Ultima Thulé par Jean Malaurie:

Introduction:

Après avoir fait un petit tour au musée du Quai Branly, dit musée des arts premiers, j'ai acheté un gros bouquin en promotion à la boutique du musée, sur le thème des Inuits. Il a été écrit par Jean Malaurie, un célèbre ethnologue qui a étudié ce peuple pendant de nombreuses années. Le livre s'intitule Ultima Thulé, de la découverte à l'invasion. De retour à la maison, je me suis plongé dans le pavé et je l'ai vraiment beaucoup apprécié. C'est pourquoi, je ne résiste pas à vous en livrer un petit résumé (car en fait, je pourrais en parler pendant des heures).

Thulé est l'ancien nom de Qaanaaq. C'est également un mythe. L'Ultima Thulé (the final frontier) fût l'obsession de bien des nations qui cherchèrent à atteindre le pôle Nord.

Le livre:

D'une manière générale, le livre est un retour chronologique sur les différentes périodes d'exploration polaire du territoire des Inuits de la région de Thulé au Groënland. Si le Groënland est aujourd'hui un territoire danois, les peuples Inuits qui y habitent sont très variés selon la latitude. Très tôt, les Inuits du Sud ont eu des liens avec les colons des différents pays alors que ceux situés plus proches du pôle nord ont été préservés de tout contact jusqu'aux débuts du XIXème siècle.

Voici une carte qui situe Thulé dans le Groënland. C'est bien au Nord:

Copyright (c) Ra'ike
Carte du Groënland

De même, la majeure partie des évènements décrits se situe vers le détroit de Nares dont voici une carte:

Copyright (c) CIA World Factbook
Carte du détroit de Nares

Si vous observez attentivement cette carte et surtout les noms des détroits, passages et bassins, vous verrez qu'ils sont liés aux noms des différents explorateurs.

Le livre présente donc par ordre historique ces grandes figures, de Baffin jusqu'à Rasmussen en passant par Kane, Hall, Peary, etc... La dernière personne étudiée étant Jean Malaurie lui-même, bien qu'il ne fût pas un explorateur au sens éthymologique du terme mais plutôt un ethnologue (Paul-Émile Victor est un plus un explorateur). Car Jean Malaurie a bien étudié la question et la région: il y a séjourné plusieurs fois au cours de son existence et a effectuer de nombreux relevés géographiques, géologiques et ethnographiques.

L'ordre historique permet de comprendre l'enchaînement des évènements et donne une vision assez étendue de l'évolution du peuple de Thulé. Il permet également de voir quels sont les changements qui ont eu lieu dans la société extérieure des Inuits, comment, au départ, jugés comme des êtres avec peu de valeurs, ces derniers ont pu acquérir une certaine reconnaissance.

Chaque explorateur est présenté de la manière suivante: - une courte biographie qui permet de saisir l'ambition, les valeurs et les motivations du personnage - présentation du travail de l'explorateur dans la zone étudiée - quelques explication sur les apports ethnologiques directs (et surtout indirects) - enfin, la dernière partie est consacrée aux documents de l'époque (images, lettres, peintures, photos d'objets Inuits de la période considérée) ainsi qu'à des témoignages qu'il soient Inuits ou autres.

L'ensemble est richement illustré avec des gravures anciennes, des croquis et surtout, des cartes qui permettent de mieux appréhender la géographie des lieux ainsi que de mesurer le parcours des différentes explorations.

Une figure de l'exploration polaire

Je ne vais pas résumer tout le livre: c'est impossible tant chaque détail compte dans la compréhension. Je ne donnerai donc qu'un exemple parmi tous ceux présent dans le livre. si vous voulez plus, lisez le livre !

John Ross

1818, le capitaine John Ross, un marin écossais d'une quarantaine d'années,est propulsé par ses pairs de Londres comme commandant d'une expédition polaire vers le nord du Groënland, le nord de la baie de Baffin. Celà faisait près d'un siècle qu'aucune exploration britannique n'avait eu lieu dans ces eaux. L'objectif avoué était de trouver un passage à travers le pôle nord pour rejoindre la Chine. A l'époque, on est persuadé qu'il existe une mer libre de glace au pôle. Petite particularité, l'expédition embarque à son bord John Saccheus, un groenlandais Inuit du sud.

John Ross découvre, à sa grande surprise, des Inuits près de la baie de Melville. C'est la rencontre entre deux peuples. Saccheus, bien que ne parlant que le groenlandais du sud, parvient à comprendre le sens de leurs mots. Morphologiquement, il semblent plus petits que les sud groenlandais et portent de fines et longues barbes. Particularité, le nez semble très présent dans la communication: ils se touchent régulièrement l'appendice nasal pour s'exprimer (pincement, frottement,etc...). Ils sont équipés de petits couteaux en fer météoritique, de traineaux en os (absence de bois oblige), de lances en dents de narval. Ils ont des chiens et mangent souvent leur viande de manière crue.

Ils sont seuls au monde: leur environnement est extrème (-60°C en hiver+le vent, pas de bois, 3 mois de nuit polaire) et ils sont loin de tout: une barrière de 200km de glace leur barre la route au sud du groenland et leurs cousins canadiens sont à plus de 800km au sud ouest.

Les idées importantes de l'ouvrage

Au delà de la présentation chronologique, voici les idées que j'ai retenues, celles qui m'ont frappé.

  • Les Inuits polaires sont restés sans contact avec le monde occidental juqu'à très récemment. C'est donc tout l'intérêt de ce peuple par rapport à d'autres: il est resté dans son monde, dans sa culture plus longtemps que les autres. Globalement, ce n'est qu'à l'arrivée de Rasmussen que les Inuits ont commencé à s'ouvrir au monde moderne. La particularité de Rasmussen est d'avoir visiblement contribué à une émancipation douce, en autonomie complète tant sur le plan matériel que sur le plan culturel. Qui dit "conquête" tardive, dit culture ancestrale davantage marquée dans le peuple et donc une proposition de schéma de pensée bien différente de la dominance occidentale. Je pense que les Inuits ont beaucoup de choses à nous transmettre. Ils constituent un peuple qui a beaucoup à nous apporter.

  • La dernière migration des Inuits a eu lieu vers 1860 ! C'est assez dingue mais c'est la vérité. A cette époque, un chaman Inuit du Canada a eu une vision: "il y a des hommes semblables à nous qui vivent à l'Est.". Vision ou histoires de baleiniers ? Il a réussi à convaincre un nombre non négligeables de personnes pour accomplir cette quête, somme toute assez mystique. Après bien des dangers et d'aventures, le groupe est arrivé dans la région de Thulé et a finalement rencontré ses homologues. Un peu comme si les franco-canadiens étaient séparés de tout contact avec la vieille France et décidaient d'y faire un tour. Outre cette démarche assez atypique, l'arrivée d'un sang nouveau a permis également de réintroduire certaines techniques oubliées au Groënland comme l'utilisation du kayak ou de l'arc.

  • L'hystérie polaire: le piblokto. De temps en temps, certaines personnes sont frappées d'hystérie. Ce phénomène est marqué. D'abord, le sujet devient brouillé, marmonne des chants traditionnels puis frappe tout ce qui l'entoure: objets comme êtres humains. Puis il se roule par terre, s'enduisant voire mangeant des crottes de chien qu'il trouve. Ensuite, le sujet est pris d'étouffement, se dévêtit car il a trop chaud et, épuisé, s'écroule au sol. Une fois par terre, il reprend son calme et plonge dans un sommeil profond. Le lendemain, il n'a pas eu conscience de la crise...

  • La civilisation Inuit de Thulé est techniquement impressionante. Je me répète sans doute mais cette capacité d'adaptation me frappe profondément. Rappelons qu'à cette latitude, les arbres ne poussent pas: l'accès au bois qui permet tant de choses est extrèmement rare. Et pourtant, une vie humaine est possible grâce à une technique finalement assez avancée. Sans bois, sans source abondante et facile à se procurer de combustible, le développement technique nous semble bien complexe. Les Inuits ont pourtant relevé le défi et mis au point des trucs très modernes pour leur temps. Par exemple, lorsqu'on a pas de bois, on peut utiliser de l'os qui, à bien y regarder, est plus facilement disponible. Pour le "chauffage" et la "lumière", de l'huile de mammifère marin (phoque, baleine, etc...). Pour la construction: de la neige ou des pierres. Summum technique de l'époque: le traineau en os ! Autant, en bois, nous voyons bien comment on peut le réaliser, autant, en os, sans clous ni métal, on peut quand même arriver à mettre au point une structure légère mais solide, durable, capable de transporter de lourdes charges et qui glisse bien mieux grâce à des patins en fanon de baleine. A la lecture du livre de Malaurie, je me dis qu'il fallait bien toute cette technique locale pour venir en aide aux pauvres explorateurs occidentaux fortement handicapés par leur matériel assez peu adapté.

  • Le système d'organisation du peuple Inuit: l'anarcho-communisme. Anarchiste car il n'y a pas d'autorité incarnée dans une personne ou un groupe. Communiste car le sens du partage est total et que la propriété n'existe pas. D'abord, le système vise à lutter contre la formation de clans, de "grandes" familles qui s'arrogeraient les bien et le pouvoir. Pour y parvenir, on partage les enfants: près d'un enfant sur trois est donné pour adoption, selon des règles et des codes particuliers. Cela évite la formation de dynasties. De même, régulièrement, le groupe change de territoire de chasse pour éviter de développer un sentiment de propriété d'un lieu. En ce qui concerne la notion de partage, la règle est assez simple (même si son application est bien plus complexe): on partage tout ! On partage donc les enfants comme je l'ai déjà mentionné. On partage également les femmes et les hommes pour les libérer de la structure aliénante du couple (toujours selon des règles, des codes et des tabous bien précis): un homme peut donc changer de compagne et il n'est pas jugé anormal qu'une femme change d'homme ! N'oublions pas que ces unions sont également orientées et planifiées pour gérer le problème de consanguinité propre aux peuples qui ont peu de membres. On partage la chasse ce qui gomme les inégalités naturelles d'habileté. Un mauvais chasseur aura donc autant de viande que les meilleurs et il ne sera pas pénalisé pour son manque d'habileté. De même, lors de l'exercice de la chasse, il ne sera pas relégué en arrière et participera, au même titre que les autres à la traque, aussi mauvais soit-il: pas de discrimination sur son habileté et un échange égal. Enfin, la groupe partage les âmes: comme je l'avais déjà rappelé dans mes remarques sur les exilés de l'Eden, le nom des membres du groupe est emprunté pour une vie. L'esprit et l'âme du mort rejoint celle du nouveau-né à qui est offert le nom...

  • Le concept du comptoir de Rasmussen. Peu après sa première expédition dans la région de Thulé, Rasmussen obtient du gouvernement danois la mise en place d'un comptoir privé qui a pour objectif d'ouvrir progressivement au monde la société Inuit. Le principe est de revendre des articles techniques (pots en métal, fusils, couteaux, etc...) au prix le plus bas possible aux Inuits tout en leur achetant au prix le plus élevé les produits qu'ils peuvent fournir comme les peaux, la viande et les objets d'art. Ce concept, complètement opposé à une économie de marché libérale, a permis aux Inuits de ne pas se faire "arnaquer" par l'Occident. A l'époque, les peaux de renards polaires étaient très utilisées dans la confection des vêtements militaires. Il eut été tentant pour les grosses sociétés de cette période, d'acheter ces peaux à un prix le plus bas possible en les revendants pour des articles peu chers chez nous mais très prisés des Inuits. Au final, on aurait sans doute eu un peuple Inuit complètement asservi et dépendant de l'extérieur en quelques années... Avec les crédits ainsi acquis, Rasmussen a également permis à ce peuple de réaliser sa propre quête ethnologique en organisant plusieurs expéditions vers leurs voisins de l'Ouest, jusqu'en Alaska. Plutôt que de laisser "tout open", le comptoir a joué le rôle de tampon, de bouclier pour permettre l'entrée progressive du peuple Inuit de Thulé dans le monde occidental. Rasmussen, sur ce point (comme sur d'autres) était un véritable visionnaire... Ses efforts auront malheureusement été quasi anéantis par l'arrivée de la base militaire américaine à Thulé.

  • Les microapports marquent profondément les sociétés. Des planches de bois par-ci, des clous par là, un bateau qui s'échoue, des couteaux, des fusils, etc... Au cours du XIXème siècle, les explorateurs occidentaux n'ont laissé que des traces de leur passage: l'exploration dont le but était de rejoindre la mer libre du pôle Nord était menée en autonomie quasi-complète et n'avait pas pour objectif de rencontrer d'autres peuples. Ainsi, de ma lecture d'Ultima Thulé, je retiens que les échanges ont été brefs. Brefs mais marquants. Le peu de chose qui a été échangé a profondément modifié la société Inuit surtout par les apports technologiques.

  • Le métal qui vient du ciel. Sans bois, sans source abondante de combustible, difficile de faire du métal. Et pourtant, les Inuits de la région de Thulé avaient des "couteaux" en métal. Ils utilisaient le fer météoritique de deux grosses météorites situées à proximité. Il est vrai que les météorites sont riches de métal. Pendant quelques siècles, elles ont constitué la seule source de métal pour ce peuple. Ils ont su la gérer de manière efficace et raisonnée.

Conclusion

Ce livre est une mine ! Il est excellent et j'y ai passé de très bons moments à le décortiquer. Malaurie a su vraiment bien composer son ouvrage. Les cartes, indispensables pour tout néophyte des lieux (que nous sommes tous à moins d'avoir été en personne la-haut, ce qui est peu vraisemblable), sont des éléments d'explications essentiels pour comprendre les tenants et les aboutissants de l'histoire de la région de Thulé (Ummannaq).

Cette période de l'histoire est marquante, tant pour les sociétés occidentales que pour celles des Inuits. L'ouvrage permet de comprendre comment ces peuples de l'extrème ont été découverts, étudiés, puis finalement envahis en 1951. En 1951, l'armée américaine installe, avec l'accord des autorités danoises, une base militaire dans la baie de l'étoile Polaire à Thulé. Dès lors, les Inuits sont en contact direct et complet avec l'occident sous sa forme la plus barbare: celle de la force.

Posted mer. 15 sept. 2010 20:48:58 Tags:

Gérer ses photos avec le bon logiciel

Jusqu'à très récemment, je ne voyais pas l'intérêt d'un gestionnaire de photos. Je faisais tout par moi même et ça me prenait un temps non négligeable pour trier les images, éventuellement en réduire la taille, supprimer les doublons, faire les sauvegardes, mettre les commentaires, etc... Cette gestion manuelle n'était pas le fruit du hasard: j'avais testé plusieurs logiciels de gestion de photothèque mais ils avaient tous des inconvénients qui m'empêchaient de les utiliser comme bon me semblait.

Du coup, pour visionner une photo, j'étais obligé de farfouiller dans une arborescence avec ce bon vieux Nautilus (l'explorateur de fichiers de GNOME) qui mettait des heures à m'afficher les miniatures des images. Bien sûr, je me trompais dans les répertoires, je faisais des copies de copies et je me suis retrouvé avec des tonnes de doublons et finalement 2Go de photos sur 8 années à retrier... Bref, c'était décidé, avant de dégainer les outils en ligne de commande, j'allais donner une nouvelle chance aux logiciels de gestion de photos.

Mon cahier des charges était finalement assez simple:

  • Disponible sur Debian sans avoir à compiler à la main.
  • Donc forcément un logiciel libre.
  • Gestion intelligente des fichiers de photos.
  • Quelquechose de léger, c'est à dire qui ne demande pas 200Mo de dépendances vers d'autres paquets.
  • Un logiciel qui effectue un pré-travail de tri, d'indexation.
  • La possibilité de regrouper des images suivant des critères particuliers.
  • Un "moteur" de recherche
  • Un truc qui soit rapide à afficher les images.

Dans le passé, j'ai tenté d'utiliser F-Spot, Eye of Gnome (eog) et gthumb. Eog n'était pas un gestionnaire d'images et mettait des plombes avant d'afficher une photo avec quelques pixels. Je l'avais installé et l'utilisait avec Nautilus. Quant à F-Spot et GThumb, leur plus gros défaut était que l'import d'images me mettait tout dans mon répertoire home qui est limité en taille. Je déteste ce genre de feature où on se retrouve avec deux jeux de fichiers. Plus polémique, F-Spot est en Mono et moi, je n'aime pas ça, surtout sur une machine cadencée à 1,6Ghz !

En faisant une petite recherche sur linuxfr, j'ai lu le journal de patrick_g qui mentionnait Shotwell, programmé par la fondation Yorba. Je l'ai installé avec un simple aptitude install shotwell et j'ai commencé les tests.

Pour faire simple, je n'ai jamais vu une application coller aussi bien à mes besoins que celle-là ! Tous les éléments de mon cahier des charges sont couverts. En moins de 30 minutes, j'ai:

  • Indexé 2Go de photos grâce au classement automatique par période et à la rapidité de l'application.
  • Supprimé totalement les doublons.
  • Ordonné les images dans le temps et par série "logique" grâce à la gestion par évènements.
  • Ajouté des tags à toutes les images qui le méritaient.
  • Supprimé rapidement les images floues grâce à un affichage hyper-rapide.
  • Appris à me servir totalement de l'application qui ne comporte qu'un nombre réduit de fonctionnalités mais toutes utiles.
  • Réalisé une sauvegarde rapide simplement en dupliquant l'espace de stockage des images.

Une petite capture d'écran Maison (Shotwell 0.6 sous Debian Squeeze):

Capture d'écran de Shotwell 0.6

Sachez également que Shotwell peut servir de visualisateur d'images. Du coup, j'ai viré Eog qui n'était plus nécéssaire (je fais la chasse aux paquets qui font la même chose sur ma distribution car je n'ai pas beaucoup de place). Elle peut également servir à importer des photos à partir d'une carte mémoire Flash ou un périphérique USB Mass-storage, et ce, de manière sélective et intelligente. Pour avoir un petit aperçu des fonctionnalités, vous pouvez lire le Wiki.

Pour résumer, cette application est vraiment très réussie. Alors qu'elle n'est qu'en version 0.6 sous Debian Squeeze, elle vaut largement le coup de l'installer. Elle m'a déjà permis de gagner un temps dingue pour classer mes photos mais surtout, elle m'a permis de redécouvrir mes photos et de me souvenirs de ces évènements passés.

Parfois, le logiciel peut nous mener plus facilement au sentiment. Si en plus il est libre, c'est le Nirvana !!!

Posted ven. 17 sept. 2010 19:46:00 Tags:

Free Software 2010 Holidays

Voilà, ça fait un mois que mes vacances se sont terminées... Regrets, nostalgie, souvenirs, toussa... Pour ce cru 2010, j'avais pris soin d'emplir ma besace de documents traitants du logiciel libre, histoire de ne pas rester trop coupé de ce sujet de grand intérêt. Ces "documents" étaient en fait quelques émissions de radio (au format libre OGV) enregistrées lors des RMLL 2010 (Rencontres Mondiales du Logiciel Libre). Si je n'ai pas eu l'occasion de m'y rendre cette année (et en fait les années antérieures aussi), j'ai pu quand même bénéficier de cette richesse d'information et de ce débordement d'éléments motivants sur tout une palanquée de sujets divers et variés.

Copyright (c) RMLL 2010
Logo de la radio des RMLL 2010

Je ne suis jamais allé aux RMLL et le moins que je puisse dire, c'est qu'après avoir écouté ces émissions, ma motivation pour me rendre à celles de l'année 2011 est bien engagée. Ceci fait la preuve que le fait de pouvoir écouter à sa guise ce qui s'est dit au cours de cet évènement est pertinent et très utile.

Mais au fait, qu'est-ce-que j'ai pu découvrir comme sujet ? Avant tout, je ne sais pas si les sujets des RMLL sont techniques ou pas mais toutes les émissions que j'ai choisies étaient plutôt tournées vers le grand public. Ainsi, j'ai plutôt entendu causer de sujets de l'ordre des valeurs du logiciel libre, des éléments inspirés du Libre, des modes d'organisation, des courants de pensées, autour du logiciel libre, etc... mais finalement, assez peu de technique. C'est le signe que les RMLL se veulent universelles et qu'elles ne privilégient pas uniquement la technique. J'aime assez bien l'idée que ce qui compte n'est pas tant la technique mais la liberté de l'utilisateur sur les logiciels. Elle me semble assez fidèle à l'esprit du logiciel libre de Richard Stallman pour qui j'ai beaucoup d'estime.

Voici la sélection des émissions que j'ai écoutées cet été et un petit commentaire sur ce qui m'a interpelé:

  • Le hardware libre : plusieurs personnes étaient présentes pour nous relater quelques informations sur le domaine assez particulier du matériel libre ou dont "l'assemblage" est libre. J'ai particulièrement apprécié l'initiative de hackable-devices qui est un site web (en partie commercial) mettant l'accent sur le matériel libre ou sur celui qui est bidouillable à volonté. Ils proposent notamment le célèbre Arduino et pleins de petits gadgets électroniques à monter soi-même dont les plans sont en licence libre (type CC-BY-SA) et qui ont quelquechose à revendiquer. C'est le cas du TV-B Gone: une sorte de télécommande à un seul bouton qui a pour unique fonction d'éteindre toutes les télés des alentours, histoire de fermer ces écrans qui capturent notre attention et nous empêchent de nous parler. Lien vers l'émission sur Hackable Devices. Lien vers l'émission sur le TV-B Gone.

  • Logiciel Libre et Monnaie: C'est un sujet que je ne m'attendais pas à trouver en discussion aux RMLL et pourtant, il a retenu mon attention. Deux personnes étaient présentes. L'une évoquait la mise en place d'une plateforme basée sur des logiciels libres qui permet l'échanges de valeurs sans passer par la case monnaie. L'autre personne présentait une piste de modèle de monnaie libre et équitable: le dividende universel. Je ne savais pas que de tels mécanismes avaient pu être identifiés et ce sujet était vraiment bien ficelé bien que je fusse totalement néophyte en la matière. En ce qui concerne le dividende universelle, je vous conseille de consulter le site web www.creationmonetaire.info qui explique en terme assez simple ce dont il s'agit. Personnellement, après avoir écouté et m'être renseigné, je n'ai plus du tout la même vision de l'économie qu'avant et je suis bien plus concerné par ce truc qu'on utilise tous les jours sans en mesurer les tenants et aboutissant qu'est la monnaie.

  • Cinéma Libre
    Le sujet évoquait les travaux et les initiatives des salles indépendantes Utopia, tant dans leur mode de fonctionnement que dans leur manière de vivre le cinéma et de diffuser les oeuvres de leur choix. L'exemple d'Utopia est vraiment intéressant: des salles indépendantes qui nous proposent autrechose que le cinéma commercial, dans un cadre particulier avec des tarifs dignes de ce nom, sans subventions et qui arrivent à se développer au fil du temps, ça ne semble pas très courant... Autre proposition forte d'Utopia: pouvoir charger sur une clef USB le film que l'on vient de voir (au format MKV) pour une somme modique (aux alentours de 5€) afin de le présenter à des amis qui ne l'auraient pas vu. Les majors n'y arrivent pas, mais Utopia arrive à négocier au cas par cas ! Mon avis est que c'est un exemple à suivre. Pas sûr que ça marche (les forces qui s'y opposent sont vives et pleines de ressources) mais c'est bien de se lancer.
  • Sesamath
    Un producteur de manuels scolaires libres de Math qui perce. Visiblement, dans le monde de requin qu'est celui de l'édition de livres scolaires, cette association a su se démarquer et "pèse" XX% du marché. D'autres informations sont présentées dans l'émission mais le passage sur Sésamath a retenu mon attention. Vous pouvez consulter le site Web de Sésamath et y télécharger les manuels.
  • Libre et développement durable
    Cette session donne quelques exemples de projets de logiciels libres en adéquation avec le développement durable. On y trouve amapplication qui est une application de gestion d'AMAP. Vient ensuite le projet Carte OuVerte qui a pour objectif de créer une carte des lieux liés au développement durable (emplacement des associations, des déchetteries, de points de recyclage, des magasins bio, des transports en communs, etc...) dans l'agglomération de Rennes. Carte Ouverte est basée sur des technos libres (OpenLayers) et des données libres (Openstreetmap).

Bien entendu, il y avait d'autres émissions avec toute beaucoup d'intérêt mais, sur ce coup, je n'ai pas été exhaustif. Vous pouvez les écouter sur le site "Radio" des RMLL. A vos périphériques audio !

Posted lun. 20 sept. 2010 16:16:21 Tags:

Besoin d'une base de données pour afficher des images ?

Depuis le début de ce blog autogéré, j'utilisais le logiciel Gallery pour gérer des albums photos en ligne. Mon cahier des charges de l'époque m'avait naturellement orienté vers lui car je cherchais quelquechose d'assez fonctionnel mais surtout qui ne demandait pas de mettre en place un serveur de base de données. Effectivement, l'affichage d'une image sur un site web nécéssite avant tout un serveur Web qui transmet un fichier à un client; le fichier étant une image. Le client qui le reçoit présente le fichier sous forme d'image. C'est très bien comme ça !

Toutefois, l'idée d'utiliser une base de données pour fournir des fichiers ne me semble pas forcément pertinente dans mon cas d'utilisation. En effet, j'ai peu de ressources, tant en CPU/RAM qu'en espace disque. Un serveur de base de données qui tourne en tâche de fond, uniquement pour "servir" des fichiers d'images, c'est autant de ressources perdues. Voilà pourquoi j'avais pris la version 1 de Gallery qui ne nécéssite "que" l'utilisation de SQLite, c'est à dire, une base de données sous forme de fichier. Cette solution était un compromis acceptable mais pas parfait et avec quelques défauts. D'abord, il me fallait installer tout un tas de bibliothèques pour faire fonctionner PHP5, Imagemagick, etc... Autant de trous de sécurité ou de place de perdue. Ensuite, l'application est assez ancienne et pas forcément très belle. Enfin, sa gestion était exclusive: toute son administration était déconnectée du reste du système du serveur et au final, je passais plus de temps à retrouver le mot de passe du compte d'administration de Gallery qu'à poser des photos !

Il n'y a pas si longtemps, je suis tombé, par hasard, sur un article de Michal Čihař du Planet Debian qui mentionnait Lazygal, un générateur de galerie statique en Python.

J'aime Python (quelle déclaration !). C'est un langage assez simple à apprendre et il est facile et plaisant de développer avec lui, surtout lorsqu'on regarde la richesse de ses bibliothèques. D'ailleurs, le moteur du blog que j'utilise (PyBlosxom) est un script Python. De plus, lazygal est très léger, il n'a pas à être installé sur le serveur (ce qui dans mon cas est tout bénef) et surtout, il permet de faire des choses assez belles, simples et légères. Cerise sur le gateau, lazygal fait partie de Debian (je crois qu'il est développé uniquement sous Debian).

C'est donc avec un vif intérêt que je me suis penché sur ce logiciel. La prise en main est assez facile. Concrètement, il s'agit de lancer le script avec quelques paramètres. Le reste se fait automagiquement. Les seuls éléments que j'ai dû modifier sont les feuilles de styles des pages HTML générées. Pour la gestion des commentaires, j'ai utilisé exiv2 qui permet d'intégrer un commentaire dans les données Exif des photos. Ainsi, les fichiers transportent avec eux leurs commentaires et je n'ai plus à les gérer à part (dans une base de données ?). Après quelques tatonnement, on trouve facilement ses marques.

Grâce à lazygal, je peux conserver mes images, les présenter rapidement sans passer des heures à les charger dans l'application (sur serveur) puis à faire les commentaires et à gérer les options: tout se fait en un seul appel, sur une machine locale, sans appel au réseau. Bref, Lazygal, c'est bon, c'est léger, c'est simple, mangez-en !

PS: Vous pouvez admirer le résultat sur ce blog en allant ici. Le CSS va changer car il est moche mais, ce sera pour plus tard !

Posted ven. 24 sept. 2010 11:34:48 Tags: