Simple Arduino

J'ai un Arduino... Je viens de m'y mettre. Le but de cette session est de comprendre les principes de base du jouet. Pour faire simple, un Arduino est un kit d'entrée/sorties électroniques basé sur un microcontrôleur Atmel (un ATMega328P). Arduino est le concept ouvert de ce kit d'entrée sortie. Les plans sont en licence CC, le software en GPL. Il est de plus intégré dans Debian.

Concrètement, comment ça marche ?

Le microcontrolleur joue le rôle d'une sorte de micro-ordinateur à lui tout seul. Il est équipé d'un peu de mémoire, d'un peu de flash, d'un CPU et d'une palanquée d'entrée/sorties analogiques et numériques (6 entrées analogiques, . Pour faire fonctionner l'ensemble, il faut d'abord une source d'énergie. Le 5V de l'USB fait bien l'affaire mais on peut brancher également un adaptateur jack 2.1mm amenant entre 9 et 12V. Celui de mon disque dur externe fera bien l'affaire.

Le premier branchement...

C'est l'angoisse ! On hésite toujours un peu avant de brancher la bête sur le port USB. Mais, dans mon cas, ça s'est bien passé: après quelques clignotements, le programme de base s'est lancé: il éteint et allume une LED interne. Un point important puisque vous êtes sous GNU/Linux (quoi , ce n'est pas encore le cas ? Courrez vous inscrire à la plus proche Install Party): vous n'avez aucun pilote à installer, contrairement aux autres plateformes (MS Windows/Mac OSX). En effet, pour communiquer avec l'Arduino, la liaison se fait par l'USB et la puce qui gère le signal côté Arduino est une FTDI (une puce spécialisée dans le traitement du bus USB avec le reste). Pour communiquer avec cette puce, il faut un pilote. Ce pilote étant "libre", il est intégré au noyau Linux ! Peut-être que GNU/Linux n'est pas prêt pour le Desktop mais au moins, il est prêt pour le hardware hacking !!!

Comment développer ?

Facile, il suffit d'installer les bons paquets ! Il existe un ensemble de paquets dédiés à cette tâche. Lorsque j'ai regardé ce que le site Arduino proposait, j'ai halluciné: toutes la chaîne de création , de l'IDE jusqu'au programme pour envoyer le binaire semblait être en Java ! Après enquête, il s'avère qu'il existe un paquet qui fait tout ça mais avec les bons outils: il s'agit de arduino-core. Il impose d'installer le minimum et permet de tout gérer en ligne de commande. C'est quand même plus léger et plus pratique, et ce, même si on débute. Si vous utilisez couramment vim ou emacs, vous n'aurez pas à vous retrouver dans un IDE que vous ne connaissez pas.

Compiler et envoyer le binaire sur l'Arduino:

Il vous faut faire un fichier Makefile de base pour indiquer quoi compiler, sur quelle "machine" (Microcontrôleur). En voici un exemple:

Ce Makefile est trivial: il indique quelques répertoires de bibliothèques et quelques paramètres pour le programme qui va envoyer les informations sur l'Arduino. Une fois ce fichier réalisé, prenez un bout de code dans les exemples. Genre le hello-world de l'Arduino: Blink.pde (fichier présent dans les exemples). Voici le code source:

Pour compiler, il suffit de faire make TARGET=Blink. En effet, le code source se nomme Blink.pde.

La compilation se lance et place le résultat dans le répertoire build_cli.

Pour charger le programme sur l'Arduino, branchez-le et faîtes un make upload. Cela lancera une série de commandes sur votre machine (ordinateur) qui, dans un premier temps, "rebootera" l'Arduino et, par la suite, lui enverra le binaire. Lorsque l'Arduino est rebooté, il copie sur sa Flash tout code valide qui lui arrive sur l'entrée dédiée et le lance. C'est bien pratique...

Voilà, votre programme est dans la boîte et votre LED doit s'allumer et s'éteindre régulièrement.

Conclusion:

Maintenant, vous avez tout ce qu'il faut pour coder sur Arduino: les principes, les bonnes commandes, un tutoriel vraiment basique.

PS: Pour info, j'ai acquis mon Arduino chez Hackable Devices pour une somme très modique. Préférez le "snail mail" à UPS: ça arrive directement dans votre boîte aux lettres et vous n'êtes pas obligé de prendre rendez-vous avec un livreur. C'est la poste quoi ! la vraie qui marche sans se prendre la tête.

Posted dim. 10 oct. 2010 16:38:35 Tags:

Shut off the TV !

Dans la même veine que l'Arduino, je me suis offert un kit TV-B Gone. C'est un petit montage électronique qui n'a pour seul et unique but que d'éteindre les télévisions ,peut importe la télévision. J'ai trouvé l'idée assez fun et c'est également un bon moyen de me remettre concrètement (avec les mains sur le fer à souder) à l'électronique. De plus, si les composants ne sont pas libres, les plans, la liste des éléments et les codes sources sont sous licence libre (CC et GPL).

Au passage, voici une petite image de la bête, histoire de vous montrer sa taille réduite:

image de TVBgone TVBGone in the hand

En plus de l'aspect fun et didactitiel, j'ai dans l'idée d'explorer un peu plus le hardware libre car je pense que c'est par le matériel que notre relation au monde réel se fait (notre relation au "virtuel" se faisant par le logiciel). Plus le matériel est libre, et plus nous sommes maître de notre destin. Plus nous avons de matériel disponible et utile, plus nous pouvons répondre à des besoins nouveaux et plus nous pouvons inter-agir de manière nouvelle avec le monde qui nous entoure. Par exemple, le TVBgone vous permet de mieux recentrer l'attention de tous sur autre chose que la télé.

Le concept du TVBGone a été développé par: . Il en existe des déclinaisons sous forme de kits à assembler. Sur ce sujet, ça faisait déjà quelques mois que j'avais repéré le site de ladyada qui propose des didacticiels en électronique très concrets et riches d'illustrations et d'explications. Au passage, ladyAda a une boutique en ligne nommée Adafruit qui commercialise ses créations. Son site web est une mine d'information et recolle l'électronique qui, à la base est un truc qui peut potentiellement être pénible et peu sexy, avec le fun, la découverte, l'originalité, la création, la liberté... Allez jeter un coup d'oeil, ça vaut le détour !

Donc, en faisant ma commande d'Arduino chez hackable-devices, j'ai eu l'opportunité de commander un kit TVBGone de chez Adafruit pour une somme modique (enfin 20 euros quand même mais c'est moins cher que de commander directement aux USA chez Adafruit).

Voici rapidement notre opinion sur la pertinence du TVBGone. La télé, dans les lieux publics est une plaie. Il y en a partout et ça devient oppressant. Les écrans TV se multiplient dans les espaces publics pour afficher de la pub et ca détourne l'attention des passants ou des personnes. Au lieu de chercher ce qu'il étaient venus chercher, la TV attire naturellement les regards. L'image mouvante accroche les cerveaux de manière assez magique... Je pense qu'il faut se défendre de cette pratique et nous sommes un peu démunis pour ça ! Autant le commerçant qui a un truc à vendre peut facilement nous attirer, autant nous ne pouvons que peu nous défendre contre ça. Dans son magasin, il n'y a rien à redire, c'est son lieu à lui, il fait ce qu'il veut. Dans la rue, c'est beaucoup moins vrai ! D'une manière générale, ce n'est pas comme si les gens ne regardaient pas des écrans TV asservis une grande partie de leur journée et que ce temps ne fasse qu'augmenter au fur et à mesure des générations.Ce n'est pas comme si les gens réclamaient de plus en plus de publicité dans leur courrier, dans leur courrier électronique, à la TV, sur Internet, etc... Le TVBGone apporte une solution technique simple et efficace sans doute peu consensuelle mais dans une position activiste. Pour moi, TVBGone est l'équivalent à l'autocollant stop-pub sur nos boîtes aux lettres...

Sur le plan fer à souder, ce fut un bon projet pour ré-apprendre à assembler des composants sur un circuit imprimé. J'avoue que j'ai eu peur de tout cramer mais c'est avec plaisir que j'ai pu constater que je n'avais pas perdu trop la main. La durée d'assemblage est assez longue pour un débutant comme moi: compter environ 2h en tout. Mais, au final, mes soudures ne sont pas si crades et j'ai pu tester l'engin... sur ma propre télé.

Le test fut plus que concluant: le TV-B Gone a une porté largement plus grande qu'une télécommande classique. Il semble même fonctionner en reflétant les rayons infrarouges dans un mirroir ! Dans la pratique, le fonctionnement du TVBGone est assez trivial: dès que l'appareil a assez de jus pour fonctionner (en gros, le moment où vous mettez les piles), il commence son travail: il envoie tous les codes programmés dans le microcrontroleur aux diodes IR, dans l'ordre prévu. Au bout de 2 minutes, le travail est terminé et le programme s'arrête.

Lorsqu'on appuie sur le bouton (lorqu'on le relâche en fait), on déclenche le reset du microcontroleur et du même coup, on réinitialise la séquence d'envoi des codes IR.

Attention: certains codes IR sont proches et il ne faut pas oublier qu'une télé s'allume avec le même code qui a servi à l'éteindre. Dans la pratique, ma télé réceptionne plusieurs codes IR qui sont présents dans le TVBGone. En résultat, si je reste devant la télé avec le TVBgone en fonctionnement, au bout de quelques secondes, elle se rallume... Donc, pour être efficace: dès que la cible est éteinte, on rentre le TVBGone dans sa poche ou bien on enlève les piles.

L'espace du hardware libre est sans limite: il modifie complètement notre capacité d'action dans le monde réel et physique. Par exemple, le TVBgone n'aurait sans doute jamais pu exister dans une structure propriétaire: qui aurait la patience et l'intérêt de faire ça ? Mais une fois en sa possession, notre pouvoir est immense: nous pouvons reprendre le contrôle de toutes ces télé qui essayent de détourner notre attention pour pouvoir mieux nous vendre des choses... Et tout un chacun est libre de reproduire cette machine. Sa construction est devenue un bien commun et c'est tant mieux !

Maintenant, vous pouvez vous libérer grâce à vos fers à souder... Hackez-bien !!!

PS: N'utilisez PAS le TVBgone dans un magasin qui vends des télés. Autant les télés dans l'espace public (bars (ça se discute), agences immobilières, passage de pubs en boucle, etc...), autant il est normal d'avoir des télés en fonctionnement dans un magasin qui en vends... toutefois, si vous voulez être sûrs de vos codes, c'est un excellent lieu de tests !

Posted mar. 12 oct. 2010 15:18:13 Tags:

Les veines ouvertes de l'Amérique Latine

Introduction

Ce livre a été écrit en 1971 par Eduardo Galeano. Il raconte comment, depuis la conquête epagnole, l'Amérique latine est ensevelie sous la misère et comment son peuple est dans une pauvreté entretenue par le marché et le capitalisme. J'ai eu envie de lire ce livre suite à mon écoute d'une émission de radio des RMLL2010 qui parlait de la monnaie.

Eduardo Galeano est un journaliste uruguayen. Il est obligé de fuir son pays, en proie aux menaces du régime militaire et s'exile en Espagne à Barcelone.

Le livre décrit de manière chronologique et sectorisée quelles sont les relations entre les pays d'Amérique Latine et le reste du monde. A la lecture de l'ouvrage, on se rend compte que cette relation a toujours été avilissante et dans un rapport d'esclave à maître.

Aujourd'hui, je constate que par rapport aux écrits de Galeano, la situation a changé. Les régimes sont moins dictatoriaux: Pinochet, par exemple est parti et a été jugé. Le socialisme triomphe (ou a triomphé) et le petit peuple semble avoir la parole si j'en crois ce qui se passe au Brésil avec le président Lula, au Chili avec Ricardo Lagos et Michelle Bachelet, en Bolivie avec Evo Morales, etc...

Mais en lisant le livre, on comprend mieux l'actualité récente: le mouvement des sans-terre en rivalité avec les Latifondis, la nationalisation de la production de pétrole par le président Morales, etc...

Notes

Voici les notes que j'ai relevées lors de la lecture de ce livre. J'ai essayé de les arranger mais l'ensemble est un peu décousu. Toutefois, il suit le contenu du livre.

L'origine du mal: les conquistadors

La conquête espagnole a fait des millions de morts. Dès le départ, la relation entre l'amérique latine et l'Europe est une relation de conquis et de maître. Malgré un nombre réduit d'hommes, la technique guerrière des conquistadors fait merveille, aidée notamment par les maladies. Les indiens qui avaient, dans ces lieux de l'Amérique Latine sut construire des civilisations comme les Mayas, les Incas, les Aztèques, n'ont pu, malgré leurs techniques et la force de leur nation, venir à bout des envahisseurs.

Dès le début,les espagnols sont assoiffés d'or et d'argent et pillent. Ils tuent sans relâche et asservissent les nations indiennes.

A cette époque, les ressources des européens étaient assez basses, l'or et l'argent du nouveau monde était vraiment le bienvenu. N'oublions pas qu'à cette époque, les royaumes de l'Europe passent leur temps à se livrer des guerres de territoires et de religion.

Esclavagisme

La ville de Potosi est un exemple encore visible de la mise en exploitation des ressources naturelles de l'Amérique Latine par les conquistadors. Potosi est une ville de Bolivie, fondée en 1545. Très vite, on trouve dans les environs de la ville (mont Cerro Rico) une quantité importante d'argent, facile à exploiter qui plus est, dans ses environs. C'est l'explosion démographique et Potosi devient le centre minier de l'argent le plus important du monde. En 1608, c'est un haut lieu de l'Amérique Latine qui concentre les richesses. Mais celle-ci est construite sur le dos des Indiens qui font du travail forcé pour le compte des espagnols. En un siècle, les quantités d'or et d'argent exportées de Potosi sont 3 fois plus importantes que les réserves européennes.

Mais, au lieu d'enrichir la couronne espagnole, cet argent allait indirectement à d'autres pays car l'Espagne était fortement endettée. Les trésors de l'Amérique étaient finalement digérés en quasi totalité par l'Europe.

Au lieu de faire "fructifier" son capital, l'Espagne fit la guerre et ne développa pas son industrie. De fait, les produits élaborés à forte valeur ajoutée étaient réalisés dans le reste de l'Europe et ces produits étaient achetés par les espagnols de la métropole et des colonies.

Le système très féodal de l'Espagne explique en partie ce fonctionnement. Ainsi, la noblesse espagnole, très privilégiées, s'accapare toutes les ressources de colonies mais "brade" cet argent dans le faste et le luxe. Qui plus est, en achetant le must de l'époque qui n'était pas fabriqué par les espagnols mais par les anglais, les français et les flamands. Au final, l'Etat espagnol s'endette.

Les puissances européennes imposent le marché à l'Amérique Latine

L'Europe a imposé la forme du marché à l'Amérique latine: elle ne fut que pourvoyeuse de matières premières. Les riches conquistadors ne cherchèrent pas à développer le commerce de la population locale mais à préserver leur situation dominante. Alors que l'argent envoyé à l'Europe était utilisé pour développer le commerce et l'industrie, le fric récupéré localement ne servait que les déjà riches qui s'achetaient des trucs de riches de l'Europe. Bilan: le local stagne à cause de quelques riches.

Les endroits les plus riches dans le passé (genre Potosi) sont aujourd'hui les lieux les plus pauvres: les riches se sont barés avec les bijoux de la couronne. Pourtant, les indiens ont été quasi déportés à Potosi pour extraire l'argent et l'amalgamer avec du mercure. Ils sont morts en masse (durée de survie dans la mine: 4 ans) pour le compte des blancs, malgré l'existence de lois de la métropole leur donnant un cadre administratif reconnu.

Changements et révoltes

Ce travail forcé a dépeuplé les zones communautaires agricoles qui avaient été fondées depuis des millénaires par les indiens. Et sur la partie agricole, les civilisations aztèques et maya avaient été de grands peuples: création de canaux, de technique de culture en terasse, d'irrigation, de création d'îles artificielles, etc... après la conquête, tout cela est renvoyé au désert.

Il y eut toutefois des tentatives de révoltes indiennes mais toutes furent réprimées durement et aucune n'aboutit à l'indépendance. Il ne reste que peu de traces de cette civilisation, même culturelles. Les indiens ont été ou bien continuent à être chassés de leur terre à cause de l'appât du gain qu'elles représentent. Il se trouve toujours un prospecteur minier ou un entrepreneur avide de ressources prêt à mettre le paquet pour récupérer cette richesse. Ainsi, l'indien se retrouve appauvri à exploiter une terre inconnue et lointaine pour subsister alors qu'il cultivait et vivait librement sur les siennes. On lui arrache son bien dont il n'a pas le sens de la propriété (anarcho communisme) pour le réduire en esclavage.

Des mouvements de révolte des esclaves ont vu le jour, certains avec succès comme en Haïti. Mais Haïti du payer une dette énorme à la France pour ça. Libre mais pauvre, elle l'est restée depuis.

Reproduction des modèles miniers

Comme à Potosi, il y eut l'émergeance plus tardive d'une cité de l'or au Brésil: Minas Gerais. Elle a suivi le même schéma de développement: en moins d'un siècle, on a sorti plus d'or que le double des réserves accumuléess par les Portugais. Les esclaves noir y ont été grandement utilisés au détriment des grandes plantations. Mais, à la fin, la ville s'est vidée. Dans les faits, Minas Gerais s'est faîte pillée par les Anglais. Ils ont réussi à faire commerce directement là-bas. Ils ne vendaient que des produits manufacturés à grand prix (contre de l'or). De plus, ce développement signa la fin des manufactures locales, encore une fois, le fric était aspiré ailleurs et ne servit à personne sur place.

On fait la même chose avec d'autres ressources

De même avec la ressource des métaux, la canne à sucre (non originaire de l'amérique) a été également un moyen de laisser les peuples locaux dans la pauvreté. Rapidement, la culture de la canne à sucre fut un enjeu de pouvoir. D'abord, au tout début, le cours du sucre était très haut car ce dernier était très rare en Europe. Les latifondis, de grandes exploitations gérées par un noble ou un riche propriétaire terrien, se sont efforcées de défendre leur modèle extensif dans la culture de la canne. Avec succès et grâce aux esclaves noirs, une économie monocentrée et non redistributive s'est mise en place, au détriment de l'écologie (monoculture épuisant rapidement les sols), des aspects sociaux (indiens et esclaves noirs), des aspects culturels. Tout cela pour le bénéfice des européens, flamands d'abord puis anglais.

Le latifondi est un système de production agricole extensif. Il était répandu en Espagne, ce qui explique sa présence en Amérique latine. Il se caractérise par la propriété privée d'un grand domaine (plusieurs milliers d'hectares). Le propriétaire emploie de nombreux paysans qui vivent sur son domaine. La productivité est très faible: le propriétaire n'a pas trop besoin de faire fructifier son capital: du moment qu'il a un assez grand espace, il peut facilement répondre à ses besoins les plus capricieux. Dans un système économique où les latifondis sont majoritaires, le peuple a du mal à survivre. Pour briser ce système, il faut une réforme agraire (que nous avons connu en 1789) qui permet de rebattre les cartes de la propriété des terres et de l'emploi des paysans.

La monoculture a un truc pas terrible: on a tendance à ne faire que ça! Or, c'est dangereux car on met ses oeufs dans le même panier et surtout, la canne à sucre, tous les jours au petit dej, repas,diner, c'est vite difficile. La monoculutre implique d'importer beaucoup d'autres choses, notamment des aliments. Du coup, l'opération est moins rentable qu'il n'y paraît. Le meilleur exemple: on vend du sucre mais on achète des bonbons. On vend du cacao mais on achète du chocolat !

A Cuba, les USA tenaient les rennes de l'économie par le sucre. Cuba était une grande réserve de sucre. Mais le système, comme ailleurs ne profitait qu'à une minorité. Après la révolution, la production de sucre ne faiblit pas mais sa répartition fut plus juste.

Grâce à tout ce fric du sucre, les anglais ont fait leur révolution industrielle.

Pour la culture du caoutchouc, même topo: concentration dans les mains de quelques propriétaires de la propriété des moyens de production (la terre, les outils, le fric pour embaucher à minima), des travailleurs quasi-esclaves, production soumise aux compétitions avec d'autres pays (Malaisie). Le résultat, après avoir engrangé un peu d'argent sur le dos des travailleurs, les olgiarques du système se trouvent confrontés avec une compétition et ils préferrent fermer leurs grandes plantations et passer à autre chose. Les paysans (sans terre) se retrouvent sans rien, sans emploi, à devoir partir ailleurs.

Decription du système

On pourrait faire le même topo avec le cacao et le coton... Ce qui caractérise ces systèmes économiques en équilibre socialement négatif sont les éléments suivants:

  • La monoculture
  • Une oligarchie qui est propriétaire des ressources et qui possède le pouvoir: le gouvernement (autoritaire dans les années 70) est de mèche (sinon, comment expliquer la durée dans le temps).
  • Des travailleurs esclaves/forcés ou quasi-esclaves:quand il n'y a ni propriété ni développement possible, on prend ce qui reste car il faut bien manger.
  • Des salaires de misère, souvent payés en nature et qui ne permettent pas de vivre physiquement (sous-nutrition).
  • Une production soumise aux aléas des cours mondiaux: les chiffres peuvent varier du simple au double deux années de suite. Parfois, les conséquences sont telles que l'oligarchie fait des choix dramatiques sur le plan social (on arrête tout) et sur le plan écologique (on laisse le bordel et on va rebouffer du terrain ailleurs).
  • Des dégâts écologiques sans précédents.
  • une balance économique en piteux état: comme on produit peu de produits variés et que les productions locales sont basiques (matières premières), on est obligé d'acheter le reste... à ceux qui nous achètent nos matières premières (qui ont eu le temps d'ajouter leur plus-value sur ces dernières grâce à la transformation au passage). Résultat, on vend du sucre mais on est obligé d'acheter des bonbons; on vend du cacao mais on est obligé d'acheter du chocolat. Si les cours des matières premières baissent, ceux des produits finis ne suivent pas forcément la même courbe...

Où l'on voit que le système est pourri

Une idée marquante du livre: le capitalisme étranger tend à s'accaparer les terres et les ressources par un système de liquidation dans lequel les propriétaires endettés ne peuvent perpétuellement pas purger leurs hypothèques et sont donc pieds et poings liés aux capitaux étrangers.

Dans la même veine: a un certain moment, les esclaves sont devenus chers à l'achat pour cause de manque de main d'oeuvre et de pénurie de la ressource. Du coup, il est devenu plus rentable de payer des salaires de subsistance que d'acheter et d'entrenir des esclaves... Ce système salarial quasi féodal est marqué par la location de la terre du grand propriétaire aux paysans. Cette location est rétribuée par le travail du paysan. Mais ce dernier ne peut cultiver sa propre nourriture sur ces terrains. Il est donc asservi par ce système qu'on peut qualifier de quasi-féodal.

Fait intéressant: en 1968, le prix du café au producteur a baissé de 30% par rapport à 1964. Le prix au consommateur a quant à lui augmenté de 13% !! Merci les intermédiaires: des grosses boîtes qui maîtrisent la chaîne aux deux bouts.

Du poids du politique

Quand les propriétés ou les ressources étaient contrôlées par des intérêts étrangers, ces derniers firent appel au politique de chez eux pour assurer leur contrôle. Intervention de l'armée américaine en Haiti, à Panama, en Colombie, corruption des gouvernements locaux, ingérence dans les pays producteurs, droits de douane, contruction des réseaux nationaux en fonction des désirs étrangers, etc...

D'ailleurs, d'une manière générale, si on étudie rapidement les ressources naturelles d'un grand pays comme les USA, on se rend compte qu'ils importent beaucoup de ce qu'ils n'ont pas. C'est pouqruoi une grande part des investissements US se fait sur le développement des ressources naturelles. Pour que ces investissements soient asssurés, les US négocient ou font preuve d'ingérence et corrompent les états latinos-américains qui disposent, eux, de grandes ressources minières. L'instabilité politique de cez pays dans les années 50-70 s'explique sans doute par celà.

Durant le 19ème siècle, les Anglais importent le libre-échange. Il est souvent imposé à grand renfort d'interventions militaires, de corruption de gouvernement, de financement de coup d'état ou d'embargo. De ce fait, les anglais exportent les matières premières de l'amérique latine pour y revendre les produits finis qu'ils ont eux même élaborés. Cette pratique anéantit tout embryon d'industrie ou de manufacture locale. A cette époque, tout vient de Liverpool ou de Manchester. Les tissus et coton de l'amérique latine (qu'on croit typiques du coin) viennent d'Angleterre. C'est la Chine avant l'heure !

Un seul état inverse la tendance: le Paraguay. Pendant près de 30 ans, sous l'impulsion de Carlos Antonio Lopez, il lance une réforme agraire, trouve des financements internes et impose des droits de douane pour les produits étrangers. En peu de temps, le niveau de vie global des citoyens paraguayens augmente. L'Etat va même jusqu'à avoir son télégraphe et a propre ligne de chemin de fer. Mais, en 1865, c'est la guerre: les états voisins (Brésil Argentine et Uruguay) attaquent le Paraguay. Elle durera 5 ans et seulement un sixième de la population de 1865 survivra en 1870 !

Autre technique de contrôle: la dette. Les anglais accordent des emprunts aux états de l'amérique latine mais avec un tel taux et un tel cheminement complexe et semé d'intermédiaires que les Etats ne peuvent pas rembourser et doivent hypothéquer le bien commun (la terre,les ressources minières) pour obtenir et rembourser l'emprunt. Certains font banqueroute. Ca me rapelle la banqueroute argentine d'il y a quelques années.

Ce qui est vrai avec les ressources naturelles l'est aussi pour la

technologie de pointe

En ce moment (dans les années 70), la mode est à l'implantation et au contrôle des technologies de pointe. Les industries US de pointe tentent de s'imposer sur le territoire latino américain pour profiter de la main d'oeuvre et pour mieux contrôler le processus d'indutrialisation, toujours dans leur propre intérêt. Après la mode de la nationalisation, souvent ponctuée d'effets positifs, arrive le temps de la dénationalisation, orhcestrée par les dictateurs. De fait, le groupe les plus puissants en amérique latine sont tous nord américains (60 à 80%). Ils sont souvent exonérés d'impôts et disposent de mesures fiscales avantageuses. Tout est fait pour les accueillir à bras ouverts. De fait, l'amérique latine n'a pas d'industrie propre. Elle fait pour les autres.

Parfois, la fiscalité est carrément plus défavorable aux entreprises nationales qu'aux étrangères. Vu le niveau d'endettement de certains pays, la vente de produits nationaux sur le territoire national ne bénéficie pas forcément au pays et peut même contribuer à enrichir les investisseurs étrangers. Un exemple qui fait sens: une entreprise nationale de rubans adhésifs était en concurrence avec la firme Scotch. La multinationale américaine s'est mise à pratiquer un coût très réduit sur ses produits de manière à faire en sorte que l'entreprise nationale ne puisse plus suivre la compétition au bout de quelques temps. Scotch pouvait se permettre de baisser ses prix (et de perdre du fric) plus longtemps que l'entreprise nationale. A la fin, cette dernière hausse le drapeau blanc, un concurrent américain (union Carbide) rachète la boîte et elle se met d'accord avec la scotch: au final, le rouleau de ruban adhésif prend 50% par rapport au prix de l'entreprise nationale initial !!!

Un autre vecteur de contrôle: les banques

Le système bancaire est également un vecteur de contrôle: les succursales nord-américaines sont très nombreuses en amérique latine. De fait, ils contrôlent l'épargne locale et oriente les investissements en fonction de leur intérêt, au détriment de l'industrie locale. A l'inverse, la loi US interdit expressément à une banque étrangère de recueillir l'épargne des citoyens nord-américains.

Autre exemple notable: les appels aux investissements étrangers sont près de 4 fois inférieurs à l'évasion des capitaux: par les bénéfices, dividendes, brevets, royalties, etc... pendant la période 1950-1965. Tout cela finit par poser des problèmes au niveau de la masse monétaire et vient également amputer l'aide mondiale: sur 100 devises d'aides, environ 38 arrivent dans les poches de l'Amérique Latine, le reste retourne chez les ricains. De plus, la dette créé un cercle vicieux: pour tenter de l'éponger, on demande plus de capitaux de l'étranger qui finissent de vider le peu qui subsiste !

D'une manière générale, le développement, qu'il soit économique, social,technique ou culturel ne touche qu'une minorité en amérique latine. Cette minorité garde le pouvoir oligarchique dans l'intérêt des nations extérieures... ex: 45 millions de brésilien gagnent autant que l'oligarchie de 900000 autres.

Conclusion

Le livre de Galeano a été interdit en Urugay, au Chili et brocardé en Argentine. A l'époque de sa publication, les régimes dictatoriaux et autoritaires étaient la quais-règle dans ces pays. Son discours dérangeait fortement car il expliquait en quoi la corruption des Etats mettait en péril la survie même du peuple. Il a dû fuir quelques années après...

Grâce à Galeano, j'ai enfin eu la réponse à la question: pourquoi ? Pourquoi il se passe ça aujourd'hui en Amérique Latine. Qu'est-ce-que ça veut dire ?

Pourquoi quand Evo Morales nationalise la production de pétrole, l'acte se trouve être très symbolique d'une reprise en main des ressources du pays par rapport aux puissances étrangères.

Pourquoi le mouvement des sans-terres existe-t-il au Brésil et en quoi il est lui aussi symbolique d'une réforme agraire plus juste.

Aujourd'hui, je peux dire qu'il semble que la situation a vraiment bien changé et que c'est tant mieux. Nous voyons l'Amérique Latine avec un autre regard. Cet ensemble de pays ne nous inspire plus la pitié ni la crainte mais suscite de plus en plus l'admiration et l'attrait.

Lorsque l'on voit ce qui nous peine dans nos sociétés occidentales, peut-être que notre avenir et la solution à nos problèmes passeront par la mise en place des méthodes de développement qui ont su porter leur fruit aux peuples de l'Amérique Latine et qui ont pu en refermer (partiellement) les veines...

Posted ven. 15 oct. 2010 12:36:02 Tags:

Compiling with DHCP

I've read an article from Vincent Sanders (which I found from Planet Debian) about compiling data with a little script and gnuplot for presentation. I think it is a good idea and it could be extended to a bunch of internal datas of my own...

Let's start with DHCP leases from the logs of my home server !

First, we have to extract data from the log file. Then, we will use a gnuplot script to draw data.

First part: extraction tools

First, you have to find a log containing the DHCPOFFER statements. Those strings indicate what computer (by its MAC adress) is offered a true IP adress from the DHCP server and also the date and time of the lease's start. E.G: Oct 12 16:39:30 debianplug dhcpd: DHCPOFFER on 192.168.0.11 to 00:FF:01:01:01:01 via ethX

So, you have to find the files and to concatenate them (I guess that the order doesn't matter as gnuplot can sort the data) with cat or zcat. For my logs, those statements where found in the messages or in the syslog files. Here is an example of concatenation command:

zcat -f messages.4.gz messages.3.gz messages.2.gz messages.1 messages or zcat -f messages*

The output of this command is a complete list of the messages log.

Then you have to select the DHCPOFFER statements with grep like this:

zcat -f messages* | grep DHCPOFFER

The output of this command is the list of the DHCP leases offers from the DHCP server.

Finaly, you'll have to reorder the output to build a data file that can be used in gnuplot:

zcat -f messages* | grep DHCPOFFER | awk -F " " '{ print $2"/"$1"_00:00:00\t10/Jan_"$3"\t"$10"\t"$8}' > dhcp.dat

You've got your data file (dhcp.dat) which contains the following data:

...
9/Oct_00:00:00  10/Jan_18:52:39 00:FF:01:01:01:01       192.168.23.87
10/Oct_00:00:00 10/Jan_10:42:27 00:FF:01:02:01:01       192.168.62.56
...

We have to modify the date and the time statements due to gnuplot unable to use two different time formats for the time data.

GNUPlot in action:

Now, let's trace the plots:

You'll have to modify the xrange with the dates you want to see. Of course, we bet that you don't log more than a year of DHCP logs...

Lauch gnuplot: gnuplot dhcp.plot and you'll find a graph in dhcp.png like the following one:

GNUPlot DHCP result

Nice graph !

More from Unix commands:

But there is something that needs to be done: at home, I've got 3 computers that are used by the whole familly. So I want to see if there is a way to differenciate the computers by their MAC Adress. For the moment, the only way I've found is to separate the dhcp.dat file with a sort and a pattern.

Here is the command:

for f in $(awk -F "\t" '{print $3}' ./dhcp.dat | sort | uniq); do grep $f dhcp.dat > "$f".dat; done

You've got N files named .dat, it depends on the number of different MAC adresses found in the dhcp.dat file.

Now you can represent each file under gnuplot. Here is the little modification of our latest script:

You can obtain the plot statements with this command:

for f in $(awk -F "\t" '{print $3}' ./dhcp.dat | sort | uniq); do echo "$f.dat using 1:2 title '$f',\\"; done

My guess is that you 'll have to translate the Mac adresses into human readable names in the titles.

Here is my final graph:

GNUPlot multi dhcp grah

Conclusion:

Within a few hours, you can represent the data that are kept in your logfiles without to use other tools than Posix commands and GNUPlot. In this example, with the final graph, I can see that my computers are started (because when you want a DHCP, it means that the computer is starting) around 17:00. I've also found that the kids do not start the computer just after they've got back from school... But they keep some time to do their homework before. On Wednesday, the computer they use is started after lunch.

Truth is better than Beliefs !

Posted ven. 15 oct. 2010 15:28:26 Tags:

Le macroscope par Joël de Rosnay

Introduction:

Je viens de terminer "le Macroscope" de Joël de Rosnay. Il s'agit d'un livre rédigé en 1974 qui contient une méthode pour appréhender les systèmes complexes. A l'instar du microscope qui permet d'observer et de comprendre l'infiniment petit, à l'instar du téléscope qui permet d'observer l'infiniment grand, le macroscope tend à être l'outil de l'observation de l'infiniment complexe.

Le livre est réparti en trois grands morceaux. Le premier tente de nous montrer quels sont les grands systèmes de ce monde (économiques, écologiques et biologiques) et comment ils fonctionnent. La deuxième partie théorise le macroscope en tentant de définir ce qu'est l'approche globale. Enfin, Jöel de Rosnay utilise cette méthode pour analyser les systèmes évoqués précédemment et pour évoquer leur possible évolution. L'ensemble est illustré de nombreux schémas qui aident les plus visuels d'entre les lecteurs à mieux comprendre.

On peut penser que le livre a été très inspiré par le premier choc pétrolier qui a dû pas mal secouer les économies et les modèles de l'époque. Dans son étude économique, De Rosnay a une approche capitaliste. Mais c'est peut-être le fait qu'il ne connaisse bien que ce modèle ou que celui-ci soit le modèle le plus populaire pour faciliter les explications et démonstrations qu'il a été retenu.

Ce qui m'a frappé à la lecture de l'ouvrage, c'est avec quelle précision l'auteur, grâce à sa méthode, arrive à prédire l'évolution de la société post-industrielle. Pouvoir prédire l'avenir sans se tromper depuis l'année 1974 relève d'une clairvoyance quasi-divine. Dans tous les cas, cela donne un certain indice sur la qualité du Macroscope.

Les grands systèmes:

Dans la première partie de l'oeuvre, 3 grands systèmes sont présentés de manière à mettre en jeu leurs éléments communs: l'écologie, l'économie et la biologie. Je ne vais pas résumer le fonctionnement de chacun des systèmes mais bien présenter leurs éléments communs...

D'abord, ils comportent tous une source d'énergie externe commune: le soleil. Au niveau de la planète (écologie), c'est la source d'énergie de base qui permet à la vie de fonctionner et aux cycles du vivant de se dérouler. Au niveau de l'économie, l'ensemble du cycle est conditionné par la présence d'une source d'énergie. Quelle vienne directement du soleil (photosynthèse par les plantes) ou indirectement (pétrole issu de la matière organique décomposée), l'énergie est indispensable non seulement à la vie biologique mais, à l'équilibre de la planète et à la possibilité de l'économie. Une fois l'énergie utilisée, il reste de l'entropie (chaleur perdue).

Autre point commun essentiel, chaque système possède des cycles. Ce n'est pas un déroulement linéaire mais bien un cycle. Ces cycles conduisent à l'élaboration de réservoirs: réservoirs de carbone (pétrole) ou réservoir de monnaie ou de connaissances.

Enfin, chaque système est en équilibre dynamique: il évolue dans un flux (d'énergie ou de monnaie) mais parvient à se maintenir tant bien que mal, malgré l'évolution de son environnement et de ses éléments internes. Ces équilibres sont permis par des mécanismes internes.

Après cette partie de présentation, vient la théorie qui tente de définir ce qu'est un système. Ma rédaction sera très légère car je veux juste repérer les idées essentielles. S'il vous faut plus, n'hésitez par à lire le livre (en l'empruntant dans votre bibliothèque municipale par exemple).

Le système analysé:

Un système est un ensemble d'éléments en interaction dynamique, organisés en fonction d'un but. Ce qui caractérise les systèmes précédemment évoqués est qu'ils sont tous ouverts et complexes. Ouverts car en permanence en interaction avec leur environnement avec lequel ils échangent de la matière, de l'énergie, de l'entropie. Ces échanges forment des fluxs.

Complexes car:

  • grande variété d'éléments
  • organisation de ces éléments en niveaux hiérarchiques
  • liaisons entre les éléments
  • Interactions non linéaires (exponentielle, asymptote, courbe en S, etc...).

Le système c'est une structure et des fonctions.

La structure comporte * une limite qui définit les frontières du système (frontière d'un Etat, membrane d'une cellule, planète). * des composants (éléments) organisés en catégories/familles. * des réservoirs dans lesquels peuvent être stockés ces composants. * un réseau de communication (télécoms, routes, vaisseaux sanguins, circuit lymphatique, etc...).

Les fonctions comportent: * des flux d'énergie, d'informations, de composants, etc... * des vannes qui contrôlent ces fluxs (enzyme, institution, chef d'entreprise). * des délais qui découlent des flux, des réservoirs et des vannes. * des boucles de rétroaction qui peuvent être positives (emballement du système, le + produit le + ou le - produit le -) ou négatives (convergeance vers un but, le + produit le - et le - produit le +).

Les vannes du systèmes sont activées suivant des variables d'état (état des réservoirs) ou des variables de flux (débit).

Une fois tous ces éléments mis en place, le système est décrit dans son ensemble. Ce qui marque ce sont les liens entre les éléments du système et son dynamisme (visible dans les flux) ainsi que les règles de son évolution, conditionnées par les flux, les vannes et les boucles de rétroaction.

Pour observer le système Joël de Rosnay propose la simulation: on élabore le modèle théorique et on fait varier les variables d'état ou de flux. On fait jouer le système et on observe les résultats. L'ordinateur permet de faire ces travaux de manière plus simple et de dépasser les limites de nos cerveaux, enfermés dans l'approche analytique qui tente de toute diviser pour mieux comprendre.

D'une manière générale, les systèmes complexes sont homéostasiques: ils résistent fortement au changement grâce à leur équilibre dynamique. Mais ces systèmes peuvent également s'adapter. Lorsque la pression est forte, l'équilibre est rompu mais le dynamisme permet de "retomber sur ses pattes", retomber sur autre chose.

Les 10 commandements de l'approche systémique:

  • Conserver la variété: la stabilité implique la variété des éléments internes.
  • Ne pas ouvrir les boucles de régulation: synonyme de couper les cycles naturels.
  • Rechercher les points d'amplification: le système étant en équilibre dynamique, si on désire le changer, il faut jouer sur plusieurs facteurs en même temps.
  • Rétablir les équilibres par la décentralisation: ex: dans le corps humain, le cerveau ne décide pas de tout (vous pensez chaque fois que vous cicatrisez ?).
  • Savoir maintenir des contraintes: le système ouvert peut fonctionner selon plusieurs modes. Si on veut faire changer le mode de fonctionnement, il faut faire pression par des contraintes.
  • Différencier pour mieux intégrer: n'oublions pas que l'entropie (la mort tiède) c'est l'unicité !
  • Pour évoluer: se laisser agresser. Un système stable ne change pas à la moindre contrariété. Pour le changement, il convient d'inscrire un grand bouleversement.
  • Préférer les objectifs à la programmation détaillée: un systéme ouvert fait preuve d'autonomie, il est inutile de traiter toute la chaîne de commande en détails. L'objectif suffit.
  • Savoir utiliser l'énergie de commande: pour agir sur le système, on peut agir sur le flux mais c'est énergivore. En revanche, une vanne (comme un transistor) se commande avec peu d'énergie...
  • Respecter les temps de réponse: suivant les flux et les délais du systèmes, on aura ou non un cycle complet. Il faut savoir le repérer.

Analyser le monde avec le macroscope:

Une fois équipé du Macroscope, Joël de Rosnay décrit le monde tel qu'il est et tel qu'il pourrait être à la lumière de l'outil. Et c'est dans cette partie que l'on peut mesurer la clairvoyance de la méthode: à peu de choses près, ces éléments, analysés et décrits il y a près de 35 années commencent à voir le jour ou sont complètement implémentés.

  • Internet: De Rosnay pense, à la lumière du macroscope sur le système économique et social qu'un grand réseau de télécommunication participatif et ouvert à tous va poindre dans les années à venir. C'est complètement vrai. Si je prends ce qui est décrit, on peut facilement voir que des choses comme la rétroaction sociale par les blogs sont déjà présentes dans la réflexion de De Rosnay ! Ca m'épate qu'un type puisse écrire ça 5 ans à peine après le début du projet Arpanet !!! (le Web n'existera que dans 15 ans !) Il en vient également à mesurer l'impact de cette révolution technique sur le peuple et conclut que ce dernier y gagnera en liberté.

  • En ce qui concerne l'écologie et l'énergie. De Rosnay approche la thèse du réchauffement climatique en la mettant en ambiguité: il n'a, à l'époque, pas assez d'éléments pour dire si la planète se réchauffe où si elle se refroidie. En revanche, il a parfaitement vu que l'homme à une action de plus en plus forte sur l'environnement et sur les vannes du climat. Il fait aussi le constat, en utilisant une méthode de calcul du type bilan carbone (bilan énérgétique total) avant l'heure que le rendement énergétique agricole devient de moins en moins bon (1 calorie dépensée pour 5 à 50 produites dans les pays sous-développés de l'époque contre 5 à 10 calories dépensées pour 1 seule produite aux USA !). Tout cela le conduit à envisager l'émergeance d'une bio-industrie dont l'objectif est de transformer nos déchets en matières réutilisables, pour les réinjecter dans le cycle. Il mentionne même le tri sélectif par les citoyens. Du développement durable largement avant l'heure ! Enfin, il évoque la possibilité technique de faire travailler les microbes et de synthétiser des enzymes pour divers travaux effectués auparavant par des hommes ou des machines.

  • Enfin, son analyse sur l'évolution des valeurs et de l'éducation est vraiment positive. D'abord, il commence par redonner de la place à la jeune génération. Ensuite, il remet en cause les institutions et appelle à plus de partage du pouvoir et à se construire une existence plutôt qu'à suivre un modèle pré-établi. J'ai particulièrement apprécié ses idées sur le travail que je partage totalement, notamment le concept du travail alibi. En résumé, avec le temps, le travail a perdu son sens premier: celui de nous libérer des contraintes de la Nature. En effet, pourquoi tant produire alors que l'on ne dispose plus du temps nécéssaire pour le consommer ? Pourquoi tant travailler pour acquérir des biens matériels si l'on n'a plus le temps de s'accomplir soi-même en relation avec les autres ?. Le travail alibi trouve son fondement dans les valeurs de la société occidentale capitaliste. Alors que les signes extérieurs de richesse sont plutôt perçus négativement (ça dépend par qui), le signe extérieur de travail est sur-valorisé. Ca fait toujours bien de montrer qu'on passe beaucoup de temps à travailler mais quid de l'efficacité ? Finalement, cette posture d'"apparence" vient attaquer le plus profond de notre être aux dépends de notre vie de tous les jours.

Conclusion:

Si vous ne l'avez pas encore compris, sachez que je suis quasi estomaqué de la précision de De Rosnay dans son évaluation d'un futur qui est quasiment notre présent (il y a quelques points qui manquent toutefois). En lisant l'ouvrage, sans savoir qu'il date de 1974, on aurait l'impression qu'il est écrit dans les années 2000. Ce constat me conduit à penser que le Macroscope est un outil certes difficile à manier mais qui peut se révéler très puissant pour analyser le comportement d'un système et pouvoir en préfigurer l'évolution.

Il serait ainsi très intéressant de passer le système du logiciel libre à la loupe du macroscope pour pouvoir en comprendre plus facilement son organisation, sa mouvance et dessiner sa future évolution et son impact dans le système économico-social de demain... Mais c'est là un travail de longue haleine qui demande, dans un premier temps, de bien se documenter sur le logiciel libre ! Peut-être un futur projet à placer sur ma TODO list ?

Posted mar. 19 oct. 2010 15:23:18 Tags:

Tip for Debian Kernel upgrades on Sheevaplug

If, like me, you have a Sheevaplug (an armel device) with Debian Squeeze on it, here is a small tip for kernel upgrades...

Since my first installation of Debian on this computer, I was surprised to see that the kernel was always the one that came from the installer (2.6.32-trunk). I just discovered that my /boot/uImage and /boot/uInitrd files were the same than during the first installation, even if aptitude installed 2.6.32-5 kernel image package.

In fact, new initrd and kernel image files were generated during the post-inst of the kernel image package. But, I had to remember that sheevaplug do not use initrd and classic kernel images. It's bootloader, uBoot use a special image file format that can be generated with mkimage. Even if update-initramfs is launched during the kernel package installation, nothing is automagically done with the uBoot images. You have to use mkimage.

But, mkimage is nearly a low level tool: you have to learn lots of configuration options to generate the right files because uBoot can be installed on a lot of different computers. With further investigations, I found the flash-kernel script from Martin Michlmayr that does the configuration of mkimage for the user, depending on the machine where Debian is installed. All you have to do (as root) is:

  • flash-kernel 2.6.32-5-kirkwood for generating the new /boot/uImage and /boot/uInitrd files (backups are generated too)
  • then reboot your computer !

Now, my Sheevaplug uses 2.6.32-5-kirkwood... until the next kernel update !

Posted sam. 23 oct. 2010 14:46:20 Tags:

Cradle2Cradle: Du berceau au berceau !

Il y a quelques mois (juillet 2010), Arte diffusait le reportage Polluer moins, vivre mieux, sur le concept de Cradle2Cradle. Dans ce reportage, j'ai appris l'existence de cet ensemble de méthodes mises au point par le Dr Michael Braungart sous le terme de cradle2cradle ou "du berceau au berceau".

Pour expliquer brièvement le concept, il faut juste retenir que le cradle2cradle a pour objectif un impact positif de l'activité humaine sur l'environnement. C'est une approche nouvelle car jusqu'ici les évolutions de l'industrie (aidée par le discours écologiste) vont dans le sens de réduire cet impact. Cradle2Cradle va plus loin. Ainsi, un produit qui répond au concept est intégré dans un cycle permanent de fabrication/utilisation/décomposition. Une fois en fin de vie, une partie du produit est digéré par la Nature (nutriment biologique) et la partie non digérable est réutilisée pour autre chose ou la fabrication d'un produit neuf comme un nutriment technique. Tout cela est prévu dès le départ.

A l'instar de ce que dit Joël de Rosnay dans le Macroscope, le principe de considérer nos déchets comme des nutriments est pertinent. Si on observe l'écosystème (un des trois grands systèmes étudiés dans le livre de De Rosnay), on s'aperçoit qu'il fonctionne dans un cycle avec trois acteurs: les producteurs (ceux qui produisent à partir du soleil: les plantes pour faire simple), les consommateurs (ceux qui consomment les producteurs) et les décomposeurs (ceux qui décomposent les producteurs et les consommateurs morts et retourne des éléments basiques dans la lithosphère). Vous pouvez consulter le schéma de ce cycle ici:

Macroscope

Faire de même avec les "choses" fabriquées par les humains semble aller de soi... et pourtant, ce n'est plus ce que nous faisons depuis longtemps.

Inspiré par le système de la Nature, les produits cradle2cradle ont donc des propriétés assez géniales. Par exemple, certains fauteuils peuvent se recycler à 98%. Si vous avez besoin de couverts en plastiques, ceux-ci sont en amidons de maïs et si le coeur vous en dit, vous pouvez les manger après les avoir utilisés. Votre T-Shirt est réalisé avec du coton bio et des encres végétales qui se diluent facilement en sucres dans l'eau. Une fois usé, vous pouvez mettre votre T-Shirt dans le composteur... il sera digéré intégralement.

Après avoir vu le reportage, j'étais vraiment bluffé par le concept et surtout par le potentiel des produits. J'ai donc acheté deux exemplaires de ces fameux T-Shirt. Ils sont produits en Allemagne par l'entreprise Trigema et ils sont certifiés Cradle2Cradle. Une fois qu'ils seront usés, je pense en donner un pour le recyclage et mettre l'autre dans le composteur pour étudier son cycle de décomposition. Vous pouvez également les commander directement sur le site de Trigema. Tout est en langue allemande mais avec des traducteurs en ligne comme celui de Google, ça ne devrait pas être trop difficile de faire une commande. A noter qu'ils livrent bien en France (dans les pays autres), il suffit de préciser France dans l'adresse.

Certes, les T-Shirt ne sont pas forcément donnés (compter 26€ par T-Shirt et 20€ de frais de port) mais c'est bon pour l'économie Européenne car Trigema fabrique en Allemagne et n'a rien délocalisé chez nos amis chinois ou bangladais. C'est également bon pour la Nature (cf Cradle2Cradle). Le concept est plutôt positif et je pense qu'il faut encourager cette initiative !

Image de TShirt Trigema cradle2cradle

PS: vous pouvez consultez le reportage sur http://electra2zeiss.tonempire.net/ogm-codex-alimentarius-alimentations-f7/polluer-moins-vivre-mieux-t3032.htm (mais je ne sais pas si c'est légal).

Posted sam. 23 oct. 2010 17:54:34 Tags: