ADD-X AS 325SX🔗

Posted by Médéric Ribreux 🗓 In projects/ retro/ computers/

  1. Présentation de synthèse
  2. Etat de la restauration
  3. Composition
  4. A propos de la machine
  5. Détails de la machine restaurée
    1. Le boitier et le chassis
    2. L'alimentation
    3. La carte-mère
    4. La RAM
    5. La carte contrôleur de disque et disquettes
    6. Le lecteur de disquette 3"1/2
    7. La carte série/parallèle
    8. Le disque dur
    9. La carte vidéo
    10. Les nappes et le câblage
  6. Remontage de la machine
  7. Les ajouts
    1. Une carte Compact Flash comme disque dur
    2. Une carte son
  8. Quelques programmes
    1. Checkit
    2. Monkey Island
  9. Projets
    1. Y mettre une souris
    2. Maximiser la RAM de la machine
    3. Ajouter un coprocesseur 80387
    4. Exploiter le connecteur batterie
    5. Relier la machine à un réseau
  10. Conclusions

Présentation de synthèse

La machine
La machine

Etat de la restauration

La restauration est terminée: la machine est fonctionnelle et maximisée (Disque, Carte son, etc.).

Composition

MatérielRéférenceConstructeurEtat/CommentaireInterventionRéférences
Boitier???ADD-XCorrect avec des érafluresNettoyage savon, retrobright naturel
Carte-mèrePrivilege 386SXOrchid TechnologyFonctionnelleNettoyage savon, séchage et inspection
CPUAmd 386SX à 25MhzAMDFonctionnelAucune, il est soudé sur la carte-mère
RAM4126/GM71C256AGoldstarFonctionnelleAucune
Carte vidéoProDesigner IIOrchid TechnologyFonctionnelleNettoyage savon et alcool isopropyl
Carte contrôleur disque???eFonctionnelle
Carte série/parallèle???
Lecteur de disquetteFD1054NecFonctionnelNettoyage, lubrification et recollage du cache de tête supérieure
Disque durD5126MaxtorA testerJe l'ai juste retiré de la machine.
Alimentation???DVEFonctionnelleOuverture, nettoyage et test.

A propos de la machine

On ne retrouve pas beaucoup de références pour cette machine sur Internet.

ADD-X était un constructeur français sur lequel je manque d'informations. A priori, ils étaient situés vers Toulouse. Ils ont commencé à créer des machines customs dans les années 80 avant, comme un peu tout le monde, se mettre à assembler des Compatibles PC.

En l'état, la machine date du milieu de l'année 1992, si j'en crois les nombreux stickers custom ajoutés par le constructeur. Par constructeur, je devrais dire plutôt assembleur: en dehors du boitier qui est sans doute custom, tout le reste vient de plusieurs constructeurs dont Orchid principale (carte-mère et carte vidéo).

Pour se remettre dans le contexte de l'année 1992, c'est l'année d'envol des 486. Donc, ce 386SX à 25Mhz paraît une machine de moyenne gamme. L'équipement était bon: Orchid est un vrai signe de qualité. Leurs cartes vidéo de l'époque étaient très bonnes et la qualité de la carte-mère bien conçue et équipée de cache de second niveau indique que c'est plutôt sympathique comme machine, enfin, pas de l'entrée de gamme rabotée au minimum.

TODO: Trouver le prix originel de la machine dans un Ordinateur Individuel de 1992.

Détails de la machine restaurée

Le boitier et le chassis

Un simple nettoyage à l'eau et au savon et le boitier reprend vie. Il présente quelques égratignures, parce qu'il a vécu.

Le chassis interne est un assemblage vraiment peu pratique, tant du point de vue de la gestion du câblage que pour la fixation des composants, mais aussi pour l'assemblage du boitier en lui-même.

Par exemple, pour connecter l'alimentation sur la carte-mère, il faut absolument démonter le "pont" métallique qui soutient l'alimentation et les disques. C'est pareil pour ajouter de la RAM !

Le poids du boitier est vraiment conséquent: l'aluminium est épais. Il y a même une plaque de plusieurs milimètres d'épaisseur pour fixer la carte-mère dessus. Avantage: ça ne risque pas de bouger.

Autre élément d'importance: on a au moins deux types d'empreintes de vis différentes à gérer: du classique philips en croix, mais aussi du Torx T10. Rien que ça, c'est complexe. Bien entendu, pour les vis phillips, on a différentes tailles, différents diamètres, etc.

J'ai assemblé un PC dans un boitier Lian Li en 2024 et franchement, c'était 3 ou 4 fois plus simple et mieux géré que dans ce boitier, certes un peu compact (mais pas tant que ça) mais tellement bordélique.

Pour autant, le boitier est un minimum customisé par ADD-X (façade et logo à l'arrière) et ça, ça n'a pas de prix !

Il manque le retrobrighting de la façade. Ce sera pour cet été (ou un autre) avec du retrobright naturel sans doute.

L'alimentation

L'alimentation était en bon état visuel, sans trace de poussières. Mais il fallait quand même la démonter pour voir l'intérieur. Elle était vraiment très clean. Un simple coup de soufflette a suffit à la remettre nickel.

C'est une DVE MSP-1454 en révision 3. MAis, ADD-X avait enlevé presque tous les stickers, ce qui fait que j'ai retrouvé la référence uniquement en démontant le chassis de l'alimentation:

![Alimentation]()

Les connectiques sur la carte-mère sont de type AT à 12 connecteurs plats, différents des connecteurs XT en aiguille (pin).

Le ventilateur ne faisant pas trop de bruit malgré ses 34 ans, je l'ai laissé tel quel.

La carte-mère

Il s'agit d'une carte mère plutôt en excellent état et bien conçue. Il s'agit d'une Orchid Prestige 386SX. Le CPU est soudé dessus, pour diminuer les coûts (pas besoin de socket). Le package BQPF est justement fait pour le souder facilement.

Orchid Technology est une marque assez emblématique de la fin des années 80 et du début des années 90. J'ai connu cette marque quand j'étais adolescent et ils avaient déjà une bonne réputation, notamment pour la partie graphique. Donc j'étais bien content de tomber sur une carte-mère de leur fabrication.

La seule connection extérieure est celle du clavier en DIN5 et pas en PS/2 ce qui indique qu'il faut un clavier de type AT. Pour communiquer avec l'extérieur, il faudra passer par une carte ISA. Et la carte Prestige est plutôt bien fournie: 2 ports ISA 8 bits et 4 ports ISA 16 bits.

En elle-même la carte-mère était en excellent état: à part un peu de poussière, aucun problème: pas de composant grillé, pas de traces de coupures sur le PCB, pas de problème de fixation et surtout: pas de problème de corrosion de batterie.

Et pour cause, mon père avait déjà retravaillé cette partie: il avait fait le nécessaire pour modifier la puce RTC Dallas avec batterie intégrée pour y coller une pile CR2032. Par contre, il avait soudé deux fils branché sur la puce RTC, mais également soudés directement sur la pile. Malheureusement, la pile était à plat (0.5V au lieu de 3.0V). J'avais un tout petit stock de socket pour pile CR2032. J'ai refait les soudures et le tour était joué. Maintenant, si la pile se décharge (ce qui risque d'arriver rapidement, dans moins de 4 ans je dirais), je peux simplement la changer sans rien démonter ou ressouder.

Le processeur soudé n'est pas un intel, mais un AMD Am386SX/SXL-25. Il est cadencé à 25Mhz, mais il possède la particularité de pouvoir utiliser du cache externe et c'est un ensemble de puces qu'on retrouve directement sur la carte-mère. C'est un CPU qui est sorti en avril 1991, comparé à la date de sortie de la machine (mi-1992), ça reste cohérent.

Pour information, je laisse le BIOS de la machine en téléchargement. C'est un BIOS customisé par ADD-X, mais il semble basé sur un BIOS AMI fourni par Orchid.

La RAM

Ici, on trouve du classique module SIMM 30 pins de 1Mo par barette. Assez notable, on trouve 8 emplacements RAM ce qui pourrait permettre de monter la RAM max à 32Mo; même si le 386SX ne gère que 16Mo maximum.

La carte contrôleur de disque et disquettes

Le lecteur de disquette 3"1/2

Ce lecteur n'est sans doute pas un lecteur d'origine de la machine, car il est siglé HP. En fouillant, on se rend compte qu'il s'agit d'un lecteur fabriqué par Epson.

Au démontage, il était vraiment propre: soit mon père l'avait déjà nettoyé, soit il n'a que peu servi. Je me suis contenté de nettoyer les têtes de lecture et de remettre un peu d'huile au silicone sur les axes.

Je l'ai testé sous IMD et il fonctionne très bien: il est bien aligné et tourne exactement à 300RPM.

La carte série/parallèle

Il s'agit d'une carte ISA 8bits. Elle peut sembler redondante avec la carte contrôleur disque dur/floppy qui possède elle-même un connecteur parallèle et série, ainsi qu'un connecteur série interne.

Mais cette carte a été ajoutée pour pouvoir relier les 2 connecteurs série de base situé à l'arrière du boitier.

Le disque dur

C'est un Maxtor/Miniscribe 8510A. Je ne suis pas sûr qu'il soit de la machine en elle-même et d'ailleurs, je ne l'ai pas testé. En effet, je considère que les disques durs ont une durée de vie limitée dans le temps et qu'ils méritent un traitement particulier pour faire en sorte de récupérer les données qu'ils contiennent avant de laisser leur place à un périphérique plus fiable.

La carte vidéo

Cette carte fonctionne très bien et elle est de bonne qualité. Il s'agit d'une ProDesigner IIs de chez Orchid. Rappelons qu'Orchid a commencé par créer des cartes vidéos pour les PC rapidement dans son histoire. Ils étaient notoirement connus pour ça. Je me souviens plutôt de l'Orchid Farenheit qui semblait une super carte graphique dans mes yeux d'adolescent de l'époque.

Les nappes et le câblage

Ici, le câblage reste très chaotique: il y en a partout et ce n'est pas facilement accessible. Par exemple, le bouton d'allumage de la machine se trouve certes en façade, contrairement aux Compatibles PC ou XT qui avaient un bouton rouge sur le côté. C'est bien pour l'utilisateur. En revanche, comme l'alimentation se situe à l'arrière de la machine et qu'il n'y a pas d'ACPI pour l'asservir, il y a un câble (épais forcément pour la sécurité) qui court de l'alimentation vers la façade. Et en plus, il passe par le milieu de la machine.

Remontage de la machine

Parce que c'était complexe, voici les étapes de remontage de la machine dans l'ordre (enfin, à peu près).

On commence par le chassis nu:

![Chassis nu]()

L'idée, c'est de monter la plaque d'aluminium de support de carte-mère:

![plaque alu support carte-mère]()

On doit ensuite assembler le haut-parleur:

![Haut parleur]()

Ensuite, je vous invite à fixer l'alimentation sur son "pont" metallique, sans forcément serrer les vis à fond parce qu'il faudra ajuster la position pour la fixation sur la façade arrière:

![Alimentation pont]()

Une fois que c'est fait, le mieux est de refixer tout de suite l'interrupteur de l'alimentation sur la façade, parce qu'à ce moment, vous avez de la place. Le problème, c'est que l'alimentation et son pont vont pendouiller à côté du chassis, mais c'est le seul moyen pas prise de tête pour la suite.

Une fois que c'est fait, on peut commencer à assembler le recouvre haut-parleur métalique qui contient les plastiques noirs d'alignement des cartes ISA longues:

![Cartes longues]()

On peut ensuite procéder à remettre la façade avant avec les vis philips pour le plastique:

![Fixation façade avant]()

L'étape suivante consiste à ajouter la grille de support des cartes ISA sur la face arrière du chassis:

![Fixation grille support ISA]()

Ensuite, on est prêt à insérer la carte-mère sur son logement. Elle doit être équipées de ses supports en plastique blanc et elle doit être glissée sur son support de manière à ce que les supports blancs s'alignent dans les trous prévus dans la plaque avant de finir sur la partie étroite des trous pour fixer la carte. Deux vis Torx viennent sécuriser l'ensemble:

![Installation carte-mère]()

A ce moment, ajoutez les barettes de RAM: vous n'aurez plus assez de place pour le faire après:

![Installation RAM]()

Vous pouvez ensuite brancher l'alimentation sur les connecteurs de la carte-mère (pareil, vous ne pourrez plus le faire ultérieurement). Attention, ces connecteurs sont difficiles à aligner et à insérer, il faut y aller molo, mais aves un peu de pugnacité:

![Connecteurs alimentation]()

Enfin, toujours sur le registre des connecteurs, c'est le moment de refixer les deux ports séries arrière de la machine qui se relient à la carte d'entrée/sortie ISA 8bits via deux nappes indépendantes:

![Nappes série]()

Ensuite, c'est la partie pénible du montage: celui du pont. Il faudra aligner ce dernier sur ses emplacements de fixation du devant et du derrière de la machine et le glisser jusqu'à sa position finale. On peut bien entendu faciliter ce glissement en écartant légèrement la face arrière (et avant):

![Installation pont chassis]()

Vous pouvez ensuite visser le pont sur le chassis. Et dans la foulée, vous pouvez sécuriser la fixation arrière de l'alimentation. Pour cela, il faudra desserrer les 2 vis qui la lie au pont pour avoir suffisamment de jeu pour les aligner avec les deux vis de fixation sur la face arrière du boitier. Puis, il faudra resserrer les fixations alimentation/pont.

Voilà, dans l'ensemble, le plus dur est fait. Il reste à remonter les cartes ISA ou les obturateurs metalliques à leur emplacement. Refixer les nappes séries sur la carte dédiée, monter les nappes des disques et des floppy.

Les ajouts

Une carte Compact Flash comme disque dur

Sur cette machine, j'avais une carte contrôleur IDE, plus moderne que sur un PC/XT. Quand on a ce genre de matériel, on peut tout à fait le conserver tout en le branchant à une carte Compact Flash via une carte électronique d'adaptateur.

Une carte son

Avec un 386SX qui est faiblard certes, mais avec 25Mhz, 4Mb de RAM et une bonne carte VGA, on peut commencer à faire tourner des jeux sympas de l'époque. Manquait une carte son. Dans mon stock, j'avais une Atrend ATC-6631 avec un OPL3 de chez Yamaha. Je l'ai installée après nettoyage.

Quelques programmes

Checkit

Voici ce que donne Checkit.

Monkey Island

Ah, Monkey Island en VGA (avec une musique Sound Blaster Pro) ! Tout un programme:

Monkey Island sur l'AS 325SX
Monkey Island sur l'AS 325SX

Projets

Y mettre une souris

J'ai plusieurs souris en stock dont des souris série de chez Microsoft qui étaient très bien à l'époque. Mais en l'état, je ne l'ai pas configurée sur cette machine et c'est indispensable pour Monkey Island !

Maximiser la RAM de la machine

Il faut que je trouve des barettes SIMM pour monter à 16Mo qui est le maximum adressable sur un 386SX. A priori, d'après la documentation de la carte mère, il faut que j'utilise des SIMM de 4Mo.

Ajouter un coprocesseur 80387

Je n'en ai pas sous la main, mais il y a un emplacement pour et dans l'objectif de maximiser la machine, ça pourrait être d'intérêt.

Exploiter le connecteur batterie

Comme je l'ai indiqué plus haut, la puce RTC avait une batterie intégrée qui a été changée pour mettre une pile bouton dessus. Pour autant, il y a un emplacement sur la carte-mère intitulé "Battery" avec un jumper dessus. J'ai regardé les pistes, mais je n'ai pas pris assez de temps pour vérifier si ça alimentait la puce RTC en direct ou pas.

Je pense que s'il y a l'emplacement non peuplé, c'est parce qu'il doit être possible d'ajouter une batterie externe qui alimente la RTC. Sinon pourquoi s'embêter à mettre un emplacement. Il faut que j'analyse le circuit de la carte-mère pour voir si c'est bien ça.

Relier la machine à un réseau

J'ai plusieurs cartes réseaux ISA 16bits en stock. Ca serait bien de pouvoir relier ça à un réseau Ethernet, voir TCP/IP, et puis d'aller sur Internet ou plus simplement, de pouvoir récupérer des programmes depuis un serveur de fichiers, ce qui serait moins pénible que de faire des aller-retours avec la Compact Flash entre deux machines !

Conclusions

J'ai vraiment aimé restaurer cette machine. D'abord parce qu'elle marche bien. Ensuite parce qu'elle a été assemblée par un constructeur français, moins connu que la SMT ou que Léanord. La façade est forcément unique: il n'y en a pas beaucoup des comme ça.

Enfin, les composants étaient de très bonne qualité: une carte-mère de chez Orchid très bien conçue, 4Mo de RAM, du cache processeur, de nombreux slots disponibles, une excellente carte vidéo.

Les seuls points négatifs que j'ai pu noter se situent au niveau du boitier qui est vraiment complexe à démonter et à réassembler. J'ai démonté des Macintosh de l'époque et c'est le jour et la nuit: sur les Apple, on peut presque tout faire sans même un tournevis alors que là, il faut dévisser une trentaines de vis en tout avec deux types d'embouts.

Mais au delà de ça, dans son état actuel, je suis super content d'avoir cette machine pour expérimenter toute sortes de choses avec. Si j'avais eu cette machine dans les mains en juin 1992, j'aurai été super content ! Je me rattrape maintenant en sachant que j'ai cette machine de jeu à disposition.

Est-ce-que je vais garder cette machine dans ma collection personnelle ? Elle rentre dans les critères (une machine française donc rare et un peu atypique avec de bonnes références). Le seul truc qui me ferait changer d'avis, c'est de trouver une machine équivalente en 386DX33 par exemple. On verra si ça arrive bientôt ou pas.