Introduction

En ce moment, je consumme mes heures de loisirs dans un jeu vidéo qui a pratiquement 10 ans. Il s'agit d'Oblivion, quatrième volet de la saga des Elders Scrolls. Outre l'intérêt du jeu, j'ai choisi délibérément de l'utiliser uniquement sous Debian. D'ailleurs, je n'ai pas de multiboot sur ma machine principale. Mais en 2015, force est de constater que Wine, le lanceur natif d'applications MS-Windows pour GNU/Linux, s'est considérablement amélioré. Je peux donc utiliser Oblivion directement sous Debian via Wine. Voici quelques détails sur ma configuration.

Configuration de Wine

Il faut commencer avec une configuration correcte de wine, notamment au niveau des lecteurs utilisés. Wine ayant tendance à tout fourrer dans ~/.wine/dosdevices, j'ai vite créé un lien symbolique vers un emplacement dédié (dans /media/data/gamez/Wine/drive_c) pour ne pas exploser la taille de mon répertoire home. Par ailleurs, il faut indiquer que le lecteur CD sera disponible sur un point de montage correct (/media/cdrom0 pour ma part).

On peut modifier ces emplacements avec l'utilitaire winecfg, dans l'onglet Lecteurs.

Installation

La première chose à faire est de copier l'image ISO du DVD. Pour cela, une simple commande de dd suffit:

$ dd if=/dev/dvd of=/media/data/games/Oblivion/oblivion.iso bs=1M

Une fois l'image iso capturée, il reste à la monter (vous savez faire) et à effectuer l'installation via wine (via wine setup.exe). Et c'est tout !

Configuration d'Oblivion

Le jeu stocke les données de configuration et les sauvegardes dans le répertoire équivalent MS-Windows: C:\USERS\$USER\Mes Documents\My Games\Oblivion\. Il faut savoir que par défaut, Wine créé un lien symbolique de tout ce qui concerne les répertoires Ma Musique, Mes Documents, Mes Vidéos, etc. vers le répertoire home (le vrai, celui du vrai OS) de l'utilisateur. Pour ma part, cela abouti à placer My Games\Oblivion dans ~/My Games/Oblivion.

Par défaut, Oblivion affiche les crédits et une vidéo de lancement et ce, à chaque démarrage. La première fois, c'est intéressant mais au bout de trois fois, on en a facilement marre. La solution consiste à modifier le fichier INI du jeu pour éviter ces lancements. Il s'agit du fichier Oblivion.ini situé dans le répertoire sus-nommé. La variable SIntroSequence permet d'indiquer ce qui sera utilisé comme séquence d'introduction. Il suffit de ne rien mettre dans cette variable pour annuler la séquence d'introduction. C'est la même chose pour les variables SMainMenuMovie et SMainMenuMovieIntro.

SIntroSequence=
SMainMenuMovieIntro=
SMainMenuMovie=

Script de lancement

Pour les jeux qui fonctionnent sous Wine (et il y en a un paquet), je créé un script de lancement dédié que je place dans ~/bin. Cela permet de lancer le jeu en une seule commande. Par ailleurs, la logique de lancement est souvent la même:

  • Vérifier si l'image ISO du DVD est lancée.
  • La monter
  • Se placer dans le bon répertoire
  • lancer wine
  • à la fin du jeu, démonter l'image DVD.

Pour Oblivion, j'avais un autre problème à gérer: la configuration des touches. Par défaut, je devais toujours reconfigurer la touche 'Z' et la touche 'Q' pour respectivement avancer et aller à gauche. En fait, on peut facilement corriger ce problème en indiquant au serveur X qu'on va utiliser un clavier US (via setxkbmap).

Voici donc le script qui fait le travail de lancement de l'application:

#!/bin/bash

# Script de Lancement d'Oblivion sous Wine

## On monte le DVD
fusermount -u /media/cdrom0
fuseiso /media/data/gamez/Oblivion/oblivion.iso /media/cdrom0

## On met le clavier en US pour que le jeu fonctionne correctement
setxkbmap us

## On lance Oblivion avec Wine depuis le bon répertoire
cd /media/data/gamez/Wine/drive_c/Oblivion
wine ./Oblivion.exe

## on remet le clavier dans le bon format
setxkbmap fr latin9

## On démonte le DVD
fusermount -u /media/cdrom0
cd ~
exit 0

Conclusion

Il est plaisant de voir qu'en 2015, on peut jouer de manière fluide directement sous Wine à des jeux AAA d'il y a un peu moins de 10 ans. Par ailleurs, le jeu est vraiment très bon. J'en suis à plus de 70 heures et je suis loin d'être au bout. Je ne connaissais pas vraiment la série des Elders Scrolls mais le principe est assez intéressant: on incarne un personnage assez libre d'évoluer comme bon lui semble dans un monde assez élaboré. Les quêtes sont très nombreuses et très variées et on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer. Peut-être un bon tremplin vers Skyrim ?