Gérer ses photos avec le bon logiciel

Jusqu'à très récemment, je ne voyais pas l'intérêt d'un gestionnaire de photos. Je faisais tout par moi même et ça me prenait un temps non négligeable pour trier les images, éventuellement en réduire la taille, supprimer les doublons, faire les sauvegardes, mettre les commentaires, etc... Cette gestion manuelle n'était pas le fruit du hasard: j'avais testé plusieurs logiciels de gestion de photothèque mais ils avaient tous des inconvénients qui m'empêchaient de les utiliser comme bon me semblait.

Du coup, pour visionner une photo, j'étais obligé de farfouiller dans une arborescence avec ce bon vieux Nautilus (l'explorateur de fichiers de GNOME) qui mettait des heures à m'afficher les miniatures des images. Bien sûr, je me trompais dans les répertoires, je faisais des copies de copies et je me suis retrouvé avec des tonnes de doublons et finalement 2Go de photos sur 8 années à retrier... Bref, c'était décidé, avant de dégainer les outils en ligne de commande, j'allais donner une nouvelle chance aux logiciels de gestion de photos.

Mon cahier des charges était finalement assez simple:

  • Disponible sur Debian sans avoir à compiler à la main.
  • Donc forcément un logiciel libre.
  • Gestion intelligente des fichiers de photos.
  • Quelquechose de léger, c'est à dire qui ne demande pas 200Mo de dépendances vers d'autres paquets.
  • Un logiciel qui effectue un pré-travail de tri, d'indexation.
  • La possibilité de regrouper des images suivant des critères particuliers.
  • Un "moteur" de recherche
  • Un truc qui soit rapide à afficher les images.

Dans le passé, j'ai tenté d'utiliser F-Spot, Eye of Gnome (eog) et gthumb. Eog n'était pas un gestionnaire d'images et mettait des plombes avant d'afficher une photo avec quelques pixels. Je l'avais installé et l'utilisait avec Nautilus. Quant à F-Spot et GThumb, leur plus gros défaut était que l'import d'images me mettait tout dans mon répertoire home qui est limité en taille. Je déteste ce genre de feature où on se retrouve avec deux jeux de fichiers. Plus polémique, F-Spot est en Mono et moi, je n'aime pas ça, surtout sur une machine cadencée à 1,6Ghz !

En faisant une petite recherche sur linuxfr, j'ai lu le journal de patrick_g qui mentionnait Shotwell, programmé par la fondation Yorba. Je l'ai installé avec un simple aptitude install shotwell et j'ai commencé les tests.

Pour faire simple, je n'ai jamais vu une application coller aussi bien à mes besoins que celle-là ! Tous les éléments de mon cahier des charges sont couverts. En moins de 30 minutes, j'ai:

  • Indexé 2Go de photos grâce au classement automatique par période et à la rapidité de l'application.
  • Supprimé totalement les doublons.
  • Ordonné les images dans le temps et par série "logique" grâce à la gestion par évènements.
  • Ajouté des tags à toutes les images qui le méritaient.
  • Supprimé rapidement les images floues grâce à un affichage hyper-rapide.
  • Appris à me servir totalement de l'application qui ne comporte qu'un nombre réduit de fonctionnalités mais toutes utiles.
  • Réalisé une sauvegarde rapide simplement en dupliquant l'espace de stockage des images.

Une petite capture d'écran Maison (Shotwell 0.6 sous Debian Squeeze):

Capture d'écran de Shotwell 0.6

Sachez également que Shotwell peut servir de visualisateur d'images. Du coup, j'ai viré Eog qui n'était plus nécéssaire (je fais la chasse aux paquets qui font la même chose sur ma distribution car je n'ai pas beaucoup de place). Elle peut également servir à importer des photos à partir d'une carte mémoire Flash ou un périphérique USB Mass-storage, et ce, de manière sélective et intelligente. Pour avoir un petit aperçu des fonctionnalités, vous pouvez lire le Wiki.

Pour résumer, cette application est vraiment très réussie. Alors qu'elle n'est qu'en version 0.6 sous Debian Squeeze, elle vaut largement le coup de l'installer. Elle m'a déjà permis de gagner un temps dingue pour classer mes photos mais surtout, elle m'a permis de redécouvrir mes photos et de me souvenirs de ces évènements passés.

Parfois, le logiciel peut nous mener plus facilement au sentiment. Si en plus il est libre, c'est le Nirvana !!!