WANTED DEAD AND ALIVE !

Un article de blog anodin pour vous déclarer cet avis de recherche (ou de décès)...

Quelqu'un m'a piqué mon beau vélo Jean Stablinsky à Nantes durant le week-end allongé du 21 juin 2014 !

Son histoire mérite que je parle de lui publiquement... Lorsque je suis parti d'Angers, un de mes cadeaux de départ fut ce magnifique vélo des années 70 à remettre en état. Il était complet, du guidon aux roulements de pédalier, garni avec une sonette badgée "I Love my Bike" de circonstance.

Pendant mon séjour à Toulouse, je l'ai laissé de côté (comme j'ai un peu laissé tout de côté pendant que mon séjour dans le sud-ouest). Quand je suis revenu travailler à Nantes, je me suis dit que ce serait bien d'avoir un vélo pour faire les trajets gare-boulot/boulot-gare, histoire d'économiser un abonnement de transport en commun. Aussi, je me suis vite lancé dans la remise en état de l'engin pour en faire un outil de déplacement adapté à la ville.

J'ai mis près de trois week-ends pour tout reconditionner. J'ai absolument tout démonté (y compris la fourche), regraissé tous les roulements (direction/pédales/pédaliers/roues/dérailleur), nettoyé tout ce qui pouvait l'être, changé les gaines et les câbles de frein. J'ai même effectué quelques retouches de peinture sur le cadre (avec de la peinture métal blanc car je n'avais que ça sous la main). J'ai changé les patins de frein et je suis même allé jusqu'à faire fonctionner correctement la dynamo et changer l'axe de pédalier par un modèle avec moins de jeu. J'ai consacré finalement pas mal de temps pour cette remise en état complète qui sans être absolue était d'un (trop sans doute) bon niveau. Les tests routiers que j'avais fait m'ont montré qu'il ne faisait aucun bruit en roulant ce qui est souvent signe d'un bon boulot !

Mais voilà, à peine un mois après sa mise en service, je ne l'ai pas retrouvé un lundi matin !!! Des collègues m'avaient bien recommandé de prendre une place de parking vélo sécurisé au parking de la gare de Nantes mais je me suis dit que ça attendrait le début de vacances scolaires. J'avais également l'impression qu'un vélo comme ça qui coûte sans doute moins de 30€ en occasion ne risquait pas de se faire voler. Bien mal m'en a pris... C'était sans compter l'appétit pour la touche vintage qui intéresse tant les urbains qui préparent de fixies... A moins que ce soit juste un mec bourré avec une pince qui s'est barré avec sur 300 mètres avant de le balancer par dessus le trottoir.

Je ne me fais plus vraiment d'illusions: je ne retrouverai jamais mon beau vélo !

Aujourd'hui, je roule avec mon vélo habituel (qui est encore plus vieux et qui mérite une sacrée révision). Mais j'ai retenu la leçon: j'ai pris une place de parking sécurisé (30€ par an) et j'ai investi dans un vrai dispositif antivol (un U assez lourd mais assez solide). Pour me consoler, il me reste un autre vélo à retaper qui vient de Toulouse et qui est sans doute plus ancien et en meilleur état. Il me fera une machine de déplacement stylée pour pas cher...

Quand il sera terminé, il faudra bien que j'en parle un peu dans ce blog !

Posted lun. 18 août 2014 18:16:29

My bike is not a B'Twin (part 3)

Un petit retour sur la bicyclette que j'utilise (quasiment) tous les jours...

Après plus d'un an d'utilisation forcenée, voici les principaux évènements:

  • Récemment, un bon bris de pédale... Je ne croyais pas ça possible de briser en deux une tige de métal à force d'appuyer dessus ! Pourtant, la cassure est presque nette. C'est arrivé d'un seul coup, en haut d'une côte alors que j'étais presqu'arrivé à la maison ! Maintenant, j'ai donc deux pédales identiques et je suis un pro de l'ajustement de leurs roulements.

    Bris de pédale

  • J'ai changé les pneus: j'en ai trouvé des vraiment pas chers (à 8€ pièce). Ils sont forcément faits en chine mais vu le buget, ça s'explique ! J'ai donc chaussé mes jantes avec et j'en suis satisfait. Faut dire que les anciens étaient bien craqués et qu'en plus, j'avais atteint l'usure complètement de la bande de roulement (on voyait le coutchouc noir présent à l'intérieur depuis l'extérieur).

  • Je me suis équipé d'une béquille. Le choix de cette dernière a été un grand moment: j'ai vraiment galéré pour trouver un truc pas trop long, qui se fixe correctement et qui est ajusté pour que je puisse pédaler sans frotter sur la béquille. Après avoir essayé un modèle de chez Décathlon, je suis sûr que mon vélo ne pourra jamais accepter le moindre truc de chez eux: malgré les mesures effectuées en magasin, la béquille ne pouvait pas être montée. Il m'aurait fallu usiner un de ses bords, chose que je me suis refusé à faire. Retour à l'envoyeur... J'ai fini par trouver un modèle qui va bien. De temps en temps, je suis obligé de la réajuster: la pédale finit par butter dessus... Pas parfait mais ça se gère !
  • au niveau des freins, j'ai installé ceux que j'avais récupéré sur un vélo des années 70 qui était à la décharge. L'intérêt de ces nouvelles machoires, c'est la légèreté et aussi le fait qu'elles sont en aluminium et non en acier: elles ne rouillent pas, ce qui était le cas des anciennes. Bien entendu, j'ai conservé précieusement les anciennes, au cas où !
  • En ce qui concerne les jantes, après avoir trouvé le bon outil pour démonter la roue libre, j'en ai monté une à l'arrière qui n'était pas voilée. Je me suis également amusé à changer l'ordre des pignons. En effet, je ne peux me servir que de 3 vitesses étant donné que la course de mon antique dérailleur n'est pas assez longue pour balayer tous les pignons. J'ai donc interverti le pignon 3 avec le 4. C'est plus souple dans les utilisations. En pratique, avec 3 vitesses, je n'ai aucun problème pour monter toutes les côtes et aller plutôt vite sur le plat.
  • La dynamo a explosé ! En fait, c'est la tête qui frotte sur le pneu qui s'est littéralement usée jusqu'au bout... J'en ai monté une autre de récupération et j'ai essayé de trouver une solution au problème en fabriquant un capuchon. Mais pour l'instant, ça ne tient jamais très longtemps... A suivre !
  • J'ai fait le test de mettre un protège-chaîne mais au bout de quelques jours, je l'ai démonté. Motif: trop de bruit ! Celui que j'avais était trop près de la chaîne et malgré une bonne demi-journée d'ajustements, je n'ai jamais réussi à faire en sorte que la chaîne ne frotte pas quelque part. Pas facile...
  • Enfin, j'ai changé les garde-boues, toujours sur de la récup. Les anciens en aluminium avaient trop de jeu au niveau des fixations. Il m'aurait fallu ressouder une partie et je n'ai pas le matériel à disposition, ni les compétences. Pour adapter les nouveaux gardes-boues, j'ai dû user de la perceuse et trouver quelques bouts de métal pour les fixations. Au passage, j'en ai profité pour tout remettre en visserie au diamètre de 8, c'est plus commode pour le démontage et ça permet de ne prendre qu'une seule clef lors d'une randonnée.

Au final, voici l'engin:

Velo 2011 1 Velo 2011 2

Voici ce qu'il serait bon de faire:

  • Mettre un éclairage arrière à LED. En 3 mois d'hiver, j'ai consommé 3 ampoules arrière ! Le filament ne tient jamais... Il faut que je trouve un moyen simple et robuste de fabriquer un dispositif qui se logerait dans le phare et qui éclairerait aussi bien qu'une petite ampoule. Je sais, il y a pléthore de montages sur le web. Faut juste que je me remue un peu sur ce sujet.
  • Changer toutes les gaines de câbles et les bloqueurs. Vu l'état des miennes, ça ne ferait pas trop de mal. J'aimerai bien en prendre des blanches.
  • Changer toutes les billes des "roulements": dans les pédales, dans le cadre, sur la fourche, dans les moyeux. Après avoir récupéré par-ci par là, des restes de vélo, j'ai épuisé mon stock de billes en bon état et non marquées.
  • Après ça, peut-être une peinture !

Dans tous les cas, je totalise au moins 3000km (estimation au pif) par an. Pour un trajet quotidien de 15km, on peut facilement utiliser des pneus pourris. Du moment qu'ils ne crèvent pas à répétition. Avec le temps, 15km par jour deviennent quelquechose de tout à fait banal ! En ce qui concerne ma voiture, je me pose sérieusement la question de m'en séparer. Avec environ 5000km par an, l'assurance, le prix du carburant qui augmente... je pourrais très bien m'en passer et en louer une en cas de besoin !

PS: Petit coup de gueule contre les automobilistes qui ont du mal à comprendre qu'il ne sert à rien de vouloir à tout prix doubler un vélo pour se rabattre juste devant lui au risque de le faire tomber. Rouler sur un vélo, c'est dur: il faut actionner ses jambes et faire un effort largement plus conséquent que celui de bouger une pédale d'accélérateur ou de frein. Dans ces conditions, merci d'en tenir compte et de rester derrière un cycliste lorsque ce n'est pas possible de le doubler. Généralement, ça ne dure pas trop longtemps, et dans tous les cas de figure, je vous assure que vous allez vous remettre de ces quelques secondes perdues !

Posted dim. 24 avril 2011 10:04:45 Tags:

My bike is not a B'TWIN (part 2)

Voilà, ça fait plus de 6 mois que j'utilise au quotidien mon vélo old-school qui était déjà très moderne pour l'époque. Je pense qu'un petit retour d'expérience s'impose.

Vélo 2010 1 Vélo 2010 1

A propos de mon parcours:

J'ai utilisé ce vélo pour aller bosser. Je l'ai fait quasiment tous les jours, excepté une pause d'environ 1 mois cet hiver pour cause de fainéantise et de confort. En moyenne, j'effectue 15km aller-retour par jour et les bonnes semaines, c'est à dire celles où j'ai la pêche, je réalise donc aux environs de 75km uniquement avec cet engin.

D'une manière générale, mon parcours est assez simple et suit en majorité des pistes cyclables qui me permettent d'aller un peu plus vite que les voitures, une fois arrivé en ville. Elles me permettent également de limiter les risques de collisions dans le trafic urbain. C'est pour cela que je les ai privilégiées. J'ai la chance d'habiter une ville où le vélo a été pris en compte. Parfois les aménagements gagneraient à être modifiés mais, dans l'ensemble, c'est plutôt appréciable.

Pour gérer l'effort et éviter d'arriver trempé de sueur, il faut s'organiser. Si vous voulez utiliser votre vélo de manière efficace, c'est à dire, sans traîner sur la route, cela va vous demander d'adapter l'arrivée sur votre lieu de travail. Dans mon cas, j'utilise des vêtements de rechange que je transporte dans un sac à dos. Je n'ai pas la chance d'avoir accès à une douche et donc, je me change quasi-intégralement une fois arrivé au boulot, moyennant une petite période de refroidissement du corps. Avec cette technique, pas besoin de douche pour ne pas sentir la transpiration. C'est plutôt efficace pour moi.

J'ai remarqué que mon trajet est proche des 25 minutes alors que celui en voiture est de l'ordre de 20 minutes en temps normal, c'est à dire en incluant les bouchons. Pas mal comme comparatif. Si je prenais le bus, en plus du fait d'attendre et de gérer des horaires, mon temps de parcours atteindrait facilement 40-45 minutes. De ce côté, le vélo me permet de rester assez libre (même si cette liberté demande plus d'efforts physiques).

Je pense que cet effort quotidien est assez bon pour mon corps: c'est un exercice pas forcément complet mais qui me permet de travailler les muscles des jambes et un peu le coeur.

Ce que je n'aime pas à vélo:

  • Les autres vélos qui grillent les feux rouges: en plus du non-respect du code de la route, ils contribuent à donner une mauvaise image des cyclistes. Pas terrible comme comportement à risque. C'est très con mais mieux vaut s'arrêter au feu rouge même s'il n'y a pas de danger apparent.
  • Les bagnoles qui se garent sur la piste cyclable: la piste cyclable est aussi une route ! Du coup, quand quelqu'un y stationne, ça fait l'effet de la double-file mais sur une seule voie.
  • Me rendre compte que j'ai oublié un truc super-important à la maison en plein milieu de ma route: hé oui, en plus de la perte de temps plus importante, il y a également l'effort supplémentaire. C'est ce dernier point qui est imparable: avec une voiture, on peut se permettre de revenir alors qu'en vélo, bien souvent, c'est cuit... Rouler en vélo impose donc une meilleure gestion de la route à effectuer. Il est indispensable de planifier un minimum à l'avance sous peine de faire beaucoup de kilomètres. Cette planification est quelquechose que nous avons tendance à oublier. De plus en plus, avec le concours de la voiture qui réduit très fortement les distances en temps et en effort physique, avec l'aide du téléphone portable qui permet d'organiser sur le pouce des rencontres, nous oublions comment nous étions obligés de planifier auparavant. Personnellement, j'aime bien contrôler ma vie: je vis cette obligation de planification de manière assez positive, sauf lorsque je n'ai pas assez préparée...

Ce que j'aime à vélo:

  • Occuper le terrain: dans certains endroits, on a l'impression que tout a été programmé pour la voiture. A tel point que les automobilistes ne s'attendent pas du tout à trouver des cyclistes dans ces lieux. Du coup, pour leur rafraîchir la mémoire, je me plais à circuler dans ce genre d'endroits genre, gros carrefours giratoires. Ce n'est pas interdit pour les vélos même si c'est dangereux. D'une manière générale, un bon automobiliste est quelqu'un qui circule régulièrement avec plusieurs engins. Tant qu'on n'a pas roulé sérieusement à vélo, on a du mal à évaluer quels en sont les problèmes et les règles qui s'imposent à nous. On se sent donc moins concerné et c'est là qu'on fait des erreurs.
  • Avoir le sentiment d'être libre: A vélo, on va vraiment plus facilement où on veut. Je veux aller en ville: pas de problème de prise de tête pour trouver un emplacement de stationnement qui me demande de marcher 1km pour rejoindre le lieu qui m'intéresse. Je peux circuler sur les chemins où ne passent pas les voitures. En revanche, je ne peux pas circuler sur les routes réservées aux voitures mais ce n'est pas un mal !
  • Ne pas focaliser mon cerveau sur la route: Depuis que je m'exerce à rouler régulièrement à vélo, je me rends compte à quel point la voiture est un moyen de transport assez abrutissant. En effet, la circulation automobile demande une concentration assez régulière. Certes, il existe des réflexes quasi-conditionnés pour nous permettre de "gérer" la circulation (gestion du freinage, du passage de vitesses, etc...) sans devoir réfléchir en permanence. Mais, dans la pratique, il est indispensable de tenir le regard sur l'ensemble du champ de vision, il est important de faire attention aux autres, etc... combien de fois, sommes-nous rappelés à l'ordre, lorsqu'on croise un radar qui pourtant était annoncé en pleine évidence par un grand panneau quelques centaines de mètres avant. Bref, lorsque je conduis une voiture, ça me déplait de plus en plus de devoir concentrer mon esprit sur la route et non sur des problèmes autres. A vélo, il y a beaucoup moins de pression (moins de circulation, moins de trafic, un peu moins de situations à risque, etc...) du coup, je peux réfléchir à d'autres choses comme planifier mon boulot, étudier rapidement quelle est la solution qui me ferait gagner du temps, etc...
  • Avoir l'impression de ne pas trop salir l'environnement dans lequel j'évolue: circuler en vélo me fais économiser du carburant issu du pétrole. C'est un argument assez plaisant de constater que le dernier plein de la voiture remonte à il y a 2 mois ;-)

Un peu de Hacking:

Quelques informations techniques sur la machine en elle-même !

D'abord, on peut rouler tous les jours même avec des pneus merdiques comme ceux que j'ai. En plus de 6 mois, je n'ai crevé que 2 fois et pourtant mon chemin emprunte des pistes non goudronnées. Vu l'état des pneus, je me suis dit qu'ils n'allaient pas faire long feu mais je me suis bien trompé. Ainsi, même s'ils sont usés jusqu'à la corde (la garniture métallique qui assure leur rigidité), s'ils sont tout craquelés et même si la bande de roulement est vraiment morte, vous pouvez quand même rouler avec ! Je ne suis pas tout à fait sûr qu'avec des pneus modernes, le comportement soit aussi fiable. De toute manière, je finirais bien par les changer un jour... Dans ce cas, j'aurais de quoi faire un retour.

Après quelques recherches, je pense que la machine date des années 50. La pièce la plus originale est sans doute le dérailleur. Le système utilisé remonte aux années 30 et a été utilisé jusque dans les années 50 me semble-t-il.

Ensuite, j'ai tout démonté sur ce vélo: en dehors de la roue-libre et de la cassette de pignons pour lesquelles il faut du matériel dédié un peu spécial, tout sur cette machine a été démonté et révisé tant bien que mal. Ce qui est assez génial c'est que sur ce genre d'engin, tout est démontable et modifiable: c'est un vrai hymne au hacking. Des machoires de freins aux billes des roulements de roues, il n'y a rien que vous ne puissiez atteindre, sous réserve d'avoir du matériel digne de ce nom. Dans mon cas, j'ai acheté deux outils:

  • une clef à pédale 15 et 17 pouces
  • des clefs à cônes (clefs ultraplates)

Ils sont quasi-indispensables pour régler correctement les jeux des moyeux de roues et pour pouvoir démonter les pédales car les outils standards sont en général trop épais ou trop larges pour passer et être efficaces.

Il existe un fabricant français pour tout ces outils: Outillage VAR. Ils ont énormément de matériel et même s'ils ne sont pas donnés, c'est bon de voir qu'une boîte française résiste toujours à la montée en puissance de nos amis chinois.

En ce qui concerne le RTFM, j'ai trouvé des informations génériques sur ce site: Dépann Vélo.

Au début, je me suis attelé aux problèmes électriques car je roulais en hiver (et donc la nuit). Mon phare avant avait un problème de masse que je corrigeais en cas de besoin en faisant masse avec ma main sur le garde-boue avant ! Le problème venait d'un jeu au niveau de ce fameux garde-boue. N'ayant rien pour souder sous la main, je me suis contenté de glisser une feuille d'aluminium alimentaire au niveau des pièces qui avaient du jeu: ça marche du tonerre depuis...

Pendant un temps, j'ai eu des problèmes de manivelle qui grinçait: au début, le bruit était peu génant mais à la fin, ça gémissait sérieusement à chaque tour de pédale. Je me suis également rendu compte qu'une de mes pédales était sérieusement endommagée. Je me suis donc attelé au problème et surprise, j'y ai trouvé des problèmes assez proches des logiciels libres: le changement de standard.

En effet, les pédales modernes ont un pas de vis avec des dimensions très légèrement différentes de celles des machines des années antérieures à 90. Résultat, impossible de monter une pédale moderne sur mon vélo. Pour pouvoir le faire, il me faudrait changer également la manivelle. Mais pour cela, il me faudrait également changer le boitier de pédalier et les boitiers vendus maintenant dans le commerce, en plus d'adopter un système de fixation différent et des roulements fermés, ne s'installent que dans des cadres avec le bon pas de vis... il me faudrait donc changer de cadre ! Autant acheter une machine neuve tout de suite... Mais ce n'est pas ce que je souhaite faire. Car mon idée est de poursuivre le mode récupération jusqu'au bout !

Des bouts de code:

Carton de pièces

Ainsi, pour pouvoir continuer à rouler, j'ai donc dû trouver des pièces ailleurs et, forcément, elles ne sont pas neuves (en dehors des trucs à peu près standards comme les câbles de frein). Quand on monte-démonte, il est bon d'avoir un peu de pièces en stock. Pour ma part, j'ai trouvé un jour, un vélo de ville typé dame aux encombrants dans une rue. J'ai rapidement ramené l'engin chez moi et je l'ai intégralement démonté pour récupérer des pièces en tout genre:

  • roues et moyeux
  • machoires de freins
  • Dynamo et câbles électriques
  • Garde-boue
  • Selle
  • Pédales et boitier de pédalier
  • ... tout sauf le cadre en gros.

En plus d'être gratuit et de réutiliser ce qui existe déjà, il est important d'avoir des pièces en stock pour ce genre de machine car, avec le changement de standards, en règle générale, si vous avez une panne, il vous faudra souvent changer l'intégralité du vélo (cf mon histoire de pédales). Grâce à ces pièces, j'ai changé mes pédales sans trop de problème.

Conclusion:

Pour l'instant , tout semble bien se passer. J'ai investi pas mal de temps dans l'étude technique pour savoir comment réparer. Mais cette capitalisation est aussi intéressante dans le cas d'un vélo moderne puisque la technique sur ces machines n'a pas vraiment évolué avec le temps. Les standards ont changé mais les principes restent les mêmes, pas de grosses révolutions ou de trucs qui me seraient inaccessibles.

Sur les futures opérations, je vais devoir m'occuper de ce que je n'ai pas encore étudié, faute d'outils spécifiques: la roue-libre et la cassette de pignons. En effet, ma jante arrière d'origine a un rayon cassé. Pour en mettre un nouveau, je suis obligé de démonter la roue libre, simplement pour avoir un accès. Le gros problème est essentiellement un problème de standard encore une fois: il me faut un outil spécifique pour la démonter et je pense que cet outil n'existe plus... A voir donc pour la suite !

image En attendant, je me contente de la jante arrière du vélo de récup mais elle me plaît à moitié car si elle est à peu près droite (non voilée), la roue libre fait un sacré bruit et surtout, le pignon le plus petit est plus gros que celui de l'ancienne jante: mes performances diminuent sensiblement.

Sinon, en terme de projet pour le fun, voici quelques pistes:

  • Monter une béquille: c'est utile mais je voudrais un truc léger et solide
  • Monter un vieux phare avant bombé: va falloir que je fouille pour trouver un mythique phare bombé comme celui-ci:
Copyright (c) bukk
Image d'un phare bombé de vélo
  • Trouver un embout de pédale pour mes Lyotards: comme ça, j'aurais deux pédales identiques...
  • Monter une LED dans le phare avant d'origine: avec tout le système de régulation qui va bien !
  • Monter des pneus blancs

Voilà, que de projets pour la suite ! En attendant, j'ai un réel plaisir à rouler avec une machine de plus de 50 ans qui est très fiable et qui sort du lot...

Posted lun. 23 août 2010 18:55:29 Tags:

My bike is not a B'TWIN (part 1)

Voici mon nouveau vélo:

image de vélo image de vélo

Et comme vous pouvez le constater, ce n'est pas un b'twin... Un peu de diversité ne fais jamais de mal !

Un peu d'histoire:

Ce qu'il faut savoir avant de commencer c'est que ce vélo a une véritable histoire et ça compte également. Je considère que, parfois, les objets peuvent avoir une influence sur notre existence au point d'en laisser des souvenirs, des émotions, des surprises, des sentiments.

A priori, mon père a trouvé ce vélo dans les années 80 alors qu'il allait partir à la ferraille. Il devait visiblement être en état complet ou presque car après une rapide expertise, beaucoup des éléments sont ou peuvent être d'origine. Il a donc bien travaillé en le repeignant dans une couleur un peu particulière (bordeau un peu sombre mais au moins c'est une couleur atypique qui sort de l'ordinaire). On voit que quelques éléments ont été ajoutés (une cassette 5 pignons, des gardes boues avant et arrière non d'origine, les lampes qui vont avec, etc...) mais, dans l'ensemble, l'essentiel est là c'est à dire un cadre, un guidon, une direction et des jantes avec des pneus dessus.

image de vélo guidon image de vélo 5 pignons image de vélo phare arrière image de vélo phare avant

Avec son look d'ancien, son empattement plus important que celui de mon VTT et cette gueule d'ancien (en fait, il est ancien), je me suis dit que ça valait le coup de tenter d'en savoir un peu plus sur son origine. Comme le cadre a été repeint, il n'y a plus les stickers de la marque. Après quelques heures de recherche, je suis tombé sur cette page qui contient des catalogues de cycles Peugeot d'époque. Après les avoir tous regardé, il était évident que le cadre était de la marque Peugeot ou de ses associés de l'époque (Terrot, Motobécane, Automoto, etc...). Si on observe bien les catalogues, on se rend compte qu'entre les années 40 et les années 60, peu de changement ont eu lieu dans la gamme des cycles Peugeot. Globalement, le cadre reste identique pendant toute cette période. En revanche, à partir de 1962, le dérailleur change (il n'y a plus de ressort de rappel attaché au cadre) et le support de pompe n'est plus sur l'arrière du tube de selle. Donc cette machine date d'avant 1962. Mais je ne désespère pas de trouver sa date d'origine exacte...

Dans un premier temps, je comptais récupérer uniquement le cadre pour me créer un vélo digne de ce nom: pas mal de cyclotouristes font ça ! Ils prennent un cadre ancien souvent rigide, généralement en acier et y ajoutent des éléments modernes. Selon eux, ça permet de créer un vélo adapté à ses besoins à moindre frais. La technique me séduis car, au fond c'est un peu du hacking de vélo: on part d'une base et on ajoute des modules à la carte, selon ses envies, ses moyens. Effectivement, c'est plus rapide d'aller acheter un B'Twin comme tout le monde mais quand on voit ce que certains peuvent faire ! Et puis, c'est toujours bon de se prendre la tête sur un sujet: ça permet d'en faire le tour et d'acquérir des connaissances. En plus, si c'est trop facile, il n'y a plus de challenge.

Mais après mures réflexions, je vais le faire rouler le plus souvent possible tout en conservant ce qui fait son histoire (et donc sa peinture bordeaux).

Premiers tests et réparation sommaire:

Je l'ai récupéré avec des pneus dégonflés et la chaîne ouverte. Bien sûr, il manquait le maillon d'attache et je n'en avais pas en stock. J'ai donc commencé par gonfler les pneus et, bonne surprise, les chambres à air ont tenu le coup (donc non crevées). Avant d'acquérir le bon maillon d'attache, je me suis dis que je pouvais voir ce que le "roulage" pourrait donner. Sans chaîne on ne va pas très loin mais au moins, j'ai pu tester la dynamo (une Soubitez qui débite du 6V) et vérifier que le phare avant (un Soubitez lui aussi probablement des années 70) éclairait bien la route. En revanche, le phare arrière (également un Soubitez mais des années 80 celui-là) reste sombre. Les freins ont besoin d'être resserrés ce que je fais en utilisant non pas le réglages des butées de gaine mais directement le câble sur la machoire de freins.

image de vélo dynamo image de vélo freins avant image de vélo freins arrière

Après moultes mesures sur la chaîne, je constate que la solution la plus simple est d'acheter un maillon rapide (ou une attache rapide) de la bonne taille plutôt que d'en acheter une neuve. En fait, cette chaîne n'est pas neuve mais après un bon nettoyage à l'essence sans plomb et à la brosse à dent, je me rends compte qu'elle n'est pas oxydée ni bloquée et qu'elle est de bonne taille c'est à dire qu'elle n'est pas ni trop ni pas assez tendue lorsqu'elle est fermée (assemblée). A mon avis, elle est d'origine ou suffisamment ancienne pour mériter de la conserver quelques temps. Du coup, j'ai acheté un maillon rapide d'une largeur de 3,17 mm de rouleaux qui est un peu large mais qui fera bien l'affaire quelques temps. Comme la chaîne était propre et sèche, je l'ai lubrifiée avec de l'huile végétale (arachide): pas la peine d'acheter un bidon d'huile de voiture, l'essentiel est de lubrifier.

Après montage du maillon rapide, un premier essai s'impose. Il se révèle concluant sauf au moment de rentrer: en abordant un virage serré dans une côte, la roue arrière se bloque ! Pourquoi ? Est-ce-la chaîne qui coince, mon maillon rapide qui déconne. En fait la réponse était beaucoup plus simple: le serrage des roues s'effectue avec des écrous papillons qui n'étaient pas assez vissés. Du coup, en mettant un peu de tension et d'effort dans la chaîne (à cause de la côte), le moyeu a dégagé de son logement et le pneu est en travers du vélo donc bloqué. L'avantage de ces écrous papillons c'est qu'on peut les resserrer sans l'aide d'une clef et c'est également plus joli !

image de vélo écrou papillon

Un peu de technique: la chaîne de vélo.

La chaîne permet de transmettre les forces du plateau qui se situe au niveau des jambes du conducteur à la roue arrière. Ce qu'il faut retenir c'est comment on prend les dimensions d'une chaîne de vélo.

Le premier critère important est la largeur. En effet, vu la constitution d'une chaîne et de ses maillons, on peut mesurer au moins 4 largeurs différentes: - La largeur totale de la chaîne: on la prend au niveau des maillons extérieurs (les plus larges). - La largeur des maillons intérieurs. - La largeur intérieure: c'est l'espace entre les maillons intérieurs. - La largeur des rouleaux: 2,38 mm ou 3/32 de pouces; 3,17 mm .

Le pas de la chaîne est la distance entre deux maillons. Elle est souvent de 1/2 pouces. Peu importe les années, c'est assez standard !

La longueur totale de la chaîne s'exprime en nombre de maillons ce qui est facile à comprendre sachant que le pas est fixe et standard.

Des pneumatiques standards de l'époque mais qui sont devenus rares:

Ce vélo dispose de pneus assez particuliers pour les pratiquants du vélo de notre époque moderne. En effet, leur taille est moins courante que celle des VTT/VTC et vélos urbains. Cette taille, le 650B était pourtant un standard jusqu'aux années 90. Maintenant, on ne trouve plus que du 700C (700 mm de diamètre, C est un code de largeur) ou du 26 pouces ( soit 660 mm), le format classique des roues de VTT.

Pour comprendre comment marche les tailles de pneu de vélo et savoir ce qu'il faut acheter ou comprendre le pourquoi du comment, il faut d'abord connaître comment caractériser un pneu. Les côtes du pneu sont les suivantes:

  • le diamètre (un pneu c'est un cercle).
  • la largeur du pneu (un pneu, c'est une bande).
  • la hauteur du pneu (un pneu, c'est un cercle épais).

Maintenant, là où ça se complique c'est qu'il existe trois moyens d'exprimer les côtes:

  • l'expression en pouces (standard de fait US/UK): 26x1 3/8: diamètre extérieur 26 pouces (660mm), largeur de 1 3/8 de pouces (soit 1,375 pouces soit 35mm)
  • l'expression en millimètres (standard de fait FR): 650B : diamètre extérieur 650 mm , largeur B (va de A jante étroite à C jante large).
  • l'ETRTO (European Tyre and Rim Technical Organisation): 40-584 : 40 mm de largeur de jante et 584 mm de diamètre intérieur.

La mesure ETRTO est assez courante sur les pneus. D'ailleurs, c'est ce que je retrouve sur les miens (qui ne sont pas d'époque ceux-là mais sans doute des années 80-90). Pour information, un pneu de 584mm de diamètre intérieur correspond au 650B. Un pneu 26 pouces de diamètre extérieur correspond à un diamètre intérieur de 559 mm. Un pneu de 700C à un diamètre intérieur de 622 mm.

Pour plus d'informations, vous pouvez consulter la page wikipédia qui correspond .

Ce qui est chouette avec le pneu avant c'est son look oldschool: un michelin tout blanc en 44-584 (44 pour la largeur du pneu et 584 pour son diamètre intérieur). Déjà la couleur, ça en jette un max (essayez de trouver un pneu de vélo neuf tout blanc !) mais également la largeur: 44 c'est très large. Et je pense que c'est cette taille de pneu et cette couleur qui fait l'image même de ce vélo. Reste à trouver un pneu arrière du même type ce qui ne va pas être facile car pour le moment, il fait plutôt la gueule !

image de vélo pneu arrière

Première route:

J'utilise mon vélo principalement pour aller (et revenir) au travail. Le parcours mesure un peu plus de 7km aller (je compte 15km aller-retour pour mes stats rapides). Un petit matin, les pneus bien gonflés, je raccroche le fil électrique du phare arrière sur le porte-bagages pour éviter qu'il frotte contre le pneu arrière et c'est parti...

Première sensation, la machine est plus légère que mon VTT et ça se ressent: j'avance un peu plus vite ou du moins j'en ai la bonne impression (seul le chrono fait foi mais je n'en avais pas). Ensuite, il faudra que je revois le freinage ou peut-être simplement les patins car parfois, c'est un peu limite. Mais, dans le même temps, le système de freins a peut-être au moins 50 ans alors il ne faut pas trop lui en demander. Le dérailleur qui est de la marque Simplex doit être d'époque et il a été prévu pour une cassette de pignons moins large que celle qui est montée actuellement (qui compte 5 pignons). La conséquence majeure c'est que tous les rapports ne sont pas disponibles. Peut-être qu'en jouant sur le réglage de câble on arriverait à un meilleur résultat. Mais, j'arrive sain et sauf au boulot et à l'heure qui plus est, sans avoir (trop) cradossé mon pantalon.

La nuit arrivant, le chemin du retour se fait dans le noir à l'aide de la dynamo et du seul phare avant. A ma grande surprise, une majorité de cycliste n'ont pas de lumière allumée en pleine nuit en ville. En revanche, durant ma course, je traverse un parc qui n'est pas éclairé et là, on se rend compte que 2,4W (c'est la puissance de la lumière de devant), c'est juste bon pour être vu, pas pour voir la route devant soi. Toutefois, la petite lueur du phare Soubitez fait très joli dans la nuit. Enfin, il y a un vrai changement entre le mode dynamo off et le mode dynamo on. On sent bien que ça exige un vrai travail supplémentaire. Comme les pneus ont bien tenu, je me suis arrêté au magasin du coin et j'ai pris une chambre à air pour 650B (largeur du 28 au 47) Michelin à 5€. Elle pourra toujours servir un jour et à ce prix là, vu la rareté de la chose, c'est honnête.

Un peu plus tard mais heureux, je peux rentrer enfin chez moi, sans encombre.

En conclusion, un peu de travail mécanique est nécessaire pour améliorer les performances de cette machine à l'allure terrible !

  • Retravailler les réglages de freins.
  • Nettoyer le dérailleur.
  • Vérifier son réglage de câble.
  • Faire fonctionner le feu arrière.
  • Faire en sorte que plus aucun fil électrique ne touche les pneus.
  • Graisser les pédales !
  • Nettoyer la cassette de pignon.

Et surtout: rouler avec...

Posted ven. 30 oct. 2009 10:22:00 Tags: