Introduction

J'ai enfin terminé "The complete book of self-sufficiency" de John Seymour. J'en avais entendu parler lors d'un reportage de la chaîne télévisée Arte (ce devait être un "28 minutes" je crois). L'invitée de cette chronique était Perrine Hervé-Gruyer de la ferme du Bec-Hellouin, figure maintenant à peu près bien connue et reconnue du mouvement permaculture français. John Seymour y était cité comme étant un des inspirateurs des fondateurs de la ferme du Bec-Hellouin.

N'en ayant jamais entendu parlé et étant quand même à la base ingénieur agricole, je me suis penché sur le personnage dont vous pouvez consulter la biographique sur Wikipedia. J'ai été assez estomaqué par la production d'écrits de John Seymour et aussi par le nombre important de ses séjours à l'étranger. Aussi, je me suis mis à essayer de trouver son oeuvre la plus connue qui traite d'agriculture pour voir ce que ce monsieur racontait dans les années 70 et de quelle manière les méthodes agricoles qu'il avait mises au point pouvaient constituer une référence pour d'autres personnes, notamment des personnes du 21ème siècle.

Assez facilement, j'ai été guidé sur "The complete book of self-sufficiency", cité comme une référénce déjà à l'époque et étant, en 1976, date de sa publication, un condensé de plusieurs écrits sur ce thème, rédigés et publiés plusieurs années auparavant par John Seymour. Par bonheur, j'ai pu trouver ce livre sur archive.org, dans sa langue originelle (l'anglais) et je me suis fait un plaisir certain à le lire directement.

A la fin de cette lecture, je dois dire que je suis un peu estomaqué et je prends donc la peine de coucher par écrit ce qui m'a frappé chez John Seymour et surtout dans le contenu de son oeuvre écrite.

A propos de John Seymour et de l'auto-suffisance

Je ne vais pas vous remettre une biographie autorisée de John Seymour, ça n'aurait pas plus de valeur ajoutée que de remettre un lien vers Wikipedia.

Mais pour résumer, John Seymour est le précurseur du mouvement d'auto-suffisance au Royaume-Uni, dans les années 60 et 70. J'avais déjà vaguement entendu parler de ce mouvement qui a fait quelques adeptes dans son pays d'origine toujours via un reportage de la chaîne télévisée Arte sur différents modes de vie plus sains et plus simples. J'étais tombé sur une interview d'un citoyen britannique qui vivait dans une petite ferme avec une surface agricole assez réduite (je pense à moins d'une dizaine d'hectares). Il avait une seule vache dont il faisait la traite à la main. Il décrivait une vie simple, sans stress où il était parfaitement heureux. Par ailleurs, il soulignait combien il se sentait indépendant et libre. Il savait que le système qu'il avait mis en place pour assurer sa subsistance était fiable et robuste et qu'il pouvait compter sur cette expérience pour rester résilient et finalement très stable. Je me souviens aussi, à cette occasion, d'avoir remarqué que sa ferme était super bien tenue: tout était vraiment propre, bien rangé, pas une seule trace de merde nulle part, pas de bâtiment pourri en délabrement, pas de saleté nulle part et un potager vraiment bien garni. Ce qui m'avait frappé déjà était à quel point ce type allait à contre courant de l'agriculture contemporaine et combien il semblait heureux de son auto-suffisance.

Je ne vais pas me lancer dans une définition détaillée et absolue du mouvement d'auto-suffisance mais je me risquerai à dire que l'objectif de l'auto-suffisance est l'élaboration d'un système qui permet la liberté d'un individu par l'action de son travail sans devoir entretenir un réseau de relations commerciales mettant en péril cette liberté. De fait, un être auto-suffisant se caractérise par le fait de cultiver une certaine forme d'indépendance par rapport à la société qui l'entoure. Il cultive donc la terre car il produit lui-même l'essentiel de sa nourriture avec des moyens techniques qu'il maîtrise et qu'il peut utiliser sans recourrir à d'autres.

John Seymour précise que ce mode de vie est loin d'être un retour en arrière mais bien l'inverse, de progresser vers une vie qui fait sens, une vie loin de la routine ultra-spécialisée du mode de vie occidentale. Une vie faîte de défis, d'initiative, d'innovation dans la manière d'appréhender le monde. Il faut dépasser le sentiment de super-pouvoir offert par la technique. C'est finalement assez vrai si l'on considère l'agriculture moderne où les hommes sont ultra-équipés par des machines qui font le café ou qui conduisent toutes seules mais qui, au final, sont incapables de produire à un rendement correct sans recours à des produits dangereux pour la santé humaine. Super technique mais aussi super-cancer. Qu'est-ce-qui est mieux finalement ?

J'ai bien aimé aussi l'expression de John Seymour à propos du comportement d'un être auto-suffisant: se comporter comme un travailleur du sol (husbandman) plutôt qu'un exploitant. Il est à noter que "husbandman" signifie aussi quelqu'un qui fait oeuvre de parcimonie dans sa gestion. Cela correspond finalement assez bien à la philosophie de l'auto-suffisance.

Les techniques de John Seymour

Dès les premiers chapitres, John Seymour décrit un système agricole assez atypique pour l'époque et encore plus pour aujourd'hui. Il s'agit d'un système à haute valeur ajoutée et à production intensive, le tout sans intrant chimique, en accord avec les valeurs de l'agriculture biologique. Effectivement, écrire agriculture biologique et intensif dans la même phrase peut sembler incompatible mais en fait, à bien y réfléchir, ce n'est pas vraiment le cas.

En effet, si vous vous lancez dans des pratiques culturales qui respectent la biologie (du sol, des plantes, des autres êtres vivants), toutes les conditions sont réunies pour que vous fassiez plutôt du bon travail et que votre production soit finalement assez intensive. John Seymour affirme sans détour qu'il est capable de produire du blé à près au même rendement que dans un système d'agriculture convetionnelle des années 70.

Par ailleurs, menée sur une surface réduite, le système auto-suffisant permet de concentrer l'action du travail tout au long de l'année par le fait de toujours vouloir couvrir le sol de quelque-chose et, ce faisant, pas un truc productif qui sera utilisé ultérieurement.

Pour parfaire le tableau et pour redonner un vrai retour ancestral à cette technique, John Seymour déclare qu'il s'inspire d'une méthode très ancienne de culture, établie en Europe au siècle dernier qu'il nomme "High Farming". Un système mélant habilement plantes et animaux ainsi que leurs interactions. Je vous laisse lire le livre pour avoir plus détails sur ce sujet mais ça mérite de pouvoir affirmer que, avec un peu de recul, la permaculture de ce début de siècle remonte en fait aux débuts du siècle dernier.

Pour étayer ses propos, John Seymour propose dès le début du livre de montrer ce qu'il est possible de faire sur une exploitation de taille très limitée. Il étudie la vie en auto-suffisance sur 1 acre (à peu près la moitié d'un hectare, soit 5000m2). Il montre qu'il est impossible d'être complètement autonome en alimentation sur une aussi petite surface mais qu'en ajoutant quelques ressources extérieures, il est possible de maximiser cette autonomie.

De nos jours, une étude menée conjointement par l'INRA, AgroParisTech et l'institu Sylva de la ferme du Bec-Hellouin montre que, sous certaines conditions, il est possible de dégager l'équivalent d'un salaire minimum français avec seulement 1000m2 de surface utile. John Seymour prend ensuite l'exemple d'une ferme de 5 acres (moins de 2,5 hectares) qui permet l'autonomie d'une famille de 6 personnes ainsi que la revente d'un peu de surplus de production.

Le reste du livre détaille les techniques utilisées. Globalement elles se basent sur:

  • le respect des saisons.
  • le respect de la biologie.
  • la rotation des cultures.
  • mais aussi la rotation des animaux sur l'espace agricole.
  • les associations entre plantes, notamment avec les légumineuses.
  • une lutte biologique contre les parasites.
  • un travail intense et permanent mais très varié.
  • une mécanisation assez légère du travail.

Sur 250 pages environ, tout est détaillé avec force d'illustrations. Comme son système John Seymour a su condenser l'essentiel de ses exemples dans un livre finalement assez compact. Un chef d'oeuvre d'intensité d'idées dans une surface limitée.

Bien loin du mouvement hippie de retour à la terre, John Seymour met en garde les adeptes de ce système sur le fait qu'il implique une charge de travail assez intense. L'être humain, pour assurer sa subsistance doit forcément fournir un effort constant. Mais Seymour tempère en avouant que l'effort est louable et qu'il permet une rétribution inconsciente lors de la récolte des fruits du labeur. De plus, combiné à l'amélioration de l'indépendance, le sentiment de liberté croît et avec lui une certaine forme d'auto-reconnaissance et de solidité. Et John Seymour de conclure qu'il n'y a pas de meilleur moment que celui de pouvoir siroter sa propre bière juste après la récolte des céréales en été et, il a sans doute raison, cette bière n'aurait pas du tout le même goût si elle avait été achetée dans le commerce avec les mêmes qualités organoleptiques.

Au désespoir des végétariens (que je respecte évidemment), le système de John Seymour implique d'utiliser des animaux car ils contribuent fortement à l'amélioration de la fertilité des sols tout en diminuant une partie du travail du paysan. Quelques exemples me viennent rapidement. D'abord John Seymour indique qu'il n'a trouvé aucun moyen plus efficace de transformer à peu près n'importe quelle plante en matière fertile et de la distribuer sur une surface à moindre frais qu'en exploitant les cycles digestifs des animaux et leur capacité à se mouvoir sur un terrain. Il y a bien le compostage mais il faut ensuite manipuler le produit fini.

C'était aussi assez bien pensé et très malin de trouver quelquechose qui puisse concilier le fait qu'un porc évolue naturellement en plein air et qu'il a tendance à retourner le sol pour trouver sa nourriture. Ce faisant, il assure une production de viande, un travail du sol sans tassement de ce dernier, un désherbage gratuit, y compris des graines et racines qui peuvent rester dans le sol ainsi qu'une réduction des larves et insectes nuisibles dont il se régale (du à sa condition d'omnivore) tout en contribuant à fertiliser le sol par ses déjections, le tout sans une goutte de pétrole ni trop de temps passé par le paysan pour parvenir à ses fins.

Néanmoins, le fait d'avoir des animaux sur la ferme implique de les consommer directement. Et John Seymour détaille même des techniques pour découper des carcasses et aussi des méthodes de préparation et de conservation de viande, afin de minimiser la perte.

Car, au delà du discours technique, on découvre qu'il n'y a une profonde humanité chez John Seymour qui s'applique à une forme de bienveillance envers les animaux. En effet ces derniers permettent d'améliorer la performance et donc l'auto-suffisance du système. Ils méritent donc un respect profond. Dans les phases d'abattage, Seymour décrit toujours la technique la plus efficace du point de vue de la minimisation de la souffrance animale. C'est souvent une méthode basée sur un coup de 22 dans la tête, dans un lieu connu de l'animal, alors qu'il est dans un état calme et qu'il n'y a aucune tension ni aucun changement par rapport à l'habitude qui pourrait le déranger. Enfin, John Seymour évoque le fait qu'il n'est jamais facile de passer du temps avec un animal pour ensuite le tuer, quoiqu'il arrive, une relation fini toujours par se tisser.

Pour conclure sur ce point, n'étant pas moi-même végétarien, je crois qu'effectivement, élever un animal domestique et devoir le tuer pour le consommer ne peut se faire sans un respect profond et une certaine forme de déchirement. J'y pense à chaque fois que je vois quelqu'un qui jette un reste de viande à la poubelle. Un moment difficile à vivre, tout ça pour finir sous forme de déchet. Quel gachis !

Même si Seymour décrit un système avec animaux, je crois qu'il est possible de se baser sur un système sans contribution animale. Ce serait sans doute plus long, plus complexe, plus fragile mais dans tous les cas, loin d'être impossible.

Conclusions

Une fois le livre terminé je me suis demandé pourquoi je n'avais jamais entendu parler de John Seymour pendant tout mon cursus post-baccalauréat ! J'ai passé près de 5 années à étudier l'agriculture dans toutes ses composantes et je n'ai jamais trouvé trace du système de John Seymour. C'est franchement dommage car c'est un système d'un grand intérêt qui mérite d'être enseigné, décrit ou, tout au moins cité comme exemple alternatif.

C'est assez génial d'avoir trouvé les meilleures techniques pour maximiser la production sur des surfaces réduites. J'ai d'ailleurs été assez scotché par l'emploi des cochons comme outil de préparation du sol. C'est très astucieux et ça me plaît.

Bien sûr les détracteurs de ce système diront que ce n'est pas suffisant, que le sol est mal préparé, que ça prend du temps, que ce n'est pas adapté à une production industrialisée, etc. Mais pour une approche auto-suffisante, c'est très bien et très adapté.

Au delà de l'aspect technique, j'aime également le ton assez pragmatique de l'auteur qui, sans faire de longues phrases ou d'envolées lyriques, parvient à instiller l'intérêt qu'il porte à cette vie significative et pleine de sens de l'auto-suffisance. Mais les britanniques ont un sens assez aiguisé (et une langue qui le permet) de pouvoir faire passer une philosophie avec toujours une petite pointe d'auto-dérision, n'est-ce-pas ?

John Seymour me donne l'envie de continuer sur la découverte ou la re-découverte de ces techniques agricoles plus clairvoyantes que celles d'aujourd'hui. Le sujet de la permaculture sera, à n'en pas douter, un de mes sujets de l'année 2019. Il n'y a rien qui me plaise plus qu'un truc compliqué mais efficace où tout a été pensé, expérimenté et évalué, en faisant fi des systèmes actuels tout en étant un tantinet en décalage avec. C'est sans doute mon côté Aspeger qui reprend le dessus.

Dans tous les cas, si vous êtes intéressés par l'agriculture, je vous invite à lire The complete book of self-sufficency de John Seymour. Vous découvrirez, à n'en pas douter, la beauté d'un monde nouveau qui n'attend que vous pour le découvrir.

Posted mar. 22 janv. 2019 19:25:30 Tags:

Même si je suis un libriste convaincu, j'ai parfois des défaillances ! Notamment en ce qui concerne les jeux vidéos. Et oui, on ne se refait pas. En 1988, j'avais 10 ans et tout ce qui concernait l'informatique me semblait déjà un monde extraordinaire. Il faut dire, j'ai commencé à utiliser un ZX81 quand j'avais 8 ans environ. Je remercie d'ailleurs mon père pour ça car je ne crois pas que tous les pères de famille des années 80 s'intéressaient aux ordinateurs dans les années 80.

En ces années, le logiciel libre n'en était qu'à ses balbutiements et sans accès à Internet, difficile de récupérer la connaissance. Donc, dans les années 80, j'ai fait à peu près tout ce qui était possible pour un enfant de 10 ans avec forcément des moyens limités: j'ai acheté une NES et les jeux vidéos propriétaires avec.

Et croyez-moi, j'ai passé du beau temps dessus. C'était très sympathique même si ça consommait beaucoup de temps libre. Avec les années, j'ai peu à peu réduit mon rythme de jeux vidéos pour passer plus de temps sur de l'administration système et sur du développement. Mais, j'ai toujours gardé un petit peu de temps pour continuer à jouer aux jeux vidéos. Il y a 10 ans, je me suis même acheté une Wii. Tout ça pour dire que j'achète environ un ou deux jeux vidéos propriétaires par an.

Dernièrement, j'ai enfin craqué pour une promotion sur GOG.com du jeu Firewatch dans sa version pour GNU/Linux. Je l'avais déjà entre aperçu auparavant, en surfant sur Internet. Le concept m'avait bien plus, moi qui aime la randonnée dans des espaces sauvages, dans la vie réelle. Pour vous faire le pitch, dans Firewatch, vous êtes un gardien d'une tour de vigie pour la défense incendie de forêt dans le Wyoming. Votre boulot consiste à surveiller la forêt et à en faire respecter le règlement. Le jeu est du type aventure à la première personne, tout en 3D.

Le concept me plaisait beaucoup, le milieu aussi ainsi que la réalisation graphique qui semblait sympathique. Le fait d'avoir un monde assez ouvert (où on peut se balader à peu près où on veut) était aussi un vrai plus. Et puis, à 4€ au lieu de 20€ lors de sa sortie, le risque était assez limité. Donc, j'ai craqué.

Dimanche dernier, il pleuvait et j'ai consacré mon après-midi à Firewatch. Malheureusement, à 20h30, le jeu était déjà terminé, soit environ 4-5h de jeu. Le lendemain soir, j'ai essayé de rejouer une partie en ne suivant pas du tout le scénario. Mais au bout d'une heure, je me suis rendu compte que peu importe les choix qui sont faits dans le jeu, le scénario est très linéaire. Par ailleurs, certains emplacements sont interdits d'accès (par des branches ou des obstacles) tant qu'on est pas arrivé au bon moment du scénario.

Enfin, d'un point de vue technique, le logiciel en lui-même est assez moyen. D'abord je n'ai pas réussi à afficher quoi que ce soit sous Wayland. Il a fallu que je repasse dans un environnement Xorg complet (ce que je peux faire facilement mais c'est dommage). Ensuite, ce machin repose sur Mono et donc, c'est lourd au démarrage. Enfin, c'est bien la première fois que j'ai entendu les ventilateurs de ma carte graphique tourner aussi fort. J'ai même cru que j'avais un problème de poussière dans la tour tellement ça chauffait. Pourtant, le graphisme qui reste pas mal est franchement en dessous de ce que j'ai pu tester dans Doom3 pourtant sorti il y a 14 ans ! En plus de ça l'équipe de développement a utilisé un moteur tout fait (unity il me semble). Ils ont donc réduit leurs coûts par rapport à ce point technique d'importance.

Ma conclusion, vous l'aurez compris, est sans appel: Firewatch est une bonne démo mais sans doute pas un jeu à la hauteur de 20€. En comparaison, en 2017, j'ai joué à Thimbleweed Park pendant au moins 40h et à Stardew Valley pendant 100h. Certes, ce ne sont pas les mêmes types de jeux mais le rapport prix/temps passé à jouer est trop important pour Firewatch.

Le concept de ce jeu reste pourtant d'un grand intérêt. Le studio aurait eu intérêt à allonger la durée de vie du produit. J'aurais bien aimé avoir un peu plus de temps pour me ballader dans le secteur. Il aurait sans doute été bon de donner aussi plus de travail à Henry que de s'occuper uniquement de son affaire d'espionnage. Il aurait pu herboriser, piéger des nuisibles, essayer de compter les ours, faire des prélèvements à droite à gauche pour une mission scientifique. Il y aurait pu également avoir des défis de randonneur, du repérage de nouveaux chemins à construire, du travail d'arpentage, de la constitution de cartes, des trucs à réparer. Même la simulation de chier dans les bois aurait été une excellente idée !

Donc, c'est bien dommage mais je vous conseille de ne pas acheter Firewatch en dehors des périodes de soldes ou de vous le faire prêter par un ami avant d'essayer de l'acquérir. Car vous risquez d'être un peu frustré et d'avoir le sentiment d'avoir jeté un peu de fric par les fenêtres.

Pour conclure, si Firewatch avait été un jeu libre, j'y aurais volontiers contribué pendant de longues heures. J'aurais sans doute aussi fait un don sans doute un peu plus conséquent que ce que j'ai payé sur GOG.com. J'aurais aussi pardonné le peu de contenu et une piètre réalisation technique. Mais comme Firewatch n'est pas un logiciel libre, tout ce que je peux faire c'est noyer mon amertume dans cet article de blog ;-)

Posted mar. 09 oct. 2018 19:25:30 Tags:



After about 7 years of thruthful service, I need a new e-reader!

My Kindle3 is dead. Well, It's only the screen that has been fractured. Perhaps too much compression on my bag:

RIP Kindle3

It has been really good to read books on it. The eInk screen was really soft for my eyes and with time, I finally got rid of nearly all of my physical books (I own now fewer than 30 paper books vs 250 ebooks).

This Kindle has never been connected to a Wifi Network because I was (and I am still) too much paranoid to use an operating system I don't have installed myself. It never prevents me to read books on it: I simply downloaded them on my main computer and pushed them on the device via USB.

What annoyed me the most was the library software from Amazon. It was really painful to navigate through my growing ebooks collection.

I jailbreaked it as soon as I got it but I did not do so much things with all of this privileges because there was (and it still is) not so much softwares for it. I think that the eInk screen is too much complicated to use as a true screen for an operating system.

Clearly I should have tried to install something like FBReader on it. If I got more free time, I may try to install Debian on it... after all, the main board is still working and I have kept the battery.

Until this moment, well, RIP eReader!

Posted sam. 09 juin 2018 11:16:30



After Github acquisition from Microsoft it took me only few minutes to just delete my Github account!

I already wanted to do it one day or another so, Microsoft acquisition push me in some kind of mood to do it as soon as possible.

I mostly used Github platform for QGIS development. All the coding effort is centralized on this platform and it was the most practical way to push code into the project.

Thanks to resistance from lead project developers, QGIS never ported everything of its development platform on GitHub. For years there has been internal pressure to do it. But, at least until now, only code is centralized on GitHub. Issues are still on a redmine service, owned by QGIS project (or perhaps osgeo).

Some QGIS developpers tried to push the issues from redmine into GitHub but they soon face the limit rate of GitHub API and they never managed to push every bugs into GitHub. I think this step stopped them to use it for any other thing than code.

At first, I did not want to use another account just to particpate to code effort. Nowadays you've got so much accounts for anything. Hey, I've got a dedicated software (password-store) just to handle them all! So one another account, even a useful one, is still too much for 2018. Why don't we have a decentralized and universal authentication system in 2018? Probably because everybody else than me is using Facebook/Google and... GitHub for authentication instead of a real system!

As I have too few free time to contribute to QGIS, I though I could get rid of my account really quickly: I have finished my job for this project, until I find more free time to contribute.

I am really lucky to have always resisted to push all my git repositories on GitHub. My personal server owns them and I have lots of backups. They are stored behind a private cgit service and I can use it whenever I want. Perhaps one day I'll have to open them to the public. For the moment, they are well kept behind authentication!

By the way, cgit is a real peace of (free) software: fast, light and well designed. You can run it under nearly any computer as it is built in pure C. Compared to GitHub, it just lacks lots of not-git related features like issues/wiki/comments/etc. But for displaying a git repository on a web browser, it is the most efficient.

I have used GitHub for a few years and I can say that it is quite easy to use. But with time, I found it quite boring because, at a moment, you have to use their web interface to do simple things that could be made by git, for example for pull-requests. It was often painful to just open my web brower to push something on the main repository. It is not a so natural workflow when you work with git to stop operations and open another software just to share code.

It was also painful to have to use their web interface to deal with their "notifications": I already have them by mail, why annoying me on the web interface? And I don't mention when you have an heavy commit with lots of modifications, only viewable on a single page by default that will consume all your CPU cores on your 4 years old laptop.

Another thing that I regret with GitHub is the "competition" boring game for developpers: why spend time to make statistics from commits and individual developer into an action reporting calendar? I mean, it is not because you have few green days in your year that you are not working hard on some projects. It can mean you are just using GitHub for storing part of some code. Why displaying this activity other than making developpers using more and more the platform?

Furthermore, I think that GitHub, by storing too much opensource or even free softwares is really frightening: you have only one major provider for free software and it give him too much power. As Microsoft is acquiring them, it is clearly a threatening to free software (yes, even if I have seen what Visual Studio is, I will allways keep my Emacs text editor for ethical purpose).

I do hope that some ingenious developpers will build popular decentralized development platforms on which users and devs have the real power... and not just another VC backed startup which will be absorbed, one day or another, by a big evil giant corporation (look at sourceforge).

From now, I will rely on old and traditional ways to contribute to free software: emails/mailing lists/bug trackers/patches/crappy web interfaces/etc... and I will focus on free softwares that use their own development platform.

As a conclusion: farewell, GitHub!

Posted ven. 08 juin 2018 21:16:30 Tags:

Introduction

Quand on travaille sur le logiciel libre, on finit, au bout d'un certain nombre d'années par se rendre compte que la masse de travail à achever est encore immense et qu'il manque sacrément de contributeurs pour tout faire.

C'est ce que je constate sur des projets comme QGIS: beaucoup d'utilisateurs ont des idées très intéressantes mais hélàs, même avec la meilleure volonté du monde, le flot des développeurs ne suffit pas à combler ces besoins. En conséquence, le projet voit s'amonceler un tas de nouvelles idées qui prennent du temps à être mises en place, fautes de moyens humains, les plages de développement s'allongent, il faut faire des choix, prioriser, etc.

Parfois cela peut même conduire à mettre en péril des pans entiers de sécurité comme ce fut le cas avec GnuPG il y a quelques années.

C'est que travailler sur du logiciel libre, ça prend du temps. Quand on fait ça sur son temps libre comme moi, le niveau de contribution est assez faible. Je me rends bien compte que les types qui sont payés pour faire ça sont bien plus productifs que mes petites heures glanées ici et là. D'ailleurs, on le voit à leur nombre de commits et aux messages de la mailing-list de développement.

Se pose finalement, la question du financement de tout ça ! Car, au delà de l'aspect éthique des choses, il faut bien que le développeur puisse vivre, pas forcément de son travail mais au moins subsister physiquement. En règle générale, les développeurs de logiciel libre sont loin d'être des golden boys avides de flouz. Leurs besoins sont donc très en deça des besoins du commun des mortels mais il leur faut un minimum quand même: de quoi satisfaire au moins les besoins indispensables à couvrir comme la bouffe, la flotte, un toît sur sa tête, un ordinateur pour coder, de quoi payer un peu d'électricité, un endroit pour pouvoir se focaliser, etc.

Si on veut des logiciels libres de qualité, il faut donc un moyen de rétribuer un minimum certains développeurs. On peut observer un peu tous les profils, du type payé pour le projet dans une SS2L ou un grand groupe comme RedHat, au type qui fait ça pour ses loisirs. Néanmoins, dans la tranche intérmédiaire, le besoin de €$ est visiblement indispensable, surtout quand les méthodes traditionnelles du financement de logiciel classique ne peuvent s'appliquer.

Après ce constat sévère, voyons maintenant comment je me suis mis à une plate-forme de financement de logiciel libre.

Comment je suis arrivé à tester Liberapay ?

Cela fait maintenant quelques années que j'essaye de rétribuer les projets libres que j'utilise au quotidien. Généralement, en début d'année, au moment des étrennes, je fais ma campagne de dons.

Mais, même en 2018, cette opération n'est pas si simple que ça. En effet, il y a un site de don par projet libre que j'utilise voire parfois, on ne peut pas faire de dons du tout. Il faut d'abord explorer les projets manuellement sur Internet, trouver la page de dons, étudier quels sont les moyens de paiement acceptés. Enfin, on peut passer à l'analyse des coûts en fonction de la devise utilisée, des frais bancaires, du mode de paiement (un virement SEPA dans l'Union Européenne ou par carte bancaire)...

L'ensemble requiert un peu de temps, surtout, si on veut faire les choses bien, c'est à dire en maximisant la quantité d'argent qui arrive dans la poche du ou des développeur(s) tout en minimisant les frais de gestion (car ce qu'on veut rémunérer, c'est le développeur, pas le type qui fait la transaction).

Pour autant, j'ai toujours eu un peu de méfiance vis à vis des acteurs du financement participatif qui font un peu la pluie et le beau temps. Ces startups du genre qui finissent toujours par mettre la clef sous la porte après s'être rendu compte que ça ne rapportait pas assez et pas assez vite et qui finissent par essayer de se faire du fric en revendant des données personnelles à "d'autres partenaires" ou en envoyant une floppée de spams pour te forcer à acheter leur ultime option qui tue.

Dans le courant du mois de novembre 2017, Patreon, qui est la plate-forme de financement continu d'un peu de tout la plus connue, a décidé de modifier unilatéralement ses conditions de rémunération. En résultat de ce changement, beaucoup de développeurs ont cherché d'autres moyens pour se financer. Comme en dehors de Patreon, tous les projets qui ont été lancés ont été exterminés à l'exception de Liberapay; ces developpeurs ont commence à faire un peu de pub pour Liberapay.

C'est le cas de Joey Hess, un ancien développeur Debian ultra-connu pour qui j'ai un profond respect (et je ne suis pas le seul d'ailleurs). J'ai lu son article de blog et ça m'a convaincu d'aller faire un tour sur Liberapay.

Les gens que je finance

J'ai décidé de porter mes dons à 100€ sur l'année. Ce n'est pas beaucoup mais c'est déjà un bon début. Voici les liens vers les personnes à qui je verse une modeste obole:

Qu'est-ce-qui est bien dans Liberapay ?

D'abord, le site web n'a aucune publicité et ça fait franchement du bien. Même mieux, le site n'utilise aucune ressource tierce: je n'ai aucun bloquage dans µBlock, ce qui est assez rare pour le souligner. C'est loin d'être le cas pour Patreon qui ne m'affiche pratiquement rien si je ne modifie pas ma configuration de µBlock.

  • Pas de spam après la création du compte.
  • C'est du logiciel libre.
  • Ça gère Libravatar, une alternative moins intrusive que Gravatar.
  • Ça semble léger en terme de technologie et du coup, c'est léger dans mon navigateur comparé à Patreon par exemple.
  • L'interface de traduction est WebLate, la solution libre de référence de traduction communautaire.
  • On se repère finalement assez bien.
  • Il existe des widgets pour indiquer sur son site combien on reçoit ou combien on donne.
  • Il y a une page de stats simple à comprendre, faite pour le long terme.

Quelques conseils pour donner

Pour ma part, j'ai toujours pensé qu'un virement SEPA était l'opération la moins chère pour effectuer un don d'argent au sein d'un pays de l'Union Européenne. Mais c'était sans compter sur les frais bancaires de ma banque qui me facture 3,3€ par virement ponctuel, en 2018, alors que je me tape toute la paperasse à écrire, attendre mon passage au guichet pour dépenser mon propre fric. 3,3€ sur un don de 50€, ça fait beaucoup ! On est à environ 7% de frais ce qui est énorme.

Donc, si vous avez une banque restée en 1918 comme la mienne, je vous invite à réaliser un achat de crédits plutôt par carte bancaire si vous êtes pressés, ce n'est pas si cher que ça.

Que manque-t-il à Liberapay ?

Parmi les seuls reproches que je peux faire à la plate-forme Liberapay, on trouve le manque de projets ou d'acteurs d'intérêt. En effet, point de Mozilla Foundation, de The Document Foundation, des développeurs emblématiques du Kernel Linux, idem pour Debian (même si ça commence à changer), etc.

Ce qui m'a fait adhérer (et donner), c'est principalement la présence de Joeyh Hess dont j'utilise un logiciel depuis près de 10 ans (ikiwiki, qui fait tourner ce site web d'ailleurs). S'il y avait d'autres projets phares, ça attirerait plus de monde sur le site. Comme ce dernier est plutôt pas trop mal fait, on pourrait alors utiliser ses fonctions d'exploration pour trouver autre chose que les projets très exposés.

Très clairement, le site manque de financeurs et les niveaux de rémunération sont quand même faibles même si la plate-forme brasse environ 10000€ par mois.

Ce qui serait vachement bien, ce serait de trouver les projets majeurs du logiciel libre sur Liberapay histoire que plus de gens puissent participer: des pans entiers de Debian avec des développeurs connus ou méritants (ou moins méritants mais ayant besoin d'un financement), des projets que j'utilise de Apache à BorgBackup en passant par Bind, Exim, Dovecot, Radicale, Roundcube, LibreOffice, archive.org, i3-wm, , Tor, i2pd, etc... et bien sûr QGIS !

Pour rester sur une note positive, on peut toutefois constater que les montants de financement ne font qu'augmenter, ce qui est une très bonne chose. C'est juste moins spectaculaire que sur d'autres plate-formes déjà bien implantées.

Une autre chose qui me manque, c'est de pouvoir m'adresser, via la plate-forme, aux personnes que je finance. Mon objectif est juste de leur donner une information, ce que j'aime dans leur projet, en quoi il me plaît et surtout les encourager à persévérer dans leur action. Néanmoins, je n'oublie pas aussi que les développeurs ont déjà de très nombreux moyens de récupérer cette information. C'est juste qu'on pourrait lier la rétribution avec des mots d'encouragement.

Maintenant, quand on fait un don, ce n'est pas pour demander quelquechose en retour, sinon ce n'est plus un don !

Conclusions

Sans être parfait, Liberapay se propose de financer le logiciel libre par le logiciel libre.

Le projet semble d'ailleurs assez résilient. Il n'a qu'un niveau de dépenses assez faible, qui doit être limité à quelques frais de gestion et d'hebergement. Si vous suivez l'actualité des sites de financement participatifs, vous vous rendez compte que la majorité, en dehors de Patreon a disparu, comme le défunt Gratipay.

Avec sa petite équipe limitée à 1 développeur qui ne gagne pas encore le SMIC avec la plate-forme, Liberapay fait quand même son bonhomme de chemin. Je pense que la sauce va prendre, il faut juste être patient et sans doute se concentrer un peu plus sur la communication ou sur la mise en communauté. Quelques "gros acteurs" pourraient apporter un nouveau flot de contributeurs.

Bien entendu, comme avec toutes ces plate-formes, ce qui fait le succès, c'est aussi la communication publique qu'on peut faire dessus. C'est chose faîte avec cet article.

Posted mar. 15 mai 2018 21:37:07 Tags:



Ça y est ! Pour la première fois depuis de trop longues années, j'ai enfin versé une obole pour une série de projets de logiciels libres ou d'infrastructures qui visent améliorer Internet.

Jusqu'à présent ma contribution était essentiellement le fait de fournir un travail directement pour les projets de logiciels libres que j'utilise couramment.

Néanmoins, cet effort direct n'est jamais parfait car vous ne pouvez jamais vous impliquer dans tous les projets. Dans les faits, par exemple, je n'ai pas vraiment l'habitude de contribuer directement au projet Debian même si ce dernier me permet de faire fonctionner mes ordinateurs depuis près de 13 ans déjà. Je n'ai tout simplement pas le temps de devenir un mainteneur Debian. Ça changera un jour mais pour l'immédiat, ce n'est pas possible.

En dehors du temps libre que je peux fournir, je suis également capable de contribuer sur le plan financier. En ce début d'année 2017, plein de bonnes résolutions, j'ai décidé de financer à hauteur de 500€ 10 projets libres qui me tiennent à coeur (50€ pour chacun).

Voici la liste de ces projets avec quelques commentaires.

  • FSF Europe C'est bon de financer la FSF. Après tout, la majorité des outils que j'utilise sont des outils GNU. Il est donc tout naturel de financer la FSF. Le moyen le plus efficace pour un citoyen européen est de financer la FSF Europe qui accepte les dons en €. Pour ma part, j'ai effectué un virement SEPA car il y a moins de frais de versement que pour d'autres méthodes.
  • Debian Enfin, j'ai donné 50€ à SPI pour le projet Debian. Paiement via Carte Bancaire.
  • QGIS Le projet QGIS permet aux européens d'effectuer des dons à l'ordre du QGIS Swiss user group (les dons sont en € et pas en F Ch). Ce dernier reverse ensuite à différents développeurs selon plusieurs programmes (correction de bugs et financement des hackfests par exemple). Pour ma part, j'ai effectué un virement SEPA, plus pratique et plus direct.
  • LibreOffice C'est la suite bureautique que j'utilise depuis 13 ans, régulièrement. Le don est direct par carte bancaire par une interface assez simple.
  • Tor Le projet Tor accepte les dons en € via une association germanique. Je n'utilise pas Tor au quotidien même si j'ai hébergé un jour un serveur de bridge, mais je trouve l'idée de Tor assez belle et, dans tous les cas, très utile pour des choses aussi simples que la lutte contre la censure, pour la liberté de la presse et pour la préservation d'un anonymat protecteur d'une vie privé. Ici, j'ai également fait un virement SEPA.
  • Letsencrypt Je n'ai jamais payé pour un certificat mais je suis prêt à financer l'infrastructure qui permet de générer des certificats à la chaîne, gratuitement. Je pense que Let's Encrypt a su imposer TLS un peu partout sur Internet en moins de temps que les autres acteurs et c'est tant mieux. Le virement s'est fait par carte bancaire en direct (sans passer par Paypal).
  • La quadrature du net Donnons un peu de sous à quelques activistes d'un Internet libre, il en ressortira toujours quelque chose de bon, même si ces derniers temps, les efforts importants de la Quadrature du Net n'ont pas été couronnés de succès à cause d'une série de gouvernements assez autoritaires et sécuritaires sur le sujet. Espérons que cela change pour la prochaine législature (il faut juste voter pour le bon candidat, c’est-à-dire celui qui a un programme sur le sujet). Dans tous les cas, financer la Quadrature du Net permet de mettre un peu plus de visibilité des sujets liés à Internet dans le débat public et c'est toujours une bonne chose. L'interface de dons est simple à utiliser et j'ai payé par carte bancaire.
  • Mozilla J'utilise les outils de Mozilla depuis près de 15 ans. Il était temps de donner une petite obole pour ces services. Firefox est toujours mon seul navigateur. Je n'ai jamais utilisé Chrome car je n'arrive pas à faire confiance à Google, y compris pour Chromium. J'ai donc donné 50€ à Mozilla. Je dois d'ailleurs relever que leur interface de dons est vraiment bien foutue, minimaliste et permet de faire un don en moins d'une minute.
  • Archive.org Je suis un nostalgique de nature. Aussi, de temps en temps, j'utilise les services d'archive.org qui me permettent de récupérer quelques sites web de ma jeunesse. J'aime aussi tout simplement l'idée de conservatoire du web. Après tout, on le fait bien avec tout ce qui est écrit ou en vidéo, pourquoi ne pas le faire pour Internet. Ici aussi, l'interface de dons est très proche de celle de Mozilla et c'est vraiment simple de faire un don.
  • OpenStreetMap Même si la fondation OpenStreetMap est hebergée au Royaume-Uni, il reste possible d'effectuer un virement SEPA en €, pour l'instant (jusqu'à la sortie de l'Union Européenne, plus communément dsignée sous le nom de Brexit). La campagne de financement de stockage est terminée mais on peut toujours effectuer des dons à la fondation.

Voilà, c'est fait pour moi. Je vous invite également à donner en fonction de vos moyens. Le plus simple étant de faire la liste des projets qui vous tiennent à coeur, des différents logiciels que vous utilisez régulièrement et d'aller trouver la page de dons. Dans ma recherche, j'ai été surpris de trouver que pas mal de projets libres n'ont pas besoin de contribution financière (ex: borg, mon logiciel de backup). Mais d'autres projets en ont clairement besoin et vous les trouverez sans peine.

Même si j'aime l'idée d'un logiciel libre réalisé en tant qu'oeuvre commune, uniquement à la force des doigts et des cerveaux, je reste réaliste: les contributions les plus significatives ne peuvent être réalisées que par des personnes qui ont beaucoup de temps à y consacrer. Le plus efficace dans ce bas monde capitaliste étant sans doute d’être payé (pour avoir une vie décente) pour travailler sur des logiciels libres. Ce ne doit pas être la seule voie mais l'ignorer reviendrait sans doute à fragiliser la force de frappe des contributeurs du logiciel libre.

En un mot, donnez ! En plus, ça fait du bien moralement...

Posted jeu. 09 févr. 2017 16:16:30 Tags:

Cher journal, je suis dévasté !

Oh triste complainte en ce jour maudit de novembre 2016. La pluie, le froid, le vent, la grisaille ambiante ne font que donner plus d'écho au départ d'un des plus grands chanteurs du 20ème siècle.

Car Leonard Cohen est mort… Le monde vient de perdre le poète de la mélancolie, le chanteur qui transforme la dépression en mélodie.

Et quelle carrière ! Sans rentrer dans les détails (Wikipédia fait tout ça mieux que moi), la carrière musicale de ce poète canadien commence en 1967 avec l'album bien nommé "The songs of Leonard Cohen". Ce dernier regroupe des tubes comme "Suzanne" et "So long, Maranne", lié à une de ses muses: Marianne Jensen (qui est décédée il y a quelques mois). Le style est sobre: des paroles sombres, bien travaillées et un accompagnement musical minimaliste destiné à mettre en exergue la poésie qui prend tout son sens dans cet univers sans bruit. Leonard Cohen est souvent accompagné de voix féminines d'une tessiture (forcément) plus élevée que sa voix grave, ce qui, selon moi, sublime la mélodie. Cette accompagnement féminin reste un trait de caractère de son oeuvre car on le retrouve sur pratiquement chacun de ses albums à venir.

Après ce premier succès, la fin des années 60 lui permet de présenter deux autres albums majeurs: "Songs from a Room" avec le requiem "Bird on the wire" et la chanson "Partisan" qui évoque la résistance française lors de la deuxième guerre mondiale. Vient ensuite "Songs of Love and Hate" et son emblématique "Famouns Blue Raincoat" qui évoque un message adressé à l'amant de la propre femme du narrateur (dans la chanson pas dans la vie de Cohen).

Les années 70 sont prolifiques pour Leonard Cohen avec pas moins de trois nouveaux albums aux registres parfois différents. En 1974 paraît "New Skin for the Old Ceremony" avec "Chelsea Hotel #2" et l'interrogation de "Who by Fire ?". En 1977 paraît "Death of a Ladies'Man", produit par Phil Spector. Cet album rompt largement avec les précédents dans le style musical: l'accompagnement est bien plus présent qu'auparavant et fait la part belle à de nouveaux arrangements qui rompent avec le style "traditionnel" de Leonard Cohen. Je vous recommande l'impertinent "I left a woman waiting" qui donnera quelques idées à votre vieux couple ainsi que le titre éponyme de celui de l'album qui reste, selon moi, un des meilleurs morceaux de l'auteur. Enfin en 1979 sort "Recent Songs" avec "The Guests" et le décalé (mais toujours mélancolique) "Un canadien errant", chanté en français. Cet album revient plus aux sources de ce qui fait le style Cohen.

Après quelques années de pause, Leonard Cohen publie en 1985 "Various Positions" avec "Dance me to the end of Love", inspiré par l'haulocoste (même si on dirait plutôt une ode amoureuse) et une autre de ses chansons les plus connues "Hallelujah", très souvent reprise et jouée dans nombre de cérémonies de mariage… Vient ensuite "I'm your man" en 1988 avec la chanson éponyme qui rapellera des souvenirs aux enfants des années 80 qui regardaient la publicité à la télévision; mais aussi "First we take Manhattan" qui a sans doute inspiré involontairement les évènements du 11 septembre 2001 (si,si, lisez les paroles).

Les années 90 sont moins prolifiques: Cohen sort un unique album "The future" en 1992, plus politique à mon sens, qui évoque la guerre dans "Anthem" et "Democracy", en réaction aux divers récents évènements politiques (en Chine et ailleurs).

On aurait pu croire que la carrière musicale de Cohen soit terminée avec sa retraite dans un monastère Zen, mais il revient dans le nouveau siècle avec deux albums: "Ten new songs" qui affiche "A Thousand Kisses Deep" et le jazzy "Boogie Street". En 2004 sort "Dear Heather", un album musicalement plus varié avec des notes de Jazz et même de country avec "Tennesee Waltz".

Leonard Cohen a maintenant 70 ans et on pense qu'il va s'arrêter mais la décénnie 2010 verra trois nouveaux albums (que je n'ai pas encore écouté donc je ne vous en parlerai pas…) dont l'avant dernier se glisse dans le top 5 des charts mondiaux. Il continue également à se produire en public, avec une tournée (sans doute éprouvante pour un monsieur de 80 ans): le World Tour. Le titre du dernier ("You want it darker") résume bien, à lui seul, le style Cohen.

On le voit bien, Leonard Cohen est un auteur prolifique qui a su traverser les différentes décénnies des 20ème et 21ème siècles, sans trahir la forme originale. C'est sans doute l'ensemble de cette oeuvre fidèle qui fait de lui un auteur/compositeur/interprète intemporel.

Mon pauvre Leonard, comme j'aime écouter tes chants, tes mélodies, tes complaintes lorsque je code. Cette tristesse, cette voix grave, cette plénitude et ce calme respectueux parviennent à intensifier ma concentration à son paroxysme, à maintenir centrée mon attention lorsque l'algorithme se dérobe sous mes doigts ou que le fichier de configuration part en sucette. Tu as su extraire la beauté paradoxale de ce qui ne semble que malheur, tristesse, ennui, mélancolie, dépression, etc.

Pour ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre de Leonard Cohen et qui souhaiteraient la découvrir, je peux vous recommander les titres évoqués ci-dessus, à écouter dans l'ordre chronologique de sa carrière (ce qui vous permettra de tracer une certaine progression). Bien entendu, je vous recommande de ne pas les écouter si vous êtes fragile moralement en ce moment (déprime après l'élection de Donald J. Trump, perte de l'être aimé, etc.): je ne souhaite pas être responsable de votre fin de vie auto-organisée; la mélancolie est parfois une arme de destruction massive !

Triste année que 2016. D'abord David Bowie puis Michel Delpech, Prince et maintenant Leonard Cohen…

Restons néanmoins joyeux car Leonard a enfin rejoint Marianne; ces paroles prémonitoires sonnent maintenant mieux que jamais:

"Now so long, Marianne, it's time that we began To laugh and cry and cry and laugh about it all again…"

Posted ven. 11 nov. 2016 18:23:21

No more blog ?

Hello to you readers of my blog !

It's been a little less than one year since I have published my last blog article. Why so much time ?

Well, it is just because I am more involved in code than before and when you deal with code, it takes far much more of your free time to do things.

I am really proud of what I have achieved so far on the QGIS project even if it is not a perfect work. But look at what I have done:

  • I have triaged a little more than 300 bugs in less than 6 months.
  • I have made some improvements into QGIS particularly on the GRASS7 processing side.
  • I have translated lots of QGIS application strings in french.
  • I have written lots of (french) articles on QGIS releases.

And as a consequence, I have so few time to write things on my blog because QGIS consumes all of my free time. At work, I can't morally take time to work on QGIS (actually I am working on ESRI technology on which I can say that it is pure shit as long as you don't conform to their unique use-case of "DBA admin should be a GIS admin"). So, all of my work on QGIS is done during my free time even if I am able to spend a little bit of 10 hours per week on it !

Well, the situation is really bad in the country where I live. France is becoming more and more racist, facist and even our left government brings anti-social laws. This is disgusting and to counterbalance this, I need to focus on things that I feel are right and good for humanity. Free software is a part of this project.

Furthermore, people of the QGIS project are really good people and very talented developpers. When I am working with them I feel much more confident with humanity future.

If you want to read more about what I do, just read my github activities !

See you soon...

Posted sam. 27 août 2016 20:26:29 Tags:

Du 14 septembre au 3 octobre 2012, je suis parti, seul, sur les chemins de la montagne corse. Cette grande randonnée a été pour moi l’occasion de visiter la Corse sous un jour particulier : celui de la montagne. En guise de chemin, je suis parti de l’Île Rousse à pied, jusqu’à Porto Vecchio. Entre ces deux ports, j’ai taillé ma route en empruntant majoritairement celle du chemin de Grande Randonnée numéro 20 (le GR20). Ce fut pour moi une espèce d’aventure, quelque chose de marquant pour un être humain, suffisamment important pour que je prenne l’effort de coucher mes souvenirs sur le papier et raconter ce qui s’est passé. Je n’ai aucune ambition par rapport à ce travail d’écriture, mon seul objectif est de le transformer en une espèce d’album photos qui irait plus loin que l’image en reprenant, le plus possible, la narration et la description de cette masse de couleurs, d’odeurs et de sentiments enfouis au cœur de ma mémoire. Cet écrit est fait sans prétention : je crois qu’il pourra plaire à d’autres que moi… mais ce n’est pas garanti. Les aventures contées dans ce récit n’ont rien de rocambolesques. Ami lecteur, j’espère que tu voudras bien m’en excuser mais c’est d’abord pour conserver ce semblant de description en dehors de mon cerveau que je me suis mis à écrire. Puisses-tu y trouver quand même un peu d’intérêt !

Voilà pourquoi je publie dès à présent cet ouvrage de mon clavier sur Internet, sous licence Creative Commons BY-SA 3.0:

Bonne lecture...

Posted sam. 07 nov. 2015 16:18:45

Hello,

ces derniers jours, plusieurs annonces de baisse de prix sur le stockage en ligne viennent de nous faire passer un cap en ce qui concerne la sauvegarde.

En effet, Amazon a annoncé un service de stockage illimité pour 60$ par an.

Aujourd'hui, OVH annonce 10 To pour 50€/an sur son service Hubic. L'ancien prix était de 120€ par an.

Ces niveaux de prix sont maintenant plus compétitifs que de nombreuses solutions de sauvegardes à la maison. Faisons un rapide calcul avec un petit exemple de solution simple à mettre en place pour un administrateur système averti…

Nous voulons un dispositif de sauvegarde qui permette de sauvegarder 10 To avec un niveau de service qui peut approcher celui des deux fournisseurs évoqués plus haut. Concrètement, cela revient à mettre en place un serveur physique dédié équipé de plusieurs disques en RAID (1 ou 10 pour un cas simple). Le RAID permet de pallier rapidement à une déficience d'un ou de plusieurs disques. Mais cette solution n'est pas suffisante: en cas de sinistre complet sur le serveur, les données sont perdues. Il faut donc également un dispositif d'externalisation qui prendra la forme de disque(s) externe(s) sur lesquels on réalise à une fréquence donnée (1 fois par trimestre ou par mois selon le niveau de sécurité exigé) une copie complète des données du serveur (cela peut prendre la forme d'une copie différentielle par exemple). Pour ma part, l'externalisation est véritablement indispensable si l'on veut pouvoir approcher (sans l'égaler bien sûr mais avec un niveau de service acceptable) le niveau de service des deux fournisseurs sus-cités. En termes de durée de vie, nous allons considérer que les disques seront en fin de vie au bout de 5 ans (c'est parfois la durée de la garantie constructeur).

En étudiant rapidement les prix des disques durs du marché, on se rend compte que le meilleur coût au To est situé dans les disques durs de 3To qui sont à peu près à 100€ pièce. A ce niveau, on peut envisager d'obtenir une capacité protégée par un RAID6 avec 5 disques durs (6 disques pour du RAID10). On obtient 9To disponibles, ce qui est un peu inférieur aux 10To mais qui permet de limiter les coûts d'achats (mes calculs veulent juste montrer raisonnablement que même en rognant sur de nombreux postes, les offres des fournisseurs sont plus avantageuses). Avec 6 disques on obtient une capacité protégée de 12To ce qui dépasse ce qu'offre Hubic. Je mets de côté le problème du nombre de connecteurs SATA indispensables à la mise en oeuvre physique de ce stockage.

Pour l'externalisation, on retiendra 3 disques de 3To chacun. Au total, on doit disposer de 8 disques dur de 3To à 100€ chacun, ce qui donne un total de 800€ environ pour l'achat des disques.

Il faut également considérer la consommation électrique du serveur. Nous allons prendre une machine qui consomme peu. Elle peut prendre la forme d'un plugcomputer ou une carte SOC telle que le BeagleBone Black ou le RaspBerry Pi, à la condition qu'ils disposent de suffisamment de connecteurs disques (ce qui n'est pas gagné). Sur une autre forme, on peut envisager la récupération d'une machine normale (desktop) qui dispose souvent de plusieurs connecteurs SATA. En allumant la machine uniquement pour la sauvegarde, on peut tout à fait maîtriser le coût de l'énergie. Mon calcul montre que la consommation électrique d'une machine de 100W qui fonctionne 3h par semaine (le temps de faire une sauvegarde hebdomadaire d'au moins 500Go de données modifiées depuis la dernière sauvegarde) monte à près de 16kWh/an. A 14,4 centimes d'€ le kWh (tarif de base EDF), on obtient un coût électrique d'environ 2,3 € ce qui est (presque) marginal. Disons que le coût d'acquisition de la machine se situe aux alentours de 200€ (CM+RAM+CPU+Alim).

  • Achat des disques: 800 €
  • Boiters d'externalisation: 3x20 € = 60€
  • Achat du serveur: 200€
  • Consommation électrique annuelle: 2,3 €

Si on fait la somme sur 5 ans on obtient les chiffres suivants:

  • Sauvegarde à la maison (coût total d'achat): 1060 €
  • Sauvegarde à la maison (consommation d'énergie sur 5 ans): 11,5 € (on peut sans doute augmenter ce poste)
  • Sauvegarde à la maison (total): 1071,5 €
  • OVH Hubic: 50€ * 5 = 250 €
  • OVH Hubic (anciens tarifs): 120€ * 5 = 600 €
  • Amazon: 60€ * 5 = 300 €

D'un point de vue purement économique, Hubic et Amazon sont bien largement en dessous de ce qu'on peut faire chez soi, à capacité presque équivalente. De plus les calculs simplifiés ne prennent pas en compte les cas de pannes: changer un seul disque dur demande de rajouter 100€.

On peut néanmoins diminuer le poste de sauvegarde à la maison en jouant sur plusieurs tableaux. Par exemple, on peut avoir besoin de stocker moins que 10To. Pour stocker 3To de données, par exemple, il faudra beaucoup moins de matériel (3 disques de 3To au lieu de 8) et on peut également envisager de recycler une machine périmée à condition qu'elle dispose d'au moins 2 connecteurs SATA (ce qui est généralement le cas). Pour ma part, j'arrive à un coût quasi-minimal de 325€ pour une solution de stockage de 3To avec externalisation en utilisant une machine recyclée qui m'a coûté 10€. On voit que même ce montant est supérieur à ce que propose OVH et Amazon, ce qui n'était pas le cas avant (600€ pour l'ancien tarif d'Hubic).

Je reste sincèrement et éthiquement partisan de l'auto-hébergement mais, ma conclusion est que, d'un point de vue purement économique, l'auto-hébergement d'une solution de sauvegarde pour particulier n'est plus du tout rentable depuis ces derniers jours…

On peut néanmoins aller un peu plus loin en essayant d'évaluer quels sont les avantages qui restent d'une solution de sauvegarde auto-hébergée par rapport aux offres des fournisseurs sus-cités ?

J'en vois rapidement un qui me semble majeur: pour les personnes disposant d'un accès à Internet avec un débit montant faible (typiquement l'ADSL), le temps de chargement initial sera forcément très long. Un rapide calcul montre qu'avec un débit montant de 100ko/s (c'est le débit de crête de mon abonnement par exemple), le chargement de 10 To prendra environ 1240 jours (soit environ 3 ans et demi). Un débit montant 10 fois plus rapide mettra environ 4 mois, ce qui reste très long. A l'inverse, un débit montant de 50Mbits/s (débit montant typique de la fibre) permettra de réaliser le chargement complet au bout de 19 jours ce qui est beaucoup plus raisonnable.

Le temps de restauration doit également être pris en compte. Avec mon abonnement ADSL, j'ai un débit descendant de 500ko/s et la restauration des 10To devrait me prendre environ 8 mois. Avec la fibre, on descend à des temps bien inférieurs (12 jours environ).

Bien entendu, ces temps correspondent à la mobilisation de toute l'offre (celle d'Hubic au moins) ce qui n'est pas forcément le cas de figure de tout le monde. Pour ma part, mes besoins de sauvegarde se situent aux alentours de 3To ce qui comprend le stockage des données sur plusieurs sauvegardes (4 sauvegardes hebdomadaires et 6 sauvegardes mensuelles conservées en permanence). Sur mon abonnement ADSL, mes temps de sauvegarde totale et de restauration sont respectivement d'un peu plus d'un an et d'un peu plus de 2 mois, ce qui reste très long. Avec une sauvegarde à la maison, je peux monter jusqu'à un débit de 70Mo/s ce qui prend respectivement 12h à sauvegarder et 12h à restaurer. Ces temps sont déjà beaucoup plus intéressants.

Un autre point d'intérêt de la solution de sauvegarde "à la maison", c'est le fait qu'on puisse dédupliquer le contenu des sauvegardes permettant de diminuer sensiblement la quantité d'espace disque utilisée pour stocker des données qui sont redondantes. Par exemple, le système des sauvegardes hebdomadaires et mensuelles sur un espace disque dédupliqué consommera vraiment peu d'espace car les ratios de déduplication observés pour ce genre de sauvegardes qui stockent souvent la même chose à un delta près sont vraiment très bons (facteur de 1 à 10). Il existe maintenant de nombreux logiciels libres qui gère la déduplication (ZFS, Obnam, Attic, etc.).

Enfin, et pour rester sur l'aspect sécurité, disposer d'une sauvegarde à la maison c'est également une meilleure assurance pour lutter contre l'arrêt brutal d'un service. Effectivement, il est possible (même si j'en doute fortement) que ces tarifs soient uniquement des offres d'appel destinées à attirer le chaland et qu'ils vont augmenter par la suite. Peut-être encore, qu'Amazon ou OVH peuvent suspendre assez sèchement votre compte pour de nombreuses raisons (le compte a été piraté; il est utilisé pour stocker des choses répréhensibles par la loi; vous stockez finalement trop de données, pas en "bon père de famille", etc.). Enfin, on peut penser qu'à ce niveau de prix, si l'offre rencontre un réel succès et qu'une grande majorité de comptes stocke à la limite de la capacité, le fournisseur révise sa politique de prix ou limite le nombre de nouveaux abonnements.

Pour conclure sur ce sujet, je pense que l'on vient de franchir un seuil économique. Si jusqu'à présent, sauvegarder physiquement à la maison était souvent plus rentable, ce n'est maintenant plus du tout le cas. D'ailleurs, mes calculs mettent clairement de côté le facteur de temps humain. Même si on dispose d'une solution entièrement automatisée, je pense qu'administrer une machine de sauvegarde reste plus long (et nécessite plus de compétences) qu'utiliser un compte de service de sauvegarde externe. Je pense aussi qu'il est fort possible que ces tarifs baissent à l'avenir, sans doute, plus rapidement encore que les tarifs d'achat des disques durs.

Le cap est franchi, reste à voir quelles seront les conditions d'évolution de ces offres sur du moyen et du long terme (car la sauvegarde est bien un sujet de long terme)…

Posted sam. 28 mars 2015 15:38:00