Introduction

Comme au mois de janvier, je continue mon périple littéraire et pour le mois de février, j'ai finalement pris le temps de lire 3 livres complets dont voici mes impressions...

"Le quai de Ouistreham" de Florence Aubenas

Pour planter le décor, je me souviens encore des affiches, pancartes et "minute de rappel de chaque fin de journal télévisé" sur Florence Aubenas, lorsqu'elle était captive de je ne sais plus quels ravisseurs en Irak. Il y en avait tellement partout et cela a duré tellement longtemps que j'ai personnellement cru que sa libération ne serait jamais arrivée.

Elle a finalement enduré une captivité longue et cela ne l'a pas empêché de replonger dans le journalisme juste après. J'avais donc gardé une image assez forte de Florence Aubenas.

Je tombe sur le pitch du Quai de Ouistreham qui m'indique que Florence Aubenas s'est fait passée pour une prolétaire à la recherche éperdue de travail dans la Manche, sous la forme d'une expérience journalistique vécue de l'intérieur.

Tout de suite, le thème du livre m'a rappelé Jack London dans "Le Peuple de l'âbime" qui a lui-même mouillé la chemise en devenant un pauvre des faubourgs de l'East End de Londres, au début du 20ème siècle. J'avais bien aimé cet ouvrage qui dépeignait avec un réalisme saisissant la situation terrible des pauvres dans le Londres du début du siècle dernier.

J'ai reconnu ces traits dans l'oeuvre de Florence Aubenas également... Cette dernière part à Caen en 2008, au moment de la crise économique qui traverse le monde, pour vivre ce qu'une personne qui souhaite travailler, avec peu de qualifications, peut vivre. Elle n'arrêtera que lorsqu'elle trouvera un CDI, condition de sortie de l'expérience. Elle a surtout trouvé beaucoup d'emplois à temps partiel en tant que femme de ménage.

En la lisant, j'ai eu l'impression de tomber sur les mêmes déductions que celles de Jack London. J'ai retrouvé les mêmes discours stupides de ceux qui possèdent et qui asservissent les êtres humains. J'ai relu des passages emplis d'une suffisance et d'une mesquinerie profonde, venant affirmer un peu plus la stupidité d'un système capitaliste somme toute assez fragile car incapable d'assurer un avenir à tous, surtout lorsque ces derniers mettent toutes leurs forces dans la recherche et la conduite d'un travail de prolétaire.

J'ai reconnu toute cette connerie humaine lorsque j'ai lu les mots d'un patron qui déclamait que "Madame Aubenas" n'arriverait jamais à rien dans la vie parce qu'elle ne semblait pas être suffisamment performante dans l'exécution des tâches de ménage qui lui incombait et que, d'ailleurs, personne ne semblait être capable de relever à un niveau suffisant. C'est toujours à la fois pitoyable et drôle d'entendre dire à une journaliste engagée, professionnelle, qui a vécu une situation d'une difficulté extrème pendant sa longue captivité, qu'elle n'arrivera à rien dans la vie !

Cela montre sans doute le peu de sérieux qu'on peut avoir face aux discours des exploiteurs en tout genre, y compris, lorsque ces derniers sont persuadés de faire le bien autour d'eux, car ils permettent à des personnes de disposer d'un emploi, au moins.

J'ai retrouvé également les mêmes difficultés techniques que celles décrites par London. En fait, être un travailleur précaire, être pauvre, conduit toujours à des situations complexes où l'effort pour essayer de vivre normalement est sans commune mesure avec ce qu'une personne avec un haut revenu peu vivre, y compris si elle travaille de nombreuses heures. Prenons un simple exemple: vous êtes à temps partiel et vous prenez tout ce qu'on vous offre. Comme vous êtes un prolo, on vous donne le smic (faut pas rigoler quand même et surtout, parfois, rémunérer plus n'a pas de sens économique). Dans certaines situations, il n'est juste pas économiquement rentable de travailler si vous devez dépenser plus que ce que vous gagnez dans les transports. Une femme de ménage qui a 1h par çi, une 1h par là, sur plusieurs sites distants de plusieurs kilomètres est souvent dans cette situation. En plus, difficile de simplement gérer la charge de travail avec ces temps de trajet. Certaines personnes n'ont simplement pas le permis, souvent parce que ce dernier est peu abordable financièrement, sans compter l'acquisition et l'entretien de la voiture. Ils se tournent vers des moyens de transports plus abordables (genre un scooter ou les transports en communs) mais ces derniers sont nécéssairement beaucoup plus lents qu'une voiture individuelle pour de nombreux métiers qui requièrent de travailler dans des zones distribuées ou éloignées (y compris de quelques kilomètres).

A titre d'exemple, au cours de son expérience, Florence Aubenas ne pouvait pas dormir plus de 5 ou 6h d'affilé la nuit car elle terminait un emploi partiel le soir à 23h pour en reprendre un autre à 4h du matin... En moyenne, on a besoin d'environ 8h de sommeil par jour. En deça, c'est risqué pour la santé ! Rien à voir avec l'emploi d'un cadre sup qui termine tard mais démarre tard également...

Quand vous êtes pauvres, il faut tout compter, au moindre centime. C'est long, pénible et difficile à réaliser car toute opération financière aussi simple qu'acheter une baguette de pain revient à évaluer, tenir une comptabilité fine, savoir ce qu'on peut acheter ou non, essayer d'anticiper ce qui peut arriver avant la fin du mois et également se retrouver avec la difficulté psychologique de se dire qu'on n'a pas les moyens. Au quotidien, c'est très lourd. Mais lorsqu'on n'a pas à le vivre, on ne s'en rend pas du tout compte, y compris si on est radin. Tout acte d'achat devient une opération raisonnée qui implique de la réflexion et qui peut prendre plus de temps que si on n'y est pas contraint, notamment si on se met à effectuer une étude comparative.

Mais au final, on retrouve, dans le livre, quand même une grande chaleur humaine avec des êtres qui essayent de s'entraider, dans la difficulté des situations économiques tendues. D'abord, on peut dire que toutes les personnes rencontrés par Florence Aubenas s'investissent à fond pour retrouver un emploi ou tenter de maintenir celui qu'elles ont, y compris si ce n'est pas économiquement rentable. Ceux qui abandonnent le sont souvent par la contrainte car c'est vraiment trop dur physiquement ou psychologiquement ou même d'un point de vue familial. Même si le travail est dur, sous pression, on peut lire dans l'ouvrage de Florence Aubenas beaucoup de petits instants de joie, beaucoup departages de vie, de moments intenses où les êtres se dévoilent en profondeur.

Une autre chose qui m'a également frappé est ce qu'on peut considérer comme une "surpression systémique" sur l'emploi par certains acteurs économiques. Dans les métiers à faible valeur ajoutée mais qui restent indispensables (le ménage en fait partie), le système fait que les gens sont engagés avec une surcharge de travail chronique, comme si elle était instaurée et décidée en amont. Ainsi, même en y mettant la meilleure volonté du monde, il est impossible de finir le travail en temps voulu. La seule condition de respect de l'horaire serait de ne pas terminer le travail en question ce qui pose des problèmes contractuels. Mais le type qui se prend la pression de plein fouet, c'est le travailleur. L'employeur peut l'engueuler, ne pas payer ses heures sup (ce qu'il fait tout le temps), remettre en question la qualité de son travail (alors que le problème est quantitatif); le contractant (celui qui achète une prestation de ménage à l'employeur du travailleur) peut se retourner vers l'employeur en le menaçant de ne plus payer, ou alors en direct avec le travailleur qui est présent dans ses locaux. Mais au final, c'est le travailleur qui doit gérer le plus de pression. Je me dis que ce système de pression est assez favorable à l'employeur qui peut faire baisser les coûts de ses prestations pour séduire plus de contractants/clients. Mais ce système reste très malsain.

Pour conclure, je vous recommande fortement de lire "Le quai de Ouistreham", de la même manière que je vous recommande de lire "Le peuple de l'âbime". Cela permettra de vous faire un point de vue plus sensibilisé et objectif sur la situation des prolétaires de notre pays. Dans tous les cas, vous ne regarderez plus jamais les femmes de ménage avec le même regard qu'auparavant, je peux vous l'assurer.

"Les robots" d'Isaac Asimov

J'ai toujours aimé Isaac Asimov. Je le lis depuis que je suis enfant, surtout "Les robots". Je ne m'en lasse pas. Régulièrement, sans doute tous les 10 ans depuis que j'ai 10 ans, je le reprends et je le relis... et ça me fait du bien.

L'histoire est bien léchée, c'est un peu technique; il y a un peu de science, un peu de psychologie. C'est fouillé mais abordable. L'auteur accompagne bien le lecteur.

Avec le temps, je me rends compte que c'est moi qui viellit. Quand j'étais enfant, les dates du livre me paraissait être un futur proche. Aujourd'hui, en 2017, dans l'histoire d'Asimov, nous devrions disposer de robots parlants depuis quelques années déjà. Ce n'est pas le cas. C'est juste que ça fait tout drôle de lire ces années maintenant dans le passé, que j'ai découvertes plus jeune, comme étant celles d'un avenir possible.

Dans tous les cas, l'oeuvre est une nourriture dont je me délecte à chaque fois. Il faudra que je la relise dans 10 ans.

"L'herbe rouge" de Boris Vian

J'avais toujours eu une bonne impression de Boris Vian, sans jamais avoir lu aucune de ses oeuvres. Sans doute parce que je savais que ce dernier était ingénieur centralien et que ça ne pouvait pas qu'être quelqu'un de qualité, forcément !

Je savais que c'était un être fantasque et j'espérais beaucoup de l'herbe rouge. Mais j'ai été extrèmement déçu par cette oeuvre. Pour faire simple, je crois que prendre du LSD quand on écrit, ce qu'a fait Boris Vian sans nul doute, conduit à des productions maintenant inabordables en 2017 pour le quidam moyen.

Le résumé est un peu complexe à faire car l'histoire se passe dans un monde un peu iréel où tout est un peu sous le spectre de la parabole, du sens caché, tout en ayant une ligne assez rythmée. Parfois, on croit que les individus vivent dans un monde proche du notre et parfois, ce monde n'a plus rien à voir avec le notre. Dans ces conditions, difficile de trouver une certaine forme de logique à l'histoire.

Car pour résumer, c'est l'histoire d'un type qui fabrique une machine bizarre avec son espèce d'ami. Cette machine se révèle être capable de plonger les personnes qui pénètrent dans le puit créé par la machine, dans un monde second où leurs souvenirs prennent forme et où une espèce de tribunal fantasque vient faire le bilan de leur vie.

Le type et son pote ont chacun une gonzesse; ils sont en couples. Le pote du type a des visions d'autres hommes qui matent lorsqu'il embrasse sa copine. Il en mourra sous une forme parabolique.

Le type plonge régulièrement dans ses souvenirs mais je n'ai rien retenu: ça n'a ni queue ni tête. De toute façon, à la fin, il meurt et sa gonzesse se casse.

L'interprétation de l'oeuvre est forcément riche pour le lecteur mais j'aime bien être aidé par l'auteur, surtout pour savoir où il veut me faire aller. C'était franchement un peu pénible de lire ce livre. Le style en revanche est très souple et abordable et on peut lire le livre d'un trait en moins de 3h. On est loin du style pénible de Julien Gracq. L'oeuvre en reste pourtant sans grand intérêt. Dans tous les cas, je n'ai pas accroché même si j'ai lu jusqu'au bout.

Conclusions

Pour ce second mois, je tiens toujours la barre de lire au moins un livre par mois. C'est un vrai plaisir de réutiliser ma liseuse de 2011 qui reste très utile.

Posted mer. 01 mars 2017 19:34:21 Tags:

Introduction

Dans mes résolutions de 2017, il y a marqué "Écouter l'intégralité d'un artiste musical par mois"... Pour février ce sera Peter Gabriel ! Pour les jeunes qui ne connaissent pas Peter Gabriel, direction Wikipédia. Ne vous fiez pas trop à la photo qui représente un homme de plusde 60 ans. Peter Gabriel, c'était ça plus jeune !

Je me suis limité à sa période post-Génésis car il y avait déjà suffisamment de matière pour faire une intégrale pour le cours mois de février.

Car (1977)

Les 3 premiers albums de Peter Gabriel n'ont simplement pas de nom. Ils s'appellent à l'origine du nom de l'auteur, sans dénomination particulière. Ils ont été rebaptisés à postériori et c'est cette dénomination que j'utilise. Pour Car, je suppose que c'est parce que la pochette de l'album est une voiture.

Premier album de l'ère post-Genesis de Peter Gabriel, on sent néamoins de forte trace du passé. La première piste, intitulée "Moribund the Burgermeister" aurait pu être facilement être sur l'album "A trick of the Tail" de Genesis, sorti en 1976, sans qu'on ait pu en faire la remarque. La sonorité, le ton de voix, les instruments, tout concorde à rappeler le passé de l'ancien groupe de Gabriel.

Pourtant, dès la seconde piste "Solsburry Hills", la nouveauté vient poindre avec une sonorité plus pop et moins dans le son de Genesis. On pourrait même la croire très 80's avec ses accords simples mais percutants.

Avec "Modern Love", vient un air entraînant qui se démarque un peu plus de Genesis avec un style plus pop et la voix plus aigue de Gabriel. En revanche, "Excuse Me" est vraiment nulle !

Pour la piste suivante "Humdrum", on revient directement à Genesis. Avec une écoute rapide, on pourrait même presque croire que c'est Phil Collins qui chante. Toute la sonorité de cette chanson relève d'un travail complet et très varié, tout ce qu'on peut retrouver chez l'ancienne bande de Gabriel.

La dernière piste d'intérêt de l'album reste "Down The Dolce Vita". Après une introduction respirant le classique, Gabriel nous invite dans une sonorité digne de la BO de Rocky. Le rythme est très bon, les grattes présentes et le final est vraiment excellent.

Au final, un album de transition plutôt bien fait dans l'ensemble. Un hit (Solsburry Hills), quelques relents très sympathiques de Genesis (enfin pour ceux qui aiment comme moi) et quelques morceaux novateurs bien arrangés.

Scratch (1978)

La pochette de l'album montre un Peter Gabriel en train d'écorcher l'espace avec ses mains, en laissant des traînées blanches dans l'atmosphère. D'où le nom de l'album.

Que noter sur cette oeuvre ? Sorti en 1978, il reste encore une forte imprégnation du style Genesis sur les pistes suivantes:

  • "On the Air".
  • "DIY" où on croirait entendre Phil Collins.
  • "Mother of Violence", une ballade.
  • "White Shadow" où on retrouve le même son de synthé que chez Genesis, sans doute une des meilleures pistes de l'album.

Mais dans l'ensemble, j'ai trouvé la réalisation assez moyenne. Certes, Gabriel tente de sortir un peu de son style passé mais ce qu'il fait de neuf n'est pas si génial que ça.

Melt (1980)

La pochette de l'album affiche un Peter Gabriel en train de fondre partiellement. Cet album prend une tournure plus 80's que les deux autres. On y retrouve certains éléments qui feront le succès de Gabriel dans les années 80.

Dans la liste de titres de l'album, j'en retiendrai cinq. Le premier est "Family Snapshot" qui est utilisée partiellement dans l'album "Birdy" qui viendra en 1985. La sonorité reste très solennelle et les paroles sont tristes mais le rythme est bon et la chanson passe très bien.

En second, je retiens "Games Without Frontiers" qui sonne comme si on était sur l'album "So". C'est le nouveau style de Peter Gabriel, plus rythmé, avec une voix plus prononcée. C'est une des chansons marquantes de l'album; elle dénonce la guerre en général.

En troisième, il y a "Not One of Us" qui reste moyenne sauf pour le final assez rythmé, proche de ce qu'on peut entendre sur Birdy.

Par la suite, il y a "Lead a normal Life", très différente des autres. Plus apaisée, plus mélodieuse, elle est toute en musique; il n'y a qu'un seul refrain.

Enfin, l'album se termine avec "Biko", une chanson en hommage à Steve Biko, un militant anti-apartheid en afrique du sud.

Avec Melt, Gabriel est en train de clairement s'extraire du style de Genesis et commence à se construire une carrière décidément différente.

Security (1982)

Deux ans après "Melt", apparaît "Security", enfin un album avec un vrai titre !

Néanmoins, sur les 8 pistes, je n'en retiens que deux:

  • "The Rythm of the Heat" pour son rythme justement.
  • "Wallflower" et j'en parle juste après...

Birdy (1985)

Il y a tellement à dire sur Birdy, le film d'Alan Parker dont l'album éponyme de Peter Gabriel est la bande originale. Si vous ne l'avez pas vu, alors procurez-le vous.

Quand j'étais gamin, j'ai souvenir d'avoir dû faire un commentaire complet sur l'affiche de Birdy (ce devait être en 1990, soit cinq ans après la sortie du film). J'y avais trouvé tellement de matière à explications, intérprétations à rédiger que j'en étais vraiment subjugué, et ce, sans même avoir vu le film. Malheureusement, du temps de ma jeunesse, si on voulait voir un film, il fallait attendre qu'il passe à la télé, que les parents veuillent bien vous autoriser à le voir au jour J ou veuillent bien programmer le magnétoscope pour l'enregistrer. Ou encore, il fallait aller au vidéo-club, demander aux parents de l'argent pour ça, à condition que le film soit disponible à la location. Bref, c'était assez dur et j'ai finalement oublié de visionner Birdy. J'ai réparé ce problème il y a à peine un an et, pour cette fois du moins, mes fantasmes de gamins n'ont pas été trahis: j'ai trouve le film vraiment fantastique et d'un excellent niveau, tant dans la réalisation, le travail et la composition des scènes, le scénario, le jeu des deux acteurs et aussi... sur la captivante bande originale.

Birdy reste quand même un des rares films où Nicolas Cage est vraiment bon ! Matthieu Modine incarne parfaitement le personnage de Birdy, dans toute son expression physique. Difficile d'imaginer qu'il prendra le rôle de l'engagé Guignol dans "Full Metal Jacket" quelques années plus tard.

La BO m'avait vraiment pris par les tripes, en plus de l'histoire. Je m'attendais donc à un travail de qualité et je n'ai pas vraiment été déçu. Cela reste une BO sans aucune parole, un peu authistique dans son expression. Gabriel y a ajouté quelques morceaux repris dans ses albums précédents, notamment, Wallflower de l'album Security qui se retrouve dans "Under Lock and Key" de Birdy et "Family Snapshot" de Melt qui s'incarne dans "Close Up".

Sans doute un des meilleurs albums de BO de Gabriel...

So (1986)

Sans doute le meilleur album de la carrière de Peter Gabriel. On y retrouve une floppée de hits qui sonnent dans toute la splendeur de la musique des années 80. Ce sont sans doute également les pistes les plus connues de l'auteur.

J'en relève trois qui sortent du lot:

  • "Red Rain": une intro vraiment excellente, un rythme bien soutenu. Ça sonne fort les 80's et c'est vraiment bon.
  • "Sledgehammer": LA chanson de Peter Gabriel avec un clip éblouissant. Sans doute le summum de l'auteur.
  • "Don't Give Up": Un duo avec Kate Bush, si mélancolique mais si beau.

Remettre à l'écoute "So" vous replongera dans les sons de votre enfance (si vous êtes né dans les années 70-80 of course!).

Passion (1989)

Bon, je n'ai pas aimé le film et la BO encore moins. C'est long, lent, et maintenant, ça a mal vieilli. Je n'ai pas plus de commentaires...

Us (1992)

Pour moi, cet album semble être la suite logique de "So" !

Tout sonne comme l'album de 1986, dès la première piste avec "Come Talk to Me" qui serait une espèce de "Red Rain" mélangée avec "Don't Give Up".

"Steam" reste dans la même mouvance que le reste et on peut aussi écouter "Washing of the Water" qui correspond davantage à "Don't Give Up".

Enfin, "Digging in the Dirt", serait le "Sledgehammer" de 1992.

Up (2002)

Le dernier album studio de Peter Gabriel du moment, c'est "Up". Entre temps, Peter Gabriel a composé des albums de BO que je n'ai pas relevé (même si je les ai écoutés).

L'album est plus électronique que jamais (enfin, par rapport au style de Peter Gabriel habituel). La première piste d'intérêt est "Darkness" qui mèle bruitage effrayant et la douceur d'une ballade. L'ensemble forme quelque chose qu'on peut qualifier d'élégant.

"Skye Blue" est reposante et plus en douceur avec son coeur de voix.

Mais d'une manière générale, l'album manque de tenue, essaye de faire du moderne de l'époque avec trop d'électro ou d'effets spéciaux qui trahissent le style originel et original de Peter Gabriel. On va dire que c'est un album moyen.

Scratch My Back (2010)

Il s'agit d'un album de reprises et moi, les reprises, je n'aime pas ça... C'est toujours moi bien que l'original à quelques exceptions près et puis, c'est devenu un business. Donc, out !

Conclusions

Lorsqu'on a été dans le groupe Genesis, qu'on l'a formé, on a forcément tendance à ne pas oublier facilement. C'est le cas pour la suite post-Genesis de Peter Gabriel. Certains morceaux ont même été chantés avec Phil Collins à la batterie, c'est dire la proximité.

Néanmoins, Peter Gabriel a su faire sa révolution, sans doute grace aux bandes originales, et ce assez tôt avec Birdy notamment. L'apothéose reste quand même les années 80, notamment avec So et Us un peu plus tard.

Dans tous les cas, ça fait toujours du bien de mettre un peu de Peter Gabriel en fond sonore avec ses meilleurs albums. Ça aide à voir dans l'au-delà...

Posted ven. 03 mars 2017 20:40:23 Tags:

Introduction

Comme au mois de février, je continue mon périple littéraire et pour le mois de mars, j'ai finalement pris le temps de lire 2 livres complets dont voici mes impressions...

"Do It Tomorrow" de Mark Foster

Mark Foster est un auteur dont le centre de production est consacré aux méthodes de gestion des tâches et du temps. J'en avais entendu parler via quelques articles du Planet Debian. Pour le mois de mars 2017, j'ai donc acheté son livre (en anglais) et je m'y suis attelé.

L'ensemble est très concret et très didactique. Mark Foster dévoile d'abord les problèmes génériques de la gestion des tâches et du surplus d'activité. Il propose dans une suite de chapitres progressifs de nombreuses actions permettant de venir à bout de la majorité des problèmes évoqués en amont du livre.

Cet ensemble d'actions forme une méthode plutôt cohérente et assez facile à mettre en oeuvre. Après avoir lu le livre plusieurs fois en prenant le temps d'écrire un résumé, j'ai trouvé que la méthode "Do It Tomorrow" est vraiment bien pensée. J'ai choisi de l'expérimenter pendant un mois et j'ai vraiment eu des résultats surprenants.

Avant de démarrer, j'étais vraiment au fond du trou en termes d'activité professionnelle. J'avais l'impression d'être vraiment en retard sur tout et d'être complètement submergé par la charge de travail, sans perspective d'amélioration, et ce, depuis plusieurs mois.

En appliquant simplement et directement la méthode de Mark Foster, j'ai réussi, en un mois à peine, à renverser complètement la tendance. Je pars (pratiquement) tous les soirs en ayant l'impression d'avoir complètement terminé ma journée. Je n'ai vraiment plus aucune distraction ou élément de procrastination dans ma journée de travail (j'ai choisi de ne plus faire de veille technologique jusqu'à ce que j'ai clairement du temps à y consacrer). Je suis beaucoup plus organisé, j'arrive à planifier mon activité à l'avance, sans y passer un temps infini. Je me suis même surpris à traiter des sujets que j'avais décalés depuis plusieurs années, le tout en une semaine, en m'y mettant progressivement un peu tous les jours (technique dite de "l'initiative courante").

Autre point d'intérêt, j'arrive à déléguer plus facilement et la méthode "Do it Tomorrow" me permet, en plus, d'avoir un élément de gestion efficace de cette délégation.

Pour résumer, l'amélioration est vraiment nette. Tout n'est pas parfait mais je ne m'attendais pas à de tels résultats aussi rapidement.

Mais qui dit méthode, dit aussi outil de gestion de la méthode. Mark Foster présente une approche très universelle. Les outils qu'il emploient sont assez accessibles comme un simple carnet. Il cite également Microsoft Outlook comme outil abordable. Pour ma part, j'ai effectivement commencé à travailler avec du papier mais je me suis vite tourné vers Outlook dont je suis équipé au bureau.

Malgré le fait qu'il s'agisse d'un produit non libre, je dois avouer que ça fait le job et ce, de manière vraiment simple: le système de tâches d'Outlook permet d'appliquer directement la méthode Do it tomorrow sans aucun problème et en moins d'une heure d'expérimentation.

Néanmoins, ça reste du logiciel propriétaire et, en dehors du bureau, je ne peux pas l'utiliser. Je me suis donc tourné, comme à mon habitude, du côté du logiciel libre et je suis tombé sur Taskwarrior qui, après quelques semaines d'expérimentation, répond au moins aussi bien qu'Outlook en termes d'usage.

Dans le passé, j'avais expérimenté plusieurs méthodes sans grand succès en essayant la méthode Pomodoro, puis celle de GTD, tout en pratiquant le zéro Inbox, etc. Au bout de quelques mois, j'étais face à une liste de tâches impossible à restreindre avec l'impression d'avoir une situation sans fin si stressante qu'il était alors plus efficace de simplement enterrer la liste de tâches et de ne pas faire ce qui était dessus.

Avec DIT, c'est moins le cas car la méthode est simple et plutôt bien pensée. Au final, je vous conseille de lire ce livre. Il ne coûte pas très cher et la méthode proposée est peut-être adaptée à vos problèmes. Qui sait ?

"Dragon Ball" d'Akyra Toryama.

Bon, ok, ce n'est pas un vrai livre au sens oeuvre écrite uniquement avec des lettres mais j'avais néanmoins une grande envie de lire ce récit qui a bercé une partie de mon enfance.

A mon époque, il était difficile d'obtenir des mangas en France (qui plus est traduits en français). J'ai donc, comme une bonne partie de ma génération, suivi les aventures de Son-Goku à la télé (les riches heures du Club Dorothée). J'en ai gardé plutôt un bon souvenir mais, restrictions parentales de l'époque, je n'ai pu suivre la série qu'en pointillés, en manquant certains épisodes clés ou en loupant complètement une série de plusieurs semaines.

Et puis il faut dire aussi que la série animée était souvent une plaie à regarder. Déjà il y avait forcément une coupure pub au milieu (sur un épisode de 20 minutes c'est trop). De surcroît, les cinq premières minutes étaient systématiquement occupées par un rappel de l'épisode précédent, ce qui bouffe un temps non négligeable (surtout quand il n'y avait pas possibilité de zapper plus loin). Pour résumer, j'ai décroché vers le début de Dragon Ball-Z.

Près de 30 ans plus tard, j'ai enfin pris le temps de lire les près de 520 chapitres du manga, traduits en anglais, le tout en moins d'un mois. J'en suis très content.

D'abord le manga est très fidèle à la série animée (en fait c'est l'inverse mais j'ai commencé par la série animée). J'ai retrouvé tous les détails que j'avais retenus en regardant Dragon Ball à la télé. C'est fou comme le cerveau a une capacité de souvenirs infinis, surtout pour des trucs sans intérêt fondamental. Du coup, j'ai eu enfin le loisir de retrouver les aventures de Son-Goku en non censuré avec toute l'histoire, de ses débuts assez basiques jusqu'au dernier épisode de Dragon-Ball Z Kai contre Bû. Je n'ai donc pas besoin de me taper les vidéos (il doit y en avoir beaucoup trop) pour connaître l'histoire dans son exhaustivité. C'est également source d'une grande satisfaction. Dans l'ensemble, l'histoire est plutôt intéressante et elle garde les éléments d'humour que j'avais déjà relevés étant jeune.

A titre de point technique, lire un manga de format de poche sur une liseuse se fait finalement assez bien. Il faut juste retailler un peu les images en fonction de la résolution de l'écran de la liseuse car il ne sert absolument à rien d'afficher une image de 1024 pixels de large sur un écran dont la largeur maximale est de 800 pixels. Cela génère souvent un recalcul à la volée de l'image qui consomme du CPU et qui implique plus de temps pour afficher l'image sur l'écran (surtout que les écrans des liseuses sont lents par définition). J'ai également limité la palette de couleurs à 16 niveaux de gris. Cela permet de diminuer le poids des images de manière assez sensibles. Le tout est encapsulé dans un fichier CBZ qui n'est qu'une simple archive zip contenant les fichiers à afficher (au format jpeg).

Enfin, je peux dire que j'ai lu Dragon Ball dans son intégralité, mettant fin à près de 30 ans de frustration (et c'est très bon).

Conclusions

Pour ce troisième mois, je tiens toujours la barre de lire au moins un livre par mois. Ok, il y avait des choses faciles à lire mais le défi est toujours relevé. Non ?

Posted ven. 31 mars 2017 19:45:27 Tags: