Debian MiniDebconf Paris 2010

Voilà, c'est fait ! Je suis enfin allé voir à quoi ressemblait la communauté Debian en chair et en OS. Le week-end dernier avait lieu à Paris, une mini Debconf. Je ne pouvais m'y rendre que le samedi mais cette journée fut un premier pas très encourageant pour moi. En tant qu'utilisateur avancé de Debian (ça fait quand même 7 ans que je l'utilise tous les jours, aussi bien au travail qu'à la maison, sur des serveurs et des stations de travail), il me manquait le fait de pouvoir rencontrer les acteurs de cette distribution et de ce projet de logiciel libre que j'apprécie beaucoup.

J'avais un peu d'appréhension de savoir quelles seraient les rites et les coutumes et surtout de voir si la communauté des développeurs était ouverte sur les autres, y compris les utilisateurs de Debian ou si, au contraire, il fallait déjà avoir fait ses preuves. Mais mes craintes ont vite été levées...

A mon arrivée, juste après le contrôle d'identité, je tombe sur un type que je salue rapidement avant de lire plus précisément le nom inscrit sur l'étiquette collée à son pull. Je lis brièvement: Stefano Zacchiroli... Tiens, le Debian Project Leader, rien que ça !!!

Ce qui m'a marqué était la diversité des personnes présentes. Il y avait beaucoup de pays représentés (Allemagne, France, Italie, Angleterre, etc...) et ça s'entendait dans les accents lors des discussions en anglais. Ensuite, le style des personnes était également libre: certains arboraient des T-Shirt à slogans (Debian; "Free Software, Free Society"; FSFE; etc...), des kilts. D'autres étaient vêtus de manière plus classique. En revanche, je n'avais jamais vu autant de barbus à cheveux longs au m2 ! Enfin, la communauté des développeurs est très ouverte: j'ai croisé des gens de tous âges (des ptits jeunes et des vieux, des trentenaires surs d'eux, des quadra très cools). La gente féminine était également de la partie ainsi que quelques non-voyants dont je trouve la présence carrément bien. Tout ceci achève de me convaincre que Debian est vraiment the Universal OS !

Détail intéressant: la majorité des ordinateurs portables, en plus d'arborer fièrement les logos de la Quadrature du Net, de Debian, de la FSF, étaient tous en mode texte sur des gestionnaires de fenêtre en tuile (Tiled Manager comme awesome).

Au niveau des Talks, ils se sont révélés très complets. A part celui sur dpkg-dev où j'étais un peu largué car je n'empaquete pas des logiciels à longueur de journée, le reste était accessible. J'ai particulièrement apprécié l'intervention de Lucas Nussbaum à propos de la collaboration Debian-Ubuntu qui a complètement brisé mes a prioris sur la distribution de Canonical. En effet, j'avais l'impression que Ubuntu avait finalement peu de paquets en commun avec Debian et surtout que leur task force était bien plus conséquente... Ce n'est vrai ni pour l'un (75% des paquets d'ubuntu viennent de Debian), ni pour l'autre. Ce sujet a donné lieu à un peu de débat sur la question de l'ouverture vers Ubuntu.

Le Talk de Enrico Zini était assez surprenant, notamment, le passage sur fuss-launcher. L'explication sur apt-xapian-index était très convaincante et sans elle, je serai passé complètement à côté de l'intérêt de la démarche (ma première réaction lors de l'arrivée de ce paquet dans Squeeze fut de dire: c'est quoi cet index de 55Mo: virons ce paquet qui ne sert à rien).

Mention spéciale pour le talk de Jemery Lal sur "The first debian package" qui était complètement ce que j'attendais: un retour d'expérience d'un packageur en devenir. J'aurais souhaité passer sans doute plus de temps sur ce sujet mais j'ai bien conscience qu'il en fallait pour tout le monde. J'ai retenu de cette présentation que la courbe d'apprentissage était à un niveau élevé (mais ça, je le savais depuis longtemps) mais également que le travail de fabrication de paquet n'est pas uniquement technique: vous devez travailler le côté social en parlant de votre projet, en demandant des conseils et des informations aux équipes techniques et surtout, vous devez trouver quelqu'un de suffisamment intéressé pour uploader votre paquet dans Debian !

De plus, grâce aux étiquettes et aux photos, je peux enfin mettre des visages sur les noms des mailing-lists et des rapports de bugs...

Ce qui est également très positif c'est de pouvoir concentrer de nombreuses personnes avec les mêmes convictions dans un endroit donné juste pour parler du sujet qu'ils ont en commun. Dans la vie de tous les jours, quand je parle de logiciel libre, la plupart des gens font les yeux ronds. Quand les personnes rentrent dans mon bureau, elles me posent la question: "c'est quoi Debian ?" (j'ai un logo Debian imprimé sur une feuille A0 sur le mur du fond, juste derrière mon siège). Hé bien, samedi dernier, pour une fois, j'avais l'impression d'être dans le bain !

Tout ceci m'amène à penser que le projet Debian va dans le bon sens; que les développeurs du projet sont attentifs aux besoins et aux demandes de la communauté et que cette communauté est ouverte... Dans tous les cas, mon niveau de motivation à contribuer à l'effort commun est à son maximum: long live Debian !