Introduction

Dans mes résolutions de 2017, il y a marqué "Écouter l'intégralité d'un artiste musical par mois" (je sais, c'est ma période bonnes résolutions). Car dans la vie, j'aime souvent faire le tour d'un sujet.

En effet, il m'est arrivé avec le temps de remarquer que pour certains artistes, le "best-of" ne suffit souvent pas, qu'il y a des perles inconnues, planquées sur des albums qui n'ont pas marché.

Avec le temps, j'ai aussi pris le parti de "laisser sa chance au produit". Certaines chansons et mélodies ne sont pas nécéssairement accessibles au premier coup d'oreille (contrairement à ce que tout le monde qualifie de "hit"). Mettre une liste de lecture en boucle permet de prendre le temps de tout écouter, et dans une tâche de fond de plan, de laisser les pistes imprimer ou non leur saveur primaire dans mon cerveau alors ouvert à toute proposition.

Pour toutes ces raisons, j'ai décidé de prendre le temps d'écouter 12 artistes en cette année 2017 dans ce qu'ils ont de complet, uniquement sur leurs albums studios pour éviter un manque de temps d'écoute. Voici un résumé de mes impressions...

The Doors

On commence ces intégrales avec le groupe The Doors. Tout à commencé avec une émission d'Arte sur les Doors qui m'a donné une furieuse envie de les ajouter à ma liste d'intégrales musicales, sachant que le groupe ne produit plus rien sous ce nom depuis la fin des années 70. La collection complète est donc nécéssairement exhaustive dans le temps.

J'avais dans ma collection l'album "Strange Days" depuis près de 10 ans, que j'ai toujours apprécié, dès le début (sinon, je ne l'aurais pas acheté). Mais il était bien temps de faire une revue complète.

Que dire ? Pour commencer, je pense que la sortie du premier album ("The Doors") en 1967 (soit il y a près de 50 ans déjà) a du faire l'effet d'une bombe dans cette amérique en plein courant hippie.

Car ce premier album est une véritable liste de hits à lui seul. Sur les 11 pistes qu'il comporte, j'en note bien 5 qui sont excellentes:

  • "Break on Through (To the other side)", une excellente introduction qui donne tout de suite le ton et le style du groupe.
  • "The Crystal Ship", une complainte qui se chante très bien en karaoké et qui se pose en trait d'union entre rock et psychédélisme.
  • "Alabama Song (Whisky Bar)", sur une petite mélodie énervante, une invitation à la débauche très bien écrite.
  • "Light My Fire", sans doute la plus connue des Doors avec la mythique sonorité de l'orgue.
  • "The End" qui est vraiment mystique, tout en durée et vraiment très bonne sans forcément être pleine de désespoir.

Le second album, "Strange Days" est lui également très bon mais sans doute moins explosif. Il y a moins de hits mais il reste d'un très bon niveau, sachat qu'il est sorti la même année que "The Doors". On y retrouve la voix posée de Jim Morrison qui vient nous bercer ou nous faire réfléchir. Les meilleures pistes sont sans nul doute les suivantes:

  • "Strange Days", emblématique de l'album. Un peu inquiétante, comme son titre.
  • "You lost little girl", sans doute moins percutante mais très psychédélique.
  • "People are Strange", une ballade de la même veine que "Strange Days", dans les mots.
  • "When The Music's Over", sans doute la meilleure de l'album. Comme pour "The End", elle est notoirement plus longue que les autres pistes et elle vient conclure l'album.

En 1968 sort "Waiting for the Sun", plus posé, avec moins de hits mais tout de même de bons morceaux:

  • "Hello, I love you" à la sonorité agaçante.
  • "Love Street", sans doute la chanson la plus calme et plus harmonieuse de l'album.
  • "My Wild Love", complètement rythmé sur de la musique traditionnelle native américaine (les Indiens). On imagine sans peine Jim Morrison comme gourou en train de fumer le calumet de la paix (avec des substances psychotropes dedans, dans le désert).
  • "Yes, The River Knows", aussi dans la douceur comme "Love Street", avec un vrai soupçon de nostalgie dans l'air.

Dans la foulée de "Waiting for the Sun", l'album "The Soft Parade" se prépare. A cette époque, les Doors semblent hyperproductifs depuis 1967 avec plus d'un album par an, suivi de concerts (connus pour leur effet Jim Morrison en gourou des foules). Leur quatrième album solo sort en 1969. Voici les morceaux que j'ai retenus:

  • "Tell All the People", le morceau d'introduction qui reste intéressant car avec une sonorité différente du style des trois derniers albums.
  • Sur "Touch Me", je trouve que le refrain est vraiment très juste, dans son harmonie musicale, ça se chante assez bien en karaoké d'ailleurs.
  • "Whishful, Sinful" que j'aime assez bien, dans son déroulement et ses sonorités variées.

En 1970, sort "Morrison Hotel" duquel je retiens:

  • L'ultra-connu "Waiting for the Sun", un des bests-of des Doors.
  • J'aime assez "Blue Sunday", tout en douceur.
  • Mais ma piste préférée de cet album est sans nul doute "Indian Summer". Elle est toute simple mais elle a quelquechose de nostalgique et de touchant dans cette simplicité.

Arrive finalement ce qui sera le dernier album des Doors en 1971. Intitulé "L.A. Woman", je n'en retiens qu'une seule piste mais qui est peut-être la plus marquante du groupe: il s'agit de "Riders on the Storm". Elle reprend le style des premiers albums: plus longue que les autres et située à la fin de l'album. Les instruments classiques des Doors y sont et Morrison redevient une espèce de gourou assuré, guidant le public à travers la tempête. Assurément un best-of ! Mais au delà de cette chanson, le reste de l'album est assez décevant (enfin, c'est mon avis).

3 mois après la sortie de "L.A. Woman", en juillet 1971, Jim Morrison meurt, officiellement d'une crise cardiaque à seulement 27 ans. Il est entérré à Paris, dans le cimetière du Père-Lachaise.

Dès lors, le groupe "The Doors" continue avec la sortie de deux albums intitulés "Other Voices" en 1971 et "Full Circle" en 1972. Bon, je les ai écoutés, j'ai donné sa chance au produit mais je n'ai clairement pas du tout adhéré. Tout est trop différent sans la voix grave de Morrison. Les chansons ont l'air d'être gentillettes, sans esprit mystique, sans parabole, sans mythe.

En 1978 sort "An American Prayer", une espèce d'hommage posthume à Jim Morrison que les membres du groupe, dissous en 1973, donnent en se reformant temporairement. Les paroles sont de Jim Morrison, capturées avant sa mort. Il est composé de certains morceaux inédits et aussi de poésies composées par Morrison. L'ensemble est assez bon. J'y marque:

  • "The Ghost Song" qui sonne presque comme les premiers albums.
  • "The Hitchhiker", un poème/discours de Morrison, récité sur "Riders on the Storm".
  • "An American Prayer", of course!
  • "A Feast Of Friends" que je trouve proche en mélodie de "Parisian Walkways" de Gary Moore.

Conclusions

J'aime le groupe "The Doors", ça a toujours été le cas depuis que j'ai entendu "Light My Fire" pour la première fois. Après avoir grandi, j'ai pris conscience du caractère subversif et psychotropique du rythme des Doors. Je crois que lorsque Jim Morrison est mort, ce fut la fin du groupe. On voit clairement la rupture... C'est bien dommage, mais c'était il y a plus de 45 ans alors ça commence à faire un peu. Pourtant, on a toujours l'image de Jim Morrison qui aura à jamais 27 ans. C'est comme ça. Dans tous les cas, les chansons de leurs meilleures années restent toujours aussi frâiches et si modernes. Pour moi, ça n'a pas vielli d'une ride, c'est devenu un mythe.