Texte pour la cérémonie (prononcé publiquement le 09/08/2011):

Il y a un temps pour le deuil et un temps pour sourire de la vie. Maintenant, pour notre famille et pour les proches de mon grand-père, et vous tous qui nous faîtes l'honneur de venir nous soutenir dans cette épreuve, c'est le temps du deuil. C'est un moment difficile pour nous tous...

Au delà de cette douleur, j'aimerais vous parler un peu de mon grand père, vous dire ce qu'il représente pour moi. D'abord, je crois que le nom de Bournonville lui est, à proprement parler, associé. Quand je pense à mes grands-parents, je pense aussi à Bournonville. Je sais que mon grand-père y est né un 27 août 1927, dans une ferme proche de la Liane, cette rivière si fière qui déroule ses méandres tortueux jusqu'à la mer et qui prend sa source non loin d'ici. Il est né à Bournonville et il y reposera en paix, de la même manière qu'il y a vécu. Il y aura passé l'intégralité de sa vie et ses racines sont ici, les siennes et celles de sa famille, de ses parents, de sa femme, de ses filles et aussi de ses petits enfants.

Oh, il ne faut pas se leurer, comme toute personne, il avait ses bons et ses mauvais côtés. Je sais que parfois, il avait un sale caractère. Je suis d'autant mieux placé qu'il paraît que j'en ai hérité ! Néanmoins, voici les images que je retiendrai de lui... D'abord, une forme de bonne humeur liée à une certaine joie de vivre. C'était quelqu'un qui savait apprécier le bonheur d'être en famille, celui de partager un bon repas et de savourer les bons petits plats concoctés par ma grand-mère qui a d'immenses talents dans ce domaine. Et il y aurait tant à raconter sur les fameuses parties de belote qu'il disputait, des heures durant...

Voilà. Ce qui me restera de lui, c'est la joie qu'il avait de profiter de ces plaisirs simples mais qui font l'essentiel de notre quotidien.

A presque 83 ans, à la veille des moissons, il s'en est allé... Lui qui a passé de si nombreuses années à cultiver la terre, jamais plus il ne verra les orges faire onduler leurs barbes aux vents. Jamais plus il n'arpentra la Liane avec sa canne à pêche, cette rivière qui lui a parfois donné de belles truites. Jamais plus, dans la forêt de Desvres, si étendue, on ne verra l'empreinte de ses bottes alors qu'il se mettait en quête de chevreuils ou de faisans...

Au delà de tous ces mots, je tiens à remercier mes grands parents pour m'avoir éveillé à la beauté de cette Nature (avec un grand N), pour m'avoir fait partager pendant mon enfance, le monde agricole auquel je dois tant. Ce n'est pas par hasard si celui-ci à orienté mes études et si je fais, aujourd'hui, le métier que je fais. Ce monde agricole empli de souvenirs. Je me souviens de cette petite stabulation qui résonnait de bon matin du bruit de la machine à traire qui réveillait alors, deux enfants (ma soeur et moi) impatients de goûter aux joies de traire les vaches et de faire du beurre. Je me souviens des ballots de paille qu'il fallait ramasser pendant la moisson après le pressage et qu'on pouvait utiliser, une fois rentrés à la grange, comme matériel pour confectionner des cabanes... Je pourrais vous parler de tout ça pendant des heures.

Mais, que faut-il retenir de tout ce que viens de raconter ?

Même si ces moments sont difficiles, je crois qu'il faut relever la tête et garder tous ces souvenirs dans notre mémoire. C'est à travers eux que la vie de mon grand-père se perpétue. Tant que ce souvenir restera, il sera pour ainsi dire encore vivant parmi nous tous, collectivement.

Enfin, mes derniers mots iront vers ma grand-mère. Je veux qu'elle sache que nous sommes de tout coeur avec elle dans ce moment si dur, si difficile. Je sais que la distance géographique qui nous éloigne est grande, mais je veux l'assurer de tout notre soutien, elle qui a partagé pendant plus de soixante années la présence et la compagnie de son mari, au travers des épreuves de la vie. Je souhaite que nous ayons tous, nous les membres de cette famille, et aussi, vous tous qui êtes ici, assez de force pour l'épauler dans la suite de son existence... puisse la vie lui réserver d'heureux moments et apaiser de quelque manière que ce soit, la douleur qu'elle ressent maintenant.

Il est temps pour nous de sécher nos larmes. Puisse-mon grand-père reposer en paix...

Moi je ne l'oublierai jamais, il fait partie de mon être: je peux dire, sans crainte, qu'il m'a conduit là où je suis... Puissions-nous tous ne jamais oublier qui il fût et toujours honorer sa mémoire....

Adieu pépé. Notre douleur est immense mais, à travers nous, à travers notre mémoire, à travers nos souvenirs, tu nous accompagnes dans la vie...

Médéric RIBREUX