L'article qui suit est ma traduction d'un article du blog de Lennart Poettering, l'auteur de systemd. J'ai réalisé la traduction pour en faire une dépêche sur linuxfr. Je la stocke également ici au cas où et pour me souvenir de ce travail. Je publierai également les autres traductions dans des articles de blog distincts.

Voici un lien vers l'article original.

Trois niveaux de "Off"

Dans Systemd, il y a trois niveaux pour arrêter un service (ou d'autres Units). Voyons voir quels sont-ils:

  1. Vous pouvez arrêter un service, cela termine simplement l'instance du service qui fonctionne et cela ne fait que ça. Si pour d'autres raisons d'activation (telles que le lancement manuel, l'activation par socket, par le bus, par le boot du système ou par un interrupteur machine) le service est demandé après cet arrêt, il sera à nouveau lancé. Arrêter un service est donc une opération simple, temporaire et superficielle. Voici un exemple avec le service NTP:

    $ systemctl stop ntpd.service
    

    C'est globalement équivalent à la commande traditionnelle disponible sur la plupart des systèmes basés sur SysV:

    $ service ntpd stop
    

    Dans les faits, sur Fedora 15, si vous exécutez cette dernière commande, elle sera convertie de manière transparente en la première.

  2. Vous pouvez désactiver un service. Cela détache le service de ses déclencheurs. Cela signifie que, selon votre service, il ne sera plus activé au démarrage de la machine, par socket, par bus ou par un interrupteur machine (ou tout autre déclencheur qui s'y applique). Néanmoins, vous pouvez quand même le lancer manuellement si vous le désirez. S'il y a déjà une instance du service démarrée, désactiver un service ne l'arrêtera pas. Voici un exemple de comment désactiver un service:

    $ systemctl disable ntpd.service
    

    Sur les systèmes traditionnels Fedora, c'est globalement l'équivalent de la commande qui suit:

    $ chkconfig ntpd off
    

    Ici également, sur Fedora 15, la commande précédente sera convertie de manière transparente en la première, si nécessaire.

    Bien souvent, vous souhaitez combiner arrêt et désactivation du service, de manière à supprimer l'instance courante et faire en sorte que le service ne soit pas relancé (sauf par action manuelle):

    $ systemctl disable ntpd.service
    $ systemctl stop ntpd.service
    

    Les commandes précédentes sont lancées par exemple lors de la désinstallation du paquet d'un service systemd sur Fedora.

    Désactiver un service est un changement permanent; tant que vous ne le réactivez pas, ce changement sera conservé même après le redémarrage de la machine.

  3. Vous pouvez masquer un service. C'est comme le désactiver mais en plus fort. Cela fait en sorte d'être sûr que le service ne sera plus jamais démarré automatiquement mais assure également qu'un service ne puisse plus être démarré manuellement. C'est une fonctionnalité cachée dans systemd puisqu'elle n'est pas utilisé couramment et quelle peut être mal interprétée par un utilisateur. Néanmoins, voilà comment vous devriez procéder:

    $ ln -s /dev/null /etc/systemd/system/ntpd.service
    $ systemctl daemon-reload
    

    En créant un lien symbolique d'un fichier de service vers /dev/null, vous indiquez à systemd de ne jamais démarrer le service en question et vous bloquez complètement son exécution. Les fichiers d'Unit stockés dans /etc/systemd.system remplacent ceux qui sont situés dans /lib/systemd/system qui portent le même nom. Le premier répertoire est relève de l'administrateur système, le second relève du responsable de paquet. En installant un lien symbolique dans /etc/systemd/system/ntpd.service, vous pouvez être sûr que systemd ne lira jamais le fichier de service situé dans /lib/systemd/system/ntpd.service.

    Systemd reconnaîtra les Units liées vers /dev/null et les indiquera comme étant masquées. Si vous essayez de lancer de tels services manuellement (via systemctl start par exemple), cela se terminera par une erreur.

    Un mécanisme similaire n'existe pas (officiellement) pour les systèmes SysV. Néanmoins, il existe quelques trucs officieux comme éditer le script d'init et en indiquant un exit 0 au début ou bien encore en enlevant le bit exécutable. Néanmoins ces solutions présentent différents inconvénients comme le fait qu'elles interfèrent avec ce que le responsable de paquet a prévu.

    Masquer un service est un changement permanent, un peu comme désactiver un service.

    Note du traducteur: il existe maintenant les commandes systemctl mask et systemctl unmask pour gérer ces opérations en une seule ligne.

Maintenant que nous savons comment gérer l'arrêt de services sur ces trois niveaux, il reste encore une question: commet les réactiver. Eh bien, c'est assez similaire. Utilisez systemctl start pour revenir en arrière de la commande systemctl stop. Utilisez systemctl enable pour revenir en arrière de la commande systemctl disable et utilisez rm pour supprimer les liens symobliques.

C'est tout pour aujourd'hui, Merci de votre attention !