Même si je suis un libriste convaincu, j'ai parfois des défaillances ! Notamment en ce qui concerne les jeux vidéos. Et oui, on ne se refait pas. En 1988, j'avais 10 ans et tout ce qui concernait l'informatique me semblait déjà un monde extraordinaire. Il faut dire, j'ai commencé à utiliser un ZX81 quand j'avais 8 ans environ. Je remercie d'ailleurs mon père pour ça car je ne crois pas que tous les pères de famille des années 80 s'intéressaient aux ordinateurs dans les années 80.

En ces années, le logiciel libre n'en était qu'à ses balbutiements et sans accès à Internet, difficile de récupérer la connaissance. Donc, dans les années 80, j'ai fait à peu près tout ce qui était possible pour un enfant de 10 ans avec forcément des moyens limités: j'ai acheté une NES et les jeux vidéos propriétaires avec.

Et croyez-moi, j'ai passé du beau temps dessus. C'était très sympathique même si ça consommait beaucoup de temps libre. Avec les années, j'ai peu à peu réduit mon rythme de jeux vidéos pour passer plus de temps sur de l'administration système et sur du développement. Mais, j'ai toujours gardé un petit peu de temps pour continuer à jouer aux jeux vidéos. Il y a 10 ans, je me suis même acheté une Wii. Tout ça pour dire que j'achète environ un ou deux jeux vidéos propriétaires par an.

Dernièrement, j'ai enfin craqué pour une promotion sur GOG.com du jeu Firewatch dans sa version pour GNU/Linux. Je l'avais déjà entre aperçu auparavant, en surfant sur Internet. Le concept m'avait bien plus, moi qui aime la randonnée dans des espaces sauvages, dans la vie réelle. Pour vous faire le pitch, dans Firewatch, vous êtes un gardien d'une tour de vigie pour la défense incendie de forêt dans le Wyoming. Votre boulot consiste à surveiller la forêt et à en faire respecter le règlement. Le jeu est du type aventure à la première personne, tout en 3D.

Le concept me plaisait beaucoup, le milieu aussi ainsi que la réalisation graphique qui semblait sympathique. Le fait d'avoir un monde assez ouvert (où on peut se balader à peu près où on veut) était aussi un vrai plus. Et puis, à 4€ au lieu de 20€ lors de sa sortie, le risque était assez limité. Donc, j'ai craqué.

Dimanche dernier, il pleuvait et j'ai consacré mon après-midi à Firewatch. Malheureusement, à 20h30, le jeu était déjà terminé, soit environ 4-5h de jeu. Le lendemain soir, j'ai essayé de rejouer une partie en ne suivant pas du tout le scénario. Mais au bout d'une heure, je me suis rendu compte que peu importe les choix qui sont faits dans le jeu, le scénario est très linéaire. Par ailleurs, certains emplacements sont interdits d'accès (par des branches ou des obstacles) tant qu'on est pas arrivé au bon moment du scénario.

Enfin, d'un point de vue technique, le logiciel en lui-même est assez moyen. D'abord je n'ai pas réussi à afficher quoi que ce soit sous Wayland. Il a fallu que je repasse dans un environnement Xorg complet (ce que je peux faire facilement mais c'est dommage). Ensuite, ce machin repose sur Mono et donc, c'est lourd au démarrage. Enfin, c'est bien la première fois que j'ai entendu les ventilateurs de ma carte graphique tourner aussi fort. J'ai même cru que j'avais un problème de poussière dans la tour tellement ça chauffait. Pourtant, le graphisme qui reste pas mal est franchement en dessous de ce que j'ai pu tester dans Doom3 pourtant sorti il y a 14 ans ! En plus de ça l'équipe de développement a utilisé un moteur tout fait (unity il me semble). Ils ont donc réduit leurs coûts par rapport à ce point technique d'importance.

Ma conclusion, vous l'aurez compris, est sans appel: Firewatch est une bonne démo mais sans doute pas un jeu à la hauteur de 20€. En comparaison, en 2017, j'ai joué à Thimbleweed Park pendant au moins 40h et à Stardew Valley pendant 100h. Certes, ce ne sont pas les mêmes types de jeux mais le rapport prix/temps passé à jouer est trop important pour Firewatch.

Le concept de ce jeu reste pourtant d'un grand intérêt. Le studio aurait eu intérêt à allonger la durée de vie du produit. J'aurais bien aimé avoir un peu plus de temps pour me ballader dans le secteur. Il aurait sans doute été bon de donner aussi plus de travail à Henry que de s'occuper uniquement de son affaire d'espionnage. Il aurait pu herboriser, piéger des nuisibles, essayer de compter les ours, faire des prélèvements à droite à gauche pour une mission scientifique. Il y aurait pu également avoir des défis de randonneur, du repérage de nouveaux chemins à construire, du travail d'arpentage, de la constitution de cartes, des trucs à réparer. Même la simulation de chier dans les bois aurait été une excellente idée !

Donc, c'est bien dommage mais je vous conseille de ne pas acheter Firewatch en dehors des périodes de soldes ou de vous le faire prêter par un ami avant d'essayer de l'acquérir. Car vous risquez d'être un peu frustré et d'avoir le sentiment d'avoir jeté un peu de fric par les fenêtres.

Pour conclure, si Firewatch avait été un jeu libre, j'y aurais volontiers contribué pendant de longues heures. J'aurais sans doute aussi fait un don sans doute un peu plus conséquent que ce que j'ai payé sur GOG.com. J'aurais aussi pardonné le peu de contenu et une piètre réalisation technique. Mais comme Firewatch n'est pas un logiciel libre, tout ce que je peux faire c'est noyer mon amertume dans cet article de blog ;-)