Introduction

Dans mes résolutions de 2017, il y a marqué "Écouter l'intégralité d'un artiste musical par mois"... Pour le mois d'octobre, ce sera le groupe des "Eurythmics".

C'est un groupe des années 80, assez célèbre à cette époque, qui a marqué un peu son temps. C'est à cette période que je l'ai rencontré, enfant abonné au Top-50 sur Canal+.

Cela fait quelques années que j'écoute de temps en temps, par nostalgie, quelques pistes les plus célèbres des Eurythmics. J'ai toujours trouvé qu'Annie Lennox avait une voix extra-ordinaire.

Mais, je n'avais jamais pris le temps de voir tout ce qu'ils avaient produit pendant leur carrière assez courte qui a duré à peine un peu plus de 10 ans.

Allez, je vous ramène dans les "eighties", ça ne peut faire de mal !

In The Garden (1981)

Premier album du groupe "Eurythmics", composé d'Annie Lennox au chant et de Dave Stewart à la composition et à la guitare, "In The Garden" n'aura pas marqué les esprits.

En effet, l'album n'a pas très bien marché même si, pour ma part, je ne le trouve pas si mauvais. Il annonce assez bien ce que seront les futures productions du groupe.

On y retrouve beaucoup de sons synthétiques, électroniques, la voix bien posée d'Annie Lennox qui peut évoluer dans plusieurs octaves sans problème, une mélodie complexe et très instrumentalisée (avec de nombreux instruments différents). L'ensemble est un peu sombre pour ce premier album mais je trouve que c'est un bon début.

Les quelques pistes que j'ai remarqué sont les suivantes: * "English Summer": une ballade sombre avec une voix assez grave, des sons riches mais sur un registre un peu monocorde; des bruits d'insectes, une mélodie monotone. Mais ça reste pas mal. * "Belinda" est, de son côté plus musclée et plus rythmée. Annie Lennox continue a évoluer sur un registre grave qui lui va assez bien. La mélodie reste simple mais dynamique. * "Take me to your heart" est une ode aux sons synthétiques 8-bits dont le groupe est profondément marqué. Ça ressemble au générique de "The Legend of Zelda" avec une mélodie simple. Vraiment très années 80. A l'époque, cette musique devait passer pour avant-gardiste. Bon, ce n'est plus le cas aujourd'hui mais pour ceux qui ont été marqué par ces sons si typiques, ça s'apprécie. * "All the Young People", mélodie assez groovy et plate mais plutôt bien constituée. Assez calme et pleine de sérénité.

En revanche, "Sing Sing" est une merde méchante: les paroles sont en français sur une mélodie hyper-répétitive et abrutissante. On dirait une complainte de débile mental. Même en étant autiste, j'ai du mal !

Il faut du temps pour finir par apprécier cet album, son appropriation n'est pas immédiate et il n'a pas vraiment de tube. C'est sans doute ce qui a fait qu'il a été mis de côté assez rapidement. Néanmoins, je vous conseille de prendre le temps de l'écouter plusieurs fois avant de le jeter, ça finira par venir...

Sweet Dreams are Made of This (1983)

Enfin le début du succès avec cet album. C'est surtout la chanson éponyme qui a permis au groupe d'être enfin connu et reconnu. En effet, c'est presque la chanson qui représenterait à elle seule le groupe dans toute sa composition.

Pourtant, l'album débute avec "Love is a stranger", un single de l'année précédente qui n'a pas marché. Il est d'ailleurs un peu bâti sur la même structure que les morceaux de "In The Garden": du 8bits, de la répétition, du monocorde, du synthé en veux-tu, en voilà. Pourtant la chanson est plutôt pas mal, pas un carton mais un jalon, certainement.

Après ce bon début, il y a pourtant de quoi s'inquiéter: à part "The Walk" qui attire un peu mon attention et bien sûr, "Sweet Dreams", l'album est vide. Les pistes n'ont aucun intérêt. Elles sont soit trop niaises, soit trop électroniques, froides, avec une mélodie plate. Rien qui fait vraiment vibrer l'oreille ou le coeur.

Pour autant, qu'est-ce-qui peut expliquer le succès de "Sweet Dreams". Je dirais d'abord qu'il s'agit de la mélodie principale, un peu entêtante, simple mais percutante et harmonieusement liée à la voix d'Annie Lennox. On reste sur du son électronique, presque du 8 bits; la chanson est sur un registre assez grave mais plus dans les aigus, et le rythme change tout. Ce dynamisme fait toute la différence ainsi que les choeurs et les cris de l'interprète. C'est une recette finalement assez différente de ce que le groupe a produit pour l'instant même si les ingrédients sont tous issus de la même origine que les autres morceaux de l'album ou de l'album précédent.

Dans tous les cas, je crois qu'on peut résumer cet album par son seul hit qui a percé et qui marque le meilleur du savoir-faire de Eurythmics. Que va donc donner la suite ?

Touch (1983)

L'album commence assez bien avec un sacré hit: "Here Comes the Rain Again". On retrouve les mêmes choses que dans "Sweet Dreams": du rythme, des sons électroniques au service d'une mélodie percutante, une voix plus aigue pour la chanteuse, une certaine forme de dynamisme dans l'instrumentation. Pour cette occurence, on trouve en plus le son d'instruments plus classiques dont un couple de cordes qui servent assez bien le côté dramatique de la chanson. Dans tous les cas, voici une des meilleurs chansons du groupe.

Mais est-ce-que tout va se passer comme sur l'album précédent, à savoir qu'il n'y a qu'une seule piste d'intérêt. Et bien, pas tout à fait. D'abord, on trouve une peu de nouveauté avec "Right By Your Side" qui sans être un tube s'écoute plutôt pas mal. Le rythme est très rapide et la joie (un poil niaise) transparaît assez bien.

"Cool Blue" est également une évolution intéressante même si elle prend un peu plus de temps à s'apprécier. Encore une fois du rythme, des isntruments électroniques. Mais ce qui l'empêche de marquer l'esprit, c'est l'overdose de sons divers et variés qui dessert la mélodie un peu répétitive et agaçante mais pourtant digne d'intérêt. Dans tous les cas, ça sonne bien années 80.

On arrive enfin à l'autre tube de l'album, un peu en retrait par rapport à "Here Comes The Rain Again". "Who's That Girl" est effectivement taillée sur "Sweet Dreams" avec un rythme plus lent, plus monocorde, plus dans les graves mais la chanson est rehaussée par une mélodie plus travaillée avec laquelle la voix d'Annie Lennox s'accorde parfaitement. Clairement la deuxième meilleure pistes de l'album.

Pour terminer l'album, deux pistes ont retenu un peu mon attention. Il s'agit de "The First Cut" et de "Paint a Rumour". Elles sont construites un peu de la même manière même si les mélodies sont très différentes: on y trouve du 8 bits qui semble sorti tout droit du générateur synthétique d'une Nintendo NES, de la répétition, un air entêtant, voire abrutissant... Mais ça s'écoute plutôt bien.

Pour résumer l'album, on peut dire que comparativement à "Sweet Dreams", ça s'améliore globalement. Il y a plus de chansons qui valent le coup, sans atteindre un niveau extraordinaire.

1984 (For the love of Big Brother) (1984)

En 1984, l'année terrible dépeinte par Georges Orwell dans son roman éponyme, sort l'album 1984, destiné à fournir la bande originale du film éponyme. Que vaut donc cet album ?

Après l'avoir écouté de nombreuses fois, je dois avouer qu'il est plutôt bon. Les pistes sont vraiment entraînantes et me semblent bien en phase avec le récit d'Orwell, même si je n'ai pas vu le film de l'époque.

A part "Ministry of Love", toutes les pistes sont très intéressantes. Il n'y a rien à jeter, ce qui en fait plutôt un album très bon pour ce que les Eurythmics ont produit jusqu'à présent.

La meilleure piste est sans conteste "Sexcrime", la bien connue.

Dans tous les cas, tout reste cohérent dans cet album: les rythmes se valent d'une piste à l'autre. On a de la froideur bien servie par la musique électronique; un peu de mélancolie ("Julia" et "Winston Diary"); du rythme ("I Did Just The Same" et "Sexcrime"). Vraiment pas mal cette production.

En conclusion, 1984 est encore un cran au dessus de l'album précédent même s'il présente un titre majeur qui monte moins haut en valeur que la chanson "Sweet Dreams" ou "Here Comes The Rain Again". Néanmoins, c'est le meilleur album que le groupe ait produit depuis ces débuts, sans conteste. Je vous invite à le ré-écouter.

Be Yourself Tonight (1985)

Autre année, autre album... Que va donner "Be Yourself Tonight" ? Et bien je dirai que ça ressemble à du Eurythmics: il y a un hit qui casse tout et efface le reste de l'album même si les autres pistes sont plutôt pas mal.

En effet, "There Must Be An Angel" est un tube incontesté, assez atypique dans la production du groupe. En effet, c'est une chanson très pop, avec beaucoup moins d'électronique, des choeurs quasi-lyriques et très classiques et Annie Lennox chante comme un oiseau, ce qui permet au passage d'admirer sa voix extraordinaire. Le ryhtme n'a rien à voir avec ce qu'on peut trouver sur les autres albums. On pourrait presque dire que ce n'est pas une chanson du groupe tant il y a de contraste avec le reste de l'album. Cela reste une des chansons ultra marquantes du groupe, notamment avec son solo d'harmonica dans la deuxième partie de la piste qui vaut vraiment son pesant de cacahuètes. Pour la petite histoire, c'est Stevie Wonder qui l'interprète (c'est donc forcément super) !

Pour autant, les autres pistes s'écoutent assez bien. Pour cet album, je note que le groupe a quasiment abandonné les sons synthétiques 8-Bits ce qui donne une touche plus "sérieuse" à l'ensemble, plus pop et moins expérimental/électronique. Sans doute l'époque qui voulait ça.

Après quelques écoutes, on finit par apprécier la globalité de l'album qui semble vraiment plus mature avec cette évolution sonore.

Néanmoins, on remarque que Eurythmics a une production souvent centrée autour d'un tube central qui éclipse souvent le reste et ce, depuis de nombreux albums, serait-ce leur signature ?

Revenge (1986)

Décidément, le rythme de production du groupe est à bâtons rompus: nous sommes sur le 6ème album en 5 ans ! Qu'allons-nous trouver ici ?

Pour résumer, disons que le groupe reste davantage dans la maturité, le plus sérieux et plus dans la pop qu'auparavant. Il en résulte toujours un album déséquilibré mais qui progresse en qualité.

Car en effet, cet album héberge le hit absolu à mon goût des Eurythmics: "The Miracle Of Love", ode magique à l'amour, d'une tendresse absolue; décidément en contre-exemple du reste des productions du groupe. C'est la traditionnelle chanson atypique de chaque album ! Si vous ne deviez retenir qu'une seule chanson des Eurythmics, c'est celle-là ! Mais sachez qu'elle n'a rien à voir avec le reste...

On y trouve une Annie Lennox prophétesse, un Dave Stewart au jeu de guitare extraordinaire, une composition instrumentale très mature, capable de mélanger un erzats d'électronique avec des instruments classiques, servie par une mélodie très sentimentale qui impose le respect, à l'égal d'un chant religieux, transcandé par les choeurs aigus et artificiels d'Annie Lennox et par le solo de guitare électrique de Dave Stewart. Un pur bonheur sur près de 5 minutes...

Bien évidemment, après ça, difficile de trouver une piste qui crève l'oreille ! Comme pour l'album précédent, on a droit à une leçon de pop. Les pistes sont bien rythmées, assez cohérentes si on enlève "The Miracle Of Love". Encore une fois la production s'est améliorée.

Pour cette fois, j'ajouterai deux pistes d'intérêt: * "When Tomorrow Comes", introduite par des riffs électriques sympathiques et servie par un dynamisme à toute épreuve. La mélodie est également très bonne. * "I Remember You" qui fait crier la chanteuse dans une complainte rythmée.

Voilà, comme à leur habitude, le groupe sort une excellente piste et raccroche le reste comme il peut, même si encore une fois, le niveau de l'album progresse sans conteste par rapport au précédent.

Savage (1987)

Encore une année, un nouvel album pour les Eurythmics. Vont-ils continuer à progresser ? Il fallait bien que tout ça s'arrête à un moment donné.

Car en effet, cet album est une vraie régression, comparé aux autres. Les rythmes sont devenus très mécaniques ce qui casse un peu le côté pop de l'année précédente. Il est donc moins accessible au commun des mortels et la majorité des pistes n'ont pas un grand intérêt.

On retrouve quand même la traditionnelle piste de hit: "Shame" qui est intéressante sans atteindre le niveau des précédents hits. C'est néamoins une piste à garder car son refrain est vraiment entraînant, emblèmatique de ce qu'on pouvait faire dans les années 80, entremêlant synthétiseur à clavier et chanson populaire. Mais il est vrai qu'après avoir produit tant de hits extraordinaires dans les années précédentes, il était difficile d'atteindre la même perfection tous les ans.

L'autre piste d'intérêt est la piste éponyme de l'album, plus calme, plus douce avec son introduction mélancolique. Elle est pratiquement au niveau de "Shame", en étant sur un registre un peu différent. Elle est aussi la seule piste plus pop que mécanique. A force d'écoute, on finit par la trouver agréable.

Mais, l'album est franchement en déséquilibre et sur la pente descendante...

We Too Are One (1989)

Avant dernier album du groupe avant sa séparation, "We Too Are One" est le dernier album de la production non interrompue du groupe (qui se reformera en 1999 pour produire le dernier album).

Bon, c'est encore une fois la déception: je n'arrive pas à accrocher à l'album. Il y a trop de choses qui ont changé. On est plus dans le miel et dans la pop qui commençait à devenir franchement merdique à l'époque. On sent que le groupe est plus mature que jamais mais ce qu'il produit est vraiment trop commercial pour vraiment percer.

Je garderai "Don't Ask Why" à cause du jeu de voix d'Annie Lennox qui reste indestructible. J'ajouterai aussi "Angel" pour son calme olympien et sa bonne structure.

Mais tout le reste est bien fade avec ce que le groupe avait fait auparavant. C'est fini.

Peace (1999)

Ah, cet album, je l'ai entendu à la radio quand j'étais jeune adulte. Je le connais donc plutôt bien, surtout le hit de l'époque: "I Saved The World Again" qui sonne comme un "There Must be An Angel".

Encore une fois, et pour la dernière fois, le groupe fait ce qu'il a l'habitude de faire: un titre majeur entouré de pistes moins géniales mais à peu près cohérentes. La force de l'album reste d'avoir su s'adapter aux productions de l'époque sans tomber dans les merdes musicales de la période "Techno" qui était en plein boom (à mon grand désarroi, je dois dire).

"I Saved The World Again" est dans la même lignée que "The Miracle Of Love" et "There Must Be An Angel". Il est bâti de la même manière, atypique de tout le reste de l'album. Une grande réussite, qui marque les esprits.

Pour le reste, disons que le rythme est plus lent, plus posé que les débuts du groupe. Moins de musique électronique, plus de silences, moins d'instruments, ce qui fait forcément ressortir la voix d'Annie Lennox. Je dirais que pratiquement tous les morceaux sont très nostalgiques, sur un registre de regrets et des mélodies calmes avec un soupçon de pop. Plutôt pas mal pour cette fin des années 90. Car il ne fait pas oublier que plus de dix ans séparent les deux derniers albums des Eurythmics.

Pour conclure sur cet album, je dirai qu'il comporte assez d'intérêt pour le ré-écouter plusieurs fois, afin de bien s'en imprégner. Il est sans conteste bien meilleur que l'album précédent sans atteindre le niveau de "Revenge".

Ce que je retiendrai d'Eurythics

Pour résumer ce parcours musical, je dirais que Eurythmics n'est pas le genre de groupe qui est une usine à tubes. Sur chaque album, on peut extraire une ou deux pistes exceptionnelles. Mais elles sont surtout en décalage avec le reste de la production classique du groupe. Paradoxalement, c'est ce que le public dont je fais parti retiendra le plus: les hits atypiques comme "Sweet Dreams", "Here Comes The Rain Again", "Sexcrime", "There Must Be An Angel", "The Miracle Of Love", "Shame", "I Saved The World Again".

Cette découverte m'a donc permis de trouver un monde musical un peu différent avec de la musique électronique, du synthé 8 bits sympathique, des nouveautés.

Mais au final, peu de surprises et ma conclusion sera de rester aux pistes que je connaissais déjà. On peut donc condenser l'oeuvre du groupe dans un best-of de quelques titres, ça ne posera pas de problème... Les années 80 n'étaient pas si extraordinaires que ça finalement !