "Valtari".
  9. "Olsen Olsen", piste 8 de l'album "Ágætis byrjun".
  10. "Festival", piste 5 de l'album "Með suð í eyrum við spilum endalaust".

Conclusions

J'aime Sigur Ros, ils n'ont pas vraiment changé avec le temps. Leur production est toujours d'une grande qualité et leur style ne prend pas une seule ride. Comme je l'ai dit en introduction, c'est un des rares groupes actuels que je peux écouter régulièrement.

J'ai passé un mois vraiment agréable à les écouter. Le nombre d'albums n'est pas si important et soutient tout à fait la prise de temps nécessaire à la découverte. Je leur souhaite une longue vie...

Posted lun. 03 avril 2017 20:40:23 Tags:

Introduction

Comme au mois de février, je continue mon périple littéraire et pour le mois de mars, j'ai finalement pris le temps de lire 2 livres complets dont voici mes impressions...

"Do It Tomorrow" de Mark Foster

Mark Foster est un auteur dont le centre de production est consacré aux méthodes de gestion des tâches et du temps. J'en avais entendu parler via quelques articles du Planet Debian. Pour le mois de mars 2017, j'ai donc acheté son livre (en anglais) et je m'y suis attelé.

L'ensemble est très concret et très didactique. Mark Foster dévoile d'abord les problèmes génériques de la gestion des tâches et du surplus d'activité. Il propose dans une suite de chapitres progressifs de nombreuses actions permettant de venir à bout de la majorité des problèmes évoqués en amont du livre.

Cet ensemble d'actions forme une méthode plutôt cohérente et assez facile à mettre en oeuvre. Après avoir lu le livre plusieurs fois en prenant le temps d'écrire un résumé, j'ai trouvé que la méthode "Do It Tomorrow" est vraiment bien pensée. J'ai choisi de l'expérimenter pendant un mois et j'ai vraiment eu des résultats surprenants.

Avant de démarrer, j'étais vraiment au fond du trou en termes d'activité professionnelle. J'avais l'impression d'être vraiment en retard sur tout et d'être complètement submergé par la charge de travail, sans perspective d'amélioration, et ce, depuis plusieurs mois.

En appliquant simplement et directement la méthode de Mark Foster, j'ai réussi, en un mois à peine, à renverser complètement la tendance. Je pars (pratiquement) tous les soirs en ayant l'impression d'avoir complètement terminé ma journée. Je n'ai vraiment plus aucune distraction ou élément de procrastination dans ma journée de travail (j'ai choisi de ne plus faire de veille technologique jusqu'à ce que j'ai clairement du temps à y consacrer). Je suis beaucoup plus organisé, j'arrive à planifier mon activité à l'avance, sans y passer un temps infini. Je me suis même surpris à traiter des sujets que j'avais décalés depuis plusieurs années, le tout en une semaine, en m'y mettant progressivement un peu tous les jours (technique dite de "l'initiative courante").

Autre point d'intérêt, j'arrive à déléguer plus facilement et la méthode "Do it Tomorrow" me permet, en plus, d'avoir un élément de gestion efficace de cette délégation.

Pour résumer, l'amélioration est vraiment nette. Tout n'est pas parfait mais je ne m'attendais pas à de tels résultats aussi rapidement.

Mais qui dit méthode, dit aussi outil de gestion de la méthode. Mark Foster présente une approche très universelle. Les outils qu'il emploient sont assez accessibles comme un simple carnet. Il cite également Microsoft Outlook comme outil abordable. Pour ma part, j'ai effectivement commencé à travailler avec du papier mais je me suis vite tourné vers Outlook dont je suis équipé au bureau.

Malgré le fait qu'il s'agisse d'un produit non libre, je dois avouer que ça fait le job et ce, de manière vraiment simple: le système de tâches d'Outlook permet d'appliquer directement la méthode Do it tomorrow sans aucun problème et en moins d'une heure d'expérimentation.

Néanmoins, ça reste du logiciel propriétaire et, en dehors du bureau, je ne peux pas l'utiliser. Je me suis donc tourné, comme à mon habitude, du côté du logiciel libre et je suis tombé sur Taskwarrior qui, après quelques semaines d'expérimentation, répond au moins aussi bien qu'Outlook en termes d'usage.

Dans le passé, j'avais expérimenté plusieurs méthodes sans grand succès en essayant la méthode Pomodoro, puis celle de GTD, tout en pratiquant le zéro Inbox, etc. Au bout de quelques mois, j'étais face à une liste de tâches impossible à restreindre avec l'impression d'avoir une situation sans fin si stressante qu'il était alors plus efficace de simplement enterrer la liste de tâches et de ne pas faire ce qui était dessus.

Avec DIT, c'est moins le cas car la méthode est simple et plutôt bien pensée. Au final, je vous conseille de lire ce livre. Il ne coûte pas très cher et la méthode proposée est peut-être adaptée à vos problèmes. Qui sait ?

"Dragon Ball" d'Akyra Toryama.

Bon, ok, ce n'est pas un vrai livre au sens oeuvre écrite uniquement avec des lettres mais j'avais néanmoins une grande envie de lire ce récit qui a bercé une partie de mon enfance.

A mon époque, il était difficile d'obtenir des mangas en France (qui plus est traduits en français). J'ai donc, comme une bonne partie de ma génération, suivi les aventures de Son-Goku à la télé (les riches heures du Club Dorothée). J'en ai gardé plutôt un bon souvenir mais, restrictions parentales de l'époque, je n'ai pu suivre la série qu'en pointillés, en manquant certains épisodes clés ou en loupant complètement une série de plusieurs semaines.

Et puis il faut dire aussi que la série animée était souvent une plaie à regarder. Déjà il y avait forcément une coupure pub au milieu (sur un épisode de 20 minutes c'est trop). De surcroît, les cinq premières minutes étaient systématiquement occupées par un rappel de l'épisode précédent, ce qui bouffe un temps non négligeable (surtout quand il n'y avait pas possibilité de zapper plus loin). Pour résumer, j'ai décroché vers le début de Dragon Ball-Z.

Près de 30 ans plus tard, j'ai enfin pris le temps de lire les près de 520 chapitres du manga, traduits en anglais, le tout en moins d'un mois. J'en suis très content.

D'abord le manga est très fidèle à la série animée (en fait c'est l'inverse mais j'ai commencé par la série animée). J'ai retrouvé tous les détails que j'avais retenus en regardant Dragon Ball à la télé. C'est fou comme le cerveau a une capacité de souvenirs infinis, surtout pour des trucs sans intérêt fondamental. Du coup, j'ai eu enfin le loisir de retrouver les aventures de Son-Goku en non censuré avec toute l'histoire, de ses débuts assez basiques jusqu'au dernier épisode de Dragon-Ball Z Kai contre Bû. Je n'ai donc pas besoin de me taper les vidéos (il doit y en avoir beaucoup trop) pour connaître l'histoire dans son exhaustivité. C'est également source d'une grande satisfaction. Dans l'ensemble, l'histoire est plutôt intéressante et elle garde les éléments d'humour que j'avais déjà relevés étant jeune.

A titre de point technique, lire un manga de format de poche sur une liseuse se fait finalement assez bien. Il faut juste retailler un peu les images en fonction de la résolution de l'écran de la liseuse car il ne sert absolument à rien d'afficher une image de 1024 pixels de large sur un écran dont la largeur maximale est de 800 pixels. Cela génère souvent un recalcul à la volée de l'image qui consomme du CPU et qui implique plus de temps pour afficher l'image sur l'écran (surtout que les écrans des liseuses sont lents par définition). J'ai également limité la palette de couleurs à 16 niveaux de gris. Cela permet de diminuer le poids des images de manière assez sensibles. Le tout est encapsulé dans un fichier CBZ qui n'est qu'une simple archive zip contenant les fichiers à afficher (au format jpeg).

Enfin, je peux dire que j'ai lu Dragon Ball dans son intégralité, mettant fin à près de 30 ans de frustration (et c'est très bon).

Conclusions

Pour ce troisième mois, je tiens toujours la barre de lire au moins un livre par mois. Ok, il y avait des choses faciles à lire mais le défi est toujours relevé. Non ?

Posted ven. 31 mars 2017 19:45:27 Tags:

Introduction

Dans mes résolutions de 2017, il y a marqué "Écouter l'intégralité d'un artiste musical par mois"... Pour février ce sera Peter Gabriel ! Pour les jeunes qui ne connaissent pas Peter Gabriel, direction Wikipédia. Ne vous fiez pas trop à la photo qui représente un homme de plusde 60 ans. Peter Gabriel, c'était ça plus jeune !

Je me suis limité à sa période post-Génésis car il y avait déjà suffisamment de matière pour faire une intégrale pour le cours mois de février.

Car (1977)

Les 3 premiers albums de Peter Gabriel n'ont simplement pas de nom. Ils s'appellent à l'origine du nom de l'auteur, sans dénomination particulière. Ils ont été rebaptisés à postériori et c'est cette dénomination que j'utilise. Pour Car, je suppose que c'est parce que la pochette de l'album est une voiture.

Premier album de l'ère post-Genesis de Peter Gabriel, on sent néamoins de forte trace du passé. La première piste, intitulée "Moribund the Burgermeister" aurait pu être facilement être sur l'album "A trick of the Tail" de Genesis, sorti en 1976, sans qu'on ait pu en faire la remarque. La sonorité, le ton de voix, les instruments, tout concorde à rappeler le passé de l'ancien groupe de Gabriel.

Pourtant, dès la seconde piste "Solsburry Hills", la nouveauté vient poindre avec une sonorité plus pop et moins dans le son de Genesis. On pourrait même la croire très 80's avec ses accords simples mais percutants.

Avec "Modern Love", vient un air entraînant qui se démarque un peu plus de Genesis avec un style plus pop et la voix plus aigue de Gabriel. En revanche, "Excuse Me" est vraiment nulle !

Pour la piste suivante "Humdrum", on revient directement à Genesis. Avec une écoute rapide, on pourrait même presque croire que c'est Phil Collins qui chante. Toute la sonorité de cette chanson relève d'un travail complet et très varié, tout ce qu'on peut retrouver chez l'ancienne bande de Gabriel.

La dernière piste d'intérêt de l'album reste "Down The Dolce Vita". Après une introduction respirant le classique, Gabriel nous invite dans une sonorité digne de la BO de Rocky. Le rythme est très bon, les grattes présentes et le final est vraiment excellent.

Au final, un album de transition plutôt bien fait dans l'ensemble. Un hit (Solsburry Hills), quelques relents très sympathiques de Genesis (enfin pour ceux qui aiment comme moi) et quelques morceaux novateurs bien arrangés.

Scratch (1978)

La pochette de l'album montre un Peter Gabriel en train d'écorcher l'espace avec ses mains, en laissant des traînées blanches dans l'atmosphère. D'où le nom de l'album.

Que noter sur cette oeuvre ? Sorti en 1978, il reste encore une forte imprégnation du style Genesis sur les pistes suivantes:

  • "On the Air".
  • "DIY" où on croirait entendre Phil Collins.
  • "Mother of Violence", une ballade.
  • "White Shadow" où on retrouve le même son de synthé que chez Genesis, sans doute une des meilleures pistes de l'album.

Mais dans l'ensemble, j'ai trouvé la réalisation assez moyenne. Certes, Gabriel tente de sortir un peu de son style passé mais ce qu'il fait de neuf n'est pas si génial que ça.

Melt (1980)

La pochette de l'album affiche un Peter Gabriel en train de fondre partiellement. Cet album prend une tournure plus 80's que les deux autres. On y retrouve certains éléments qui feront le succès de Gabriel dans les années 80.

Dans la liste de titres de l'album, j'en retiendrai cinq. Le premier est "Family Snapshot" qui est utilisée partiellement dans l'album "Birdy" qui viendra en 1985. La sonorité reste très solennelle et les paroles sont tristes mais le rythme est bon et la chanson passe très bien.

En second, je retiens "Games Without Frontiers" qui sonne comme si on était sur l'album "So". C'est le nouveau style de Peter Gabriel, plus rythmé, avec une voix plus prononcée. C'est une des chansons marquantes de l'album; elle dénonce la guerre en général.

En troisième, il y a "Not One of Us" qui reste moyenne sauf pour le final assez rythmé, proche de ce qu'on peut entendre sur Birdy.

Par la suite, il y a "Lead a normal Life", très différente des autres. Plus apaisée, plus mélodieuse, elle est toute en musique; il n'y a qu'un seul refrain.

Enfin, l'album se termine avec "Biko", une chanson en hommage à Steve Biko, un militant anti-apartheid en afrique du sud.

Avec Melt, Gabriel est en train de clairement s'extraire du style de Genesis et commence à se construire une carrière décidément différente.

Security (1982)

Deux ans après "Melt", apparaît "Security", enfin un album avec un vrai titre !

Néanmoins, sur les 8 pistes, je n'en retiens que deux:

  • "The Rythm of the Heat" pour son rythme justement.
  • "Wallflower" et j'en parle juste après...

Birdy (1985)

Il y a tellement à dire sur Birdy, le film d'Alan Parker dont l'album éponyme de Peter Gabriel est la bande originale. Si vous ne l'avez pas vu, alors procurez-le vous.

Quand j'étais gamin, j'ai souvenir d'avoir dû faire un commentaire complet sur l'affiche de Birdy (ce devait être en 1990, soit cinq ans après la sortie du film). J'y avais trouvé tellement de matière à explications, intérprétations à rédiger que j'en étais vraiment subjugué, et ce, sans même avoir vu le film. Malheureusement, du temps de ma jeunesse, si on voulait voir un film, il fallait attendre qu'il passe à la télé, que les parents veuillent bien vous autoriser à le voir au jour J ou veuillent bien programmer le magnétoscope pour l'enregistrer. Ou encore, il fallait aller au vidéo-club, demander aux parents de l'argent pour ça, à condition que le film soit disponible à la location. Bref, c'était assez dur et j'ai finalement oublié de visionner Birdy. J'ai réparé ce problème il y a à peine un an et, pour cette fois du moins, mes fantasmes de gamins n'ont pas été trahis: j'ai trouve le film vraiment fantastique et d'un excellent niveau, tant dans la réalisation, le travail et la composition des scènes, le scénario, le jeu des deux acteurs et aussi... sur la captivante bande originale.

Birdy reste quand même un des rares films où Nicolas Cage est vraiment bon ! Matthieu Modine incarne parfaitement le personnage de Birdy, dans toute son expression physique. Difficile d'imaginer qu'il prendra le rôle de l'engagé Guignol dans "Full Metal Jacket" quelques années plus tard.

La BO m'avait vraiment pris par les tripes, en plus de l'histoire. Je m'attendais donc à un travail de qualité et je n'ai pas vraiment été déçu. Cela reste une BO sans aucune parole, un peu authistique dans son expression. Gabriel y a ajouté quelques morceaux repris dans ses albums précédents, notamment, Wallflower de l'album Security qui se retrouve dans "Under Lock and Key" de Birdy et "Family Snapshot" de Melt qui s'incarne dans "Close Up".

Sans doute un des meilleurs albums de BO de Gabriel...

So (1986)

Sans doute le meilleur album de la carrière de Peter Gabriel. On y retrouve une floppée de hits qui sonnent dans toute la splendeur de la musique des années 80. Ce sont sans doute également les pistes les plus connues de l'auteur.

J'en relève trois qui sortent du lot:

  • "Red Rain": une intro vraiment excellente, un rythme bien soutenu. Ça sonne fort les 80's et c'est vraiment bon.
  • "Sledgehammer": LA chanson de Peter Gabriel avec un clip éblouissant. Sans doute le summum de l'auteur.
  • "Don't Give Up": Un duo avec Kate Bush, si mélancolique mais si beau.

Remettre à l'écoute "So" vous replongera dans les sons de votre enfance (si vous êtes né dans les années 70-80 of course!).

Passion (1989)

Bon, je n'ai pas aimé le film et la BO encore moins. C'est long, lent, et maintenant, ça a mal vieilli. Je n'ai pas plus de commentaires...

Us (1992)

Pour moi, cet album semble être la suite logique de "So" !

Tout sonne comme l'album de 1986, dès la première piste avec "Come Talk to Me" qui serait une espèce de "Red Rain" mélangée avec "Don't Give Up".

"Steam" reste dans la même mouvance que le reste et on peut aussi écouter "Washing of the Water" qui correspond davantage à "Don't Give Up".

Enfin, "Digging in the Dirt", serait le "Sledgehammer" de 1992.

Up (2002)

Le dernier album studio de Peter Gabriel du moment, c'est "Up". Entre temps, Peter Gabriel a composé des albums de BO que je n'ai pas relevé (même si je les ai écoutés).

L'album est plus électronique que jamais (enfin, par rapport au style de Peter Gabriel habituel). La première piste d'intérêt est "Darkness" qui mèle bruitage effrayant et la douceur d'une ballade. L'ensemble forme quelque chose qu'on peut qualifier d'élégant.

"Skye Blue" est reposante et plus en douceur avec son coeur de voix.

Mais d'une manière générale, l'album manque de tenue, essaye de faire du moderne de l'époque avec trop d'électro ou d'effets spéciaux qui trahissent le style originel et original de Peter Gabriel. On va dire que c'est un album moyen.

Scratch My Back (2010)

Il s'agit d'un album de reprises et moi, les reprises, je n'aime pas ça... C'est toujours moi bien que l'original à quelques exceptions près et puis, c'est devenu un business. Donc, out !

Conclusions

Lorsqu'on a été dans le groupe Genesis, qu'on l'a formé, on a forcément tendance à ne pas oublier facilement. C'est le cas pour la suite post-Genesis de Peter Gabriel. Certains morceaux ont même été chantés avec Phil Collins à la batterie, c'est dire la proximité.

Néanmoins, Peter Gabriel a su faire sa révolution, sans doute grace aux bandes originales, et ce assez tôt avec Birdy notamment. L'apothéose reste quand même les années 80, notamment avec So et Us un peu plus tard.

Dans tous les cas, ça fait toujours du bien de mettre un peu de Peter Gabriel en fond sonore avec ses meilleurs albums. Ça aide à voir dans l'au-delà...

Posted ven. 03 mars 2017 20:40:23 Tags:

Introduction

Comme au mois de janvier, je continue mon périple littéraire et pour le mois de février, j'ai finalement pris le temps de lire 3 livres complets dont voici mes impressions...

"Le quai de Ouistreham" de Florence Aubenas

Pour planter le décor, je me souviens encore des affiches, pancartes et "minute de rappel de chaque fin de journal télévisé" sur Florence Aubenas, lorsqu'elle était captive de je ne sais plus quels ravisseurs en Irak. Il y en avait tellement partout et cela a duré tellement longtemps que j'ai personnellement cru que sa libération ne serait jamais arrivée.

Elle a finalement enduré une captivité longue et cela ne l'a pas empêché de replonger dans le journalisme juste après. J'avais donc gardé une image assez forte de Florence Aubenas.

Je tombe sur le pitch du Quai de Ouistreham qui m'indique que Florence Aubenas s'est fait passée pour une prolétaire à la recherche éperdue de travail dans la Manche, sous la forme d'une expérience journalistique vécue de l'intérieur.

Tout de suite, le thème du livre m'a rappelé Jack London dans "Le Peuple de l'âbime" qui a lui-même mouillé la chemise en devenant un pauvre des faubourgs de l'East End de Londres, au début du 20ème siècle. J'avais bien aimé cet ouvrage qui dépeignait avec un réalisme saisissant la situation terrible des pauvres dans le Londres du début du siècle dernier.

J'ai reconnu ces traits dans l'oeuvre de Florence Aubenas également... Cette dernière part à Caen en 2008, au moment de la crise économique qui traverse le monde, pour vivre ce qu'une personne qui souhaite travailler, avec peu de qualifications, peut vivre. Elle n'arrêtera que lorsqu'elle trouvera un CDI, condition de sortie de l'expérience. Elle a surtout trouvé beaucoup d'emplois à temps partiel en tant que femme de ménage.

En la lisant, j'ai eu l'impression de tomber sur les mêmes déductions que celles de Jack London. J'ai retrouvé les mêmes discours stupides de ceux qui possèdent et qui asservissent les êtres humains. J'ai relu des passages emplis d'une suffisance et d'une mesquinerie profonde, venant affirmer un peu plus la stupidité d'un système capitaliste somme toute assez fragile car incapable d'assurer un avenir à tous, surtout lorsque ces derniers mettent toutes leurs forces dans la recherche et la conduite d'un travail de prolétaire.

J'ai reconnu toute cette connerie humaine lorsque j'ai lu les mots d'un patron qui déclamait que "Madame Aubenas" n'arriverait jamais à rien dans la vie parce qu'elle ne semblait pas être suffisamment performante dans l'exécution des tâches de ménage qui lui incombait et que, d'ailleurs, personne ne semblait être capable de relever à un niveau suffisant. C'est toujours à la fois pitoyable et drôle d'entendre dire à une journaliste engagée, professionnelle, qui a vécu une situation d'une difficulté extrème pendant sa longue captivité, qu'elle n'arrivera à rien dans la vie !

Cela montre sans doute le peu de sérieux qu'on peut avoir face aux discours des exploiteurs en tout genre, y compris, lorsque ces derniers sont persuadés de faire le bien autour d'eux, car ils permettent à des personnes de disposer d'un emploi, au moins.

J'ai retrouvé également les mêmes difficultés techniques que celles décrites par London. En fait, être un travailleur précaire, être pauvre, conduit toujours à des situations complexes où l'effort pour essayer de vivre normalement est sans commune mesure avec ce qu'une personne avec un haut revenu peu vivre, y compris si elle travaille de nombreuses heures. Prenons un simple exemple: vous êtes à temps partiel et vous prenez tout ce qu'on vous offre. Comme vous êtes un prolo, on vous donne le smic (faut pas rigoler quand même et surtout, parfois, rémunérer plus n'a pas de sens économique). Dans certaines situations, il n'est juste pas économiquement rentable de travailler si vous devez dépenser plus que ce que vous gagnez dans les transports. Une femme de ménage qui a 1h par çi, une 1h par là, sur plusieurs sites distants de plusieurs kilomètres est souvent dans cette situation. En plus, difficile de simplement gérer la charge de travail avec ces temps de trajet. Certaines personnes n'ont simplement pas le permis, souvent parce que ce dernier est peu abordable financièrement, sans compter l'acquisition et l'entretien de la voiture. Ils se tournent vers des moyens de transports plus abordables (genre un scooter ou les transports en communs) mais ces derniers sont nécéssairement beaucoup plus lents qu'une voiture individuelle pour de nombreux métiers qui requièrent de travailler dans des zones distribuées ou éloignées (y compris de quelques kilomètres).

A titre d'exemple, au cours de son expérience, Florence Aubenas ne pouvait pas dormir plus de 5 ou 6h d'affilé la nuit car elle terminait un emploi partiel le soir à 23h pour en reprendre un autre à 4h du matin... En moyenne, on a besoin d'environ 8h de sommeil par jour. En deça, c'est risqué pour la santé ! Rien à voir avec l'emploi d'un cadre sup qui termine tard mais démarre tard également...

Quand vous êtes pauvres, il faut tout compter, au moindre centime. C'est long, pénible et difficile à réaliser car toute opération financière aussi simple qu'acheter une baguette de pain revient à évaluer, tenir une comptabilité fine, savoir ce qu'on peut acheter ou non, essayer d'anticiper ce qui peut arriver avant la fin du mois et également se retrouver avec la difficulté psychologique de se dire qu'on n'a pas les moyens. Au quotidien, c'est très lourd. Mais lorsqu'on n'a pas à le vivre, on ne s'en rend pas du tout compte, y compris si on est radin. Tout acte d'achat devient une opération raisonnée qui implique de la réflexion et qui peut prendre plus de temps que si on n'y est pas contraint, notamment si on se met à effectuer une étude comparative.

Mais au final, on retrouve, dans le livre, quand même une grande chaleur humaine avec des êtres qui essayent de s'entraider, dans la difficulté des situations économiques tendues. D'abord, on peut dire que toutes les personnes rencontrés par Florence Aubenas s'investissent à fond pour retrouver un emploi ou tenter de maintenir celui qu'elles ont, y compris si ce n'est pas économiquement rentable. Ceux qui abandonnent le sont souvent par la contrainte car c'est vraiment trop dur physiquement ou psychologiquement ou même d'un point de vue familial. Même si le travail est dur, sous pression, on peut lire dans l'ouvrage de Florence Aubenas beaucoup de petits instants de joie, beaucoup departages de vie, de moments intenses où les êtres se dévoilent en profondeur.

Une autre chose qui m'a également frappé est ce qu'on peut considérer comme une "surpression systémique" sur l'emploi par certains acteurs économiques. Dans les métiers à faible valeur ajoutée mais qui restent indispensables (le ménage en fait partie), le système fait que les gens sont engagés avec une surcharge de travail chronique, comme si elle était instaurée et décidée en amont. Ainsi, même en y mettant la meilleure volonté du monde, il est impossible de finir le travail en temps voulu. La seule condition de respect de l'horaire serait de ne pas terminer le travail en question ce qui pose des problèmes contractuels. Mais le type qui se prend la pression de plein fouet, c'est le travailleur. L'employeur peut l'engueuler, ne pas payer ses heures sup (ce qu'il fait tout le temps), remettre en question la qualité de son travail (alors que le problème est quantitatif); le contractant (celui qui achète une prestation de ménage à l'employeur du travailleur) peut se retourner vers l'employeur en le menaçant de ne plus payer, ou alors en direct avec le travailleur qui est présent dans ses locaux. Mais au final, c'est le travailleur qui doit gérer le plus de pression. Je me dis que ce système de pression est assez favorable à l'employeur qui peut faire baisser les coûts de ses prestations pour séduire plus de contractants/clients. Mais ce système reste très malsain.

Pour conclure, je vous recommande fortement de lire "Le quai de Ouistreham", de la même manière que je vous recommande de lire "Le peuple de l'âbime". Cela permettra de vous faire un point de vue plus sensibilisé et objectif sur la situation des prolétaires de notre pays. Dans tous les cas, vous ne regarderez plus jamais les femmes de ménage avec le même regard qu'auparavant, je peux vous l'assurer.

"Les robots" d'Isaac Asimov

J'ai toujours aimé Isaac Asimov. Je le lis depuis que je suis enfant, surtout "Les robots". Je ne m'en lasse pas. Régulièrement, sans doute tous les 10 ans depuis que j'ai 10 ans, je le reprends et je le relis... et ça me fait du bien.

L'histoire est bien léchée, c'est un peu technique; il y a un peu de science, un peu de psychologie. C'est fouillé mais abordable. L'auteur accompagne bien le lecteur.

Avec le temps, je me rends compte que c'est moi qui viellit. Quand j'étais enfant, les dates du livre me paraissait être un futur proche. Aujourd'hui, en 2017, dans l'histoire d'Asimov, nous devrions disposer de robots parlants depuis quelques années déjà. Ce n'est pas le cas. C'est juste que ça fait tout drôle de lire ces années maintenant dans le passé, que j'ai découvertes plus jeune, comme étant celles d'un avenir possible.

Dans tous les cas, l'oeuvre est une nourriture dont je me délecte à chaque fois. Il faudra que je la relise dans 10 ans.

"L'herbe rouge" de Boris Vian

J'avais toujours eu une bonne impression de Boris Vian, sans jamais avoir lu aucune de ses oeuvres. Sans doute parce que je savais que ce dernier était ingénieur centralien et que ça ne pouvait pas qu'être quelqu'un de qualité, forcément !

Je savais que c'était un être fantasque et j'espérais beaucoup de l'herbe rouge. Mais j'ai été extrèmement déçu par cette oeuvre. Pour faire simple, je crois que prendre du LSD quand on écrit, ce qu'a fait Boris Vian sans nul doute, conduit à des productions maintenant inabordables en 2017 pour le quidam moyen.

Le résumé est un peu complexe à faire car l'histoire se passe dans un monde un peu iréel où tout est un peu sous le spectre de la parabole, du sens caché, tout en ayant une ligne assez rythmée. Parfois, on croit que les individus vivent dans un monde proche du notre et parfois, ce monde n'a plus rien à voir avec le notre. Dans ces conditions, difficile de trouver une certaine forme de logique à l'histoire.

Car pour résumer, c'est l'histoire d'un type qui fabrique une machine bizarre avec son espèce d'ami. Cette machine se révèle être capable de plonger les personnes qui pénètrent dans le puit créé par la machine, dans un monde second où leurs souvenirs prennent forme et où une espèce de tribunal fantasque vient faire le bilan de leur vie.

Le type et son pote ont chacun une gonzesse; ils sont en couples. Le pote du type a des visions d'autres hommes qui matent lorsqu'il embrasse sa copine. Il en mourra sous une forme parabolique.

Le type plonge régulièrement dans ses souvenirs mais je n'ai rien retenu: ça n'a ni queue ni tête. De toute façon, à la fin, il meurt et sa gonzesse se casse.

L'interprétation de l'oeuvre est forcément riche pour le lecteur mais j'aime bien être aidé par l'auteur, surtout pour savoir où il veut me faire aller. C'était franchement un peu pénible de lire ce livre. Le style en revanche est très souple et abordable et on peut lire le livre d'un trait en moins de 3h. On est loin du style pénible de Julien Gracq. L'oeuvre en reste pourtant sans grand intérêt. Dans tous les cas, je n'ai pas accroché même si j'ai lu jusqu'au bout.

Conclusions

Pour ce second mois, je tiens toujours la barre de lire au moins un livre par mois. C'est un vrai plaisir de réutiliser ma liseuse de 2011 qui reste très utile.

Posted mer. 01 mars 2017 19:34:21 Tags:



Ça y est ! Pour la première fois depuis de trop longues années, j'ai enfin versé une obole pour une série de projets de logiciels libres ou d'infrastructures qui visent améliorer Internet.

Jusqu'à présent ma contribution était essentiellement le fait de fournir un travail directement pour les projets de logiciels libres que j'utilise couramment.

Néanmoins, cet effort direct n'est jamais parfait car vous ne pouvez jamais vous impliquer dans tous les projets. Dans les faits, par exemple, je n'ai pas vraiment l'habitude de contribuer directement au projet Debian même si ce dernier me permet de faire fonctionner mes ordinateurs depuis près de 13 ans déjà. Je n'ai tout simplement pas le temps de devenir un mainteneur Debian. Ça changera un jour mais pour l'immédiat, ce n'est pas possible.

En dehors du temps libre que je peux fournir, je suis également capable de contribuer sur le plan financier. En ce début d'année 2017, plein de bonnes résolutions, j'ai décidé de financer à hauteur de 500€ 10 projets libres qui me tiennent à coeur (50€ pour chacun).

Voici la liste de ces projets avec quelques commentaires.

  • FSF Europe C'est bon de financer la FSF. Après tout, la majorité des outils que j'utilise sont des outils GNU. Il est donc tout naturel de financer la FSF. Le moyen le plus efficace pour un citoyen européen est de financer la FSF Europe qui accepte les dons en €. Pour ma part, j'ai effectué un virement SEPA car il y a moins de frais de versement que pour d'autres méthodes.
  • Debian Enfin, j'ai donné 50€ à SPI pour le projet Debian. Paiement via Carte Bancaire.
  • QGIS Le projet QGIS permet aux européens d'effectuer des dons à l'ordre du QGIS Swiss user group (les dons sont en € et pas en F Ch). Ce dernier reverse ensuite à différents développeurs selon plusieurs programmes (correction de bugs et financement des hackfests par exemple). Pour ma part, j'ai effectué un virement SEPA, plus pratique et plus direct.
  • LibreOffice C'est la suite bureautique que j'utilise depuis 13 ans, régulièrement. Le don est direct par carte bancaire par une interface assez simple.
  • Tor Le projet Tor accepte les dons en € via une association germanique. Je n'utilise pas Tor au quotidien même si j'ai hébergé un jour un serveur de bridge, mais je trouve l'idée de Tor assez belle et, dans tous les cas, très utile pour des choses aussi simples que la lutte contre la censure, pour la liberté de la presse et pour la préservation d'un anonymat protecteur d'une vie privé. Ici, j'ai également fait un virement SEPA.
  • Letsencrypt Je n'ai jamais payé pour un certificat mais je suis prêt à financer l'infrastructure qui permet de générer des certificats à la chaîne, gratuitement. Je pense que Let's Encrypt a su imposer TLS un peu partout sur Internet en moins de temps que les autres acteurs et c'est tant mieux. Le virement s'est fait par carte bancaire en direct (sans passer par Paypal).
  • La quadrature du net Donnons un peu de sous à quelques activistes d'un Internet libre, il en ressortira toujours quelque chose de bon, même si ces derniers temps, les efforts importants de la Quadrature du Net n'ont pas été couronnés de succès à cause d'une série de gouvernements assez autoritaires et sécuritaires sur le sujet. Espérons que cela change pour la prochaine législature (il faut juste voter pour le bon candidat, c’est-à-dire celui qui a un programme sur le sujet). Dans tous les cas, financer la Quadrature du Net permet de mettre un peu plus de visibilité des sujets liés à Internet dans le débat public et c'est toujours une bonne chose. L'interface de dons est simple à utiliser et j'ai payé par carte bancaire.
  • Mozilla J'utilise les outils de Mozilla depuis près de 15 ans. Il était temps de donner une petite obole pour ces services. Firefox est toujours mon seul navigateur. Je n'ai jamais utilisé Chrome car je n'arrive pas à faire confiance à Google, y compris pour Chromium. J'ai donc donné 50€ à Mozilla. Je dois d'ailleurs relever que leur interface de dons est vraiment bien foutue, minimaliste et permet de faire un don en moins d'une minute.
  • Archive.org Je suis un nostalgique de nature. Aussi, de temps en temps, j'utilise les services d'archive.org qui me permettent de récupérer quelques sites web de ma jeunesse. J'aime aussi tout simplement l'idée de conservatoire du web. Après tout, on le fait bien avec tout ce qui est écrit ou en vidéo, pourquoi ne pas le faire pour Internet. Ici aussi, l'interface de dons est très proche de celle de Mozilla et c'est vraiment simple de faire un don.
  • OpenStreetMap Même si la fondation OpenStreetMap est hebergée au Royaume-Uni, il reste possible d'effectuer un virement SEPA en €, pour l'instant (jusqu'à la sortie de l'Union Européenne, plus communément dsignée sous le nom de Brexit). La campagne de financement de stockage est terminée mais on peut toujours effectuer des dons à la fondation.

Voilà, c'est fait pour moi. Je vous invite également à donner en fonction de vos moyens. Le plus simple étant de faire la liste des projets qui vous tiennent à coeur, des différents logiciels que vous utilisez régulièrement et d'aller trouver la page de dons. Dans ma recherche, j'ai été surpris de trouver que pas mal de projets libres n'ont pas besoin de contribution financière (ex: borg, mon logiciel de backup). Mais d'autres projets en ont clairement besoin et vous les trouverez sans peine.

Même si j'aime l'idée d'un logiciel libre réalisé en tant qu'oeuvre commune, uniquement à la force des doigts et des cerveaux, je reste réaliste: les contributions les plus significatives ne peuvent être réalisées que par des personnes qui ont beaucoup de temps à y consacrer. Le plus efficace dans ce bas monde capitaliste étant sans doute d’être payé (pour avoir une vie décente) pour travailler sur des logiciels libres. Ce ne doit pas être la seule voie mais l'ignorer reviendrait sans doute à fragiliser la force de frappe des contributeurs du logiciel libre.

En un mot, donnez ! En plus, ça fait du bien moralement...

Posted jeu. 09 févr. 2017 16:16:30 Tags:

Introduction

Dans mes résolutions de 2017, il y a marqué "Écouter l'intégralité d'un artiste musical par mois" (je sais, c'est ma période bonnes résolutions). Car dans la vie, j'aime souvent faire le tour d'un sujet.

En effet, il m'est arrivé avec le temps de remarquer que pour certains artistes, le "best-of" ne suffit souvent pas, qu'il y a des perles inconnues, planquées sur des albums qui n'ont pas marché.

Avec le temps, j'ai aussi pris le parti de "laisser sa chance au produit". Certaines chansons et mélodies ne sont pas nécéssairement accessibles au premier coup d'oreille (contrairement à ce que tout le monde qualifie de "hit"). Mettre une liste de lecture en boucle permet de prendre le temps de tout écouter, et dans une tâche de fond de plan, de laisser les pistes imprimer ou non leur saveur primaire dans mon cerveau alors ouvert à toute proposition.

Pour toutes ces raisons, j'ai décidé de prendre le temps d'écouter 12 artistes en cette année 2017 dans ce qu'ils ont de complet, uniquement sur leurs albums studios pour éviter un manque de temps d'écoute. Voici un résumé de mes impressions...

The Doors

On commence ces intégrales avec le groupe The Doors. Tout à commencé avec une émission d'Arte sur les Doors qui m'a donné une furieuse envie de les ajouter à ma liste d'intégrales musicales, sachant que le groupe ne produit plus rien sous ce nom depuis la fin des années 70. La collection complète est donc nécéssairement exhaustive dans le temps.

J'avais dans ma collection l'album "Strange Days" depuis près de 10 ans, que j'ai toujours apprécié, dès le début (sinon, je ne l'aurais pas acheté). Mais il était bien temps de faire une revue complète.

Que dire ? Pour commencer, je pense que la sortie du premier album ("The Doors") en 1967 (soit il y a près de 50 ans déjà) a du faire l'effet d'une bombe dans cette amérique en plein courant hippie.

Car ce premier album est une véritable liste de hits à lui seul. Sur les 11 pistes qu'il comporte, j'en note bien 5 qui sont excellentes:

  • "Break on Through (To the other side)", une excellente introduction qui donne tout de suite le ton et le style du groupe.
  • "The Crystal Ship", une complainte qui se chante très bien en karaoké et qui se pose en trait d'union entre rock et psychédélisme.
  • "Alabama Song (Whisky Bar)", sur une petite mélodie énervante, une invitation à la débauche très bien écrite.
  • "Light My Fire", sans doute la plus connue des Doors avec la mythique sonorité de l'orgue.
  • "The End" qui est vraiment mystique, tout en durée et vraiment très bonne sans forcément être pleine de désespoir.

Le second album, "Strange Days" est lui également très bon mais sans doute moins explosif. Il y a moins de hits mais il reste d'un très bon niveau, sachat qu'il est sorti la même année que "The Doors". On y retrouve la voix posée de Jim Morrison qui vient nous bercer ou nous faire réfléchir. Les meilleures pistes sont sans nul doute les suivantes:

  • "Strange Days", emblématique de l'album. Un peu inquiétante, comme son titre.
  • "You lost little girl", sans doute moins percutante mais très psychédélique.
  • "People are Strange", une ballade de la même veine que "Strange Days", dans les mots.
  • "When The Music's Over", sans doute la meilleure de l'album. Comme pour "The End", elle est notoirement plus longue que les autres pistes et elle vient conclure l'album.

En 1968 sort "Waiting for the Sun", plus posé, avec moins de hits mais tout de même de bons morceaux:

  • "Hello, I love you" à la sonorité agaçante.
  • "Love Street", sans doute la chanson la plus calme et plus harmonieuse de l'album.
  • "My Wild Love", complètement rythmé sur de la musique traditionnelle native américaine (les Indiens). On imagine sans peine Jim Morrison comme gourou en train de fumer le calumet de la paix (avec des substances psychotropes dedans, dans le désert).
  • "Yes, The River Knows", aussi dans la douceur comme "Love Street", avec un vrai soupçon de nostalgie dans l'air.

Dans la foulée de "Waiting for the Sun", l'album "The Soft Parade" se prépare. A cette époque, les Doors semblent hyperproductifs depuis 1967 avec plus d'un album par an, suivi de concerts (connus pour leur effet Jim Morrison en gourou des foules). Leur quatrième album solo sort en 1969. Voici les morceaux que j'ai retenus:

  • "Tell All the People", le morceau d'introduction qui reste intéressant car avec une sonorité différente du style des trois derniers albums.
  • Sur "Touch Me", je trouve que le refrain est vraiment très juste, dans son harmonie musicale, ça se chante assez bien en karaoké d'ailleurs.
  • "Whishful, Sinful" que j'aime assez bien, dans son déroulement et ses sonorités variées.

En 1970, sort "Morrison Hotel" duquel je retiens:

  • L'ultra-connu "Waiting for the Sun", un des bests-of des Doors.
  • J'aime assez "Blue Sunday", tout en douceur.
  • Mais ma piste préférée de cet album est sans nul doute "Indian Summer". Elle est toute simple mais elle a quelquechose de nostalgique et de touchant dans cette simplicité.

Arrive finalement ce qui sera le dernier album des Doors en 1971. Intitulé "L.A. Woman", je n'en retiens qu'une seule piste mais qui est peut-être la plus marquante du groupe: il s'agit de "Riders on the Storm". Elle reprend le style des premiers albums: plus longue que les autres et située à la fin de l'album. Les instruments classiques des Doors y sont et Morrison redevient une espèce de gourou assuré, guidant le public à travers la tempête. Assurément un best-of ! Mais au delà de cette chanson, le reste de l'album est assez décevant (enfin, c'est mon avis).

3 mois après la sortie de "L.A. Woman", en juillet 1971, Jim Morrison meurt, officiellement d'une crise cardiaque à seulement 27 ans. Il est entérré à Paris, dans le cimetière du Père-Lachaise.

Dès lors, le groupe "The Doors" continue avec la sortie de deux albums intitulés "Other Voices" en 1971 et "Full Circle" en 1972. Bon, je les ai écoutés, j'ai donné sa chance au produit mais je n'ai clairement pas du tout adhéré. Tout est trop différent sans la voix grave de Morrison. Les chansons ont l'air d'être gentillettes, sans esprit mystique, sans parabole, sans mythe.

En 1978 sort "An American Prayer", une espèce d'hommage posthume à Jim Morrison que les membres du groupe, dissous en 1973, donnent en se reformant temporairement. Les paroles sont de Jim Morrison, capturées avant sa mort. Il est composé de certains morceaux inédits et aussi de poésies composées par Morrison. L'ensemble est assez bon. J'y marque:

  • "The Ghost Song" qui sonne presque comme les premiers albums.
  • "The Hitchhiker", un poème/discours de Morrison, récité sur "Riders on the Storm".
  • "An American Prayer", of course!
  • "A Feast Of Friends" que je trouve proche en mélodie de "Parisian Walkways" de Gary Moore.

Conclusions

J'aime le groupe "The Doors", ça a toujours été le cas depuis que j'ai entendu "Light My Fire" pour la première fois. Après avoir grandi, j'ai pris conscience du caractère subversif et psychotropique du rythme des Doors. Je crois que lorsque Jim Morrison est mort, ce fut la fin du groupe. On voit clairement la rupture... C'est bien dommage, mais c'était il y a plus de 45 ans alors ça commence à faire un peu. Pourtant, on a toujours l'image de Jim Morrison qui aura à jamais 27 ans. C'est comme ça. Dans tous les cas, les chansons de leurs meilleures années restent toujours aussi frâiches et si modernes. Pour moi, ça n'a pas vielli d'une ride, c'est devenu un mythe.

Posted ven. 03 févr. 2017 20:40:23 Tags:

Introduction

Dans mes résolutions de 2017, il y a marqué "Lire au moins un livre par mois". En 2016, j'ai péniblement lu à peine trois ouvrages complets et avec le temps, je me rends compte que je suis loin de mes "scores" passés. Lire fait du bien au cerveau, apaise l'esprit agité d'une fin de journée difficile et apporte un élément essentiel à l'être humain: se faire raconter des histoires !

Comment, vous n'aviez pas remarqué que dans la majorité des arts, on essaye toujours de raconter une histoire, du cinéma où c'est visuellement évident, en passant par l'Opéra, par la chanson et également par la peinture; le jeu vidéo n'étant pas en reste, lui aussi ? Depuis les histoires de nos parents pour s'endormir, rien n'a vraiment changé en fait !

C'est donc dans cet esprit que j'ai décidé de mettre à profit mes (trop) longs trajets travail-domicile en intensifiant mon temps de lecture. Ma liseuse a repris du service; je l'avais par trop longtemps délaissée et elle commençait à prendre la poussière.

Comme j'ai toujours bien aimé laisser des traces de mes lectures, sans doute pour garder un souvenir pour mes vieux jours et aussi pour me remémorer la bonne littérature de la mauvaise, j'ai décidé de consigner mes lectures sous forme de revue littéraire mensuelle.

Par ailleurs, en parler publiquement sur Internet me donnera également l'occasion d'écrire quelques articles sur mon blog que j'ai tendance à délaisser depuis trop longtemps.

Voici donc ce que j'ai lu pendant ce mois de janvier 2017... ...et visiblement, j'avais soif de lecture car ce ne sont pas moins de 5 ouvrages qui sont passés entre mes mains.

"Au château d'Argol" de Julien Gracq

Que dire par rapport à cette "oeuvre" ? Pas grand-chose de bien. Bon, Ok Julien Gracq est connu, Ok, c'est un de ses premiers écrits publiés mais ça s'arrête là. 1938, ça fait moins de 100 ans mais ce livre est juste inabordable pour le commun des mortels de 2017. Le style est d'une lourdeur extrême et repose sur l'hyper-description: tout est décrit comme si l'auteur voulait donner des détails hyperfins sur le contenu d'une scène. Le résultat est un ensemble très soporifique au bout de trois pages. Les mots exprimés ont sans doute pour destinée de former un ensemble harmonieux et bien conçu mais l'ensemble "colle" trop au cerveau et finit par diluer le contenu du récit.

Surtout que l'ensemble des détails n'ont aucun intérêt dans le déroulement de l'histoire. Car cette dernière n'existe pas vraiment. Le scénario est l'arrivée d'un des trois personnages dans le château d'Argol qui est rejoint par un de ses amis avec une femme. Le premier personnage embrasse la femme, ils se promènent dans une forêt, vont à la mer, se perde dans le château et les deux invités finissent par mourrir.

A un moment, j'ai cru que les protagonistes étaient des âmes, des fantômes mais même pas. Il ne se passe rien et il n'y a, de surcroît, aucun dialogue. Reste toujours cette narration hyper-descriptive qui ennuie plus qu'elle ne tend à représenter fidèlement un ensemble réaliste qui viendrait alimenter une histoire d'esprits. Je n'ai vraiment trouvé aucun intérêt à ces quelque 200 pages. J'ai même dû relire depuis le début ce livre après en avoir lu près de 25%: j'étais complètement perdu dans ce château.

Ma conclusion (personnelle): ne le lisez pas, c'est une vrai perte de temps.

"Puzzle" de Mig et Frank Thillier

Pour la route, j'ai lu une BD d'assez bonne qualité avec un scénario quasi digne d'un Philip K. Dick.

"Puzzle" est une BD signée de Mig, basée sur le roman éponyme de Frank Thilliez qui raconte une histoire de manipulation mentale sous forme de chasse au trésor.

L'univers est assez sombre, la couleur de l'ouvrage reposant uniquement sur trois couleurs: le noir, le blanc et le bleu, ce qui donne un style certain.

Ça se lit très facilement en à peu près 1h et vous allez passer un bon moment.

"Demain les chats" de Bernard Werber

Pour me remettre de mes mésaventures "gracquiennes", j'ai eu l'opportunité de lire "Demain les chats" de Bernard Werber. Cet écrivain bien connu est l'auteur d'un roman intitulé "les fourmis" qui avait marqué son temps (je ne l'ai jamais lu cependant, poussé par l'envie de ne pas lire ce qui a trop de succès).

Ici, ce fut l'exact contraire de Julien Gracq: tout est abordable, les 300 pages filent à une vitesse impresionante. Le livre est accessible pour le quidam de base, un enfant de 10 ans ayant largement le niveau de tout absorber.

Pour le pitch, il s'agit d'une histoire de fin du monde "moderne" vu sous l'angle et la narration d'une chatte. J'y ai retrouvé un gros morceau de Barjavel (et son fameux Ravage) pour le scénario, même si l'action se situe plutôt dans les années en cours (la décennie 2010). Le fait d'aborder l'histoire par la vision d'un chat reste assez intéressant, surtout en cette période où dès qu'on parle de chat, tout le monde accourt (en 2016/2017, ce qui est le plus consulté sur Internet a trait aux chats).

Bon, un roman qui se lit bien et facilement, un scénario pas vraiment original mais sans doute bien ficelé. Dans tous les cas, plus accessible que Julien Gracq (oui je suis traumatisé).

"Sur les chemins noirs" de Sylvain Tesson.

J'aime beaucoup Sylvain Tesson. J'ai lu quelques-uns de ses ouvrages que j'ai vraiment tous appréciés. Je me retrouve très souvent dans cet auteur lorsque je marche dans mes lieux insolites, lors des randonnées. En le lisant, j'ai vraiment l'impression qu'il décrit complètement ce que je ressens lorsque je suis en marche. Sa vision du monde est assez proche de la mienne et c'est assez surprenant car je connais peu de personnes qui la partagent.

Sur les chemins noirs nous emmène en randonnée en France, à l'assaut des rares résidus ruraux encore préservés des affres du terrible "aménagement du territoire" qui produit essentiellement la même merde un peu partout.

L'auteur a décidé de se refaire une santé en traversant la France profonde du Mercantour jusqu'au Cotentin. Il y décrit un paysage massacré et une vie artificialisée dont la manifestation conduit à avoir tout détruit de ce qui restait de sauvage. C'est également mon constat. LA France hyper-rurale est loin d'être rurale et isolée: on y trouve des routes/des infrastructures/des baraques à la con/des lotissements/des gens en abondance. C'est juste que le flux ne s'y arrête plus.

Essayez de trouver un coin où vous ne croisez personne de la journée en France. C'est quasiment impossible. Même en Lozère, département le moins peuplé, en période creuse en plein milieu de la semaine, vous croiserez forcément quelqu'un sur votre route.

Lors de ma lecture du précédent livre de Tesson, j'avais remarqué son alcoolisme naissant. Je ne me suis pas trompé: Sylvain Tesson a eu un accident physique à la suite d'un état d'ébriété qui l'a fortement handicapé et l'à conduit à faire l'expérience des chemins noirs. Dans cet ouvrage, l'alcool est encore présent même si l'auteur ne fait que l'évoquer comme quelque chose auquel il n'a plus droit. On remarque pourtant tant d'allusions à ce sujet qu'on peut comprendre sans peine que Sylvain Tesson est au début de sa période de sevrage. Je lui souhaite bien du courage dans sa rémission. Peut-être la pipe serait-elle un moindre mal ou un palliatif moins dangereux pour la marche et la condition physique (à condition qu'elle reste raisonnable et maîtrisée).

Si vous aimez la campagne, que vous avez déjà marché seul dans des contrées un peu sauvages, je vous encourage à lire cet ouvrage assez facile d'accès mais très bien écrit au demeurant. On est loin du style de Julien Gracq, et pourtant, il reste cette impression de finesse de l'expression, d'une espèce de poésie que seuls les marcheurs peuvent aborder, que les citadins qui n'ont jamais couché dehors dans la Nature sauvage ne peuvent atteindre.

Dans tous les cas, et même si vous êtes un de ces citadins invétéré, je vous invite vraiment à lire "Sur les chemins noirs" et de sortir les retrouver dans le monde réel... Cette expérience sera forcément bonne.

J'ai également hâte de lire la prochaine aventure de Sylvain Tesson !

Conclusions

Pour ce premier mois, je me suis remis dans le bain avec plus d'ouvrages que prévu. Espérons que je suivrai le rythme pour les prochains mois. Je me sens plus réconcilié avec les livres (physiques comme numériques) et j'ai bizarrement l'impression de moins perdre du temps que lorsque je regarde une oeuvre plus visuelle comme un film ou l'épisode d'un feuilleton (on dit série ça fait plus "in" mais de mon temps, ça s'appelait un feuilleton et c'était plutôt réservé à la ménagère de plus de 50 ans).

Posted mer. 01 févr. 2017 19:34:21 Tags: