Projet de lanterne

Comme je l'ai décrit dans mes aventures pyrénéenes, j'étais à la recherche d'une lanterne légère et facile à construire. En effet, lors de mes nuits, la bougie que j'avais était franchement médiocre: elle était ouverte et donc soumise aux courants d'air qui sont fréquents en cas de vent, même sous un abri. De plus, le modèle que j'avais emporté étais franchement nul pour la lumière.

Dans la randonnée, le poids est un élément déterminant: c'est votre corps qui porte. Et plus il porte lourd, plus il se fatigue... plus le danger augmente ! C'est pourquoi, si on peut éviter de prendre des choses inutiles, c'est mieux. Pour ma part, j'utilise comme réchaud un P3RS: c'est juste une canette métallique bricolée qui sert de réchaud à alcool. Cette invention est pour le coup fabuleuse: elle est très robuste, gratuite, facile à hacker soi-même (taille des trous, hauteur, taille du réservoir, utilisation de laine de verre, etc...) et surtout très fiable, efficace et légère (30g d'acier). Après l'avoir emmené et fait fonctionner à plus de 2000m d'altitude pendant 15 jours (3x à 4x par jour), je sais que c'est un bon concept. Ce qui me séduit, outre le fait que c'est un objet qui ne s'achète pas, c'est le côté récupération: on part d'un déchet et on le transforme en outil !

Pour ma lanterne, j'ai tenté de reprendre des concepts identiques: partir d'un déchet, avoir quelquechose de léger, qui fonctionne bien et qui se combine avec d'autres éléments. Voici mon esquisse de solution de lanterne.

Le matériel de base est une bouteille en plastique de chez Lidl (les bouteilles de jus d'orange de 1L). Je n'aime pas faire de pub pour ce hard-discounter mais, après avoir testé de nombreux modèles, c'est le seul qui fonctionne bien tout en gardant un encombrement réduit. L'astuce consiste à utiliser la bouteille comme un truc qui enveloppe une bougie chauffe-plat ou une bougie de petite taille. Avec le bouchon percé, on peut également régler la fermeture de la lanterne (réglage fixe). Pour gérer le fond de la bouteille et rendre la lanterne transportable, on pose la bougie dans le creux du P3RS retourné.

Voici ce que cela donne en images:

Comparaison entre une bouteille originale et la découpe

D'abord, on voit le principe: seules certaines parties de la bouteille sont utiles.

On découpe le fond qui sert de support. Il pourrait sans doute servir de quart s'il était un peu plus haut. Toutefois, la taille est conditionnée par le fait de pouvoir emboutir la partie haute dedans. A défaut, ce fond de bouteille peut très bien se loger dans un vrai quart (ou dessus). Vu la masse de plastique que cela représente, ce n'est pas la mer à boire.

Hauteur de découpe du fond: 25mm à partir de la base de la bouteille.

Image du fond de la bouteille

Hauteur de découpe du haut: 138-139mm à partir du haut du goulot sans le bouchon.

Image du haut de la bouteille

Pour les assembler, il suffit d'emboiter la partie haute dans la partie basse. Normalement, ça doit bien se passer. Au bout d'un certain temps, il faut appuyer davantage jusqu'à ce que la base du haut touche les crans du fond de bouteille. A partir de ce moment, il y a suffisamment de déformation et de frottements pour que l'ensemble soit quasi-solidaire et où il faille un peu de force pour séparer les deux parties.

Image du fond de la bouteille

Pour placer une bougie, retourner le P3RS (le fond pointe vers le ciel) et le poser dans le fond de la bouteille. Ca permet de d'avoir une sorte de cuvette prète à accueillir une bougie. Le P3RS doit être retourné sinon l'ensemble n'est pas stable et on perd de la hauteur de flamme visible.

Image du fond de la bouteille

Voilà la même chose avec la bougie chauffe-plat allumée. La chaleur sort par le goulot ce qui permet à l'ensemble de ne pas fondre (la seule flamme d'une bougie suffit à faire fondre n'importe quel PET si on l'approche trop près).

Image du fond de la bouteille

Voilà ce que ça donne avec la bougie allumée (à allumer avant d'emboutir le haut de la bouteille) avec un bouchon percé. L'intérêt du bouchon percé est de réduire le flux d'air pouvant entrer. Toutefois si le trou est trop étroit, le bouchon fond (pas grave) ainsi que le goulot (plus sérieux).

Image du fond de la bouteille

Je suis sûr que la technique reste à améliorer... Par exemple, il faut bien avouer qu'une bougie chauffe-plat n'éclaire pas bien: la flamme est trop petite et elle a tendance à diminuer au fur et à mesure de la liquéfaction de la cire. Avec le bouchon, on peut garder cette lanterne dans le vent (pas à décorner les boeufs quand même) sous une petite pluie, ce qui n'est déjà pas si mal pour un poids de moins de 20g. On peut également facilement attacher une ficelle autour du goulot pour la suspendre en hauteur.

Voilà, il me reste à dormir dehors pour voir comment elle se comporte en conditions réelles...