Shetland+Bike = Fail !

Tout est dans le titre qui résume mes dernières vacances...

J'aime les coins paumés et situés au Nord car, en général, vu les conditions climatiques, il y a peu d'habitants. Bref, l'Islande, L'Ecosse, les Orcades, la Norvège, le Groenland, le Canada sont des lieux qui m'attirent. Pour 2011, j'avais donc prévu de visiter les îles Shetland qui sont au niveau du 60ème parallèle Nord, soit la même latitude que la pointe sud du groenland.

Vu la taille de cet archipel, j'avais bien envie de l'explorer avec mon vélo. Une centaine de kilomètres pour aller de la pointe sud jusqu'au nord me laissait une bonne marge de manoeuvre en 15 jours avec ce moyen de transport. Surtout que le réseau routier et les ferries permettent de se déplacer assez facilement (du moins le croyais-je).

Une des particularités de l'Ecosse (dont les Shetland font partie) en ce qui concerne la randonnée, c'est la grande liberté qui est laissée aux individus pour explorer et s'imprégner de la Nature. Le scottish outdoor access code est un texte de loi qui réglemente les activités en extérieur sur tout le territoire écossais. Vous pouvez le lire par vous même et vous constaterez son intérêt pour le randonneur: celui-ci peut aller et venir presque partout où il veut, de même que bivouaquer comme bon lui semble, y compris sur des propriétés privées.

Dans la pratique, on peut donc marcher, dormir, manger sur tous les terrains même privés en dehors des jardins attenant aux maisons et des champs qui sont en train d'être moissonnés ! Ainsi, vous pouvez pénétrer dans n'importe quelle pature, même s'il y a des animaux (à vos risques et périls et du moment que vous ne les énervez pas). C'est une stratégie ouverte qui me plaît beaucoup car elle est claire et pratique: pas besoin de passer du temps à trouver un propriétaire (bien souvent situé très loin) pour lui demander l'autorisation de dormir sur son terrain... ce qui est un vrai plus lorsqu'on vient de se taper 10h de marche et qu'on est exténué !

En terme de météo, j'avais vu que les températures oscillaient entre 14 et 9°C. Donc, rien d'insurmontable ! Je me doutais bien qu'il y aurait de la pluie aussi je me suis équipé en conséquence en prenant des vêtements imper-respirants et une deuxième paire de chaussures complètement étanches (des bottines en caoutchouc) qui m'ont sauvé la vie. Pour résumer, j'étais plutôt bien équipé et d'ailleurs ce matériel ne m'a pas du tout fait défaut (c'est le point positif des vacances).

Bref, un beau jour de début août 2011, me voilà parti depuis Calais pour Aberdeen en voiture (avec le vélo dans le coffre) pour prendre le seul ferry qui monte dans les Shetland. Déjà, ça commence bien: je rate mon bateau à 15 minutes près ! Qu'importe, je suis en vacances, je prendrais le suivant !

Le lendemain, je pars donc en chargeant mon vélo dans le Ferry (c'est gratuit) et en laissant ma voiture à Aberdeen pour me retrouver le lendemain matin à Lerwick, le "chef lieu de canton" des Shetland. Et là, c'est le drame: de la pluie et du vent qui ne s'arrêtent jamais... Au bout de 5 minutes de vélo, je suis trempé car je n'avais pas pris le temps de me changer et de mettre mes vêtements impérméables, ces derniers étant assez peu confortables pour voyager sur un ferry. Aussi, pour le premier jour, je décide de dormir à l'auberge de jeunesse (qui est très bien au passage) en me promettant de partir, dès le lendemain, explorer le sud avant de remonter vers le nord.

Old bike in Lerwick

C'est de bonne heure que je grimpe sur mon fidèle destrier mécanique et que je me mets en chemin. A peine sorti de la ville de Lerwick, j'ai le temps de comprendre ma douleur: malgrè mon chargement ultra-léger (l'ensemble de mon matériel de bivouac, mes vêtement, le sac et 2L d'eau pèse moins de 10Kg sans nourriture), je n'arrive pas à avancer à plus de 5km/h !!! Le relief des Shetland est plutôt plat (entre 0 et 400m au plus haut) même s'il y a quand même quelques côtes de niveau moyen. Après avoir vérifié la pression de mes pneux, je découvre le coupable: le vent !

Ce dernier est plein sud donc, en plein dans ma face et les rafales m'obligent même à pédaler en descente. Je suis obligé de rouler sur le rapport qui développe le moins tout le temps, même sur le plat ! C'est dur, c'est très fatiguant et comble de malheur, ça me fait transpirer à fond sous mes vêtement. En plus, la pluie ne s'arrête pas de tomber. Je prends une sacré claque, moi qui fait quotidiennement 15km par jour pour aller au travail en moins de 50 minutes (avec 10Kg en moins, certes)... J'en chie !

Au bout de 1h30, j'arrive à Scalloway, une petite ville paumée mais qui me semble sympathique malgrès le climatde grisaille. Après ce détour, je reprends la route principale pour descendre à mon objectif de la journée: St-Ninian Isle et son tumolo. Vers 13h, je fais une pause dans des toilettes publiques qui ont l'avantage d'être à l'abri du vent et de la pluie. Même si je mange, je ne parviens pas à me réchauffer (en changeant de vêtements pourtant).

Vers 16h, j'arrive du côté de Saint-Ninian et c'est à ce moment que je vois un coin de ciel bleu ! Petit à petit, le vent baisse en intensité, la pluie cesse et le soleil fait son apparition. Je suis très heureux: après l'effort, le réconfort ! En plus, la vue est magnifique:

St-Ninian Isle !

Pour me remettre, je fais le tour de l'île et décide d'y dormir la nuit dans un coin abrité par un mur de pierre et plein ouest. J'avais dans l'idée de m'endormir devant un coucher de soleil... mais j'étais un peu trop optimiste. Vers 21h, les nuages ont fait leur apparition. Au loin, on doit distinguer l'île de Foula.

Coucher de soleil sur l'île de St-Ninian

La nuit est sympathique: je suis quand même assez fatigué et je dors bien ! Le lendemain est moins flatteur: la grisaille est de retour avec la pluie (pas forte au début). Mon plan consistait maintenant à remonter vers le Nord pour le reste du séjour. Avec stupéfaction, je constate que le vent a tourné: il est plein Nord ! Je rejoins le continent, récupère mon vélo et me voilà en train de jurer après le vent et le climat !

J'arrive à Lerwick où je fais une pause déjeuner. Il pleut comme vache qui pisse et heureusement que mes vêtements ne craignent pas (trop) la pluie. Je fais quelques courses pour avoir un peu d'autonomie alimentaire. A ce propos, un des super-marchés de Lerwick est ouvert de 7h du matin à 23h le soir tous les jours, dimanche inclus! Peut-être que c'est un horaire spécial Shetland sinon ça m'inquiète fortement car, si des imbéciles peuvent le faire là-bas, il est clair que ce genre d'horaires pourrait débarquer dans notre pays avec toutes les conséquences sociales négatives que ça peut avoir ! Ah mais, pardonnez mes réflexes de bolchevique ;-), je m'emporte pour rien ! Car il est bien évident qu'il est essentiel de pouvoir offrir un vrai service de vente pour la foule de personnes qui se mettent en tête de faire un bon gateau à 21h en n'ayant ni beurre ni farine en stock. Personnellement, entre prendre un peu de temps pour planifier ce dont j'ai besoin, faire un peu de stock tout en permettant à une majorité de personnes d'avoir une journée de repos garantie par semaine c'est bien plus intéressant que de confier la gestion de tout ça à un supermarché en obligeant un paquet de personnes à faire fi de leur journée de repos. Mais bon, si ça se fait, c'est que je dois être trop con !

Muni de mon ravitaillement, je me lance à l'assaut du Nord tout en ne sachant pas où je vais dormir le soir. C'est l'aventure !!! Mais qu'est-ce-que c'est dur ! La pluie combinée à un vent toujours plus fort vient me piquer la seule partie exposée aux éléments de mon corps: mon visage. Ma veste claque dans les rafales. J'avance très péniblement. Le vent est une plaie. De plus, il n'y a quasiment pas d'arbres dans les Shetland. Combiné avec le manque de relief, la conséquence immédiate c'est qu'il n'y a pas d'abri naturel. Tout est exposé.

Vers 17h30, j'ai encore faim et je sens que la fatigue se fait sentir. Sur cette route, il n'y a ni village, ni abri. Je suis obligé de faire une pause sous la pluie et le vent, sur le bord de la route. Puis je reprends ma route péniblement. Vers 18h30, je croise un panneau qui indique Böd. C'est une sorte de refuge. Il pleut depuis le matin et je me rends compte que ça affecte mes vêtements... Ces derniers sont imper-respirants, c'est à dire qu'ils bloquent l'entrée d'eau mais permettent d'évacuer la transpiration qui vient de l'intérieur. Toutefois, je subodorre que lorsque la membrane extérieure est gorgée d'eau, l'évacuation de l'intérieur ne se fait plus. Je suis donc trempé de l'intérieur. De plus, je note que même si ma veste dispose de fermetures éclairs étanches, l'eau a quand même pénétré. Mes poches sont gonflées d'eau (ça me fait presque des seins) et ce qu'il y avait à l'intérieur est trempé (dommage, il y avait mon chronomètre).

Dans ces conditions, je décide de dormir au sec: direction le Böd. J'y croise un couple de français aussi frigorifiés que moi. Ils arpentent les shetland depuis une semaine et m'indiquent que le climat a toujours été aussi mauvais sauf hier après-midi ! Mais ils ont une voiture et ils n'affrontent pas le vent (et ils ont bien de la chance). Le Böd est un ancien séchoir à poisson des année 1900. La nuitée coûte quand même 10£ mais j'ai pu prendre une douche.

Le lendemain matin, je traine avant de partir car le temps est toujours à la grisaille et au vent. Plusieurs fois, je manque d'être renversé par les rafales de vent lorsque ma direction s'écarte du Nord. C'est assez dangereux car je me rapproche du terminal pétrolier de Voe et il y quelques poids-lourds qui me frôlent. J'arrive au ferry de Sullom Voe à destination de l'île de Yell. Le temps est toujours aussi exécrable et le vent réduit toujours ma progression en vélo. C'est très pénible...

Vers 13h, j'arrive au Ferry de Sullom Voe qui va me permettre d'aller sur l'île de Yell. La traversée ne dure pas longtemps (10 minutes), mais comme on est au sec, à l'abri du vent et que c'est chauffé, je fais ma pause déjeuner. De l'autre côté, Unst est telle que je m'y attendais: un désert humain ! Il y a très peu d'habitations et toutes sont situées vers la mer. L'intérieur des terres n'est qu'une vaste étendue de bruyères. Mais même sur cette île, le vent et la pluie sont de la partie.

Mon objectif pour la soirée: le village abandonné de Bouster ou bien le böd de Unst. Je continue patiemment ma route, sous la protection de ma veste, de mon pantalon et de mes bottines. Je transpire à grosses gouttes et, encore une fois, je suis trempé de l'intérieur (et de l'extérieur). Au bout de quelques heures, je parviens au croisement vers Bouster que j'aperçois d'ailleurs au loin.

Mais je suis tellement naze que je me contrefiche de la vue et de l'excitation de voir enfin une structure humaine à l'abandon. Un gros grain qui approche au loin vient mettre à plat toute ma motivation. Je fais le topo de la situation:

  • Ca fait 3 ou 4 jours qu'il pleut à fond
  • Visiblement, ça ne va pas s'améliorer
  • Mes vêtements sont encore trempés
  • J'en chie à fond physiquement
  • Mon niveau de motivation est à peu près aussi élevé que la distance entre mon talon et la semelle intérieure de mes chaussures.
  • Certes, j'aime la randonnée et voyager en vélo mais ça ressemble plus à un stage commando qu'à autre chose: il n'y a pas assez d'éléments positifs pour alléger la situation climatique.

Bref, j'en ai plein le cul (c'est la phrase que j'ai employée à ce moment). Je décide donc, avec de nombreuses hésitations de carrément rentrer. Hé oui, il arrive un moment où, à force de résister, la corde casse et tout part avec. Une fois toute motivation perdue, il ne reste qu'une chose à faire: terminer une bonne fois pour toute le projet, en tirer les enseignements et passer à autre chose.

Lorsque ma décision finale est prise, il est près de 17h15. Je m'en retourne vers Sullom Voe où j'espère avoir le temps de revenir au böd pour la nuit. Mais, cette fois, le vent est dans ma direction et je file comme l'éclair. A 18h, je suis au böd ! C'est vraiment incroyable ce qu'on peut faire avec un vent puissant dans le dos. Parfois, sur les faux plats qui montent, je me rends compte que pédaler est inutile: le mouvement de mes jambes sur le pédalier ne fait que ralentir la cadence imposée par le vent. Vu la rapidité, je décide de voir si je peux atteindre Lerwick avant la nuit. En fait, j'y arrive vers 19h15 soit presque 3h pour faire ce que j'ai parcouru en 1,5 jours !

A Lerwick, je dors au camping avec quand même quelques doutes sur mon départ pour la France vers le lendemain... mais ces doutes sont balayés toutes les cinq minutes, lorsqu'une averse fait son apparition. Au réveil, même topo: toujours autant de vent, de pluie mais qui, parfois, cesse 5 à 10 minutes. Je change mon billet de Ferry pour partir le soir même. J'en profite pour visiter à fond le musée des Shetlands et vers 17h, j'embarque !

La suite est simple: je retrouve ma voiture à Aberdeen, trace jusqu'à Dover en 12h et rentre en France vers 2h du matin.

J'ai longuement hésité avant d'écrire cet article, le temps pour moi de digérer cet échec. C'est donc l'heure du bilan et des enseignements. Voici ce que je retiens...

  • Même bien préparé, on oublie toujours un paramètre essentiel. Dans mon cas, c'était la météo. Mais pourtant, j'ai plutôt l'habitude de ces éléments mauvais (je suis né dans le Pas-de-Calais). Plus précisément, le problème venait du niveau de vent.Je n'avais jamais enduré un vent de cette puissance en permanence. C'est ce qui m'a mis dedans.
  • Les Shetland, c'est beau mais ça se mérite ! Mon séjour, pourtant planifié pendant la belle saison, montre qu'il faut parfois en chier si on veut découvrir la Nature.
  • Les Shetland en voiture auraient été nettement plus accessibles (pas forcément financièrement mais...). En ne luttant pas contre le vent et surtout, en ne passant pas toute son énergie à avancer, le moral doit garder un haut niveau de confiance.

En positif:

  • Mon équipement n'est pas en cause: tout a tenu ! C'est plus le fait de me déplacer à vélo qui m'a mis dedans. J'avais eu l'intuition de me charger un peu plusque d'habitude, notamment en prenant une paire de chaussure en plus. Mais cette fois, c'était payant. Lors de la première journée, j'ai testé cet équipement en gravissant la colline qui surplombe Lerwick.Au cours de l'ascencion, le vent a rédoublé et je suis arrivé au niveau des nuages. Je sentais bien que les conditions étaient difficiles mais, à pied, je n'avais aucun problème d'humidité ni de régulation de chaleur. Mes pieds étaient au sec, ainsi que mon sac et l'équipement qu'il abritait.
  • Pendant quelques temps, j'ai eu un niveau de confiance et un vrai sentiment d'indestructibilité. C'était le dimanche, lors de la montée vers le Nord, après Lerwick. Sur cette route interminable, j'en ai vraiment bavé. Pourtant, j'avais bel et bien l'impression que malgré la pluie qui me piquait le visage, malgré le vent qui faisait claquer mes vêtements, ce n'était rien du tout: j'étais ailleurs. Ce moment a duré jusqu'à mon arrêt au böd et il est resté bien ancré dans mes souvenirs. Contrairement à mon expérience des Pyréenées, je n'ai jamais eu de crainte, de peur, d'angoisse et de stress. Ce qui m'a fait rentrer était la lassitude d'un voyage sans réel plaisir.

Quelle conclusion tirer ? Une seule: c'est à force de voyager dans des milieux difficiles qu'on apprend à s'adapter, tant sur la technique que sur le mental. Il faudra donc bien que je retourne explorer les Shetland pour parfaire ces connaissances...

Posted sam. 15 oct. 2011 14:30:16 Tags:

i3, un système de gestion de fenêtre qui poutre des ours !

Cela fait quelques temps que je me dis qu'il faut que je teste un tiling window manager (gestionnaire de fenêtre en tuiles ou twm). J'ai commencé à en entrendre parler sur LinuxFr. J'en ai vu en activité lors de la MiniDebConf Paris 2010: les personnes de la salle qui utilisaient leur machine pendant les présentations utilisaient à 90% un twm en lieu et place du bureau classique. Si un grand nombre de ces personnes qui participent au projet Debian utilisent ce mode de gestion de fenêtre, ce ne doit pas être par hasard. Je me suis dis qu'il fallait donc le tester.

Mais, il m'a fallu environ un an pour m'y mettre sérieusement. Quand on dispose d'une interface de bureau réactive et bien configurée, ça ne milite pas vraiment pour un changement. Ce qui m'a décidé c'est la pression de Gnome3. En effet, je dispose d'une configuration limitée: une EeeBox première génération qui utilise un processeur Intel Atom N270. De plus, le disque dur interne est en PATA et le taux de transfert de données est vraiment en deça de ce qui se fait aujourd'hui. Donc tout ce qui permet de réduire la charge de cette machine est le bienvenue. Comme Gnome3 commence à se déployer dans Debian et que ma machine commence à atteindre ses limites avec Gnome2, je me suis dit qu'il était temps de passer à quelquechose de vraiment léger mais fonctionnel. Les twm avec leurs fonctionnalités limitées (mais bien faîtes) et leur compacité sont de bons candidats.

J'ai donc d'abord cherché quels étaient les twm qui avaient la côte. J'ai repéré les noms de awesome, de wmii, de dwm, de xmonad et de i3. Après cette recherche, je me suis dit qu'il me fallait un twm qui soit empaqueté dans Debian avec une version récente.

Si le bureau "classique" qui se pilote à la souris et au clavier est assez intuitif, il n'en est pas de même pour les twm. Ceux-ci imposent, de par leur fonctionnement, d'apprendre des raccourcis-clavier pour effectuer des actions spécifiques. Ça peut sembler rébarbatif mais, comme pour un vrai éditeur de texte, c'est très rentable: dans bien des cas, il n'est plus besoin de souris pour interagir avec les logiciels et l'efficacité s'améliore (pour ceux qui tapent rapidement au clavier bien sûr mais c'est une évidence pour les gens qui utilisent cette interface tous les jours).

J'ai rapidement laissé tomber xmonad pour des raisons de dépendances. En effet, xmonad est développé dans le langage Haskell et je n'avais pas envie d'installer tous les programmes liés (trop lourd). J'ai commencé à m'interesser à Awesome qui semble assez populaire. Mais, après l'avoir installé et lamentablement buté sur la configuration en Lua, je me suis tourné vers i3 (paquet virtuel i3 sous Debian) qui restait sur ma liste.... J'y ai trouvé mon bonheur !

En effet, i3 est d'une part très léger mais il est également très facile à prendre en main. Il bénéficie d'un bon empaquetage dans Debian même si j'ai du ajouter ultérieuremet les paquets i3lock et i3status. Son fichier de configuration est un fichier assez classique et beaucoup de choses sont paramétrables.

De plus, la documentation est assez bien faîte. Elle permet de se familiariser très rapidement avec le logiciel et elle est très didactique. C'est ce que je retiens de plus positif que pour les autres twm. Pour vous y mettre, voici une démarche simple:

  • installez i3: aptitude install i3 i3lock i3status. Je vous recommande d'utiliser la touche "Win" comme touche de Mod. L'intérêt c'est que comme vous utilisez Emacs (sinon, vous devriez), vous n'allez pas être embêté par les raccourcis-clavier de i3 lors de votre édition de fichiers texte.
  • fermer votre session graphique et connectez vous en précisant que vous voulez lancer une session i3.
  • lancez un terminal avec la combinaison Win+Entrée
  • lancez ensuite iceweasel depuis ce terminal: la fenêtre se sépare en deux.
  • Allez sur la page de doc de i3 (en pointant avec la souris).
  • Lisez et expérimentez avec la doc, c'est très facile !
  • En 1h, vous devriez avoir compris le principe et être à l'aise avec les raccourcis claviers.

Mais alors, arrive la question que tout le monde se pose: où est le poutrage d'ours ? Il réside dans le fait que d'abord, i3 est un twm abordable ! Il suffit de lire la doc et ça ne prend pas 3h... Ensuite, son fichier de configuration est vraiment très simple à prendre en main: des raccourcis clavier, quelques commandes et le tour est joué. Enfin, il est très souple: il repère automatiquement les fenêtres flottantes ce qui vous évite des manipulations terribles pour des logiciels comme LibreOffice ou The Gimp et, bien entendu, il se gère à minima avec la souris.

Pour terminer, je crois qu'après 2 jours d'utilisation je ne reviendrai jamais en arrière ! Et pour cause: je suis bien plus réactif avec mon clavier qu'avec les interruptions de saisie dues à la souris. Plus besoin de passer du clavier à la souris pour changer de fenêtre ou de bureau. Et puis, le mode tuile est un vrai gain de temps: vous ne gaspillez plus aucune de vos précieuses secondes à bouger la souris pour redimensionner la fenêtre: c'est le gestionnaire qui le fait à vote place et ce , avec beaucoup d'efficacité. J'ai même laissé tombé GNU screen, le gestionnaire d'écran dans un terminal: les workspaces de i3 apportent une fonctionnalité identique et même plus souple: je peux diviser mon écran comme je le veux.

Pour finir, ma machine principale est devenue réactive à nouveau: le bureau ne met plus que 4 secondes avant d'être actif au lieu d'environ 45 !

Pour résumer, i3 me semble être un bon gestionnaire de fenêtre en tuile pour débuter avec ce mode particulier d'interaction d'un bureau. Je vous le recommande: il est simple à prendre en main et très complet. Pour l'instant, il répond, voire dépasse, tous mes besoins... Adieu Gnome2 (et 3 et les suivants) !

Posted jeu. 20 oct. 2011 18:21:22 Tags:

Outdoor Free Computing

As computer "things" seem to be indoor activities, it is also possible to use a computer outdoor. For exemple, a part of this text has been written in Finniels Summit at an altitude of 1699m.

outdoor computing on Finniels summit in Lozère, France

All you need is a mobile computer: a laptop or a netbook (No, you can't bring your shinny new iPad 2 with you: it costs too much and no, you can't seriously code with it and it is not free software), some power on your batteries, something to make your screen shine better under the sun and, of course, a free operating system !

Now you can imagine to code the future version of your favorite emacs macro under the shade of some trees, near the shore, on a lake, etc... outdoor. There are few limits: the weight of your laptop, the way the thing you want to do to use offline capacities (don't think to make an online commit at the MontBlanc summit) and the power of your batteries.

You can even launch a (stupid but funny) "concours" of the highest (in altitude) Debian computer run cycle (from boot to login and then halt), just to see if Free Software can be exported to the (real) cloud(s)...

Some explanations: During my holidays, I've rediscovered my EeePC 701 (4G) by coding and writing some blog articles outdoor: it was in my garden. It was just for fun and also because I don't have the right to smoke pipe indoor. So it was the only way for me to code and to enjoy pipe tobacco at the same time. After some struggle with screen lightning, I found it very nice to use a computer outdoor: you can listen to the birds singing or to the wind noise, you can look at beautiful places.

Actually, it's very pleasant to consider Nature as your desk. I then extend this outdoor computing activities when I bring my netbook on a trip to Lozère. When I reached a summit during this time I thought it could be funny to seat down and to boot this computer at this particular place and to write this text. The place was awesome but I needed a little bit more shadow than the ambient light could afford. With so much light, the only thing that is clear on the screen is text. So, outdoor computing is better for text mode than graphic mode.

I believe it could be another way to promote Debian and Free Software: just to show that you are free to use your computer wherever you want (even if you can do it even with non free sotfware). Just imagine a Debian Weekly News entitled: Debian, top of the world (Debian on the Everest) if a Debian User (or Developper) could reach the Everest summit while running Debian.

Posted dim. 23 oct. 2011 14:21:42 Tags:

Randonnée de Villefort au Pic de Cassini

Copyright (c) GIRAUD Patrick
Le lac de Villefort

Voici une petite randonnée sympathique que j'ai eu l'occasion de faire durant mon séjour en Lozère. Elle a la particularité d'être un peu en dehors des sentiers battus et permet, en une journée, de randonner dans des conditions sérieuses. Si l'altitude de la Lozère est moyenne (le pic de Finiels est à 1699m), ça n'exclu pas des dénivelés importants. C'est le cas pour ce parcours qui présente près de 1100m de dénivelé positif. La durée de parcours dépend fortement du lieu de départ. Compter entre 8h et 10h30 de marche (c'est donc du sérieux). Pour ma part, je suis parti des gîtes du lac de Villefort ce qui rajoute près de 7km de marche (sur du plat).

En terme de préparation, un sac léger avec un repas pour la journée suffira. Une carte IGN (ou un extrait) vous permettra de mieux vous repérer. C'est à mon avis indispensable car une partie du parcours est hors-piste. La boussole est également un plus, notamment pour vous repérer dans l'ascension. Pour l'eau, n'hésitez pas à vous charger: 2,5L me paraît un minimum pour une journée ensoleillée. A la belle saison, je vous recommande d'utiliser de la crème solaire en quantité: si les températures en Lozère sont souvent raisonnables, les UV le sont généralement beaucoup moins. Pour du confort, prenez une polaire ou un autre T-shirt qui servira à vous couvrir pendant que vous ferez sécher celui que vous portez pendant la marche.

Pour représenter concrètement la randonnée, j'utilise un système libre, qui s'appuie sur les données d'OpenStreetMap en fond de carte: il s'agit du logiciel journey2web.

Lien vers le descriptif détaillé de la randonnée.

En conclusion, j'ai trouvé ce parcours très intéressant: il démarre progressivement et présente quelques difficultés intéressantes. Même si l'altitude est limitée, vous devrez faire face à quelques montées sérieuses qui demanderont un certain effort. Etant hors des sentiers battus, le chemin est semé d'embûches et c'est un défi digne de ce nom de se frayer à travers et de trouver la bonne voie. Selon la saison, vous tomberez sur des champs de myrtilliers bourrés de fruits que vous pourrez déguster par poignées. Enfin, le Pic de Cassini offre un panorama magnifique, une récompense de valeur à vos efforts précédents. Pour résumer, voici un bon chemin pour les randonneurs avertis. Qu'on se le dise, la Lozère est un paradis perdu...

Posted sam. 29 oct. 2011 17:54:44 Tags: