It's been three months since we have adopted this beautiful little kitty. Her name is "Michoune" (with a french accent, of course).

Michoune 1 Michoune 2

She is very kind for a cat even if she's got some nerves. She should be approximatively 5 years old but her behaviour is much more a two years old cat because she is always playing with everything (chasing flies, hunting every cable, biting anything that rests on the floor, etc.).

The loss of mimi-pop has been very hard for us and it took me a lot of time before being able just to think about adopting a new cat. But finaly on march the 23th of the year 2019, we decided to go to the animal shelter in order to take a new cat with us. The choice had been really harsh and I believe that it took something like three hours to make a common decision.

But after all those discussions and three months at home, here she will stay with us and we are all really happy ! So, welcome Michoune...

Michoune 3 Michoune 4

Posted lun. 24 juin 2019 09:13:30 Tags:

Introduction

Il y a une activité qui occupe maintenant une bonne partie de mon temps libre et dont je n'ai pas encore parlé sur ce blog. Peut-être serait-il temps d'en faire un sujet de réflexion ? Pour lancer le sujet, parlons-donc de ma pratique de la course à pied...

Je cours depuis que je suis gamin. Pas forcément de manière assidue mais très certainement de manière régulière. Que ce soit pour le sport, pour l'amélioration de la condition physique ou pour le fun, je me lance dans les paysages les plus divers, un short et des chaussures adaptées pour profiter, à chaque fois, un nouveau voyage. J'ai toujours apprécié cette pratique au point, maintenant, d'en faire toutes les semaines depuis plusieurs années.

J'ai des phases de repos où je m'arrête complètement pendant plusieurs mois (pendant lesquels je me remet à fumer la pipe). Et puis un jour, ça me reprend, je me lance à nouveau et je parviens, à force d'essoufflements à refaire mes premiers 8 kms de l'année. Et le cycle repart...

Pourquoi ?

Qu'est-ce-que j'apprécie dans tout cet effort ? D'abord, physiquement, ça fait plutôt du bien. Comme je passe le plus clair de mon temps de travail le cul vissé sur une chaise, je ne fais vraiment pas beaucoup d'exercice physique. Or, je finis par croire, avec le temps qui passe et l'âge qui s'accumule, que le corps humain a été conçu pour réagir à un minimum de tension, de challenge physique. Pas mal de fonctions de notre corps, sans doute dans un objectif d'adaptation générale au mileu, font que le corps peut être sollicité plus que d'habitude et qu'il s'habitue à cet état.

Cet exercice physique fait aussi du bien mentalement. Quand je pars courir, je consacre surtout du temps à moi-même. Je peux m'enfermer dans une bulle de protection qui, comme tout autiste qui se respecte est une bénédiction. Effectivement, quand je cours comme un dératé, personne ne vient m'ennuyer avec son discours ou avec ses histoires. Je peux fuir la civilisation pendant toute la durée de la course. L'effort fait également que le cerveau ne peut pas se concentrer sur beaucoup de choses en même temps. On finit par oublier les problèmes, les ennuis et même qui on est (après un temps de course assez long).

Ce que j'aime dans la course, c'est l'aspect libre des choses. Tu pars en voyage pendant quelques minutes, dans l'inconnu, sans forcément de point de chute. C'est ça la vraie liberté: pas besoin de planifier, pas besoin d'un moyen de locomotion spécifique à entretenir. De plus, il ne faut pas beaucoup de matériel pour pratiquer: un short, un t-shirt, une paire de chaussettes et chaussures et c'est tout. Comme la pratique des déplacements doux, courir permet de remettre un peu de lenteur dans le paysage et d'en apprécier les détails, sans pour autant rester dans la contemplation comme lorsque je pars en randonnée.

Un sport de masse

Néanmoins, nous vivons dans un monde où la course est devenu un sport de masse et ce, depuis je dirais à peu près quarante ans. Il ne faut pas oublier qu'à la base, tout est parti de quelques types qui voulaient juste courir: un truc de base que l'homme chasseur cueilleur fait depuis toujours. Dans les années 60 je crois que tu pouvais te faire arrêter par les flics si tu courais sur la route. Les femmes n'ont été admises au marathon que vers 1967 (ça fait 50 ans) et les premiers JO qui ont accueillis les femmes dans le marathon sont ceux de 1984 ! On était loin d'un sport de masse.

Aujourd'hui, le marathon des grandes villes est devenu un évènement planifié chaque année en utilisant de plus en plus de moyens pour toujours de plus en plus de participants. Il y a tellement de monde qu'il faut temporiser les départs. L'effet de la masse de gens est visible au départ qui prend plusieurs minutes, à cause de l'inertie de la foule. Tout ça pour quoi ? Sans doute pour voir figurer son nom sur un listing de classement. Car, au final, c'est tout ce que tu obtiendras de spécifique. Rien ne t'interdit de refaire le parcours du marathon (en l'adaptant) quand tu veux, pour te permettre d'apprécier la ville (si apprécier une ville est seulement imaginable). Rien ne t'interdit de courir aussi longtemps pour en avoir les sensations physiques sur n'importe quel autre parcours.

Ce n'est pas du tout ce que je cherche quand je cours. Au contraire, je dirais que courir est une activité plutôt solitaire et en aucun cas grégaire, de par sa nature même. En effet, si tu cours, tu es en effort physique de longue durée. Ce n'est pas un temps que tu peux consacrer à essayer de "partager" des choses avec les autres. Tu es trop occupé à réguler ton souffle, comment imaginer tenir une conversation ? Par ailleurs, courir en groupe implique que tu doives t'adapter à son rythme qui sera forcément trop lent ou trop rapide pour toi. Je ne connais pas deux coureurs qui peuvent avoir le même rythme. Dans ces conditions, le partage ne semble pas très facile, pas adapté du tout. Si tu veux partager un effort physique avec quelqu'un, fait un sport collectif: c'est prévu pour. Tu dois communiquer, bouger en harmonie et partager un moment d'équipe. C'est fait pour ça. La course ? Pas du tout.

La mondialisation du phénomène amène également d'autres problèmes

D'abord, comme tout phénomène de masse, les marchands du temple ont investigué les lieux. Tout donne lieu à échange monétaire avec toute la merde du commerce qui va avec. Quand je croise des coureurs, j'ai l'impression de croiser des hommes sandwichs avec leurs couleurs chatoyantes. Je ne serais pas vraiment surpris que des néons s'allument à leur passage s'ils courraient la nuit. Et c'est vrai que plus le temps passe, plus le monde de la course pue le fric. Alors qu'à la base, c'est un truc fait pour tout le monde avec peu de moyens. Plus le temps passe, plus c'est à la mode de courir, plus les pompes coutent une blinde et durent moins de deux ans.

Si j'en crois certaines études économiques, le budget des coureurs français va chercher dans les 500€. Un demi mois de SMIC pour le sport le plus universel du monde ! Ça fait beaucoup. Dans ce budget, il y a forcément les chaussures. Le choix est hyper-large, soit-disant hyper-technique, ultra coloré et ultra-cher au final. Je ne parle pas du reste de l'équipement. La gamme est devenue ultra-détaillée. Mais, je crois que dans le budget on retrouve surtout le fric dépensé pour participer aux courses. J'avoue que ça me ferait bien mal de dépenser du fric juste pour me faire du mal à courir pendant 21 ou 42km avec des milliers d'inconnus. Si c'était gratos ou si j'étais payé pour le faire, pourquoi pas mais là, c'est se faire mal deux fois, non ?

Pourtant, j'ai participé à quelques courses officielles et j'ai toujours été choqué que les organisateurs demandent un certificat médical pour participer. D'abord, je n'ai pas que ça à foutre d'aller voir un médecin pour qu'il me fasse un papelard. En plus, ça permet à la sécurité sociale de dépenser du fric pour pas grand chose car, en règle générale, si tu veux faire une course, c'est que tu es un miminmum entraîné. De plus, ce n'est pas parce que tu as un papelard qui te dis que tu peux participer à une course que tu ne vas pas faire d'infarct au km 27. Non vraiment, payer pour courir, voilà donc une idée saugrenue !

Vous allez me dire qu'il faut bien des ressources pour organiser tout ça et c'est sans doute vrai. Mais ça n'a pas forcément d'intérêt à mon sens et dans ma pratique de la course. On pourrait faire des évènements plus coopératifs où on demanderait aux gens de participer davantage. Par exemple, ce que j'adorerais, c'est organiser la course aux déchets du marathon. Tu forme une équipe de coureurs, tu leur files un sac à chaque point de ravitaillement et leur mission est de ramasser au moins un gobelet entre chaque point de ravitaillement, après la vraie course du marathon. Tu formes 1000 coureurs de deuxième troupe et le nettoyage est assuré au même titre que la course pour ce deuxième groupe (que tu ne fais pas payer). rappelons-le, courir est un truc simple que n'importe quel humain sans trop de problèmes de santé peut faire. Il faut que ça le reste, sinon, il y aura trop de dérives et ces évènements généreront de la merde (comme tout élément où il y a trop de gens en même temps au même endroit).

Au delà de ces éléments, je finis toujours par m'interroger sur le rapport de compétition dans la société mondialisée. 10000 participants à un marathon implique 10000 compétiteurs qui s'affrontent. Pour ma part, je n'aime pas cet état d'esprit. La seule compétition que j'accepte est celle que je mène avec moi-même. Car il est bien là le truc à dépasser: soi-même. Doubler les autres c'est une chose mais se doubler soi-même, dépasser son temps, dépasser sa douleur, ses habitudes pour finir par dépasser son être, voilà le vrai défi ! Car juste après la séance où vous êtes parvenu à triompher de votre challenger, à courir plus vite que lui, vous devenez alors le nouvel adversaire, le nouveau compétiteur qu'il faudra battre lors de la prochaine course.

La course libre

Alors, qu'est-ce-que je fais pour contrer tout ça, que fais-je pour mettre en adéquation ma pratique avec mes engagements ? J'adopte juste un regard simple et orienté sur ce qui me plaît. J'appelle ça, la course libre. Le truc ultime d'un être humain qui court, comme ça, simplement pour lui, sans stress, sans compétition, sans trop de technique, sans défi, sans challenge mais toujours dans l'effort.

Quelle tenue ?

Ça se traduit par exemple dans ma tenue qui est souvent la même: un t-shirt de base, un short (été comme hiver), des chaussettes de course légères et des chaussures de trail. Dans la pratique, je réutilise ces vêtements pendant toute la semaine de course (donc 3 fois les mêmes). Cela me permet d'éviter de faire cinquante-mille lessives et puis, 45 minutes d'efforts ne viennent pas forcément salir la tenue au point de ne plus pouvoir la remettre après. J'utilise des vêtements de base qui me servent aussi pour autre chose, des trucs qu'on m'a offert bien souvent. Ca ne sert à rien de mettre des milliers d'euros dans une tenue, juste pour courir librement là où bon nous semble.

Toutefois, il y a un élément sur lequel je ne lésine pas: les pieds. Mes chaussures et mes chaussettes coutent donc assez cher. J'ai bien noté une différence technique entre les trucs premiers prix et ce que j'ai fini par trouver. Car j'ai un gros problème qui peut, s'il n'est pas géré, finir par me blesser: j'ai des ampoules qui se forment assez rapidement. Après une seule séance, il est possible que du sang se soit déjà accumulé dans une poche (surtout sur mon pied droit) de liquide. Après 3 séances, c'est insupportable, je ne peux plus courir du tout. J'ai essayé pendant des années de trouver la formule idéale pour pallier à ce problème. Ma solution imparfaite consiste à trouver la bonne chaussure de sport. Elle doit être légère, résistante, offrir une bonne base d'amorti et surtout, sa forme doit limiter au maximum les zones de frottements sur les pieds. Si en plus elle peut durer plusieurs années et servir pendant plus de 3000 kilomètres (à peu près trois ans de course), c'est mieux. Après, il faut qu'elle soit sobre et je bannis le fluo ou les couleurs vives car je ne fais pas de pub en courant, même si le fabricant qui réalise ces chaussures qui me correspondent bien est un réel bienfaiteur. Mes chaussures sont donc noires, des chaussures de trail, discrètes, qui sèchent vite, qui ne me donnent pas trop d'ampoules. Un truc qui m'a aidé à trouver la bonne paire consiste à éviter les modèles "one-shot". En règle générale dans la société capitaliste, on se soucie surtout de faire des trucs faciles à acheter et qui brillent pour pouvoir en vendre fréquemment le plus possible, au lieu de faire un produit techniquement performant, robuste, qui peut se réparer et durer dans le temps, même si ce dernier coûte cher. Néanmoins, aussi capitaliste que soit notre société, vendre de la merde, ça finit par se voir. Donc, pour choisir une bonne paire de chaussure, il faut trouver celle qui n'est pas remise en cause tout le temps, celle qui est un bon modèle et qui n'est pas produite pour une seule saison. Si vous regardez ce que les fabricants de chaussures de sport font, c'est surtout des chaussures qui sont produites pendant une seule saison. Tous les ans, il y a une masse incroyable de paires de pompes qui ne dépassent une seule année de fabrication. Mais dans le lot, il y a des modèles qui restent pendant plus de 10 ans. Je vous invite à choisir votre paire dans ces modèles.

Pour compléter la partie sur les pieds, j'utilise aussi des chaussettes de trail, résistantes et fermes. Elles me permettent de réduire les frottements sur les pieds et elles se révèlent un bon investissement. Leur durée de vie dépasse les 5 ans, ce qui ne sera jamais le cas pour les chaussettes classiques en coton. J'en utilise une paire qui a un trou au niveau de la base du pied, près de la voute plantaire. Enfin, parfois, j'utilise de la crème NOK, surtout en début de saison. Ça a une action assez réelle même s'il faut être assidu dans son application.

Pour résumer, avec ces éléments qui, effectivement coûtent assez cher, j'ai moins de problème et je peux partir comme bon me semble. Néanmoins, il y a toujours une phase où des ampoules se forment, se percent, du sang s'accumule, ça fait mal... mais à la fin, la peau s'épaissie sur ces parties et la corne s'accumule. A partir de cet instant, je sais que je n'aurai plus de problème jusqu'à la fin de la saison.

Pas de montre.

Régulièrement, je pars sans montre et je refuse de mesurer mon temps de parcours. J'ai remarqué que ça améliore sensiblement ma vitesse car , sans repère temporel, on est plus enclin à suivre son propre rythme plutôt que l'objectif de temps fixé au départ. Et puis, regarder une montre, c'est chiant quand on cours vite et qu'on doit faire attention à l'environnement immédiat.

Sans repère de temps, on court plus avec les sensations du corps qui prend le pas sur le cerveau. La montre apporterait trop de rationalité à l'exercice, obligeant l'esprit à se focaliser sur le temps.

Néanmoins, j'avoue que parfois, je chronomètre mon temps. Ne serait-ce que pour savoir si j'ai progressé dans mes performances personnelles, pour juger de mon état de fatigue physique.

Mais en aucun cas la montre ne peut constituer une règle systématique. Cela devient une trop grande contrainte sur la pratique et on finit par courir contre la montre plutôt que contre soi-même.

Pas d'eau, pas de ravitaillement.

C'est l'autre défi que j'ai commencé à aborder depuis quelques années, par souci de simplicité. Quand je pars courir, j'aime ne rien avoir avec moi: pas de montre, pas de clé, pas de truc superflu. Aussi, la nourriture et l'eau font également partie des trucs superflus.

C'est très inconfortable d'emmener ne serait-ce qu'un demi-litre d'eau, soit à la main (donc il faut le porter et la main finit par transpirer à fond; il faut donc changer de main régulièrement), soit avec un camelback (qui te permet de perdre en eau de transpiration du dos le volume d'eau qu'il transporte).

J'avoue que quand il fait chaud, un peu d'eau à mi-parcours ou vers la fin ne serait pas de refus, surtout lorsque je suis en sortie longue (soit 16km). Lorsque du blanc commence à s'accumuler sur tes lèvres, c'est le signe du début d'une déshydratation. Mais, avec le temps, je sais que cette distance peut tout à fait se faire sans boire et, ainsi, je suis plus serein par rapport au manque d'eau.

Par ailleurs, je me force à boire beaucoup avant le départ et à surtout ne pas uriner pendant la course. Au bout de 5 minutes, ma vessie est pleine à craquer mais au bout de 15 minutes, elle est vide et toute l'eau a été recyclée dans le corps. Ça permet de tenir plus longtemps.

Quant au ravitaillement, je crois qu'il ne sert à rien sur une distance inférieure à 16km. J'ai même fait quelques 20km sans rien avaler pendant la course et ce, sans faire d'hypoglycémie. Là encore, le corps s'habitue. Mon premier 16km sans ravitaillement s'est effectivement mal passé car j'étais en manque de jus sur les 2 derniers kilomètres. Mais depuis cette seule dat, je n'ai plus jamais eu aucun problème pour terminer une course.

Mon heure de sortie est généralement le soir, vers 18h-18h30. C'est là que j'ai le plus d'énergie de toute la journée. Mon estomac a fini la digestion donc plus de lourdeur dans le ventre et toute l'énergie est disponible pour le corps. J'ai déjà essayé d'autres périodes mais à chaque fois, c'était vraiment plus difficile.

La course est une promenade

Quand je pars courir, j'aborde la course non pas comme un défi, comme un challenge, comme une piste, comme un temps à dépasser ou une performance à atteindre. Au contraire, je me dis que je pars en ballade.

Car, on a tendance à l'oublier mais la course ce n'est qu'une marche rapide. Prise dans ce contexte, on dédramatise complètement l'action. De fait, le sport devient plus doux, plus humain, moins machinal et plus basé sur des sensations qu'une abstraction de temps.

Donc, quand je pars en sortie longue, je vais simplement me ballader. Certe le territoire est connu car déjà parcouru plus d'une centaine de fois mais, il en reste la sensation de départ d'un bon moment plutot que la direction d'un effort, d'une souffrance.

Et croyez-moi, ce simple point de vue change tout. Je crois même qu'il me permet d'être plus performant, de courir plus vite car libéré de tout objectif de réussite. Ça change complètement la donne...

Courir sous la pluie.

S'il y a bien un environnement que j'affectionne lorsque je cours, c'est la pluie. A quel bonheur quand tu pars courir sous la pluie, quand le temps est frais voire froid ! C'est tout simplement un régal:

  • D'un seul coup, il n'y a plus personne sur ton chemin pour te barrer la route, te ralentir ou que tu dois dépasser ou prévenir de ta présence. Le circuit est plus fluide, plus simple, sans détour et sans devoir porter une attention constante.
  • Comme le terrain est moins favorable, tu ne croises plus les types qui se tirent la bourre. Il ne reste que les vrais coureurs, sans couleurs, sans néons; ceux qui sont la réalité de la régularité sans faille.
  • Plus de pluie, plus d'eau et moins d'appareils électroniques dans l'espace public. Stop la musique des autres, terminés les jukeboxes qui m'imposent leur musique de merde.
  • Moins de transpiration, de chaleur et la course devient beaucoup plus facile.
  • Le vent sur le corps te donne un nouveau défi à affronter mais aussi un coup de pouce lorsqu'il te suit.

Le seul inconvénient c'est que tes pieds sont mouillés et que tu auras forcément une ampoule à la fin. Mais ce sacrifice et cette petite souffrance en vaut largement la peine. Si tout pouvait être tout le temps comme quand il pleut, le monde serait plus calme, plus serein, plus vivable et vivant, à la portée de tous, dans la douceur permise par les relations quotidiennes plus distantes.

Conclusions

Revenons donc aux sources du mouvement ! La course peut être un sport de masse sans tous les défauts engendrés par la trop grande force du trop grand nombre. Il suffit de la prendre pour ce qu'elle est: un sport simple et accessible, un sport qui libère le corps et l'esprit.

Pas besoin de budget, pas besoin de beaucoup de temps, pas besoin de performances, de niveau, de temps, de montre, de smartphone, de groupe, de licence, de certicicat médical, de comité de course, de piste, de compagnon de course, de drapeau, de point de départ, de point d'arrivée.

Simplement, un short, des chaussures, des chaussettes, un t-shirt et te voilà parti en ballade pour là où tu voudras bien aller...

Posted mer. 24 avril 2019 13:02:30

Oui, moi aussi je fais du #trashtag, à ma manière !

Le jeu consiste à partir à pied de chez soi pour faire une petite promenade dans la campagne. Il faut partir avec un sac assez solide et ramasser tous les déchets croisés sur le chemin lors de la promenade. Quand le sac est plein, on peut revenir à la maison et prendre une photo avant de benner tout ça dans les conteneurs de recyclages publics.

Voici, le résultat d'une petite ballade dans la campagne à partir de chez moi le 24/11/2018:

Un sac remplit de détritus

J'ai juste dû marcher 30 minutes pour remplir le sac à rabord.

Le même chemin une quinzaine plus tard mais au bout d'une 1h30:

Un autre sac remplit de détritus

C'est un peu mieux ! Même s'il y a encore du travail. Dans tous les cas, le jeu est sympathique et on a l'impression de servir à quelque-chose. Sans doute un erzatz de service public commun de nettoyage de l'espace public.

Mais au fait, pourquoi nettoyer pour les autres ? Pour pleins de raisons, chacun a les siennes. Voici les miennes:

  • Les hommes sont faibles. Plus un lieu est sale, plus ils pensent qu'ils peuvent abuser de lui. A l'inverse, quand c'est nickel, il y a une plus grande chance que ça le reste.
  • La Nature n'en peut plus de gérer nos déchets. On trouve du plastique partout dans la chaîne alimentaire. La mer déborde de merde de déchets. Il y a même un continent qui s'est formé à partir de cette merde.
  • Quand tu vois ce qu'il y a dans les estomacs des oiseaux marins, tu pleures car si tu as un brin d'intelligence, tu te doutes bien que toi-même ou ta descendance suit le même chemin et que tôt ou tard, tu finiras toi aussi avec le bide plein de plastoc.
  • C'est un vrai travail d'autiste: on passe d'un état sale à un état propre complet. Le passe-temps est très valorisant, il n'y a qu'à voir le buzz avec #trashtag !
  • Quand un poivreau laisse une bouteille en verre dans la Nature, des rongeurs finissent par s'y noyer. Moins de rongeurs, c'est plus d'insectes nuisibles et moins de diversité dans la Nature. Donc il faut aussi ramasser les bouteilles en verre. Surtout que ce dernier se recycle.
  • C'est plus efficace que de faire la morale aux gens crades. Quand ils savent que d'autres se bougent pour nettoyer leur merde, ça les incite à se poser des questions sur leur comportement. Ce n'est pas garanti mais au moins, ça ne participe pas à renforcer leur action néfaste en les engueulants (les gens crades sont généralement assez susceptibles).
  • Ça fait moins de travail pour les agents publics chargés de nettoyer les chemins. Potentiellement, ça les libère pour des actions plus valorisantes et d'une plus grande portée comme faire de la prévention ou passer plus de temps à sécuriser ou à restaurer des balisages.
  • Ça montre l'exemple pour les autres pays qui ont une politique plus laxiste sur les déchets.

Voilà, avec tout ça, le mieux que vous puissiez faire c'est de ramasser librement des déchets sur les chemins. Je vous garantie que ça fait du bien...

Posted sam. 06 avril 2019 12:18:30

Cela fait maintenant un peu plus de deux mois que mon chat a disparu. Après plusieurs phases mélant tristesse profonde, espoir, effort de recherches et finalement, toujours rien, je crois qu'il est temps pour moi de la laisser partir définitivement. Et c'est pourquoi, pour marquer solennement le coup, je fais ici son espèce d'éloge funèbre.

Photo de Mimi-Pop mon chat

C'est en 2005 que nos vies se sont croisées. Une de mes collègues avait eu une portée de chats et je suis allé en choisir un parce que je sentais que c'était le bon moment pour moi: j'avais acheté une nouvelle maison, mon ancien chat était parti et, ayant toujours eu depuis l'enfance des chats, j'avais besoin de repartir sur de bonnes bases.

Quand je suis arrivé dans cette grande maison bourgeoise, il y avait tout un tas de chatons qui s'affairaient dans le jardin. Certains grimpaient aux troncs avec leurs griffes, certains courraient dans tous les sens. J'ai remarqué que l'un d'entre-eux était beaucoup plus calme, plus posé et aussi plus rond que les autres. C'est ce chaton que j'ai choisi, ma petite Mimi-Pop de l'époque. C'est comme ça que tout a commencé.

S'en sont suivis plusieurs déménagements dont un dans un appartement de centre-ville qui a du la gonfler généreusement. Je me souviens à cette époque qu'elle parcourait en courant les pièces de la porte d'entrée jusqu'au bout de la salle de bain, histoire d'avoir la plus grande distance à parcourir. Je voyais bien que ça n'allait pas être simple pour elle qui avait connu le luxe d'un grand jardin auparavant. Heureusement, au bout de quelques mois, nous voilà à nouveau dans une maison avec jardin où elle peut rester un peu plus libre de ses promenades.

Et puis comme d'un seul mouvement, le temps s'est accéléré, la routine a pris place, et Mimi-Pop est restée, incarnant une certaine forme de stabilité dans ma vie. Pour moi, ce chat était la douceur incarnée et j'avais un certain sentiment de responsabilité par rapport à elle. Je l'ai toujours bien aimé et apprécié la relation que je pouvais avoir avec elle. J'adorais quand ces dernières années je rentrais tard du travail et qu'elle attendait dehors (sans doute pas après moi mais ça faisait son effet).

Ce n'est pas pour rien que ma gallerie publique est remplie de photos de chats et de Mimi-pop, notamment. 14 années de partagées, ça en fait des caresses. Même le favicon de ce site est directement inspiré d'une de ses photos.

Mais finalement, après près de 14 ans de vie commune, la vieillesse a rattrapé mon chat. Elle a commencé à avoir des problèmes de santé: un peu d'arthrose comme 80% des chats de son âge. L'hiver dernier elle a attrapé une infection généralisée où elle a failli rester sur le carreau. Je voyais bien aussi que les autres chats du quartier étaient plus présents dans notre jardin, signe d'un essouflement de maintenance de territoire.

Jusqu'au jour fatidique du 14 décembre 2018 et cette disparition très soudaine. Le matin je la caressais encore avant de partir au travail, alors qu'elle dormait dans le canapé. Je ne savais pas encore que ce serait la dernière fois... Quand je suis rentré le soir et qu'elle n'était pas à la maison, j'ai eu tout de suite un mauvais préssentiment. Il faut dire que pendant toute sa vie, elle n'a jamais disparu plus de 24h et que son territoire était assez restreint, d'un rayon d'une centaine de mètres autour de notre maison. Et le mauvais sentiment s'est révélé malheureusement amèrement juste...

Immédiatement, toute la famille s'est mise en mode recherche et je crois que nous avons fait le maximum pour la retrouver. Voici la liste de nos actions:

  • Deux premières recherches, le soir de sa disparition dans le quartier, entre 21h et 22h30.
  • Dépôt d'environ 300 prospectus dans les boîtes aux lettres de tout le quartier, dans un rayon de 500m autour de la maison. Et croyez-moi, 500m de rayon, ça fait une surface de près de 80 ha !
  • Parcours le lendemain, sous la flotte, de l'intégralité du quartier.
  • Un type a appelé pour dire qu'il avait aperçu le chat et nous sommes donc allé explorer de ce côté pendant 2 heures.
  • Une autre personne a également appelé le lendemaine et nous y sommes également allés mais nous avons juste croisé un chat qui lui ressemblait (beaucoup certes).
  • J'ai pris une journée de congés pour la chercher pendant une journée de grand beau temps en l'appelant fort avec un paquet de croquettes que je remuais.
  • Puis, pendant plusieurs soirées, j'ai refait le parcours surfacique du quartier en prenant soin de cibler les garages et les abris de jardins en l'appelant en sachant qu'elle pouvait être enfermée quelque-part.
  • J'ai déposé son avis de disparition à la SPA d'Angers ainsi qu'aux deux cliniques vétérinaires à proximité du quartier.
  • Nous avons déposé des annonces sur les réseaux sociaux et sur Internet. Pendant plus de 2 mois, j'ai scruté l'intégralité des pages Facebook de Pet-alert en finissant par élargir ma recherche à toute la France.

Mais, après plus de deux mois, je ne peux que constater que tous ces efforts ont été vains.

Cela fait des années que j'essaye de me préparer à l'éventualité de son départ car je sais très bien que la durée de vie d'un chat est potentiellement inférieure à celle d'un être humain. Mais je n'avais jamais imaginé que ça se fasse comme ça, dans l'attente, partagé entre espoir et résignation. Je croyais qu'elle allait vieillir doucement et qu'un jour elle partirait, qu'on la retrouverait morte. Ou encore qu'elle se ferait renverser par une voiture. Jamais qu'elle disparaîtrait du jour au lendemain, sans prévenir, avec aucun indice.

Quoiqu'il en soit, j'essaye de me consoler en me disant que j'ai fait le maximum pour lui apporter confort et douceur dans un cadre agréable pendant toute sa vie. J'ai toujours pris son parti et ai toujours, du mieux que j'ai pu, essayé de lui consacrer le plus de temps. Il faut dire qu'elle me le rendait bien, et puis, j'avais besoin de ce contact, de cette forme de relation extra-humaine, inter-espèces.

Quels sont mes regrets ? Sans doute de ne pas l'avoir emmené en randonnée au moins une fois. J'ai toujours été partagé entre le fait de lui faire découvrir de nouveaux espaces et de lui laisser faire sa place dans un environnement stable, car je voyais bien que les petits changements lui posaient parfois problème.

Mon autre regret est de ne pas l'avoir tatouée ou identifiée. Je ne voulais pas lui imposer cette peine ou cette petite douleur mais je pense que j'aurais été sans doute plus serein pendant sa phase de disparition si elle avait été pucée. Je me dis que mon prochain chat devrait avoir un collier qui me permette de le retrouver, sans le géner dans le parcours de son territoire.

A la lumière de ce temps qui est maintenant passé, je crois que finalement personne n'a vu Mimi-pop depuis le jour de sa disparition. Je finis par croire qu'elle a dû se faire renverser par une voiture et que le conducteur l'a embarquée pour ne pas faire de vagues. D'autres pensent qu'elle s'est éclipsée pour aller mourir dans un coin. Dans tous les cas, je lui souhaite de ne pas avoir souffert et d'avoir trouvé un lieu de calme où elle restera en paix.

Quant à moi, après avoir épuisé toutes les larmes de mon corps, il me reste tant de souvenirs dans la tête. Regarder la télé avec le chat sur les genoux, dormir toute une nuit avec le chat qui ronronne entre les jambes, coder avec elle sur les genoux, lui montrer des vidéos d'oiseaux sur Youtube, aller la promener dans le parc derrière la maison, lui donner des petites croquettes en motifs sur le carrelage, l'appeler le soir pour la faire rentrer...

Je crois que je ne pourrais jamais plus écouter "Festival", "All Right" ou "Ekki Múkk" de Sigur Rós sans me rappeler avec émotion cette petite boule de poils noirs et blancs qui a égayé ma vie pendant près de quatorze ans.

Adieu Mimi-pop, adieu mon chat. Je te remercie pour toutes ces années où tu m'as tant apporté. Peut-être qu'un jour tu reviendras. Dans tous les cas, tu resteras toujours dans mes pensées et dans mon coeur...

La dernière image de Mimi-Pop...

Posted lun. 25 févr. 2019 12:13:30
Posted sam. 15 déc. 2018 10:59:38

Introduction

Pour cette fin d'année, je me suis fait un éternel plaisir à parcourir l'intégralité de la production de Stevie Wonder. C'est mon dernier article de 2017 sur une intégrale musicale... J'ai gardé du très bon pour la fin.

Comme d'habitude, j'ai parcouru l'intégralité des quelques 25 albums de l'artiste dans un ordre chronologique.

La huitième merveille de la musique

La carrière musicale de Stevie Wonder commence très tôt. En effet, lors de la publication de son premier album, il n'a que 12 ans ! Surnommé Wonder par ses producteurs en référence à ses talents extraordinaires au chant, aux instruments et à la composition pour un âge auquel nombreux sont ceux qui préferrent jouer aux billes (ou s'échanger des messages débiles sur le énième réseau social à la mode comme on dirait de nos jours).

Bon, à cet âge, Stevie est mineur et il ne peut pas faire ce qu'il veut: il est fortement encadré par la production de la Motown, en plein essor pendant ces années. Cela s'en ressent forcément sur ses albums.

Pour ma part, je n'ai pas eu le temps d'écouter les 5 premiers albums de Stevie Wonder car ils sont peu facilement disponibles et parce qu'il fallait bien limiter mon temps d'écoute à un mois. J'ai préférré me concentrer sur les débuts de fin d'adolescence de l'artiste, vers 1966 (il a alors 16 ans). Voilà pourquoi je commence cette rétrospective avec "Down To Earth", sorti la même année.

Down To Earth (1966)

C'est à partir de l'année 1966 qu'on peut dire que Stevie Wonder prend quasiment sa voix d'adulte, profonde, avec assez de coffre pour paraître crédible.

Que dire de "Down To Earth" ? D'abord qu'on sent qu'il s'agit d'une production de la Motown. Tous les codes de l'époque se retrouve, du thème des chansons jusque dans les choeurs qui accompagnent le chanteur. La musique très centrée sur les violons en fond sonore fait également parti du spectre de la compagnie de Berry Gordy. A cette époque, ce format fait effectivement fureur.

Mais cette fois, la voix de Stevie Wonder fait la réelle différence avec les autres interprètes du label R'nB de référence.

  • "A Place In the Sun" est une ballade très folk sur laquelle la voix de Stevie Wonder passe vraiment très bien. Une bonne piste d'introduction assurément.
  • "Bang Bang", plus Soul encore, montre que la Motown est bien là. On aurait pu faire interpréter la chanson par un groupe comme les Delfonics que ça n'aurait pas suscité de réaction.
  • "Thank you Love" est batie sur le même rythme que "What's Going On?" de Marvin Gaye. Les sonorités sont proches même si l'orchestration est très différente ce qui rend la chanson bien moins subversive, plus gentille. On y ressent quand même une certaine forme de questionnement, d'incertitude dans ses cassures d'harmoniques.
  • "Be Cool, Be Calm" sonne très Soul music à la sauce James Brown. Très dynamique, très Otis Redding comme dans "Respect". Très dans les codes de l'époque mais comme j'aime bien cette musique, j'adore ce morceau.
  • "Sylvia", encore une ballade mais on ne s'en lasse pas un seul instant.
  • "Angel Baby" avec son introduction percutante semble avoir été écrite pour et par Marvin Gaye. On y retrouve un Stevie Wonder qui imite son pair de l'époque: les cris haut-perchés de sa voix, les choeurs féminins font penser directement à "Too Busy to Think about My Baby". Encore l'ombre de Berry Gordy sur cette piste. Mais ça rend plutôt pas mal. J'aime ce dynamisme...
  • "Mr Tambourine Man". En général, je n'aime pas les reprises. Cette fois, il s'agit d'une reprise de reprise. En effet, la chanson de Bob Dylan a été reprise par les Birds. C'est cette version que reprend Stevie Wonder. Bon, je trouve que celle des Birds est plutôt meilleure.
  • "Sixteen Tons" aurait pu être écrite par les Platters, sans problème. Un peu molle dans la bouche de Wonder.
  • "Hey Love" termine l'album de manière plutôt concluante. Rien de bien folichon, plutôt de la tendresse bien faîte.

D'une manière générale, "Down To Earth" s'écoute assez facilement si on aime les références de la Motown de l'époque. La voix de Stevie Wonder suffit à sublimer cette production un peu formattée. A seulement 16 ans, c'est bien l'interprète qui fait toute la différence. C'est franchement un bon début pour ce dernier.

Je vous invite à écouter cet album sans doute peu connu des fans (car vieux et pas facile à trouver). Il n'y a aucun tube connu dessus mais je le classe bien meilleur que tout ce qu'a produit Stevie Wonder depuis ces 20 dernières années, c'est dire !

Up Tight (1966)

Deuxième album pour la Merveille toujours agée de 16 ans. La différence avec l'album précédent reste sans doute dans le dynamisme. Si les codes musicaux restent 100% conformes à ceux de la Motown, je trouve que le rythme des morceaux est bien plus dynamique, en prémices de ce que va produire Stevie dans quelques années.

  • "Love A Go Go". C'est la piste d'introduction de l'album et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle envoie du bois. Il reste toujours cet aspect très policé (encore et toujours la Motown) mais ça commence à groover pas mal non ?
  • "Hold Me",
  • "Blowin' In the Wind". Comme toujours la règle est confirmée: cette reprise d'une chanson phare de Bob Dylan est nulle, même dans la bouche de Wonder !
  • "Nothing's Too Good For My Baby" nous replonge dans un style très Otis Redding.
  • "Teach Me Tonight", encore une fois j'ai l'impression d'entendre "Tramp" d'Otis Redding.
  • "Uptight, Everything Allright" est la piste majeure de l'album. Bien rythmée, elle nous envoie sur la piste de dance avec un mouvement bien engagé. C'est sans doute le morceau le plus dynamique de cet album finalement assez fougueux. C'est sur cette piste que Wonder commence à marquer des points.
  • Encore une piste dynamique avec "I want My Baby Back", toujours dans le même ton que "Respect".
  • "With a Child's Heart", une piste plus calme, plus en violons, parfaite pour les exclamations des Delfonics encore une fois.

Ok, l'album s'écoute pas trop mal pour les fans de la Motown dont je fais partie. A force, on finit par retrouver tous les autres chanteurs du label dedans mais ça fait partie du jeu.

Néanmoins, dans cet album, Stevie Wonder arrive quand même à placer ses éléments propres, à commencer par sa voix. Le morceau éponyme commence à marquer un peu les esprits. Encore un bon début...

I Was Made To Love Her (1967)

J'ai un peu plus de mal avec cet album qui est composé en grande partie de pistes reprises parmi le catalogue à succès de la Motown. Sans conteste, les originaux sont bien meilleurs.

Pourtant et incontestablement, sur les pistes propres à Stevie Wonder, on assiste à une qualité d'interprétation et de production bien supérieure aux précédents albums.

Ainsi, "I Was Made To Love Her" qui lance l'album annonce un futur Stevie Wonder bien trempé. D'abord l'introduction à l'harmonica reste une de ses signatures. Ensuite, le rythme et la mélodie entraînante de la chanson la rende incontournable dans le répertoire de l'artiste.

"Send Me Some Lovin'" avec son introduction grave et bien construite, continue à rendre cet album bien intéressant. Le dynamique "I'd Cry", construit sur les recettes classiques de la boîte de production rend finalement très bien dans la voix de Wonder, notamment grâce à ce rythme, ces choeurs et ces exclamations si particulières.

Pour le reste, il n'y a que des reprises que je trouve assez moyennes, comme à mon habitude.

Néanmoins, sur ce qui est du vrai Stevie Wonder sur cet album, on peut entendre des titres majeurs.

For Once in My Life (1968)

En dehors de la piste éponyme, je trouve cet album un peu en retrait par rapport aux autres. Peut-être qu'au bout de ces 3 albums, il finissent tous par se ressembler. Car il est vrai que la patte de la Motown a un effet un peu écoeurant à la fin.

Je note toutefois quelques pistes qui ont aiguisé mon appétit:

  • "You Met Your Watch", bien rythmée avec ses cuivres percutants.
  • "Sunny", bien que pour une reprise fasse plutôt bien son job.
  • "I'd Be A Fool Right Now", pour son côté Delfonics.
  • "Do I love Her" pour son côté ballade.

Peut-être un essouflement de cette carrière si prometteuse ? Peut-être tout simplement la fin de l'ère Motown pour Stevie Wonder ?

My Cherie Amour (1969)

En 1969 sort "My Chérie Amour", le bien nommé. La chanson éponyme qui commence l'album est un monument de tendresse et de déclaration d'amour. J'aime assez bien son côté précurseur de ce que pourra être "Isn't She Lovely" qui sortira dans 7 ans.

La deuxième piste n'est pas mal non plus. "Hello Young Lovers" annonce la couleur d'un rythme Soul endiablé digne de ce que pourrait faire un James Brown. Mais après cette piste l'album s'essoufle quand même sérieusement.

L'autre piste d'intérêt de l'album est "Yester-Me Yester-You, Yesterday" avec son refain incontournable.

Mais après, le tout reste plat. Rien d'extraordinaire ne percole de l'ensemble. Tout reste trop comme les autres albums; il y a encore trop de Motown dedans et on finit par se lasser sérieusement.

Bon, espérons que tout cela change pour la décénnie à venir...

Vers la libération et l'apothéose

Vers l'âge de 20 ans, Stevie Wonder commence à obtenir son indépendance musicale et financière de la Motown qui reste son producteur sous le label Tamla. Voyons ce que cette libération peut provoquer chez l'artiste.

Signed, Sealed and Delivered (1970)

Le premier album de la décennie 70 s'annonce plutôt un très bon cru. En effet, on y renifle encore quelques relents des années 60 mais l'ensemble fleure bon la soul music avec le style si particulier de Stevie Wonder.

Dès les premières notes, l'album est posé sur les rails de l'excellence. "Never Had A Dream Come True" amorce la pompe de manière très gospel. "We can Work It Out", très rythmé, mèle années 60 et soul music comme jamais.

La piste éponyme de l'album, une référence de l'oeuvre intégrale de l'artiste, sonne de manière assez conquérante. A l'inverse, on a l'impression de se retrouver dans un temple protestant d'un quartier noir avec "Heaven Help Us All". Plus douce, plus en grâce, elle me semble être un clip de nostalgie de gospel pour un Stevie Wonder qui a à peine la vingtaine.

Le plus sérieux "You can't Judge a Booke By it's Cover" nous renvoie à une séquence plus grave, plus philosophe que les autres morceaux de l'album.

Malgré une très bonne introduction de piano "Sugar" me laisse une trainée mélodique un peu niaise dans ses élans et ses aigus.

L'album se termine sur deux pistes qui sont proches dans les tons. Plus calmes, on y trouve une Stevie moins enthousiaste, plus calme. Pour autant, "Something to Say" s'annonce plus politique que jamais avec ses revendications sur la jeunesse et son supposé manque de sérieux.

Non, vraiment cet album est vraiment très bon et je l'écoute souvent.

Where I'm Coning From (1971)

Stevie Wonder fait des albums depuis ses débuts. Après une production dantesque, que va-t-il arriver ? Peut-on raisonnablement rester bon en étant aussi productif et aussi jeune ?

La réponse de l'artiste se fait sans appel: oui, c'est possible. "Where I'm Coming From" se veut encore plus sérieux que l'album précédent. Plus de sonorités graves, un rythme plus marqué, des titres plus sérieux et, surtout, une teinte instrumentale plus mûre font de cet album une véritable réussite.

Les deux premières pistes "Look Around" et "Do Yourself a Favor" renforce cette impression de force. Alors que "Think of Me As Your Soldier" et "Something Out of The Blue" sont plus en douceur.

Paradoxalement, les pistes "I wanna Talk To You" et "Take up a course in Happiness" forment un ensemble moins réussi, car trop niaises. Elles ressemblent aux musiques trop formattées de la Motown.

En revanche, l'album se termine par deux perles de tendresse: "Never Dreamed You'd Leave In Summer" et "Sunshine in Their Eyes" mélangent tristesse, nostalgie avec espoir infini. J'aime assez bien cette fin d'album.

Pour résumer, avec "Where I'm Coming From", on assiste à l'affirmation d'un jeune Stevie Wonder plus libre dans ses réalisations, qui reste fidèle à un certain style mais qui produit vraiment quelquechose de remarquable. Encore un très bon album !

Music of My Mind (1972)

Maintenant débarassé de l'influence de la Motown pour de bon (et de son contrat avec Berry Gordy), Stevie Wonder rentre plus dans un rôle de créateur compositeur sur cet album.

En effet, il sonne assez différemment des deux derniers albums. Je le trouve beaucoup plus mûr, plus concret, moins léger, plus audacieux dans les instruments.

Ça se remarque dès la première piste "Love Having You Around". Tout en sérieux avec ses tons plus graves; elle introduit plus de sons bizarres, nouveaux que dans les deux derniers albums.

On le retrouve aussi dans "Superwoman" avec une introduction si particulière. La mélodie et les paroles rélèvent une qualité de production qui donne une véritable d'impression de sérieux tout en étant dans la nouveauté. Sans doute une des meilleures pistes de l'album.

La piste qui suit "I Love Every Little Thing About You" reprend la même recette avec une mélodie et un ton de voix un peu différents. Mais c'est la même impression de qualité qui s'en dégage.

Plus légère "Sweet Little Girl" n'est pas en reste avec ses airs d'harmonicas, signature de Stevie Wonder.

Viennent ensuite deux pistes qui se ressemblent musicalement et qui sont bâties sur le même modèle et qui viennent consolider cet album déjà très bon: "Happier Than The Morning Sun" et "Girl Blue".

L'album se termine en apothéose par "Evil", une piste plus mélancolique mais avec une sonorité cantique, solennelle, servie par des choeurs bibliques et un orgue synthétique qui ne dénoterait pas plus que ça dans une église.

Au final, il n'y a aucune piste moins bonne que l'autre sur cet album. C'est pour ça que je l'adore aussi. Plus lent dans le rythme, plus calme, "Music Of My Mind" est assez représentatif de la décennie 70 pour Stevie Wonder: de l'excellence, à n'en pas douter au bout de ces trois albums...

Talking Book (1972)

La même année que Music of My Mind, sort le magnifique "Talking Book". Il est lancé par l'excellente "You are the sunshine of my heart", fruit d'une collaboration à plusieurs voix.

La deuxième piste "Maybe Your Baby", en dehors du tube qui la précède est plus complexe. De nouvelles sonorités un peu dérangeantes s'annoncent. Et pourtant, je lui trouve un sérieux plus fort que sur l'album précédent.

"You and I", plus calme et plus posée, illustre assez bien ce que peut être une ballade romantique. Avec son introduction tout en cordes synthétiques et avec la voix retravaillée de Stevie Wonder pour lui donner un accent un peu metallique, on se sent bien, dans la sérenité.

Dans le même genre calme mais avec un poil plus d'inquiétude, on retrouve "You've Got It Bad Girl". Plus grave, elle comporte pourtant quelques instruments spécifiques, comme ceux qu'on pourra retrouver sur l'album "Innervisions", publié l'année suivante. Moi j'aime bien cette inquiétude.

Enfin, on débouche sur une autre des piste qui forment le top 5 de Stevie Wonder: "Superstitions". Tout est extraordinaire dedans, de l'introduction en rythme avec son export de cordes qui simulent celles d'un piano, au propos de Stevie Wonder. Sans doute une de mes pistes préférées car je trouve qu'elle est très dansante, très groovy tout en offrant une richesse musicale qu'on trouve rarement de nos jours. J'adore cette marque de fond de rythme qui ne change jamais mais sur lequel on peut plaquer à peut près n'importe quoi pour le faire vibrer correctement. Sans compter les cuivres très présents dans cette piste. Le plus simple, c'est de de se remettre l'épisode de Soul Train de l'époque où on voit danser les gens avec Stevie Wonder présent dans la salle derrière son clavier. Ça devait être extraordinaire.

L'autre piste qui forme les 3 tubes de l'album est sans nul doute "Blame it on the Sun". Beaucoup plus calme, plus nostalgique que le reste de l'album, elle permet de trouver la paix, surtout à l'approche de la mélodie du refrain où les choeurs viennent nous soulever vers le bonheur. Pas mal pour quelqu'un qui ne peut pas voir la lumière du soleil...

L'album se conclue avec deux pistes intéressantes sans être extraordinaires mais on est tant marqué par le reste, que c'est de bonne guerre.

D'une manière générale, je trouve l'album encore plus audacieux que "Music of My Mind". Sans doute plus posé encore, je crois qu'on peut dire que depuis le premier album de cette décénnie, Stevie Wonder est sur une pente ascendante dans la qualité de sa production. Après 4 albums en moins de 3 ans, que va-t-il se passer pour ses prochaines productions ? Le pire ou le meilleur ?

Innervisions (1973)

Ah, cet album est une mine d'or; des hits à la pelle; du lourd, du vrai, le top du top de ce que Stevie Wonder peut faire. J'adore cet album, je l'ai vraiment écouté en boucle, notamment ses meilleures pistes. Je n'arrive pas à croire à ce niveau de qualité auprès duquel je suis passé à côté pendant toutes ces années.

Tout commence avec "Too High", un condensé de groove, de cuivres graves, rythmés par une basse simple mais percutante avec un effet d'entraînement de dingue. Ce morceau est une leçon de Soul music. Dans tous les cas, l'album est plutôt bien introduit.

Qui dit innervisions, dit aussi visions. Certes, Stevie Wonder est aveugle et voilà pourquoi il nous propose son interprétation d'un monde avec ce sens en moins, ce regard nécessairement intérieur. La deuxième piste de l'album, nommée "Visions" offre un espace de quiétude, probablement issu de l'intérieur de l'esprit du compositeur, sur un rythme beaucoup plus calme que "Too High". La mélodie nous transmet une certaine dose d'inquiétude aussi, par le biais de décalages harmoniques; ainsi qu'un zeste de mélancolie, apportée par cette guitare sèche bien triste. Une très bonne piste assurément.

Vient ensuite un tube: "Living in the City", un cri de guerre porté par un rythme de fou, pendant près de 7 minutes. Les paroles sont engagées, le groove certain, les percussions en choeur sur un canal endiablé. Un truc que tu écoutes pour te remonter, pour t'endurcir. Même si la voix aigue de Stevie Wonder vient apporter sa force à l'ensemble. Je connaissais déjà cette chanson ultra-connue de Stevie Wonder et je l'avais déjà appréciée dans le passé. Mais j'ai pris plaisir à la ré-écouter sur une version longue.

En lien avec la piste précédente, dans un registre plus doux, arrive "Golden Lady". C'est une de mes pistes préférées de l'artiste. J'adore l'introduction en piano, suivie rapidement par ce souffle électronique d'orgue qui vient aiguiser ma curiosité. La mélodie simple de prime abord se complexifie pour le meilleur sur un rythme posé, calme, assuré. Avant que la voix de l'interprète lance "Golden Lady, I'd like to go there". Les sons électroniques aigus qui ponctuent l'ensemble ajoute une dose juste-comme-il-faut de mélancolie, sublimée par des percussions légères. J'adore l'écouter quand je rentre du bureau...

La piste suivante "Higher Ground" dispose d'un rythme plus groovy, plus léger que "Golden Lady" mais ce groove bien présent s'apprécie à sa juste valeur.

Plus grave encore, "Jesus Children of America" reprend une bonne part de groove mais plus sérieux, plus calme, moins simpliste, plus sombre. Bon, ce n'est pas la piste que je préferre mais la perfection n'est pas de ce monde. Elle est néanmoins d'un très bon niveau.

Par la suite, le morceau qui vient après, dénommé "All in Love is Fair" est un monument de douceur et de mélancolie. J'en ai toujours les larmes aux yeux lorsque j'entends cette introduction en solo de piano sur cette mélodie qui mèle à la fois espoir et tristesse infinie. La voix de Wonder, plaquée sur ce piano inaltérable, se révèle dans une forme de tendresse totale. Alternée dans les graves et les aigus, comme La Merveille sait si bien le faire, on constate que cette voix est un instrument de plus pour l'artiste.

Enfin, on tombe sur l'extraordinaire "He's Misstra Know-It-All" (C'est monsieur je-sais-tout), une chanson adressée à Richard Nixon et à sa politique et à ses manières peu orthodoxes (qui a dit Watergate dans l'assemblée ?).

Ce qui est assez génial, c'est de constater que c'est un album qui est 100% fabriqué par Stevie Wonder: il a lui même assuré l'enregistrement de tous les instruments accoustiques et électroniques; la composition des paroles, des mélodies. Ce type est juste un génie, au sommet de son art. Ce n'est pas un détail: arriver à ce niveau de perfection, quasiment seul est au delà de la portée du commun des mortels.

Fulfillingness' First Finale (1974)

Bon après l'enorme succès d'Innervisions (enfin, succès pour mes petites oreilles à moi), on peut se dire que Stevie Wonder ne peut aller plus haut. C'est sans doute vrai pour l'album "Fulfillingness' First Finale" mais on reste franchement à un très haut niveau de qualité qui est un chouilla juste en dessous d'Innervisions. Mais c'est juste pour faire une petite gradation.

D'abord cet album commence très bien par cette petite piste très sympathique, intitulée "Smile Please". Très joyeuse, elle possède un refrain très enjoué qui fait du bien. Une piste à écouter le matin en allant travailler assurément.

"Heaven Is 10 Zillion Light Years Away" qui suit juste après est également remarquable, surtout dans sa richesse instrumentale. Ces sonorités si spécifiques commencent à irriguer tout le travail de l'artiste et, à la fin, elles finissent toujours par faire du bien à nos oreilles. Pour moi, cette piste symbolise un sentiment de sécurité profond, un certain niveau d'harmonie et de force intérieur qui conduit à me rassurer. Encore une piste pour faire le plein d'énergie avant d'aller travailler.

"Too Shy To Say", avec son introduction plus ridicule nous remet sur les rails de la tendresse et de la ballade amoureuse. Plus mélancolique avec ses sonorités hawaiennes, plus calme, elle vient distiller le rythme lent des vagues sur la plage de ma vie. J'aime bien m'y reposer...

Dans une rupture totale, "Boogie On Reggae Woman" se veut plus groovy que jamais. Voilà qui réveille pas mal, surtout lorsque l'harmonica magique fait son apparition. On passe encore un bon moment.

"Creepin'" se veut alors une piste plus inquiétante, plus lourde, plus coulante, plus calme. Son introduction anémique laisse place à une mélodie simple et très Soul. Apaisant, presque reggae si on avait changé le rythme musical.

Alors que tout bascule pour la piste qui suit, plus jazzy avec ses cuivres et plus rythmée surtout. "You haven't done nothing" comporte d'ailleurs une super introduction avec un son de synthétiseur si typique de l'album.

On aborde ensuite la référence Soul de l'album. "It Ain't No Use" est clairement dans un registre un peu différent des autres pistes de l'album. Plus calme que ce qui suit, elle finit par exploser lors du refrain avec ces choeurs qui clament "bye bye, bye bye bye" sur la voix déchirante de Stevie Wonder. Une leçon de Soul, c'est certain.

Dans le registre de la tristesse et du regret, l'apothéose revient certainement à "They Wont'go When I Go", si mélancolique, si religieuse avec ses quelques instruments et son piano qui pleure alors que Stevie Wonder semble murmurer une oraison funèbre. Toujours cette forme de beauté dans le malheur qu'on retrouve chez le peuple noir et pour laquelle j'ai un respect absolu.

"Bird of Beauty" reste un peu dans le même registre Soul que "It Ain't no Use" car elle adopte des codes similaires: des choeurs féminins, un rythme fluide, une mélodie sympathique. J'aime beaucoup ce côté assuré dans la voix de Stevie Wonder qui se conjugue extrèmement bien avec ces voix féminines.

Pour terminer en beauté, "Please Don't Go" vient prouver une fois de plus que Stevie Wonder est un maître de l'émotion et de la chanson qui donne de l'espoir. La mélodie simple qui donne l'impression de l'avoir déjà entendu ailleurs est une déclaration de regrets comme on n'en fait peu. Néanmoins, tout laisse penser à une forme de rédemption et d'espoir face à la situation: la mélodie n'est pas vraiment triste, les choeurs portent une forme de joie et l'harmonica magique efface tout trace d'inquiétude. Le final nous invite à nous envoler vers le paradis. Les ailes me poussent dans le dos quand j'entends cette musique.

Dans tous les cas "Fulfillingness' First Finale" est un album excellent. Sa richesse musicale le prouve. On y trouve de la Soul, du Groove, de la mélancolie comme de la joie intense et un espoir infini. Il n'y a, encore une fois, rien à jeter dessus. Toutes les pistes ont leur intérêt. La seule différence, c'est que les morceaux qui sont dessus sont un poil moins connus que les références commerciales de Stevie Wonder. Je vous encourage fortement à garnir votre bibliothèque musicale avec cet album, vous ne pouvez pas être déçus...

Songs in the Key of Life (1976)

Deux ans après l'album précédent, Stevie Wonder remet le couvert mais cette fois avec un double album. Mathématiquement, on reste à un rythme soutenu d'un album par an !

Que vaut donc cette production ? Tentons une petite rétrospective... Le premier disque commence par le très raisonnable "Love's In Need Of Love Today". Je le trouve très moderne pour son époque. Il ressemble assez aux meilleures productions de Stevie Wonder pendant les années 80 (et elles sont d'ailleurs rares).

Comme autre nouveauté, on trouve "Village Ghetto Land", très calme où la voix quasi a capella de Stevie Wonder sonne relativement clairement et avec un fort écho pour la chanson.

"Contusion" change tout avec un rythme assez marqué. Cette piste entièrement musicale reste un emblème des années 70 et leurs sonorités spécifiques. J'y vois quand même un zeste de Carlos Santana dans la guitare électrique mise en avant.

Apparaît ensuite "Sir Duke", un hommage très jazzy (mais avec un bon mix Soul quand même). C'est également une piste ultra-connue de Stevie Wonder. J'aime bien l'écouter de temps en temps pour son dynamisme et la force de son refrain.

Elle se poursuit aussi avec une autre piste hyper-dynamique: "I Wish" qui sonnera assez bien aux quadragénaires de 2017 qui ont tous entendu la reprise de Will Smith dans les années 2000. Courir avec cette musique dans les oreilles ne peut qu'améliorer vos performances. Cet air entraînant est vraiment très motivant mais restera imprimé dans votre cerveau assez longtemps...

Vient ensuite une piste très intéressante "Knocks Me Off My Feet", sonne un peu comme le premier morceau de l'album avec des différences musicales notables. Beaucoup moins rythmée que la piste qui la précède, elle n'en conserve pas moins encore une espèce de dénominateur commun pour l'album: une certaine forme d'assurance et un style fluide bien épaulé par une mélodie dont les codes restent très présents sur l'album.

"Pastime Paradise" est également bien connue avec son rythme lent et ses percussions marquantes, le tout dans une musique inquiétante et qui semble dure au premier abord. Ce n'est pas pour rien que dans les années 90, elle sera reprise sous le titre "Gangsta Paradise" par Seal.

Vient enfin une petite merveille nommée "Summer Soft". Elle pourrait se comparer à "I Wish" dans ses codes. Néanmoins, son introduction est plus légère, plus douce malgré un rythme plus soutenu au fur et à mesure qu'on progresse dans le temps. Ce refrain calqué sur un "and she's gone!" prononcé par l'interprètre est tout simplement génial. La conclusion musicale du morceau vaut aussi son pesant de cacahuètes par sa richesse éclatante ponctuée par un grand nombre de sons différents mais bien harmonisés par ce rythme devenu finalement intense. Une autre piste qu'on emporte en allant courir.

Abordons-donc le deuxième album. Il est introduit par l'archi-ultra-connue "Isn't She Lovely", ode à toute naissance de fille. C'est un morceau très long sur cet album (près de 7 minutes) où on peut ressentir pleinement l'émotion transparaitre de la voix de l'auteur/père/compositeur. On ne peut pas ressortir indemne de ce morceau. Le coup de grâce viendra nécéssairement de la séquence finale à l'harmonic, si mélodique (et si difficile à interpréter sur cet instrument limité).

"Joy Inside My Tears" nous offre également un moment de calme et de contemplation. Alors que "Black Man", bien plus rythmé nous rappelle que Stevie sait gérer ces ensembles de cuivres so Soul music.

"If it's Magic" nous replonge dans le calme et la volupté surtout avec son parcours musical à la harpe.

On retrouve un autre tube de l'album: "As". Sous ce titre court, se cache un autre monument de la production de Stevie Wonder. Un rythme extraordinaire, une fluidité musicale proche de la perfection et surtout une mélodie magique, dynamique bien mise en valeur par des choeurs féminins si modernes. Une piste excellente pour partir en vacances tant elle fait ressortir la joie et la légèreté du moment.

Viennent ensuite quelques morceaux d'intérêt:

  • "Another Star", très disco dans ses instruments.
  • "Saturn", avec ses synthétiseurs très années 80 avant l'heure.
  • Le triste "Easy Goin' Evening (My Mama's Call)" qui fait pleurer l'harmonica.

On le voit bien, sur ce double album, on a encore accès à quelquechose qui s'approche de la perfection. Pour moi, c'est le dernier album majeur de Stevie Wonder. Tout ce qui viendra après sera forcément moins bien. Mais on peut déjà remercier l'auteur de nous avoir tant donné dans cette décénnie.

Journey Through The Secret Life of Plants (1979)

Cet album est plutôt instrumental, il se veut la BO d'un documentaire sur la vie des plantes. Bon, pour un documentaire c'est sûrement très bon d'avoir Stevie Wonder dans les crédits mais au final, ce double album me met souvent mal à l'aise car trop "indien boudhiste" comme sonorité. J'ai du mal à pouvoir en écouter plus d'une piste par jour.

Au final, je vous conseille de faire l'impasse; c'est n'est pas comme si Stevie Wonder n'avait rien fait d'autre...

Passage vers le commercial et la légèreté

Au début des années 80 et après quelques années sans sortie d'album, Stevie Wonder change encore de registre et épouse quasi-complètement les codes musicaux de l'époque. Par ailleurs, il quitte le registre expérimental pour se tourner vers des productions plus commerciales.

Hotter Than July (1980)

Et ce virage se ressent dès le premier album de la décénnie 80. "Hotter Than July" fleure bon les vacances au soleil et la légèreté qui va avec. Néanmoins sans être bon à jeter à la poubelle, l'album est franchement en deça de ce que Stevie Wonder nous avait proposé dans la décénnie passée.

Quelques pistes sortent du lot et permettent à l'album de s'en sortir quand même:

  • "All I Do" sonne très eighties mais reste très abordable et s'écoute facilement avec intérêt.
  • "Master Blaster" aurait pu sortir sur "Songs of the Key of Life" vu son architecture et sa teneur. Elle aurait fait un bon complément à "Sir Duke". Ça reste une des pistes majeures de Stevie Wonder des années 80. Je l'aime beaucoup.
  • "Lately", sirupeuse à souhait, d'une grande mélancolie est certainement une production hyper-commerciale. Mais je ne sais pourquoi je l'ai toujours adorée. Sans doute ce calme intense, cette pauvreté musicale assumée et toujours cette voix sublime; au service de la beauté dans le triste.
  • Et enfin, la piste qu'on balance à tous les anniversaires "Happy Birthday". Pas forcément commerciale au premier abord, elle forme l'essentiel d'un évènement festif: du rythme, de la joie, de la légèreté et un refrain que tout le monde peut répéter à l'envie. Un grand succès assurément.

Pour le reste, il reste quand même des choses qui sortent de l'ordinaire mais les codes musicaux sont vraiment transformés par ce qu'on pouvait trouver en mainstream à l'époque. Ce n'est pas ma tasse de thé malheureusement (malgré le fait que ce soit pleinement la musique de mon enfance).

Allez ! On peut lui mettre une note de 6/10 quand même...

The Woman in Red (1984)

Attention, sortez les synthés, les coiffures éclatées, les épaulettes, voici les années 80 dans toute leur "splendeur". Sorti en 1984, "The Woman in Red" est la bande originale d'un film éponyme. Stevie Wonder en assure la BO avec Dionne Warwick.

Bon, c'est très eighties dans les codes. Dans l'ensemble, l'album forme une sorte de tâche dans la carrière de Stevie Wonder à cause de la rupture avec un album comme Songs in the Key of Life. On voit clairement que c'est du commercial.

Pourtant, quelques perles émergent (pas facile de faire du pas terrible quand on s'appelle Stevie Wonder). On retrouve ainsi l'ultra-connu "I Just Called To Say I Love You". Un des morceaux phares de l'artiste.

Sur un plan plus musical, deux autres pistes ont relevé mon attention. Il s'agit de "Love Light in Flight" qui, certes sonne très années 80 mais qui forme un ensemble un peu moins léger, plus profond. Ce qui n'est pas le cas avec l'autre piste. Intitulée "Don't Drive Drunk", elle semble avoir été composée avec le synthétiseur sonore de la Nintendo NES tant les sonorités semblent sortir de la console sur The Legend Of Zelda ou Super Mario. Les petites voix débiles accélérées ont quand même un air très entêtant...

In Square Circle (1985)

On reste dans les années 80 mais cette fois, on sort de la bande originale de film. In Square Circle est un album encore une fois représentatif de son époque. Mais je commence à avoir du mal avec justement.

Tout sonne très codifié. On est vraiment loin des années 70 et clairement dans le léger et le commercial. Les sonorités ne sont pas vraiment intéressantes.

Seuls deux titres archi-connus sont présents sur cet album:

  • Part-Time Lover qui est très bon dans son rythme.
  • Overjoyed qui prouve qu'on peut être dans les années 80 et faire quelquechose de qualité.

En dehors de ces deux références, fuyez !

Characters (1987)

Et la suite de la décénnie 80 s'annonce encore plus creuse pour Stevie Wonder qui poursuit sur sa lancée commerciale. Pour aller vite, seul le bien nommé "Free", qui a eu le malheur d'illustrer la bande son de nombre de publicités pour une banque en France, est digne de Stevie Wonder.

Pour tout le reste, j'ai du mal. Ça a vraiment mal vieilli...

Jungle Fever (1991)

Ah, les années 90, un monde en pleine perdition. Que va faire Stevie Wonder dans cette décénnie maudite pour la production musicale (le rap, la techno craignos, les boys-bands, les comédies musicales niaises, les chanteurs déjà ringards à 19 ans car ils chantent déjà de la merde, formatée par leurs ainés) ?

Heureusement, il ne fera que deux albums. Parmi lesquels la bande originale du film "Jungle Fever" de Spike Lee. J'ai eu l'occasion de voir le film avant de faire cette intégrale. L'idée que j'avais eu à l'époque, c'était que la bande son était plutôt pas trop mal foutue (alors que le film était franchement moyen; faut dire, le personnage principal est Welsey Snipe).

Je confirme: sous un premier aperçu trop techno, l'album s'écoute plutôt bien. Les sonorités ne sont ni trop années 80, ni trop années 90. La mélodie est au rendez-vous, à part sur quelques pistes. Et on si on écoute l'album en se disant que ce n'est pas un album pour nous faire réflechir trop, on passe finalement un bon moment.

La piste la plus emblèmatique, qui résume bien l'album à elle seule est sans doute "Jungle Fever". On y retrouve un truc bien frappé, un peu décalé avec un mélange de sons des années 90 avec des choeurs des années 70 et la voix d'un Stevie Wonder des années 70. Le mélange prend pas trop mal pour mes oreilles.

Conversation Peace (1995)

Après une bonne reprise avec Jungle Fever, l'autre album de la décennie 90 de Stevie Wonder allait-il faire aussi bien ou mieux ?

Selon mon point de vue, "Conversation Peace" n'est pas si mal que ça. Il comporte d'ailleurs quelques pistes d'un grand intérêt:

  • "Taboo to love", calme et posée semble quasiment anachronique dans cet album qui se veut assez dur, comme le voulait les codes de l'époque.
  • "I am New", encore très années 80, il sauve les meubles car très différent des autres pistes de l'album.
  • Enfin, le très bon "For Your Love", assez rempli de miel, s'écoute finalement très bien. Malgré les synthétiseurs à outrance, c'est la mélodie qui sauve tout. Elle sonne aussi très années 80, à la manière d'un "Overjoyed", sorti dix ans plus tôt. La meilleure piste de l'album, à n'en pas douter...

Néanmoins, le reste de la production est trop nineties, trop rap, trop rythmée comme les productions commerciales de l'époque. Des pistes comme "Rain Your Love Down", "Edge Of Eternity" ou encore "Take The Time Out" essayent d'ailleurs d'imiter les codes du rap. Mais Stevie Wonder ne sait pas faire ce genre de musique, clairement. Il a juste emprunté ce qui marchait à l'époque chez les jeunes et y a plaqué son style. Mais la sauce ne peut pas prendre: l'acide se mélange mal avec le lait. A la fin, on a même du caillé en gros morceaux. Ça ne peut pas être fluide, c'est trop hybride. Voilà ce que je reproche à cet album.

A Time To Love (2005)

Ok, 1995 marque pour moi souvent une barrière fatidique pour les artistes. La décénnie 2000 est souvent encore synonyme d'une production très moyenne. Pourtant, Stevie Wonder qui n'a pas sorti d'album depuis plus de 10 ans alors qu'il en était à plus d'un par an dans la décénnie 70 sort un nouvel album.

J'en parlerai assez rapidement car cet album ne m'a pas vraiment marqué. L'ensemble est assez plat. Certaines pistes ne sont pas si mauvaises mais il n'y a rien qui perce vraiment.

Le problème réside justement dans les codes musicaux: trop de rythme cadencé de manière très mécanique, trop de percussions techno et trop de miel et de sirop dans la mélodie. Rien qui sorte vraiment de ce qui se faisait à cette époque(et qui continue à se faire maintenant d'ailleurs). J'ai du mal à apprécier. Particulièrement sur les pistes qui s'approchent des rythmes du rap, nouvelle musique (plus de la percussion avec de la voix humaine d'ailleurs) noire.

Par ailleurs, j'ai clairement l'impression que certaines pistes essaient de reprendre le meilleur de Stevie Wonder dans les années 80. Mais l'ensemble est franchement trop mou. Si on avait appliqué le code musical des années 70, je suis certain qu'on aurait obtenu quelquechose de moins "Mariah Carey" ou Whithney Houston qui dessert forcément Stevie Wonder et son style si aventureux des années Soul.

Pour mieux comprendre, il faut quand même prendre le temps d'écouter l'album pour s'apercevoir que des pistes comme "Shelter In The Rain" ou "Can't Imagine Love Without You" auraient eu leur place sur "Songs in the Key of Life", sans problème car les mélodies sortent un peu du lot. Il manque un zeste de provocation dans cette production.

Mais à travers la décénnie 80 et 90, on sait que les années 70 sont celles du passé. Il n'y a pas de regret à avoir, c'est juste le temps qui passe. Restent quelques afficionados comme moi qui savent s'affranchir des barrières du temps pour se concentrer sur ce qui leur fait plaisir avant tout !

Ce que je retiendrai de Stevie Wonder

Avant de commencer cette intégrale musicale, je savais que j'aimais plutôt bien ce que faisais Stevie Wonder. Maintenant, je sais que je suis fan de sa période des années 70, celle où il se révèle comme un des maîtres de la Soul music. C'est vraiment cette période où il donne le meilleur de lui même, avec un style qui lui va assez bien.

Bien entendu, il y a du moins bon. Comme d'habitude, les années 80 et 90, trop commerciales à mon goût ne sont jamais une réussite pour les artistes qui ont démarré dans les années 60 ou 70. Ça a été le cas pour les Beach Boys ou encore Bruce Springsteen par exemple, dans ce que j'ai écouté cette année.

Mais au final, j'ai découvert un nombre incroyable de pistes qui m'étaient complètement inconnues, en dehors de la portée d'un best-of (même en double album) car trop nombreuses. Je n'en reviens toujours pas de ce niveau de qualité. La décénnie 70 était vraiment, pour Stevie Wonder, une explosion d'excellence. C'est ce que je garderai en mémoire pour le reste de ma courte vie.

Faisons le bilan de cette année 2017 en musique

Voilà, mon pari est tenu: j'ai écouté l'intégrale de 10 artistes sur ces 12 mois. Beaucoup me rétorquerons que c'était surtout des artistes morts, du passé, très connus et que je ne pouvais pas être déçu. Que je n'explore pas assez les nouveautés, que je n'ose pas sortir assez des sentiers battus ou de ma zone de confort.

Néanmoins, je tiens à dire que je fais bien ce que je veux non ? Je gère mes oreilles comme bon me semble. Écouter un artiste qui a terminé sa carrière est plus simple pour moi: au moins je ne suis pas obligé de suivre son actualité, ce qui me fait gagner un temps précieux. Par ailleurs, quand j'ai construit cette liste d'artistes, il s'agissait d'abord d'artistes que je connaissais mais que j'avais envie d'approfondir. Car, faire l'intégrale d'un artiste permet d'être sûr de ne rien oublier de ce que les critiques musicaux auraient pu oublier. Par ailleurs, en 2017, ré-écouter des pistes des années 60 n'est pas forcément anachronique car la musique a quelquechose d'intemporel.

Définitivement, je reste ancré dans les années 70 et parfois 60. Je ne sais pas pourquoi, ce n'est pas du tout ma décénnie. J'y retrouve très souvent les airs que je préferre. Je n'ai vraiment aucune explication car je n'ai finalement jamais entendu cette musique pendant mon enfance, trop marqué par le top 50 des années 80 et 90... Je crois tout simplement que c'est ce que j'aime vraiment. Pourquoi le mettre de côté ?

Quant à la musique d'aujourd'hui, je l'ai abandonnée dans les années 90; sans doute définitivement, par dégoût et écoeurement de ce qui était produit à l'époque. Je n'y peux rien, je n'ai jamais accroché et, avec le temps, je finis par croire que ça ne prendra jamais. Il reste quelques exceptions comme lorsque j'ai écouté "Sigur Ros" qui est sans doute le groupe que j'ai le plus apprécié cette année. J'ai continué à écouter leur musique tout au long de l'année; toujours avec la même admiration.

Vais-je renouveler l'expérience l'an prochain ? J'aimerais bien car il me reste tant à découvrir. La Soul music ne m'a pas encore livré tous ses secrets et pourrais y consacrer encore une année de plus à la découvrir avec des auteurs comme James Brown, Al Green, The Delfonics, Diana Ross ou encore Curtis Mayfield. Le rendez-vous est pris !

Posted mar. 26 déc. 2017 12:14:25 Tags:

Introduction

Comme au mois de novembre, je termine mon périple littéraire pour cette année. Pour le mois de décembre, j'ai pris le temps de lire "Un animal doué de raison" de Robert Merle. Comment suis-je arrivé à ce livre, publié en 1967 ? Pas par hasard, non. En fait, il se trouvait dans la bibliothèque de mes grands-parents paternels (la fameuse bibliothèque peuplée de toute une rangée de livres de Charles De Gaulle). Quand j'étais enfant, la couverture m'attirait beaucoup parce qu'il y avait un dauphin dessus. Quand on est enfant, on est forcément attiré par les dauphins.

Muni de ce souvenir, j'avais de grands espoirs dans le contenu de ce livre...

L'histoire courte

Un résumé consiste à dire qu'il s'agit d'une oeuvre mélant à la fois une pincée de science-fiction et un zeste de politique internationale dans un grand verre de lait. Pourquoi du lait ? Parce que le lait, ça délaye bien, pardi !

L'histoire se situe dans le début des années 1970 aux États-Unis d'Amérique. Un professeur américain étudie les dauphins et parvient à en faire parler un. De mots mono-syllabiques, il parvient à lui enseigner l'anglais, non sans mal. Même si une présentation publique des avancées des travaux du professeur a lieu devant toute la presse, l'activité du professeur est fortement espionnée par plusieurs agences américaines de renseignement intérieur.

Un jour, une de ces agences subtilise le couple de dauphins parlants pour les transformer en arme de destruction sous-marine (c'est écrit à la fin). Pendant ce temps, le professeur retravaille en freelance sur d'autres dauphins... M

Un jour, un navire de l'US Navy explose au large des côtes chinoises. Immédiatement la machine de guerre s'emballe et un ultimatum est posé par les USA envers la Chine avec des menaces d'utilisation d'arme atomique. Entre temps, le professeur négocie le retour de ses deux anciens dauphins dans son nouveau laboratoire indépendant. Quelques jours plus tard, sa planque est attaquée par des tueurs payés par un ennemi extérieur. Après une attaque majeure, on retrouve les corps des deux permiers dauphins parlants.

Mais en fait, ils s'étaient planqués. Le professeur les retrouve rapidement et ils se mettent à parler de ce qui leur est arrivé lorsqu'ils ont été subtilisés. Ils racontent leur entraînement militaire qui les conduisit à poser des bombes sous des bâteaux factices. Un jour, on leur a donné l'ordre d'aller de poser une bombe assez loin. On les a transportés dans un sous-marin, non sans mal, avant de les lâcher en mer avec leur mission. Près du bateau, les mines qu'ils transportaient sur des harnais se sont activées et leur harnais qui se décrochait tout seul d'habitude semblait indémontable. A force de mordillement, ils finirent par se libérer du harnais et quelques minutes plus tard, la bombe explosait, coulant le navire. Les dauphines comprirent qu'ils avaient été utilisés pour une mission suicide censée déclencher la 3ème guerre mondiale.

Le professeur a pris soin d'enregistrer les conversations des dauphins. L'histoire se termine avec les dauphins poussant le radeau du professeur et de son assistante, en vue de révéler les enregistrements au président des USA, pour sauver le monde...

Mes impressions sur le livre

Bon, le livre se lit très facilement mais j'ai été assez déçu. En effet, si l'histoire était sans doute un poil novatrice en 1967, ce n'est plus trop le cas 50 ans plus tard. Le concept a déjà vécu et c'est même une réalité encore en 2017. En effet, il existe un programme militaire utilisant des dauphins. Comble de l'histoire, ce programme prend fin cette année 2017 car les animaux seront remplacés par des drones !

D'un point de vue littéraire, je dois dire que je me suis un peu ennuyé. En effet, le style est assez coupé: l'auteur alterne les phases où il raconte l'histoire et où il se passe quelquechose avec d'autres moments où on a droit à des discussions assez ennuyeuses entre les personnages ou dans des dialogues intérieurs assez pénibles à lire. J'avoue, dans les derniers moments, j'ai carrément zappé ces passages sans intérêt aucun pour l'histoire.

Ainsi, lorsqu'on vire toute cette agitation écrite, on obtient une histoire finalement très courte. Elle est certes d'un bon niveau d'intérêt mais ces moments assez longs à lire ont tendance à noyer le poisson (pardon le mammifère marin).

Par ailleurs, la fin abrupte qui devait sans doute faire un effet à l'époque a plutôt mal vécu. Ça fait style mais on a déjà vu un maximum de fin qui n'en sont pas vraiment et on sait maintenant en 2017 que ne pas finir une histoire est un sacrilège (enfin, c'est mon point de vue assumé).

Conclusions sur "Un animal doué de raison"

Pour mon dernier livre de l'année, j'ai finalement été assez déçu. Ce qui est assez paradoxal, c'est que c'est le premier livre qui m'est venu à l'esprit quand j'ai inscrit cet objectif de lire un livre par mois en 2017... Bon, au moins de tout, j'ai enfin lu ce livre qui m'attendait depuis près de 30 ans sur cette bibliothèque aujourd'hui disparue, avec leurs propriétaires...

Conclusions sur l'expérience de lire au moins un livre par mois

Voilà, c'est mon dernier article de revue littéraire de cette année. Il est temps de faire une petite rétrospective...

Alors, quel est mon avis sur cette expérience ? Il est plutôt positif. A l'origine, je trouvais que je ne lisais pas assez. Depuis quelques années, j'étais passé d'un stade d'une dizaine de livres par an à moins de un (celui qu'on commence et qu'on ne finit pas par manque de temps ou d'intérêt). Pourtant, j'ai toujours lu des tas de livres depuis que je sais lire et cet exercice finissait par me manquer.

Le fait de se contraindre à un livre par mois permet de s'assurer un minimum de lecture régulière. En parler dans un article de blog chaque mois me met également la pression pour ne pas lacher le projet. C'est un mécanisme qui se révèle assez efficace car je n'ai pas flanché une seule fois. Je suis d'ailleurs allé plus loin en ajoutant plus d'un livre par mois, surtout au début. C'est la preuve que ma soif littéraire était finalement assez importante.

En guise de matériel, j'ai quasiment utilisé tout le temps ma liseuse électronique qui commence maintenant à dater un peu. Elle se révèle néanmoins très efficace même si, lorsque j'étais en randonnée sur le GR70, j'ai utilisé des livres papiers, plus lourds mais plus robustes. Même s'il s'agit d'un modèle propriétaire (de chez Amazon qui plus est, le mal capitaliste sauvage absolu), je crois que je ne pourrais pas lire autant de livres si je ne disposais pas de ce périphérique. En effet, tout tient dans un petit sac à dos et pèse moins de 250g, le tout pour une bibliothèque entière.

Pourtant, tout n'est pas forcément rose dans cette histoire. A commencer par le temps qu'il faut pour lire. J'ai essayé dans le train et chez moi avant de me coucher. Ce dernier exercice se révèle assez difficile car la lecture a chez moi un rôle apaisant qui finit par m'endormir rapidement. Pas facile de s'accrocher à un livre dans ces conditions. De plus, raconter tous les mois un résumé de ce que j'ai lu est très consommateur de temps. Il faut que j'y consacre entre deux et trois heures par article, ce qui est long. Pour terminer sur ce point, il faut aussi avouer que d'avoir de la pression sur un sujet donne un sentiment d'obligation, de forcing sur mon temps libre qui est une ressource extrêment rare.

Mais finalement, quelle est la qualité de ce que j'ai lu ? Il faut bien avouer que c'était assez hétérogène en matière de contenu: de la littérature moderne américaine, de la science-fiction, du documentaire vulgarisateur, des écrits d'autistes, du manuel d'organisation, etc. Pour autant, je ne regrette pas grand chose. Mes choix initiaux n'étaient pas si mauvais que ça.

Quel est le meilleur livre de cette année ? D'un point de vue littéraire, celui que j'ai le plus apprécié est sans doute l'attrape-coeur de Jérôme Salinger. Je ne saurais dire pourquoi. La Billebaude d'Henri Vincenot a été une vraie surprise d'intérêt pour moi. Il m'en reste une très bonne impression... Enfin, les écrits de Josef Schovanec m'ont particulièrement parlé, une vraie révélation...

Vais-je reconduire cette expérience l'année prochaine ? Je ne saurais dire... Aurais-je autant de temps à y consacrer, rien n'est moins sûr ! Pourtant, je suis tiraillé entre mon désir de lire des choses nouvelles (ma bibliothèque numérique présente encore de nombreux ouvrages que je n'ai pas encore ouverts) et le fait de lire sous la contrainte. Pourtant, je sais que sans cette dernière je n'aurai pas été aussi assidu. Je vais essayer de lire encore 12 livres par an au moins mais en me contentant de faire une revue globale et courte en fin d'année prochaine... C'est le meilleur compromis qui s'offre à moi pour l'instant. A bientôt !

Posted ven. 01 déc. 2017 22:23:39 Tags:

Introduction

Dans mes résolutions de 2017, il y a marqué "Écouter l'intégralité d'un artiste musical par mois"... Pour le mois de novembre ce sera le duo des Carpenters.

Oui, je sais, c'est sans doute une référence trop polie, trop sobre par rapport aux goûts des années 2010 mais, ça fait bien longtemps que je souhaite pouvoir les écouter dans leur intégralité.

Ticket to Ride (1969)

Tout commence par l'année 1969, vous savez celle où les Muscle-Cars américains sont au top de leurs performances, l'époque d'Easy-Rider, du rock contestaire, des hippies, tout ça !

Mais 1969, c'est également l'année où sort le premier album studio des Carpenters, duo formé par Richard Carpenter, le frère ainé, à la composition et aux claviers et Karen Carpenter, la soeur cadette, à la voix si troublante. Loin du rock, loin de la soul, c'est un album bien gentillet qui sort en cette année de rupture pour l'amérique triomphante.

Car dès ce premier album, le style doux et un tantinet neutre des Carpenters s'affirme. Pas de cris, pas de guitare criarde, pas de sons trop forts ou de bruits mécaniques. Juste une douceur parfois trop polie. Néanmoins, la sauce marche car cet album représente un bon début.

A vrai dire, la première piste ressemble à un cantique religieux ("Invocation"). C'est très déstabilisant pour un départ. Si vous n'avez aucune connaissance de ce que les Carpenters ont produit, vous pouvez très bien avoir la tentation de balancer l'album à la poubelle. Pourtant, cette première piste a le mérite de poser ce qui fait la force du duo: la voix de Karen, si douce, si tendre et si posée, si claire.

La deuxième piste s'inspire un peu de ce que peuvent produire les Beattles à l'époque (ils sont au sommet de leur carrière). Elle emprunte un peu de ses codes à certaines pistes des Beach Boys aussi. Car en effet, les Beach Boys sont également bien connus à l'époque. Souvent les introductions de voix ressemblent beaucoup aux phrasés des Beach Boys avec leur décalage harmonieux. Les Carpenters arrivent également à le faire à eux deux et ils en abusent souvent dans de nombreuses pistes de cet album. C'était le signe d'une époque.

Mais c'est bien "Somday" qui marque le plus cet album. On y trouve une certaine forme de sérénité, de calme, de rythme doux, sous forme d'une ballade légère qui agrémente les vocalises de Karen Carpenter. Elle se révèle d'ailleurs bien mature pour son âge (elle n'a que 19 ans), au moins dans son expression vocale. J'aime beaucoup cette interprétation tantôt grave, tantôt plus haut perchée.

Pour autant, tout n'est pas si bien organisé sur cet album. Le morceau "Ticket to Ride" est d'ailleurs une pâle copie de ce que les Beattles ont fait. Bon, vous savez ce que je pense des reprises. C'est d'ailleurs bizarre d'avoir nommé l'album avec ce titre...

Une piste comme "Don't be afraid" sonne comme les Beach Boys mais fait un peu un aplat pas terrible non plus.

Non, à mon sens, l'autre piste d'intérêt de l'album se nomme "Eve". Elle se fait encore plus douce et plus solennelle (et donc mélancolique) que les autres. Vous savez que j'aime ce genre de mélodie même si cette piste me semble porteuse d'espoir et pleins de points positifs.

Pour résumer rapidement, ce premier album, un peu trop grave et chaste à mon goût forme quand même un ensemble organisé et qui s'écoute assez bien finalement. Il y a même quelques pistes vraiment au dessus du lot même si la forme religieuse est trop présente. Un bon début vraisemblablement...

Close to You (1970)

Ah, si vous ne devez retenir qu'une seule chanson des Carpenters, c'est bien "Close to You". C'est sans doute leur morceau le plus emblèmatique.

Pourtant l'album commence aussi avec un hit: "We've only just begun". Douce, calme comme une mer d'huile; tout y respire le bonheur, la paix. Cette chanson reprend également la forme courante de ce que les Carpenters vont produire pendant près d'une décénnie. Je vous la recommande.

Autre chanson d'intérêt, la piste 3 "Maybe it's you" qui repose aussi sur une recette éprouvée: une introduction simple qui démarre tendrement, des paroles bienveillantes, un crescendo qui se termine par un duo vocal d'harmoniques, le tout servi par une mélodie simple qui se termine par un final très instrumenté, fleuron d'instruments à cordes en concert triste.

Bon parfois, certaines pistes s'essayent à autre chose et on retrouve des ensembles assez moyens qui reprennent les codent de la musique country par exemple comme dans "Reason to believe". La reprise de "Help" des Beattles est également une merde, disons-le clairement !

Par la suite, on retrouve "Close to You", un monument à elle seule dont je vous conseille l'écoute. La voix de Karen fait vraiment la différence sur cette piste, le refrain en harmoniques, l'introduction simple au piano jouent également pour beaucoup.

La piste qui suit, "Baby it's you" commence plutôt mal mais son refrain est mélodiquement une excellence. Rien que pour ça, ça vaut le coup d'écouter l'album. D'ailleurs la piste "Crescent Moon" en reprend les mêmes codes et du coup, on peut bien l'écouter aussi.

Au final, grâce à sa paire de tubes, ce deuxième album des Carpenters est une vraie réussite. Leur style s'est enfin relaché de l'aspect religieux et même si on reste dans quelquechose d'hyper-consensuel, les mélodies valent leur lot d'écoute.

Carpenters (1971)

Un an après "Close to You" sort un album qui sera encore plus une réussite pour les Carpenters. En effet, l'album éponyme du groupe est également un bon arrangement, un album à garder dans un coin pour plus tard...

La première piste, "Rainy Days and Mondays", toujours très douce, présente un refrain assez mélodieux. Je finis par croire que c'est ça la force des Carpenters: si la musique reste gentillette, le refrain est toujours entraînant et on a plaisir à le chanter. Il marque ainsi les esprits ce qui permet d'apprécier le contenu de nombreuses pistes.

Si la deuxième piste "Saturday" est décidément trop niaise et mielleuse, les 4 prochains morceaux sont franchement des tubes. En effet, "Let Me be the One", "Hideway" et surtout "For All We Know" et "Superstar" sortent du lot. Ils fonctionnent tous sur la recette du super refrain... et ça marche assez bien. La voix de Karen Carpenter nous transporte véritablement dans un monde rassurant. En écoutant ces pistes au bureau, je me sentais vraiment apaisé et calme. Tout respirait l'amour, la volupté, la bienveillance. C'est sans doute ça la force des Carpenters...

Pour résumer, cet album est encore meilleur que le précédent qui était déjà très bon. Que va-t-il se passer sur les autres ?

A Song for You (1972)

Toujours à un rythme effréné, les Carpenters sortent un album après un an de travaux. Comme sur les autres albums, on prend ce qui marche et on réutilise les bonnes vieilles recettes.

Du coup, l'album est lui aussi plutôt une réussite, d'ailleurs bien introduit par "A Song For You". Toujours un refrain percutant, une mélodie douce, une voix grave mais tendre, agrémentée cette fois d'une touche nostalgique de saxophone.

Comme il s'agit d'un bon album, autant aller à l'essentiel: les meilleures pistes:

  • "Hurting Each Others": elle démarre très doucement mais le refrain prend une cause percutante, dynamique.
  • "It's Going To Take Some Time" se lance assez maladroitement avec quelques note de piano pas terrible mais, on retrouve toujours ce refrain typique.
  • "Goodby To Love", sans doute la meilleure piste de l'album est proche de la perfection d'un "Close to You" (sans l'atteindre). L'introduction est directement très bonne et bien entendu le refrain, simple, nous emporte encore plus loin. Vient enfin l'apothéose, à la guitare électrique; suprenante mais harmonieuse.
  • "Bless The Beasts and Children", toujours pour son refrain criant mais si délicat.

Encore un bon album, un de plus... Mais à la fin, ils finissent par tous plus ou moins se ressembler. Ça peut devenir lassant en faisant une écoute intégrale. Pour autant, pris séparément, ces albums sont très bons...

Now and Then (1973)

Encore une année de plus et un nouvel album. C'est sans doute le plus connu de tous car il abrite deux des trois chansons les plus connues du duo: "Sing" et "Yesterday Once More".

"Sing" qui ouvre l'album est également un monument des Carpenters abusant de la même recette: une introduction simple, un zeste de piano, une mélodie entraînante, la voix de Karen, si claire et un refrain qui tue. Parfois, on s'approche du miracle avec ces ingrédients simples. Tout ça pour la gloire de la chanson...

Plus triste mais plus glamour et jazzy, "This Masquerade" s'écoute plutôt bien après "Sing". Ce rythme un peu différent fait du bien à l'album, une espèce de respiration.

"Heather" est un morceau complètement musical (pas de paroles) plutôt bien arrangé et qui met en avant Richard Carpenter.

En attendant, "Jambalaya" est une pure merde, une masquarade sans intérêt. Franchement, si vous vous attardez dessus, vous finirez par jeter l'album par la fenêtre, ce qui serait dommage.

On arrive enfin à la grande piste: "Yesterday Once More" ! Je suis sûr que vous avez entendu ces Chalalalas ! Claude François en a fait une reprise assez mémorable (qui ne vaut pas l'originale bien sûr mais qui mérite une certaine forme de respect honorable). Avec un brin de nostalgie, les Carpenters signent une grande musique si percutante. Moi, j'aime beaucoup...

En revanche fuyez "Fun, Fun, Fun", une reprise des Beach Boys franchement nulle. En 1973, ça fait presque 10 ans qu'elle est sortie. Même punition pour "Da Doo Ron Ron" qui fait pitié.

Les pistes qui viennent en revanche, marquent le début d'un truc pas terrible: elles sont courtes, beaucoup plus rythmées et les arrangements sont franchement niais au possible. C'est une partie que j'évite comme la peste: ça pourrait me transformer en bisounours !

A la fois le meilleur comme le pire, voilà ce qui pourrait caractériser "Now and Then"... Le début de la chute ?

Horizon (1975)

"Horizon" est sans doute l'album le plus doux produit par les Carpenters. Si vous avez besoin de tendresse et d'affection, je vous le conseille. il prend même parfois des accents jazz très bien faits.

La piste d'introduction "Aurora" fait écho à la piste finale "Eventide". Elles empaquètent l'album pendant 1:33 chacune et annoncent la teneur de l'album: la quiétude.

La deuxième piste, intitulée "Only Yesterday" dispose d'une bonne introduction même si j'apprécie moins son refrain trop country à mon goût. Mais ça reste une bonne chanson.

Je suis désolé mais j'ai déjà entendu "Desperados" chez d'autres groupes (oui, j'ai écoute le groupe The Eagles, je l'avoue) et cette chanson me va mal... "Please Mr Postman" est, on doit bien l'avouer, un monument de niaiseries qui ont vécues... et qui sont devenues rances.

En revanche, j'ai pleinement apprécié "I Can Dream Can't I?". Elle est tellement jazz qu'on aurait pu faire chanter Frank Sinatra dessus sans que ça choque le moins du monde. J'adore ce style et c'est bien dommage que les Carpenters ne se soient pas davantage penchés sur ce registre. Cette voix si claire était sans doute un moyen d'interpréter de bonnes chansons, classiques et classieuses.

"Solitaire" est franchement une excellente piste bien servie par une introduction à la douceur infinie. Le refrain, franc et entier, vous emporte vers les cieux d'un seul battement de cil.

Pour "Happy", le seul truc qui me chiffonne, c'est justement le refrain qui est trop puissant et qui fait tâche dans l'album qui nous a habitué à plus de sérénité.

Toutes les autres pistes sont plutôt d'intérêt et au final, je trouve cet album d'une assez bonne qualité. Il est plus en douceur d'une manière générale et ça va bien au duo.

A Kind of Hush (1976)

Disons-le tout net, l'album commence de manière assez moyenne: la chanson éponyme "A Kind Of Hush" est un mix entre le générique de Benny Hill et un ersatz de synthétiseurs, mélangé avec un zeste de musique country. L'ensemble n'est pas si mal que ça mais j'avoue que je déteste le refrain qui est trop entraînant, trop simpliste.

Heureusement, la deuxième piste, "You", rattrape tout. Elle est une pure production des Carpenters, dans les canons que j'ai décrit plus haut. Toujours le même refrain qui tue, propulsé en amont par une poussée lyrique de Karen Carpenter. Non, vraiment cette piste est sans doute la meilleure de l'album.

L'autre piste d'intérêt de cet album se nomme "I Need To Be in Love", réalisation ultra-classique, dans la lignée des albums précédents. "One more time" et "I have you", un peu en retrait, restent de bons exemples de douceur, avec un soupçon de trop de miel, encore une fois. "I can't smile without you" s'en sort un peu mieux, voire même plutôt bien, si on prend le temps de la savourer.

Mais, pour le reste, c'est plutôt la déception. En effet, les Carpenters essayent tant bien que mal de changer de registre et ça ne se passe pas très bien. Trop de rythme, trop de niaiseries, trop de miel, des rythmes qui ne leur vont pas bien.

Pour résumer, je ne sais pas si c'est l'impression de déjà vu (entendu plutôt), mais cet album commence à me lasser sérieusement. Globalement, je le trouve en dessous des autres. Serait-ce le début de la fin ?

Passage (1977)

Encore une année, un album pour le duo. Quand on sait qu'ils font également des concerts en parallèle, c'est un peu épuisant non ?

A la fin, ça finit par laisser des traces. En effet, "Passage" est un album avec moins de pistes que sur les albums précédents, il n'y en a que 8.

Cet album esquisse un très léger changement dans la politique de production des Carpenters. La recette traditionnelle reçoit en effet un peu d'épices, notamment au niveau des rythmes et des instruments. De ce fait, au final l'album est moins bon, malheureusement.

Les 3 premières pistes font un peu illusions surtout la bien nommée "I just Fall in Love Again". En effet, cette dernière aurait pu intégrer l'album "Now and Then" car elle comporte tout ce qui fait le style Carpenters: de la douceur, une introduction douce et un refrain explosif. C'est la meilleure piste de l'album, à n'en pas douter.

Mais le reste s'avère moins savoureux. La reprise de "Don't Cry For Me Argentina" en est une illustration assez criante. Commencée comme un atelier lyrique, elle fait pâle figure lorsque Karen pose sa voix. Le mélange ne prend tout simplement pas. Pour les autres pistes, le rythme est trop rapide, la voix trop aigue, la mélodie trop entêtante, trop simpliste.

Pour résumer, "Passage" est un album moins bon que les précédents. On sent une certaine baisse de la qualité dans le duo depuis quelques années. Ils arrivent toujours à sortir des tubes mais il manque sans doute une forme de génie créatif perdu quelquepart.

Christmas Portrait (1978)

Bon, vous savez ce que je pense des albums de noël: c'est généralement de l'excrément, un truc tellement mielleux et niais que ça colle aux doigts et ça finit par coller aux oreilles et à les boucher.

Tradition oblige, ce n'est pas mieux pour les Carpenters. Oubliez-donc cet album, ne l'achetez pas sauf pour faire chier vos invités du 25 décembre !

Made in America (1981)

C'est le dernier album studio de la fratrie Carpenters. En effet, Karen Carpenter meure à l'âge de 33 ans, des suites d'une anorexie chronique. Elle était descendue à un poids trop faible pour survivre.

Que peut-donc donner un groupe, qui a démarré dans les années 70 en faisant de la musique des années 50 dans les années 80 et leur sound system bien particulier ?

Hé bien, le moins qu'on puisse se dire c'est que les Carpenters restent fidèles à leur crédo. Après plus de 10 ans de carrière et de très bonnes ventes d'albums, le groupe a trouvé son public. Donc pourquoi changer ?

Ainsi "Made in America" commence par la piste gentille de "Those Good Old Dreams". Calme, dans la lignée pure du style du duo. Sans aucune accroche des années 80 ou d'un autre courant musical.

Pourtant, même dans une bulle, impossible de ne pas s'inspirer de l'ambiance existante. C'est finalement une pointe de synthétiseur qu'on retrouve sur "(Want You) Back In My Life Again" qui nous met la puce à l'oreille. Les choeurs et les voix d'accompagnement s'inspire aussi de ce qui se fait à l'époque. On retrouve aussi ce style sur "Touch Me" avec un solo de saxophone so eighties. Mais c'est tout ce qu'on trouvera comme concession musicale.

Le reste, c'est du pur Carpenters... Mais que donne-t-il, ce dernier album du duo ? Dans l'ensemble, je le qualifierais d'intéressant. Il ne contient pas vraiment de tube ou de hit mais quelques pistes d'intérêt. D'une manière générale, il n'y a d'ailleurs pas grand chose à jeter. Toutes les pistes ont leur intérêt, en dehors de la niaise "BEachwood 4-5789".

J'ai même apprécié "Because We Are in Love (The Weddin Song)" pour sa pureté. Je peux encore citer "Strenght of a woman" qui me fait penser à Whitney Houston dans son expression ou encore "I Believe You", plus solennelle.

Je m'attendais à pire. En général, les derniers albums qui précedent la mort d'un membre du groupe sont plutôt mauvais car la mort est souvent causée par une maladie ou la prise de drogues. Mais là, ce n'est pas le cas.

Ce que je retiendrai des Carpenters

Quand j'étais plus jeune, je pensais que les Carpenters était un groupe des années 50-60. J'étais loin d'imaginer qu'on pouvait adopter un style aussi consensuel pendant les années 70, années soul, années rebelles, années funk.

J'ai finalement pas mal d'admiration pour leur production, dans son ensemble. Dès le premier album, le ton est donné. On sait qu'il sera simple, poli, calme et gentillet. Mais, une fois ce premier constat passé et en tendant un peu l'oreille, on trouve des choses intéressantes. Je me suis surpris plusieurs fois à siffler les airs de quelques morceaux entêtants comme "Sing" ou "For All We Know".

Néanmoins, il me reste un certain malaise à exprimer. En effet, il m'est arrivé de me sentir mal après avoir écouté les dix albums à la suite. Sans doute trop de douceur, de molesse, de miel finissent par engourdir mon encéphale. Pour autant, ce n'était pas un problème de nostalgie ou de mélancolie comme j'ai pu en rencontrer chez d'autres interprètes... C'est sans doute ce que je retiendrai des Carpenters: on peut écouter un album de temps en temps mais avec parcimonie.

Au final, un bon double best-of des familles devrait suffir le plus souvent à faire le tour du duo ces artistes. Mais ça valait bien le coup de vérifier en écoutant toute leur production.

Encore un mois d'écoute pour cette année 2017. Je me suis prévu l'écoute de Stevie Wonder et de ses presques 25 albums studio: ça va faire mal parce que ça va être long... mais ça va me faire du bien à écouter, je le sais d'avance !

Posted mar. 28 nov. 2017 21:09:25 Tags:

Introduction

Comme au mois d'octobre, je continue mon périple littéraire pour cette année et pour le mois de novembre, j'ai enfin pris le temps d'ajouter un Jack London à ma collection politique. En effet, j'avais déjà lu le "Peuple de l'Âbime" il y a quelques années qui est un reportage journalistique engagé sur les "pauvres" dans l'Angleterre industrielle du début du 20ème siècle. Cette fois, je me suis rabattu sur "Le talon de fer", un ouvrage de fiction politico-économique d'un grand intérêt (enfin, pour moi).

L'histoire

Pour faire un "pitch" rapide, le livre est en fait le journal de bord d'Avis Everhard, de sa recontre avec son futur mari Ernest Everhard jusqu'à sa disparition accidentelle, dans la lutte contre l'organisation du Talon de Fer.

Il raconte, de manière fictionnelle, la montée du socialisme dans l'amérique du début du 20ème siècle, en présentant la montée en puissance d'Ernest Everhard, un leader socialiste et en décrivant la lutte politique puis révolutionnaire qui s'en suit.

Au début, le couple se rencontre lors d'une soirée mondaine où le père d'Avis a invité des personnes de bonne compagnie et un invité à part, Ernest Everhard, un ancien ouvrier devenu philosophe socialiste. Dès le premier chapitre, ce dernier démontre que le système politico-économique réduit des hordes de personnes pauvres à une précarité dangereuse dont ils ne peuvent se sortir vivants. Un a un, il démonte les arguments de ses opposants et prédit l'arrivée d'une révolution socialiste, seul moyen de changer le cours des choses.

Car le système capitaliste exposé dans le livre est un capitalisme débridé, comme à notre époque mais sans aucune forme de protection sociale. Il a également la particularité d'être organisé autour d'une oligarchie concentrée autour de quelques trusts emblématiques (chemins de fer, charbon, métallurgie, etc). Cette oligarchie, dénommée Talon de Fer par Jack London s'est donné l'objectif de soumettre la majorité de la population pour en tirer un bénéfice intéressant pour cette petite caste. London, via la voix d'Everhard présente les choses de manière assez crue: le Talon de Fer n'a aucune considération de ses esclaves et pour ces derniers, la survie passe forcément par la rébellion, il n'y a pas d'autre alternative entre la mort et la lutte.

Everhard prédit une révolution socialiste pour renverser les trusts et établir un système qui empêchera toute possibilité de reconcentration du pouvoir et des moyens dans une forme oligarchique.

Petit à petit, les prédictions d'Everhard se réalisent: le Talon de Fer s'organise, mine petit à petit les lois, créé une milice dédiée, traite avec la classe moyenne pour affaiblir encore plus les prolétaires (ceux qui ne possèdent que leur force de travail pour toute richesse, c'est à dire, ceux qui n'ont rien et qui doivent bosser pour ne pas crever de faim).

Le père d'Avis et un évêque, connaissance de la famille, sont attirés par les théories socialistes et tentent de les appliquer mais ils se rendent compte qu'ils sont exclus de plus en plus de la classe dominante. L'évêque finit ainsi à l'asile et le père d'Avis disparaît mytérieusement

Enfin, la révolution éclate lorsque les élections qui ont fait gagner des sièges aux socialistes et aux ruraux (les Grangers) sont annulées: on les empêche tout simplement de siéger. Un attentat préparé par le Talon de Fer éclate au Congrès et les socialistes sont accusés. S'en suit une répression sévère, dans le sang avec un affrontement immense où de nombreuses personnes meurent.

Très vite, la contre-attaque s'organise. Avis se cache, Ernest est mis en prison puis libéré par ses compagnons. S'en suit une scène apocalyptique à Chicago qui est le siège d'une tentative de révolution socialiste durement matée à coup de mitrailleuse par le Talon de Fer.

Le livre se termine de manière abrupte. La dernière note mentionne qu'il s'agit des dernières lignes d'Avis Everhard avant sa disparition fortuite. Ses dernières lignes répetent sa confiance dans la lutte contre le Talon de Fer et son système capitaliste et dans le triomphe irrémédiable du socialisme.

Quelques réflexions

Le livre est franchement bien rédigé. Pendant très longtemps, j'ai cru qu'il s'agissait d'un reportage politique du début du 20ème siècle, contemporain de la fin de vie de Jack London. En effet, tout avait l'air de décrire la montée du socialisme aux États-Unis vers 1912-1916 (oui, je ne maîtrise pas bien l'histoire de ce pays à cette époque cible). Ce n'est qu'à un moment où l'action de rébellion véritable a été lancée que j'ai enfin compris que ce n'était que de la fiction. C'est dire si le récit de London est précis.

Dans le début de sa vie d'adulte, London adhère au parti socialiste et, dans ce livre, il reprend quelques-unes de ses théories déjà esquissées dans le Peuple de l'âbime, à savoir que l'état de pauvreté profond d'un grand nombre de personnes est en fait orchestré par le système politico-économique, dans l'intérêt de quelques-uns. Mais cette fois, plutôt que de simplement dénoncer, London propose un projet de révolution voire tente même de démontrer que cette révolution est incontournable. En effet, dans cette époque, il n'y a aucune loi sociale. Un ouvrier qui a un accident du travail est simplement renvoyé car non opérationnel. Il finit par mourrir de faim, à l'écart de la société, y compris des autres prolétaires tant ces derniers n'ont pas le temps d'avoir une vie sociale. Les enfants sont également incorporés au travail de manière assez radicale et crue.

Les prolétaires ne possèdent rien et vivent de manière misérable. Tout accident ou erreur de leur part est durement sanctionné par la mort de faim qui survient assez vite.

L'hypothèse de London dans le livre est que le système capitaliste tend à concentrer la richesse aux mains d'une oligarchie qui s'accapare tout: l'argent, le pouvoir; et dont l'objectif est la domination totale. Mais il y a une différence avec ce qui s'est réellement passé dans l'histoire économique des États-Unis d'Amérique. En effet, il y a eu une grosse loi anti-trusts. Alors que dans le livre de London, le mal prend justement racine dans les trusts qui finissent par bloquer tout le système politique qui pourrait nuire à leur survie. Ce n'est pas le cas (enfin, pas trop) dans notre société actuelle qui a su, un minimum, déconcentrer le pouvoir de quelques grosses firmes. Évidemment, si on suit la théorie de London, on peut presque dire que le fait d'accorder un pouvoir fort aux trusts est quasiment la source de tout le mal économique.

Ce qui a aussi attiré mon attention, c'est l'ironie de l'Histoire. En effet, Everhard présente le système socialiste comme le seul idéal capable de renverser le capitalisme et de faire en sorte qu'il ne puisse nuire à nouveau, en proposant un système politique complet, fondé sur une société sans classe. Pourtant, si on compare avec l'Histoire réelle, on ne peut qu'être choqué de constater que les systèmes socialistes ou communistes que nous avons connus étaient, pour la majorité d'entre-eux, des oligarchies sévères, constituées de quelques membres qui avaient le pouvoir et les richesses (les datchas, les Volga Gaz, etc.). Je suis sûr que London aurait répondu en disant que ces oligarchies ne sont pas socialistes mais qu'il s'agit de la dernière tentative de survie du Talon de Fer: prendre la forme d'une révolution socialiste pour ne pas mourrir tout en conservant l'oligarchie dans les faits, mais pas dans les principes.

A un moment du passage du livre, Everhard explique comment le Talon de Fer organise la famine pour mieux se débarrasser des prolétaires et de la classe moyenne, en cours de rébellion. Là encore, si on regarde l'Histoire, on se rend compte que les communistes russes et chinois ont utilisé les mêmes méthodes: les grandes famines de 1936 en sont la meilleure illustration; ce qui est assez paradoxal... Bon, de toute manière, si vous croyez que le communisme c'est ce qui s'est passé de 1917 à 1991 en URSS, dites-vous bien que vous vous trompez. Le communisme, c'est juste la propriété commune des moyens de production. Pas d'oligarchie, de concentration de pouvoir, d'autoritarisme, de goulag, de privation de libertés là dedans. Il n'y a qu'à voir ce qui se passe du côté des Kibboutz israéliens pour s'en convaincre...

Néanmoins, ce que dénonce London et qu'il utilise comme argument imparable pour annoncer l'évènement du socialisme et finalement bien ce qui a été compris et incorporé au système capitaliste, sans doute pour assurer sa survie. En effet, aujourd'hui, il existe une protection sociale, certes toujours remise en question mais bien présente. C'est la principale différence entre le système que décrit London qui est, effectivement invivable pour la majorité du peuple, et le monde de 2017 sur la Terre. C'est cet ajout de socialisme dans un système économique tranchant, dur, inégal mais finalement assez stable, difficile à bousculer qui fait toute la différence; qui amène à un monde à peu près vivable pour la majorité. Bon attention, ce n'est pas parce que quelquechose est stable que c'est forcément une bonne chose (vous pouvez rester stable, dans une flaque de merde, sans pouvoir vous en sortir. C'est stable: vous avez tendance à rester au même endroit, mais c'est aussi la merde !) !

Ma réflexion finale, à la lumière du monde que décrit London, sera de dire que tant que le système capitaliste conservera une bonne part sociale, il ne trouvera guère de système alternatif, il saura conserver un intérêt de la majorité pauvre, privée de pouvoir. Espérons que les politiques n'oublient jamais cet élément sinon, l'horreur du Talon de Fer ne saurait que se reproduire. A partir de maintenant, je désignerai par "Talon de Fer", cette forme de capitalisme sauvage, débridé, complètement non adapté à la survie d'un grand groupe humain sur cette planète !

Conclusions

Le livre se lit très facilement et il est bien écrit. Il dispose de nombreuses notes de bas de page (que j'ai consultées). Ces notes apportent une véritable impression de réalité historique au récit. En effet, la manière dont elles sont rédigées laisse penser qu'elles sont des résumés de situations qui se sont réellement déroulées dans les faits. Néanmoins, vers la moitié du livre, on se rend compte qu'il n'en est rien. Je vous conseille de toutes les lires, on se dirait dans Wikipédia.

Par ailleurs, en homme du monde occidental capitaliste "triomphant", je n'ai pas vraiment eu accès à de la fiction socialiste de cette nature dans ma jeunesse. C'est très frais de lire un livre où on tente de démontrer que la lutte des classes a une véritable explication, une origine sérieuse. Le récit permet d'imaginer un autre monde, bien différent de celui que nous avons l'habitude de cotoyer. Ainsi, c'est une histoire bien disruptive, à mi chemin entre la fiction et une réalité possible. Mais j'aimerais que cette réalité ne prenne jamais forme !

Bon, encore un livre, un mois et mon projet de lire au moins un livre par mois pour l'année 2017 sera rempli et achevé. Je dois donc terminer au moins le livre "Un animal doué de raison" de Robert Merle. Souhaitez-moi bon courage camarades...

Posted sam. 18 nov. 2017 17:23:39 Tags:

Introduction

Dans mes résolutions de 2017, il y a marqué "Écouter l'intégralité d'un artiste musical par mois"... Pour le mois d'octobre, ce sera le groupe des "Eurythmics".

C'est un groupe des années 80, assez célèbre à cette époque, qui a marqué un peu son temps. C'est à cette période que je l'ai rencontré, enfant abonné au Top-50 sur Canal+.

Cela fait quelques années que j'écoute de temps en temps, par nostalgie, quelques pistes les plus célèbres des Eurythmics. J'ai toujours trouvé qu'Annie Lennox avait une voix extra-ordinaire.

Mais, je n'avais jamais pris le temps de voir tout ce qu'ils avaient produit pendant leur carrière assez courte qui a duré à peine un peu plus de 10 ans.

Allez, je vous ramène dans les "eighties", ça ne peut faire de mal !

In The Garden (1981)

Premier album du groupe "Eurythmics", composé d'Annie Lennox au chant et de Dave Stewart à la composition et à la guitare, "In The Garden" n'aura pas marqué les esprits.

En effet, l'album n'a pas très bien marché même si, pour ma part, je ne le trouve pas si mauvais. Il annonce assez bien ce que seront les futures productions du groupe.

On y retrouve beaucoup de sons synthétiques, électroniques, la voix bien posée d'Annie Lennox qui peut évoluer dans plusieurs octaves sans problème, une mélodie complexe et très instrumentalisée (avec de nombreux instruments différents). L'ensemble est un peu sombre pour ce premier album mais je trouve que c'est un bon début.

Les quelques pistes que j'ai remarqué sont les suivantes: * "English Summer": une ballade sombre avec une voix assez grave, des sons riches mais sur un registre un peu monocorde; des bruits d'insectes, une mélodie monotone. Mais ça reste pas mal. * "Belinda" est, de son côté plus musclée et plus rythmée. Annie Lennox continue a évoluer sur un registre grave qui lui va assez bien. La mélodie reste simple mais dynamique. * "Take me to your heart" est une ode aux sons synthétiques 8-bits dont le groupe est profondément marqué. Ça ressemble au générique de "The Legend of Zelda" avec une mélodie simple. Vraiment très années 80. A l'époque, cette musique devait passer pour avant-gardiste. Bon, ce n'est plus le cas aujourd'hui mais pour ceux qui ont été marqué par ces sons si typiques, ça s'apprécie. * "All the Young People", mélodie assez groovy et plate mais plutôt bien constituée. Assez calme et pleine de sérénité.

En revanche, "Sing Sing" est une merde méchante: les paroles sont en français sur une mélodie hyper-répétitive et abrutissante. On dirait une complainte de débile mental. Même en étant autiste, j'ai du mal !

Il faut du temps pour finir par apprécier cet album, son appropriation n'est pas immédiate et il n'a pas vraiment de tube. C'est sans doute ce qui a fait qu'il a été mis de côté assez rapidement. Néanmoins, je vous conseille de prendre le temps de l'écouter plusieurs fois avant de le jeter, ça finira par venir...

Sweet Dreams are Made of This (1983)

Enfin le début du succès avec cet album. C'est surtout la chanson éponyme qui a permis au groupe d'être enfin connu et reconnu. En effet, c'est presque la chanson qui représenterait à elle seule le groupe dans toute sa composition.

Pourtant, l'album débute avec "Love is a stranger", un single de l'année précédente qui n'a pas marché. Il est d'ailleurs un peu bâti sur la même structure que les morceaux de "In The Garden": du 8bits, de la répétition, du monocorde, du synthé en veux-tu, en voilà. Pourtant la chanson est plutôt pas mal, pas un carton mais un jalon, certainement.

Après ce bon début, il y a pourtant de quoi s'inquiéter: à part "The Walk" qui attire un peu mon attention et bien sûr, "Sweet Dreams", l'album est vide. Les pistes n'ont aucun intérêt. Elles sont soit trop niaises, soit trop électroniques, froides, avec une mélodie plate. Rien qui fait vraiment vibrer l'oreille ou le coeur.

Pour autant, qu'est-ce-qui peut expliquer le succès de "Sweet Dreams". Je dirais d'abord qu'il s'agit de la mélodie principale, un peu entêtante, simple mais percutante et harmonieusement liée à la voix d'Annie Lennox. On reste sur du son électronique, presque du 8 bits; la chanson est sur un registre assez grave mais plus dans les aigus, et le rythme change tout. Ce dynamisme fait toute la différence ainsi que les choeurs et les cris de l'interprète. C'est une recette finalement assez différente de ce que le groupe a produit pour l'instant même si les ingrédients sont tous issus de la même origine que les autres morceaux de l'album ou de l'album précédent.

Dans tous les cas, je crois qu'on peut résumer cet album par son seul hit qui a percé et qui marque le meilleur du savoir-faire de Eurythmics. Que va donc donner la suite ?

Touch (1983)

L'album commence assez bien avec un sacré hit: "Here Comes the Rain Again". On retrouve les mêmes choses que dans "Sweet Dreams": du rythme, des sons électroniques au service d'une mélodie percutante, une voix plus aigue pour la chanteuse, une certaine forme de dynamisme dans l'instrumentation. Pour cette occurence, on trouve en plus le son d'instruments plus classiques dont un couple de cordes qui servent assez bien le côté dramatique de la chanson. Dans tous les cas, voici une des meilleurs chansons du groupe.

Mais est-ce-que tout va se passer comme sur l'album précédent, à savoir qu'il n'y a qu'une seule piste d'intérêt. Et bien, pas tout à fait. D'abord, on trouve une peu de nouveauté avec "Right By Your Side" qui sans être un tube s'écoute plutôt pas mal. Le rythme est très rapide et la joie (un poil niaise) transparaît assez bien.

"Cool Blue" est également une évolution intéressante même si elle prend un peu plus de temps à s'apprécier. Encore une fois du rythme, des isntruments électroniques. Mais ce qui l'empêche de marquer l'esprit, c'est l'overdose de sons divers et variés qui dessert la mélodie un peu répétitive et agaçante mais pourtant digne d'intérêt. Dans tous les cas, ça sonne bien années 80.

On arrive enfin à l'autre tube de l'album, un peu en retrait par rapport à "Here Comes The Rain Again". "Who's That Girl" est effectivement taillée sur "Sweet Dreams" avec un rythme plus lent, plus monocorde, plus dans les graves mais la chanson est rehaussée par une mélodie plus travaillée avec laquelle la voix d'Annie Lennox s'accorde parfaitement. Clairement la deuxième meilleure pistes de l'album.

Pour terminer l'album, deux pistes ont retenu un peu mon attention. Il s'agit de "The First Cut" et de "Paint a Rumour". Elles sont construites un peu de la même manière même si les mélodies sont très différentes: on y trouve du 8 bits qui semble sorti tout droit du générateur synthétique d'une Nintendo NES, de la répétition, un air entêtant, voire abrutissant... Mais ça s'écoute plutôt bien.

Pour résumer l'album, on peut dire que comparativement à "Sweet Dreams", ça s'améliore globalement. Il y a plus de chansons qui valent le coup, sans atteindre un niveau extraordinaire.

1984 (For the love of Big Brother) (1984)

En 1984, l'année terrible dépeinte par Georges Orwell dans son roman éponyme, sort l'album 1984, destiné à fournir la bande originale du film éponyme. Que vaut donc cet album ?

Après l'avoir écouté de nombreuses fois, je dois avouer qu'il est plutôt bon. Les pistes sont vraiment entraînantes et me semblent bien en phase avec le récit d'Orwell, même si je n'ai pas vu le film de l'époque.

A part "Ministry of Love", toutes les pistes sont très intéressantes. Il n'y a rien à jeter, ce qui en fait plutôt un album très bon pour ce que les Eurythmics ont produit jusqu'à présent.

La meilleure piste est sans conteste "Sexcrime", la bien connue.

Dans tous les cas, tout reste cohérent dans cet album: les rythmes se valent d'une piste à l'autre. On a de la froideur bien servie par la musique électronique; un peu de mélancolie ("Julia" et "Winston Diary"); du rythme ("I Did Just The Same" et "Sexcrime"). Vraiment pas mal cette production.

En conclusion, 1984 est encore un cran au dessus de l'album précédent même s'il présente un titre majeur qui monte moins haut en valeur que la chanson "Sweet Dreams" ou "Here Comes The Rain Again". Néanmoins, c'est le meilleur album que le groupe ait produit depuis ces débuts, sans conteste. Je vous invite à le ré-écouter.

Be Yourself Tonight (1985)

Autre année, autre album... Que va donner "Be Yourself Tonight" ? Et bien je dirai que ça ressemble à du Eurythmics: il y a un hit qui casse tout et efface le reste de l'album même si les autres pistes sont plutôt pas mal.

En effet, "There Must Be An Angel" est un tube incontesté, assez atypique dans la production du groupe. En effet, c'est une chanson très pop, avec beaucoup moins d'électronique, des choeurs quasi-lyriques et très classiques et Annie Lennox chante comme un oiseau, ce qui permet au passage d'admirer sa voix extraordinaire. Le ryhtme n'a rien à voir avec ce qu'on peut trouver sur les autres albums. On pourrait presque dire que ce n'est pas une chanson du groupe tant il y a de contraste avec le reste de l'album. Cela reste une des chansons ultra marquantes du groupe, notamment avec son solo d'harmonica dans la deuxième partie de la piste qui vaut vraiment son pesant de cacahuètes. Pour la petite histoire, c'est Stevie Wonder qui l'interprète (c'est donc forcément super) !

Pour autant, les autres pistes s'écoutent assez bien. Pour cet album, je note que le groupe a quasiment abandonné les sons synthétiques 8-Bits ce qui donne une touche plus "sérieuse" à l'ensemble, plus pop et moins expérimental/électronique. Sans doute l'époque qui voulait ça.

Après quelques écoutes, on finit par apprécier la globalité de l'album qui semble vraiment plus mature avec cette évolution sonore.

Néanmoins, on remarque que Eurythmics a une production souvent centrée autour d'un tube central qui éclipse souvent le reste et ce, depuis de nombreux albums, serait-ce leur signature ?

Revenge (1986)

Décidément, le rythme de production du groupe est à bâtons rompus: nous sommes sur le 6ème album en 5 ans ! Qu'allons-nous trouver ici ?

Pour résumer, disons que le groupe reste davantage dans la maturité, le plus sérieux et plus dans la pop qu'auparavant. Il en résulte toujours un album déséquilibré mais qui progresse en qualité.

Car en effet, cet album héberge le hit absolu à mon goût des Eurythmics: "The Miracle Of Love", ode magique à l'amour, d'une tendresse absolue; décidément en contre-exemple du reste des productions du groupe. C'est la traditionnelle chanson atypique de chaque album ! Si vous ne deviez retenir qu'une seule chanson des Eurythmics, c'est celle-là ! Mais sachez qu'elle n'a rien à voir avec le reste...

On y trouve une Annie Lennox prophétesse, un Dave Stewart au jeu de guitare extraordinaire, une composition instrumentale très mature, capable de mélanger un erzats d'électronique avec des instruments classiques, servie par une mélodie très sentimentale qui impose le respect, à l'égal d'un chant religieux, transcandé par les choeurs aigus et artificiels d'Annie Lennox et par le solo de guitare électrique de Dave Stewart. Un pur bonheur sur près de 5 minutes...

Bien évidemment, après ça, difficile de trouver une piste qui crève l'oreille ! Comme pour l'album précédent, on a droit à une leçon de pop. Les pistes sont bien rythmées, assez cohérentes si on enlève "The Miracle Of Love". Encore une fois la production s'est améliorée.

Pour cette fois, j'ajouterai deux pistes d'intérêt: * "When Tomorrow Comes", introduite par des riffs électriques sympathiques et servie par un dynamisme à toute épreuve. La mélodie est également très bonne. * "I Remember You" qui fait crier la chanteuse dans une complainte rythmée.

Voilà, comme à leur habitude, le groupe sort une excellente piste et raccroche le reste comme il peut, même si encore une fois, le niveau de l'album progresse sans conteste par rapport au précédent.

Savage (1987)

Encore une année, un nouvel album pour les Eurythmics. Vont-ils continuer à progresser ? Il fallait bien que tout ça s'arrête à un moment donné.

Car en effet, cet album est une vraie régression, comparé aux autres. Les rythmes sont devenus très mécaniques ce qui casse un peu le côté pop de l'année précédente. Il est donc moins accessible au commun des mortels et la majorité des pistes n'ont pas un grand intérêt.

On retrouve quand même la traditionnelle piste de hit: "Shame" qui est intéressante sans atteindre le niveau des précédents hits. C'est néamoins une piste à garder car son refrain est vraiment entraînant, emblèmatique de ce qu'on pouvait faire dans les années 80, entremêlant synthétiseur à clavier et chanson populaire. Mais il est vrai qu'après avoir produit tant de hits extraordinaires dans les années précédentes, il était difficile d'atteindre la même perfection tous les ans.

L'autre piste d'intérêt est la piste éponyme de l'album, plus calme, plus douce avec son introduction mélancolique. Elle est pratiquement au niveau de "Shame", en étant sur un registre un peu différent. Elle est aussi la seule piste plus pop que mécanique. A force d'écoute, on finit par la trouver agréable.

Mais, l'album est franchement en déséquilibre et sur la pente descendante...

We Too Are One (1989)

Avant dernier album du groupe avant sa séparation, "We Too Are One" est le dernier album de la production non interrompue du groupe (qui se reformera en 1999 pour produire le dernier album).

Bon, c'est encore une fois la déception: je n'arrive pas à accrocher à l'album. Il y a trop de choses qui ont changé. On est plus dans le miel et dans la pop qui commençait à devenir franchement merdique à l'époque. On sent que le groupe est plus mature que jamais mais ce qu'il produit est vraiment trop commercial pour vraiment percer.

Je garderai "Don't Ask Why" à cause du jeu de voix d'Annie Lennox qui reste indestructible. J'ajouterai aussi "Angel" pour son calme olympien et sa bonne structure.

Mais tout le reste est bien fade avec ce que le groupe avait fait auparavant. C'est fini.

Peace (1999)

Ah, cet album, je l'ai entendu à la radio quand j'étais jeune adulte. Je le connais donc plutôt bien, surtout le hit de l'époque: "I Saved The World Again" qui sonne comme un "There Must be An Angel".

Encore une fois, et pour la dernière fois, le groupe fait ce qu'il a l'habitude de faire: un titre majeur entouré de pistes moins géniales mais à peu près cohérentes. La force de l'album reste d'avoir su s'adapter aux productions de l'époque sans tomber dans les merdes musicales de la période "Techno" qui était en plein boom (à mon grand désarroi, je dois dire).

"I Saved The World Again" est dans la même lignée que "The Miracle Of Love" et "There Must Be An Angel". Il est bâti de la même manière, atypique de tout le reste de l'album. Une grande réussite, qui marque les esprits.

Pour le reste, disons que le rythme est plus lent, plus posé que les débuts du groupe. Moins de musique électronique, plus de silences, moins d'instruments, ce qui fait forcément ressortir la voix d'Annie Lennox. Je dirais que pratiquement tous les morceaux sont très nostalgiques, sur un registre de regrets et des mélodies calmes avec un soupçon de pop. Plutôt pas mal pour cette fin des années 90. Car il ne fait pas oublier que plus de dix ans séparent les deux derniers albums des Eurythmics.

Pour conclure sur cet album, je dirai qu'il comporte assez d'intérêt pour le ré-écouter plusieurs fois, afin de bien s'en imprégner. Il est sans conteste bien meilleur que l'album précédent sans atteindre le niveau de "Revenge".

Ce que je retiendrai d'Eurythics

Pour résumer ce parcours musical, je dirais que Eurythmics n'est pas le genre de groupe qui est une usine à tubes. Sur chaque album, on peut extraire une ou deux pistes exceptionnelles. Mais elles sont surtout en décalage avec le reste de la production classique du groupe. Paradoxalement, c'est ce que le public dont je fais parti retiendra le plus: les hits atypiques comme "Sweet Dreams", "Here Comes The Rain Again", "Sexcrime", "There Must Be An Angel", "The Miracle Of Love", "Shame", "I Saved The World Again".

Cette découverte m'a donc permis de trouver un monde musical un peu différent avec de la musique électronique, du synthé 8 bits sympathique, des nouveautés.

Mais au final, peu de surprises et ma conclusion sera de rester aux pistes que je connaissais déjà. On peut donc condenser l'oeuvre du groupe dans un best-of de quelques titres, ça ne posera pas de problème... Les années 80 n'étaient pas si extraordinaires que ça finalement !

Posted sam. 28 oct. 2017 17:09:25 Tags: